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Charron Christian
Avec Marois, le PQ est mort

vendredi 11 mai 2007

Le choix du chef du Parti québécois se fera entre Pauline Marois et Gilles Duceppe, à ce qu’on raconte. Mais que les péquistes se le tiennent pour dit : s’ils choisissent Marois, ce sera la fin de leur parti.

Le PQ n’a pas seulement besoin d’un nouveau chef, mais de quelqu’un qui inculquera un profond changement de culture à ce parti. Le malaise est sérieux. Le PQ perd constamment des appuis depuis 1994, alors qu’il obtenait 44,7 % des voix, puis 42,7 % en 1998, 33,2 % en 2003 et 28,3 % en 2007. Le PQ doit d’abord relire la définition du mot démocratie. Quand le peuple veut quelque chose, il faut l’écouter. Il faut aussi qu’il soit constructif. La politicaillerie à la Duplessis, les manigances, les jeux de coulisses, les mensonges, la mauvaise foi, tout ça a un impact très négatif sur le peuple dont il se veut le grand défenseur.

La social-démocratie du PQ devra être revisitée. Une social-démocratie fausse et incohérente, qui « aide » les démunis, non pas en les aidant à s’aider, en les encourageant à se prendre en charge, mais en les subventionnant. C’est le PQ qui a été le grand bâtisseur de l’empire du jeu québécois, le grand défenseur du droit à l’avortement. Jamais on ne l’a entendu défendre la famille et l’adoption. Pour le PQ, il ne faut pas encourager les gens à réfléchir, à raisonner, à réaliser d’où proviennent leurs problèmes de santé mentale et physique. Non, il faut plutôt créer des sources de problèmes, car après cela, le roi qui sera à la tête de l’État régnera sur un empire encore plus gros.

Le PQ souffre de la maladie des grandeurs et de l’inefficacité. À écouter le PQ, on se croirait à la tête d’un État immense et milliardaire, dont l’influence se ferait sentir jusqu’aux confins de l’Extrême-Orient et de l’Afrique. Or, pendant que la cime de ses projets se perd dans les nuages, les écoles, les hôpitaux, les routes et les ponts tombent en ruine. Le PQ est bon pour construire, mais très mauvais pour entretenir. Parce que l’entretien, ce n’est pas très glorieux. Le PQ, qui veut tellement que la société québécoise se démarque de l’empire anglophone qui l’entoure, a intégré un des pires défauts des Américains, la culture de l’image. Cette culture se transmet très tôt, dès que les enfants entrent à l’école. Le PQ a éliminé les bulletins chiffrés. Ainsi, l’estime des enfants est protégée, au mépris de la vérité. Il ne faut surtout pas valoriser les gens qui sont intelligents. L’image qu’on projette de soi-même, ça c’est important, pas la vérité, le raisonnement et les résultats.

Le gouvernement québécois est dans un piètre état. La principale raison, c’est que tous les gens qui raisonnent, qui ont des bonnes idées sont systématiquement écartés de la vie publique. Les politiciens se sont amusés à créer un climat politique malsain, qui n’attire plus que les fous, où ceux qui ont tellement le pouvoir en adoration, que même de telles conditions ne rebutent pas. Cette situation, le PQ a grandement contribué à la créer.

Et pendant toutes ces belles années de construction d’un pays où il fait bon vivre dans la sérénité, Pauline Marois était au Parti québécois, elle qui a occupé quatorze charges ministérielles depuis 1981 jusqu’à son récent départ. Alors pensez-vous vraiment qu’elle est la bonne personne qui permettra d’amorcer ce profond changement de culture ? Elle incarne au contraire toutes les mauvaises habitudes qui ont investi chaque pore du PQ au fil des années.

En plus, on peut douter de la compétence de Marois. Pourquoi pensez-vous que les péquistes ne l’ont pas choisie lors du dernier congrès à la chefferie ? C’est Marois qui a créé le programme de garderies à 5 $ en 1997. Or, j’ai personnellement participé à la création d’un logiciel utilisé par les Centres de la petite enfance en 1999 pour gérer les places en garderie et les statistiques exigées par le ministère, et je n’ai jamais vu un tel fouillis. Lorsque nous avions des questions, il n’y a pas un employé qui nous donnait la même réponse. Par la suite, Mme Marois a travaillé comme ministre des Finances sous Bernard Landry de 2001 à 2003. C’est pendant son règne que les catastrophes budgétaires du métro de Laval et de la Gaspésia ont été amorcées. C’est grâce à ses bons soins que son mari, Claude Blanchet, a été placé à la tête de la Société Générale de Financement. Blanchet a reçu une rente de retraite de 80 000 $ par année à son départ, dont la valeur actualisée a été évaluée à 1 250 000 $, alors que la SGF a perdu 511 millions $ durant la dernière année de son règne en 2003.

Quant à Gilles Duceppe, s’il veut vraiment aider la société québécoise, il ferait mieux de rester à Ottawa. Le Québec n’a jamais été en meilleure position pour marquer des points depuis que le Parti conservateur est minoritaire à Ottawa, avec une forte opposition bloquiste. Si l’ADQ prend le pouvoir aux prochaines élections québécoises, elle pourrait créer une alliance explosive avec le Bloc, et faire grandement progresser l’affirmation québécoise, ce dont le peuple a grandement besoin, lui qui est devenu cynique et désabusé.

Il n’y a que deux candidats qui pourraient amener un réel vent de fraîcheur au PQ pour compétitionner l’ADQ : Bernard Drainville et Joseph Facal. Voilà deux gaillards qui possèdent une faculté dont le PQ a sérieusement besoin : celle de raisonner, de regarder les choses en face, et d’expliquer de façon cohérente ce qu’il en est à la population. Certains m’ont déjà dit que Drainville ne démontrait pas l’image autoritaire d’un chef. Mais c’est cela le problème du PQ : il privilégie l’image. Compétence, raisonnement, vérité, bonne foi, voilà ce dont on a besoin.




Réactions

  • > Avec Marois, le PQ est mort
    12 mai 2007, par Philippe Poliquin
    74.56.20.6.***

    Le choix du mot « catastrophe » pour parler de la construction du métro de Laval me fait un peu rire. Bien qu’il soit supérieur aux coûts annoncés à l’origine, il en demeure pas moins dans la moyenne international edes coûts de construction d’un métro par kilomètre soit 150millions.

    C’est l’évaluation de base qui était parfaitement ridicule. Point final.

  • Concernant l’avortement
    11 mai 2007, par Christian Charron
    24.203.40..***

    @ Francis,

    Je n’ai pas dit qu’il fallait éliminer le droit à l’avortement, je dis seulement qu’il faudrait encourager l’adoption et la prévention, et valoriser la famille.

    Je ne me mélange pas avec la Cour suprême ; c’est sous les premiers gouvernements péquistes (1976 à 1985) que le recours à l’avortement a été popularisé au Québec. Je ne reproche pas au PQ de ne pas s’être objecté à cette vague de fond occidentale. La France n’y a pas échappée, elle qui a légalisé l’IVG (interruption volontaire de grossesse) en 1975. Mais je lui reproche de ne pas avoir défendu la valeur de la vie humaine, même à l’étape fétale. Aujourd’hui, il y a près de trois grossesses sur dix qui se terminent par un avortement au Québec, et je suis certain que cela a un impact très négatif sur la qualité de nos valeurs en général.

  • > Avec Marois, le PQ est mort
    11 mai 2007, par Gaétan Gamache
    132.208.21.***
    Je ne suis vraiment pas un fan inconditionnel de Madame Marois, mais Joseph Facal ? Soyons sérieux (et surtout pas lucide !), il y a déja 2 chefs de partie d’extrème droite au Québec , Messieurs Charest et Dumont, en avons-nous besoin d’un troisième ?
  • > Avec Marois, le PQ est mort
    11 mai 2007, par Francis
    216.191.11.***
    le PQ, le grand défenseur du droit à l’avortement. Tu te mélange pas avec la cour suprême ? J’aime ça lire quelqu’un qui rêve de revenir au clinique d’avortement illégale avec des taux de décès de 10-15%. Tu dois aimer le voile islamique aussi j’imagine ? Ah non ? Tu aime seulement le type de soumission des femmes qu’a déjà eu ta culture, pas celle des autres...


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