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COMMUNIQUÉS ET ANALYSES PERTINENTES...

Sociologie, phénomènes de société

Modérateurs: Dijon, PouvoirAuPeuple

COMMUNIQUÉS ET ANALYSES PERTINENTES...

Messagede Jean-Marc Rioux le 10 Juin 2004, 0:03

J'ai créé cette enfilade spéciale afin de regrouper des communiqués et des analyses provenant de partout dans le monde, afin de mieux articuler les nôtres dans notre compréhension du village global qu'est présentement la Planète Terre sur tous les plans et surtout sur le principal: le plan politique.

C'est la pauvreté en effet de nos grilles d'analyses globales qui nous voilent les principaux enjeux et nécessités présents et futurs de notre libération nationale et sociale et qui laisse le libre champ à la propagande intoxicante, mécréante et psychovirulente de nos pires adversaires et de leurs agents conscients ou inconscients dans nos propres rangs nationalistes et progressistes.

N'oublions pas que le Québec aura bientôt à relever des défis et des choix très importants dans le concert des nations et selon notre Grande Politique cohérente en fonction de nos propres valeurs et objectifs démocratiques et dynamiquement évolutifs.

Je débute aujourd'hui avec cette analyse du Réseau Voltaire. Ne vous gênez pas non plus, non seulemtnt d'envoyer vos commentaires structurés, mais ausst vos propres analyses ou références analytiques documentées ici-même.

JMR

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Les marionnettistes de Washington

Dans les chancelleries, on murmure que le vrai pouvoir se serait déplacé à Washington de la Maison-Blanche au Centre pour la politique de sécurité (Center for Security Policy - CSP). Ce think-tank se targue de fixer la politique extérieure US depuis le 11 septembre ; une prétention que certains jugent exagérée, mais qui n'apparaît pas sans fondements. En effet, les hommes qui imposent leur point de vue, au sein de l'actuelle administration états-unienne, forment un groupe soudé, qui s'est constitué au cours de la Guerre froide et s'identifie au CSP. Un retour historique s'impose pour comprendre les jeux internes du pouvoir à Washington et les véritables mobiles des « faucons ».

Acte 1 - Le Comité sur le danger présent
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le réseau « stay-behind » [1] récupéra plus d'un millier de scientifiques nazis et les transféra aux États-Unis au cours de l'opération Paperclip [2]. Certains étaient des spécialistes des armes chimiques et venaient de réaliser des expériences sur des cobayes humains au camp de Dachau. D'autres, une centaine, étaient des savants et des ingénieurs du centre de roquettes de Peenmüde. Sous l'autorité de Wernher von Braun, leur équipe venait d'inventer et de réaliser les V2 qui bombardèrent Londres depuis le continent. Ils furent transférés à Fort Bliss (Texas) et intégrés au Commandement aérien de l'armée de terre (Army Air Defense Command - ARADCOM). Ce transfert de technologie encouragea les industriels états-uniens de l'armement à imaginer la fabrication d'un arsenal nouveau incluant aussi bien des missiles intercontinentaux que des vaisseaux spatiaux, tous capables de transporter des armes de destruction massive (chimiques, biologiques ou nucléaires) [3]. Mais, paradoxalement, ce projet gigantesque n'avait plus de raison d'être après la victoire sur l'Allemagne. Sauf, bien entendu, si les États-Unis devaient faire face à un nouvel ennemi.

Le général George F. Kennan, ambassadeur US à Moscou, décrivit le danger soviétique dans un « long télégramme », adressé en 1946 à Washington. De retour dans la capitale, il publia anonymement ses analyses dans la revue du Conseil pour les relations étrangères (Council for Foreign Relations - CFR) [4]. Rapidement toute la classe dirigeante états-unienne fut persuadée que le péril rouge en gestation serait plus dangereux encore que le IIIème Reich. Il s'ensuivit deux ans et demi de débats internes de la haute administration pour évaluer la menace, élaborer une réponse et la rendre populaire.

Tirant les leçons de l'impréparation de son pays à la Seconde Guerre mondiale le président Harry Truman créa le Conseil de sécurité nationale (National Security Council - NSC) afin de coordonner la diplomatie et l'ensemble des forces militaires états-uniennes non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. Par la même occasion, il institua un service secret permanent, l'Agence centrale de renseignement (Central Intelligence Agency - CIA).

L'évolution de la situation en Europe, notamment le retrait britannique en Grèce et en Turquie, conduisit Truman à décider de maintenir une présence américaine permanente sur le vieux continent pour contrer l'influence communiste. Le général George C. Marshall, secrétaire d'État, conçut un vaste plan combinant aide économique et action secrète pour établir des démocraties et s'assurer qu'elles feraient le « bon choix ». La directive NSC 10/2 du Conseil de sécurité nationale, principalement rédigée par Kennan, officialisa la création d'un réseau d'ingérence, le stay-behind.

Les vifs débats internes de l'administration Truman sur la gravité et l'imminence de la menace soviétique se durcirent encore avec le déclenchement de la guerre de Corée. En définitive, le général George F. Kennan et le secrétaire à la Défense se trouvèrent débordés sur leur droite par beaucoup plus bellicistes qu'eux. Truman réorganisa son équipe. Le général George C. Marshall devint secrétaire à la Défense, assisté de son ami Robert Lovett. Dean Acheson accepta le secrétariat d'État et s'adjoignit Paul H. Nitze comme directeur de la planification politique. Ce dernier rédigea la version définitive de la directive NSC 68 qui définit la doctrine de la Guerre froide. Selon ce document, aujourd'hui déclassifié, l'URSS par nature visait à étendre le communisme au monde entier. Or, elle parviendrait probablement sous quatre ans à se doter de l'arme nucléaire et elle ne manquerait donc pas à moyen terme de l'utiliser pour détruire son adversaire principal : le pays de la liberté, c'est-à-dire les États-Unis d'Amérique. Les deux superpuissances étaient condamnées à se livrer un duel de titans qui se terminerait soit par le triomphe du capitalisme et le règne de la prospérité sur terre, soit par l'enfoncement du genre humain dans les ténèbres du communisme. La NSC 68 était accompagnée d'une dizaine d'annexes séparées déclinant tous les programmes de riposte, sur les plans militaire, civil, économique, etc.

Malheureusement, le peuple américain, tout à sa joie de la paix retrouvée, n'avait pas conscience du danger croissant et n'était pas prêt à livrer une nouvelle guerre pour sauver le monde. Truman devait convaincre ses concitoyens de l'urgence du péril pour leur faire admettre des sacrifices, notamment en termes de budget et de réforme administrative.

L'un des patrons du « stay-behind », Edward W. Barrett, alors directeur du Bureau de stratégie psychologique (Interdepartmental Psychological Strategy Board - IPSB) et chef de rubrique à Newsweek, fut mis à contribution. Il organisa une opération de manipulation pour retourner l'opinion publique intérieure [5]. Une association, qui se présentait comme un groupe apolitique de citoyens vigilants de la côte Ouest, le Comité sur le danger présent (Committee on the Present Danger - CPD), lança une campagne dans les médias américains pour le renforcement urgent de la défense nationale. Parmi les animateurs du Comité, on remarquait Frank Altschul (directeur du Conseil pour les relations étrangères), William Donovan (ex-patron des services secrets pendant la Guerre mondiale), et le général Dwight D. Eisenhower.

L'impact du Comité fut tel qu'un consensus national permit à Truman de tripler soudainement le budget militaire et de rendre publique la politique du « containment », c'est-à-dire du cordon sanitaire pour contenir l'URSS.

Truman ordonna la réalisation des projets d'arsenal spatial (Orbiter et Jupiter). Une Agence de l'armée pour les missiles balistiques (Army Ballistic Missile Agency - ABMA) fut créée à Redstone (Alabama) et confiée à l'ex-SS Wernher von Braun. Une base de lancement fut construite à Cap Canaveral (Floride) et placée sous la direction de l'ex-SS Kurt Debus. La Marine et l'Air Force furent également sollicitées et des scientifiques nazis furent mis à leur disposition. Le projet futuriste d'une armée de l'espace devenait l'obsession des idéologues de la Guerre froide. Son but explicite était d'assurer la domination militaire des États-Unis sur toute la planète pour sauver l'humanité du communisme.

Acte 1 - Le Comité sur le danger présent

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le réseau « stay-behind » [1] récupéra plus d'un millier de scientifiques nazis et les transféra aux États-Unis au cours de l'opération Paperclip [2]. Certains étaient des spécialistes des armes chimiques et venaient de réaliser des expériences sur des cobayes humains au camp de Dachau. D'autres, une centaine, étaient des savants et des ingénieurs du centre de roquettes de Peenmüde. Sous l'autorité de Wernher von Braun, leur équipe venait d'inventer et de réaliser les V2 qui bombardèrent Londres depuis le continent. Ils furent transférés à Fort Bliss (Texas) et intégrés au Commandement aérien de l'armée de terre (Army Air Defense Command - ARADCOM). Ce transfert de technologie encouragea les industriels états-uniens de l'armement à imaginer la fabrication d'un arsenal nouveau incluant aussi bien des missiles intercontinentaux que des vaisseaux spatiaux, tous capables de transporter des armes de destruction massive (chimiques, biologiques ou nucléaires) [3]. Mais, paradoxalement, ce projet gigantesque n'avait plus de raison d'être après la victoire sur l'Allemagne. Sauf, bien entendu, si les États-Unis devaient faire face à un nouvel ennemi.

Le général George F. Kennan, ambassadeur US à Moscou, décrivit le danger soviétique dans un « long télégramme », adressé en 1946 à Washington. De retour dans la capitale, il publia anonymement ses analyses dans la revue du Conseil pour les relations étrangères (Council for Foreign Relations - CFR) [4]. Rapidement toute la classe dirigeante états-unienne fut persuadée que le péril rouge en gestation serait plus dangereux encore que le IIIème Reich. Il s'ensuivit deux ans et demi de débats internes de la haute administration pour évaluer la menace, élaborer une réponse et la rendre populaire.

Tirant les leçons de l'impréparation de son pays à la Seconde Guerre mondiale le président Harry Truman créa le Conseil de sécurité nationale (National Security Council - NSC) afin de coordonner la diplomatie et l'ensemble des forces militaires états-uniennes non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. Par la même occasion, il institua un service secret permanent, l'Agence centrale de renseignement (Central Intelligence Agency - CIA).

L'évolution de la situation en Europe, notamment le retrait britannique en Grèce et en Turquie, conduisit Truman à décider de maintenir une présence américaine permanente sur le vieux continent pour contrer l'influence communiste. Le général George C. Marshall, secrétaire d'État, conçut un vaste plan combinant aide économique et action secrète pour établir des démocraties et s'assurer qu'elles feraient le « bon choix ». La directive NSC 10/2 du Conseil de sécurité nationale, principalement rédigée par Kennan, officialisa la création d'un réseau d'ingérence, le stay-behind.

Les vifs débats internes de l'administration Truman sur la gravité et l'imminence de la menace soviétique se durcirent encore avec le déclenchement de la guerre de Corée. En définitive, le général George F. Kennan et le secrétaire à la Défense se trouvèrent débordés sur leur droite par beaucoup plus bellicistes qu'eux. Truman réorganisa son équipe. Le général George C. Marshall devint secrétaire à la Défense, assisté de son ami Robert Lovett. Dean Acheson accepta le secrétariat d'État et s'adjoignit Paul H. Nitze comme directeur de la planification politique. Ce dernier rédigea la version définitive de la directive NSC 68 qui définit la doctrine de la Guerre froide. Selon ce document, aujourd'hui déclassifié, l'URSS par nature visait à étendre le communisme au monde entier. Or, elle parviendrait probablement sous quatre ans à se doter de l'arme nucléaire et elle ne manquerait donc pas à moyen terme de l'utiliser pour détruire son adversaire principal : le pays de la liberté, c'est-à-dire les États-Unis d'Amérique. Les deux superpuissances étaient condamnées à se livrer un duel de titans qui se terminerait soit par le triomphe du capitalisme et le règne de la prospérité sur terre, soit par l'enfoncement du genre humain dans les ténèbres du communisme. La NSC 68 était accompagnée d'une dizaine d'annexes séparées déclinant tous les programmes de riposte, sur les plans militaire, civil, économique, etc.

Malheureusement, le peuple américain, tout à sa joie de la paix retrouvée, n'avait pas conscience du danger croissant et n'était pas prêt à livrer une nouvelle guerre pour sauver le monde. Truman devait convaincre ses concitoyens de l'urgence du péril pour leur faire admettre des sacrifices, notamment en termes de budget et de réforme administrative.

L'un des patrons du « stay-behind », Edward W. Barrett, alors directeur du Bureau de stratégie psychologique (Interdepartmental Psychological Strategy Board - IPSB) et chef de rubrique à Newsweek, fut mis à contribution. Il organisa une opération de manipulation pour retourner l'opinion publique intérieure [5]. Une association, qui se présentait comme un groupe apolitique de citoyens vigilants de la côte Ouest, le Comité sur le danger présent (Committee on the Present Danger - CPD), lança une campagne dans les médias américains pour le renforcement urgent de la défense nationale. Parmi les animateurs du Comité, on remarquait Frank Altschul (directeur du Conseil pour les relations étrangères), William Donovan (ex-patron des services secrets pendant la Guerre mondiale), et le général Dwight D. Eisenhower.

L'impact du Comité fut tel qu'un consensus national permit à Truman de tripler soudainement le budget militaire et de rendre publique la politique du « containment », c'est-à-dire du cordon sanitaire pour contenir l'URSS.

Truman ordonna la réalisation des projets d'arsenal spatial (Orbiter et Jupiter). Une Agence de l'armée pour les missiles balistiques (Army Ballistic Missile Agency - ABMA) fut créée à Redstone (Alabama) et confiée à l'ex-SS Wernher von Braun. Une base de lancement fut construite à Cap Canaveral (Floride) et placée sous la direction de l'ex-SS Kurt Debus. La Marine et l'Air Force furent également sollicitées et des scientifiques nazis furent mis à leur disposition. Le projet futuriste d'une armée de l'espace devenait l'obsession des idéologues de la Guerre froide. Son but explicite était d'assurer la domination militaire des États-Unis sur toute la planète pour sauver l'humanité du communisme.

Acte 2 - La réactivation du CPD
Le CPD fut dissous en 1953, mais le stay-behind continua à exercer une influence prépondérante. Sous les mandats Eisenhower, Kennedy et Nixon, les dépenses d'armement se partagèrent entre les nécessités dues aux guerres extérieures (notamment au Vietnam) et de prestigieux projets spatiaux (particulièrement la volonté de John F. Kennedy d'envoyer des hommes sur la lune pour faire pendant au vol habité de Youri Gagarine). Ce furent les programmes Vanguard, Explorer, Mercury, Apollo.

Dans les années soixante-dix, Kissinger, s'éloignant de la doctrine du « containment » au nom de la realpolik, organisa la « détente » avec l'URSS pour amorcer un désengagement du Vietnam. Il ne remettait pas en question la doctrine de la Guerre froide, mais il était conscient que les États-Unis ne pouvaient plus conduire une guerre frontale en Asie sans le soutien de leur opinion publique. Il opposait donc son réalisme cynique à l'aveuglement quasi-mystique de Nitze. Un traité limitant les missiles anti-balistiques (ABM Treaty) ainsi qu'un accord sur la limitation des armes offensives stratégiques (SALT 1) furent signés en 1972 au grand dam des anciens du CPD. Après la chute de Saïgon, le Congrès mit fin à l'effort de guerre et réduisit drastiquement les budgets militaires et certaines dépenses de prestige. Fautes de crédits, les programmes spatiaux furent interrompus.

Parallèlement, l'affaire du Watergate ouvrit une période de critique des institutions. Des commissions d'enquête parlementaires mirent à jour les coups tordus de la CIA. La représentante Elizabeth Holzman révéla l'opération Paperclip. On apprit au passage que le stay-behind avait continué à recruter des scientifiques nazis jusque dans les années soixante en allant les rechercher dans leurs caches latino-américaines. On découvrit que les médecins nazis avaient continué à l'arsenal d'Edgewood (Maryland) sur sept cents « volontaires » de l'armée US les expérimentations d'armes chimiques qu'ils avaient commencées à Dachau [6].

Dans cette ambiance délétère où les objectifs, les méthodes et les institutions de la Guerre froide étaient mis en cause de toutes parts, de fortes tensions naquirent entre le secrétaire d'État Henry Kissinger et le secrétaire à la Défense, James Schlessinger. Le 3 novembre1975, le président Gerald Ford, dont la popularité était au plus bas, décida de trancher leur conflit en donnant des gages à la fois à l'opinion publique et au lobby militaro-industriel. Il confirma Kissinger au département d'État, mais lui retira la fonction de conseiller national de sécurité, qu'il confia au général Brent Scowcroft. Il limogea le secrétaire à la Défense, Schlessinger, et nomma le chef de cabinet de la Maison-Blanche, Donald Rumsfeld pour le remplacer. Continuant le jeu de chaises musicales, il nomma Richard Cheney au poste préalablement occupé par Rumsfeld. Enfin, il désavoua le directeur de la CIA, William Colby, et nomma à sa place George H. Bush. Ce changement brutal de collaborateurs est resté dans l'Histoire sous le sobriquet de « massacre d'Halloween ».

Le vent ayant ainsi à nouveau tourné, le « stay-behind » reprit l'initiative. Une petite association conservatrice, l'Institut américain de l'entreprise (American Enterprise Institute - AEI) [7], fut choisie pour produire des argumentaires ; la Coalition pour une majorité démocratique (Coalition for Democratic Majority - CDM) rassembla quelques parlementaires démocrates pour faire du lobbying ; et le Comité sur le présent danger fut réactivé avec l'aide financière de Hewlett-Packard et du syndicat AFL-CIO [8] pour travailler l'opinion publique intérieure. Contrôlées par Paul H. Nitze, Eugene V. Rostow et William R. Van Cleave, les trois associations contestèrent les analyses de la CIA et dénoncèrent la sous-estimation de la menace soviétique [9].

La campagne fut animée publiquement par le sénateur démocrate Henry « Scoop » Jackson et intégra des lobbyistes israéliens comme Richard Perle. En effet, pour échapper au processus de la « détente », les responsables états-uniens des projets spatiaux avaient transféré une partie de leurs recherches, notamment nucléaires, en Israël [10].

Le président Gerald Ford mit sur pied une double expertise du potentiel soviétique. Les experts de la CIA constituèrent une « équipe A » (Team A), tandis que les contre-experts du CPD furent autorisés à créer une « équipe B » (Team B). Tous eurent accès aux informations les plus confidentielles des divers services de renseignement. L'équipe B était composée d'une dizaine de personnalités du CPD dont Nitze, Rostow et Van Cleave, et fort curieusement du nouveau directeur de la CIA, George H. Bush, qui pouvait ainsi tirer les ficelles des deux équipes prétendument concurrentes. L'équipe B était assistée de quelques techniciens qui réalisèrent le vrai travail d'enquête et de rédaction, dont Richard Pipes, Paul Wolfowitz et le général Lyman Lemnitzer [11].

Les rapports respectifs [12] des deux équipes furent présentés et confrontés de manière purement formelle devant le Bureau présidentiel du renseignement extérieur, le 21 décembre 1976, quelques jours avant que Jimmy Carter, nouvellement élu président, ne prenne ses fonctions. L'équipe de Ford avait tout manigancé. Il fut admis en quelques minutes que les anciennes estimations de la CIA étaient erronées et que l'URSS se préparait à attaquer les États-Unis. Bien entendu, comme l'Histoire le prouva par la suite, c'était un pur montage fondé sur une confusion entre la quantité et la qualité de l'armement soviétique. L'URSS était déjà en proie à de terribles difficultés économiques et incapable d'envisager une confrontation Est-Ouest. Néanmoins, c'est sur la base de cette étude truquée que le Congrès réactiva les programmes d'armement. L'équipe de l'ex-SS Wernher von Braun ayant déjà mis au point des missiles intercontinentaux et ayant également réalisé des vols spatiaux habités, il fut fixé comme nouvel objectif d'envoyer des militaires dans l'espace (programmes Challenger et Atlantis).

Cette nouvelle manipulation de l'opinion publique états-unienne par le « stay-behind » se fit aux dépens de la CIA alors même que le réseau stay-behind est administrativement rattaché à l'agence de Langley. Le noyau dur du réseau entendait sanctionner la politique de William Colby qui, après le Watergate, avait laissé le Congrès enquêter sur les agissements de l'agence et avait tenté de soumettre le « stay-behind » à un contrôle politique.

Placé devant le fait accompli, le président Carter ne put remettre en cause les choix budgétaires. Il épura toute l'administration des hommes du CPD et se débarrassa dès qu'il le put de George H. Bush. Il nomma l'amiral Stansfield Turner pour lui succéder à la tête de la CIA, avec pour mission impossible de faire de l'ordre dans l'agence et d'éliminer le pouvoir parallèle du « stay-behind ». Pendant quatre ans, les anciens du CPD se comportèrent comme un « cabinet fantôme » au service du futur candidat républicain. Ils harcelèrent James Carter en l'accusant d'être atteint du « syndrome vietnamien » au point de manquer de sang-froid dans les périodes de crise et d'être responsable de la perte de l'Iran.

Acte 3 - De Reagan à Clinton
Après ces années de vaches maigres, toute l'équipe du CPD revint au pouvoir sous la présidence de Ronald Reagan. Ce dernier avait été recruté par le « stay-behind » au début de la Guerre froide, alors qu'il était acteur à Hollywood. Il avait notamment joué des publicités pour des collectes de fonds en faveur de la Croisade pour la liberté (Crusade for Freedom), une association paravent créée par Allan Dulles (fondateur de la CIA) pour financer le Comité international des réfugiés à New York (International Refugee Committee in New York). Cet organisme, dirigé par William Casey, avait pour mission de faire entrer discrètement aux États-Unis d'ex-nazis utiles à la lutte anticommuniste. Ronald Reagan avait aussi été utilisé par le « stay-behind » pendant le maccarthysm e pour épurer Hollywood.

Ronald Reagan nomma son ex-agent traitant William Casey à la direction de la CIA. Le « stay-behind » retrouva ses prérogatives et multiplia les coups tordus, jusqu'à l'Irangate. Les hommes du CPD se répartirent entre le Pentagone et le Bureau du désarmement au département d'État [13]. Rostow et Van Cleave furent nommés à la tête de l'Agence pour le contrôle des armes et le désarmement (Arms Control and Disarmement Agency - ACDA) ; Richard Pipes devint le kremlinologue attitré de la Maison-Blanche ; etc. Personne ne fut oublié : ainsi Jeane Kirkpatrick, qui s'était beaucoup dépensée dans la Coalition pour une majorité démocratique, fut nommée ambassadrice à l'ONU ; où Michael Novak, qui s'était investi pour l'American Enterprise Institute, fut désigné comme représentant des États-Unis à la Commission des Droits de l'homme ; etc. Ceux qui poursuivaient une carrière dans la privé furent aussi récompensés, ainsi Donald Rumsfeld qui était devenu Pdg d'une multinationale fut nommé conseiller spécial de la Maison-Blanche pour le contrôle des armes.

Le président Reagan désigna l'URSS comme « l'Empire du Mal » et relança les programmes nucléaires et spatiaux. Deux Directives sur les décisions de sécurité nationale (National Security Decision Directives), NSDD-42 et NSDD-85, refondèrent l'ensemble du système de recherche et d'armement et posèrent les bases légales du plus vaste programme militaire de l'histoire, l'Initiative de défense stratégique (Strategic Defense Initiative - SDI), dite par dérision « Guerre des étoiles ».

En 1989, ayant atteint la limite constitutionnelle de ses deux mandats, Ronald Reagan passa la main à George H. Bush. S'inscrivant initialement dans la continuité, le nouveau président suscita bien des déceptions chez les anciens du CPD. Bush père considérait que l'effondrement inespéré de l'URSS, marquant de facto la fin de la Guerre froide, annonçait une période propice à l'ouverture de nouveaux marchés et au pillage de ressources naturelles. Ses anciens amis pensaient au contraire que la disparition de l'unique challenger permettait enfin de réaliser leur rêve de domination militaire exclusive. Pis encore, en 1993, l'arrivée d'un démocrate moraliste, William Clinton, évoqua pour les vétérans de la Guerre froide les affres de l'épisode Carter. Aussi, pendant les années H. Bush-Clinton, les anciens du CPD mirent en place ou réactivèrent une série de think-tanks et de groupes de pression pour préparer des jours meilleurs. L'Institut américain de l'entreprise (AEI) [14] donna naissance au Centre d'études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies - CSIS) [15] L'axe Washington-Tel Aviv fut renforcé au travers de l'Institut juif pour les affaires de sécurité nationales (Jewish Institute for National Security Affairs - JINSA) et du Centre pour la politique de sécurité Center for Security Policy (CSP) [16].

Acte 4 - Le Center for Security Policy
Créé en 1988, le CSP revendique être le successeur politique du CPD, sans préciser s'il est lui aussi une émanation des services « stay-behind ». Il entend « défendre la paix internationale par le développement de la puissance des États-Unis d'Amérique ». Douglas J. Feith (actuel secrétaire adjoint à la Défense en charge de la politique de Défense) et Frank J. Gaffney Jr., l'ancien assistant parlementaire du sénateur Henry « Scoop » Jackson, en furent les fondateurs et en assurèrent successivement la direction.

Cette nouvelle association dispose d'un budget limité (1,7 million de dollars par an). Il provient principalement de donations des fondations de la famille Richard Mellon Scaife [17] (Gulf Oil), et les sociétés d'armement Boeing Company et Lockeed Martin Corporation. Elle dispose néanmoins d'une influence considérable au travers de ses administrateurs et conseillers qui sont aujourd'hui les principaux cadres du secrétariat à la Défense. La continuité avec le CPD se manifeste par la présence de vétérans de l'équipe B, comme William R. Van Cleave. Et surtout par la continuité de l'action : désignation de l'ennemi communiste (cette fois les dangers chinois et nord-coréen ont remplacé la menace soviétique) ; remise en cause des traités de non-prolifération ; militarisation de l'espace ; militarisation de la sécurité intérieure.

Le 12 mai 1996, les hommes du CPD réunirent à Prague trois cents responsables politiques et militaires, européens et états-uniens, pour lancer une nouvelle initiative atlantique (New Atlantic Initiative - NAI) [18]. Ils affirmèrent l'utilité nouvelle de l'OTAN après la dissolution du Pacte de Varsovie : intégrer les États d'Europe centrale et orientale sous le bouclier américain pour faire face au danger des « États voyous ».

Le CSP se dota d'une antenne à Jérusalem en prenant le contrôle d'une association préexistante, l'lnstitute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), animée par Robert J. Loewenberg et l'inévitable William R. Van Cleave.

Le 8 juillet 1996, Richard Perle, Douglas Feith, David et Mayrav Wurmser remirent au Premier ministre israélien Benjamin Natanyahu un document de l'IASPS, intitulé « Une rupture propre : une nouvelle stratégie pour sécuriser le territoire » (A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm) [19]. Il conseillait l'annulation des accords de paix d'Oslo, l'élimination politique de Yasser Arafat, l'annexion des territoires palestiniens, le renversement de Saddam Hussein en Irak pour déstabiliser en chaîne la Syrie et le Liban, le démantèlement de l'Irak avec création d'un État palestinien sur son territoire, et en échange de tous ces avantages accordés à Israël, l'utilisation de l'État hébreu comme base complémentaire du programme états-unien de guerre des étoiles.

Le 19 février 1998, Richard Perle et Stephen Solarz publièrent une « Lettre ouverte au président Clinton » préparée par le CSP. Ils exigeaient le renversement du régime de Bagdad. La lettre était cosignée par divers membres du CSP, dont Elliott Abrams [20], John Bolton, Douglas Feith, Fred Iklé, Zalmay Klalizad, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz et David Wurmser.

En 1998, à force de lobbying, le CSP obtint du président Clinton la création d'une commission nationale pour évaluer la menace balistique. Sa présidence fut confiée à Donald Rumsfeld. Seule la conclusion du rapport fut rendue publique, le 15 juillet. Elle affirmait que la CIA sous-estime une nouvelle fois les menaces en ignorant que la Corée du Nord, l'Iran et l'Irak disposeront sous cinq ans de missiles balistiques capables de frapper le territoire américain [21].

En 2000, le CSP obtint la création d'une nouvelle commission, cette fois pour évaluer la sécurité spatiale. La présidence en échut encore une fois à Donald Rumsfeld. Elle conclut bien entendu que l'on sous-estimait grandement la vulnérabilité spatiale des Etats-Unis. Interrogé par des journalistes sur l'origine de cette menace, Donal Rumsfeld répondit avec le plus grand sérieux que le danger provenait moins d'États que de groupes privés. Ainsi un terroriste international, Oussama Ben Laden, disposerait en Afghanistan d'une base de lancement de satellites et d'un centre d'assemblage de bombes atomiques.

Depuis la désignation de George W. Bush (fils de G.H. Bush) par la Cour suprême comme président des États-Unis, le CSP n'a pas cessé de marquer des points : nominations de Donald Rumsfeld au secrétariat à la Défense, de Paul Wolfowitz et Douglas Feith comme adjoints, de Richard Perle à la présidence de Conseil consultatif de politique de défense ; nomination de John Bolton au secrétariat d'État adjoint pour le désarmement, de sorte qu'il « marque à la culotte » le trop indépendant Colin Powell ; nomination de Zalmay Khalizad comme responsable de la politique américaine en Afghanistan ; publication par le département de la Défense d'un rapport clef en main sur la menace militaire chinoise [22] ; retrait unilatéral du traité ABM ; augmentation de plus de 40 % des budgets militaires ; création d'un embryon d'arme spatiale ; vote de l'USA Patriot Act ; création du Conseil national de la sécurité intérieure ; remise en cause au Proche-Orient du processus de paix d'Oslo ; mise en cause du régime de Saddam Hussein en Irak ; etc.

Au cours des dernières années, le CSP avait d'ailleurs pris soin d'étendre ses relais dans la société civile en créant ou soutenant une nébuleuse d'associations : l'Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient (Washington Institute for Near East Policy - WINEP) [23], l'Institut des médias du Proche-Orient et de recherche (Middle East Media & Research Institute - MEMRI) [24], l'Institut de recherche sur la politique étrangère (Foreign Policy Research Institute - FPRI) [25], et dernièrement la fondation pour la défense des démocraties (Foundation for Defense of Democracies - FDD) [26]. Les campagnes du CSP et de ses satellites trouvent un large écho dans le Weekly Standard de William Kristol le Jerusalem Post de Richard Perle et le Washington Times d'Arnaud de Borchgrave, ainsi que dans les éditoriaux de Charles Krauthammer dans le Washington Post.

Les temps changent, mais les pratiques restent identiques. Après le 11 septembre, les associations et journaux liés au CSP ont entrepris une campagne de dénigrement de la CIA. L'agence de Langley a été déclarée coupable de défaillance grave pour avoir sous-estimé le danger islamiste, exactement comme vingt-deux ans plus tôt le CPD l'accusait de sous-estimation de la menace soviétique. Sur la base de ce psychodrame national, le code de déontologie de la CIA a été abrogé, d'anciens cadres placés en retraite anticipée par William Clinton ont été rappelés, et un plan d'actions secrètes dans soixante-huit États a été adopté par le président George W. Bush [27]. La théorie de la Guerre des civilisations, élaborée par Samuel Huntington, a remplaçé la vulgate anti-soviétique primaire de la Guerre froide. « L'Axe du Mal » incarné par l'islamiste-le-cutter-à-la-main s'est substitué à « l'Empire du Mal » et son moujik-le-couteau-entre-les-dents. Pour convaincre l'opinion publique intérieure, le « stay-behind » a renoué avec ses anciennes pratiques de manipulation. Donald Rumsfeld alla jusqu'à créer un Bureau pour l'information stratégique (Office for the Strategic Influence - OSI) avec pour mission d'intoxiquer la presse états-unienne et de convaincre l'opinion publique de la nécessité d'une croisade du monde judéo-chrétien contre le monde arabo-musulman [28]. Tous ces éléments ont contribué à forger un consensus tel que la plupart des exigences du CSP ont été satisfaites, aussi bien en termes de budget que de stratégie.

En novembre 2001, le CSP a remis son prix annuel des « Gardiens de la Flamme » (Keepers of the Flame) à l'ancien directeur de la CIA, puis secrétaire à la Défense, James R. Schlessinger. Le prix lui était remis par Donald Rumsfeld, qui lui succéda au Pentagone lors du « massacre d'Halloween ». Ils étaient tous là : John Bolton, Paul Wolfowitz, Zalmay Khalizad, Douglas Feith, James Woolsey, etc. Dans son mot d'introduction, le président de l'association Frank Gaffney se laissa aller à la confidence : « Cela nous a pris treize ans pour arriver où nous sommes, mais nous sommes arrivés » [29]. Une manière élégante d'affirmer qu'ils avaient tous occupé le pouvoir avec Ronald Reagan, puis qu'ils avaient été marginalisés sous la présidence de cet « affairiste » de George H. Bush et écartés sous la présidence de William Clinton, enfin qu'ils s'en étaient emparés à nouveau, non pas avec la désignation de George W., mais à la faveur des attentats du 11 septembre 2001.

Thierry Meyssan
Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.

[1] « Les réseaux d'ingérence américains », par Thierry Meyssan, Notes d'information du Réseau Voltaire n° 229-230, 20 août 2001 http://www.reseauvoltaire.net/article8691.html .

[2] Secret Agenda : The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990, par Linda Hunt. St.Martin's Press, 1991.

[3] World Circling Spaceship, Rand Corporation, mai 1946.

[4] « The Sources of Soviet Conduct », par Mr. X (alias de George C. Kennan), in Foreign Affairs, juillet 1947.

[5] Les documents préparés par Barrett attestant la manipulation ont été déclassifiés par James Carter. Ils ont été publiés dans le volume consacré à la Corée de Foreign Relations of the United States. On en trouvera une analyse dans « A Tale of Two Memos » par Bob Spiegelman, Covert Action n° 31, hiver 1989. Par ailleurs, Barrett a exposé ses théories et méthodes dans Truth is Our Weapon, Funk and Wagnalls, 1953. Cet ouvrage a été réédité par B&W Reprint.

[6] La poursuite des crimes nazis au sein de l'arsenal d'Edgewood a donné lieu au rapport des inspecteurs généraux James R. Taylor et William Johnson « Research Report Concerning the Use of Volunteers in Chemical Agent Research », 21 juillet 1975. L'ensemble des expérimentations chimiques conduites par les scientifiques nazis de l'armée US sur les populations civiles aux États-Unis a fait l'objet d'un rapport du Congrès, « Biological Testing Involving Human Subjects by the Department of Defense », 23 mai 1977.

[7] L'AEI avait été fondée en 1943 pour promouvoir la libre entreprise. Il s'agissait à l'époque plus d'un groupe de réflexion sur l'économie que d'un lobby politique. La prise en main de l'AEI et son développement furent confiés à William Baroody Sr., puis à son fils William Baroody Jr. En quelques années l'AEI multiplia par quinze le nombre de ses permanents.

[8] David Packard, ancien secrétaire adjoint à la Défense et président de la multinationale Hewlett-Packard, et Lane Kirkland, secrétaire-trésorier de l'AFL-CIO, étaient co-chairmen du CPD.

[9] Peddlers of Crisis : The Committee on the Present Danger, Jerry Sanders, South End Press, 1983. Killing Detente, The Right Attacks the CIA, Anne Hessing Cahn, Pennsylvania State Press, 1998.

[10] Ce processus était d'autant plus logique que Washington avait décidé depuis longtemps de donner la bombe à Israël. Cf . Affaires atomiques, Dominique Lorentz, Les Arènes éd., 2001 http://www.arenes.fr/livres.

[11] Sur le général Lemnitzer, voir « Opération Northwoods, quand l'état-major américain planifiait des attentats terroristes contre sa population », par Thierry Meyssan, Notes d'information du Réseau Voltaire n° 238-239, 5 novembre 2001, http://www.reseauvoltaire.net/article7615.html.

[12] Une version abrégée du rapport de l'équipe B a été publiée par Richard Pipes dans Commentary de juillet 1977 sous le titre « Why the Soviet Union Thinks It Could Fight and Win a Nuclear War ». Elle est connue sous le nom de « Pipes Report ».

[13] « Group Goes from Exile to Influence », in The New York Times, 23 novembre 1981.

[14] Site officiel de l'AEI http://www.aei.org.

[15] Site officiel du CSIS http://www.csis.org.

[16] Site officiel du CSP http://www.centerforsecuritypolicy.org.

[17] Rappelons que Richard Mellon Scaife a été largement mis en cause par Hillary Rodham Clinton comme étant le principal comploteur et financier de l'affaire Lewinsky.

[18] Site officiel de la NAI http://www.aei.org/nai.

[19] Une version abrégée du document est consultable sur http://www.israeleconomy.org/strat1.htm.

[20] Sur Elliott Abrams, voir « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Notes d'information du Réseau Voltaire http://www.reseauvoltaire.net/reseau/article1.html .

[21] L'estimation de la CIA (National Intelligence Estimation) NIE 95-19 avait conclu qu'aucun nouvel État ne serait en mesure de frapper le territoire américain avant 2010.

[22] « China :Military to Military Exchange 2000 », Department of Defense, 6 juillet 2001 http://www.defenselink.mil/news/Jun... et Military Power of the People's Republic of China, Department of Defense, 7 décembre 2002 http://www.defenselink.mil/news/Jul....

[23] Site officiel du WINEP http://www.washingtoninstitute.org.

[24] Site officiel du MEMRI http://www.memri.org. Le MEMRI offre aux membres du Congrès et à la presse états-unienne des traductions gratuites d'articles de la presse arabe. La sélection très partiale qu'il opère vise à discréditer les dirigeants arabes. Le MEMRI a été créé pour le CSP par des officiers du service de renseignement des forces armées israéliennes : le colonel Yigal Carmon, Yotam Feldner et Aluma Solnick. Cf. « Selective MEMRI », in The Guardian, 12 août 2002.

[25] Site officiel du FPRI http://www.fpri.org.

[26] Site officiel de la FDD http://www.defenddemocracy.org.

[27] 11 septembre 2001, L'Effroyable imposture, par Thierry Meyssan, Carnot éd., 2002 http://www.effroyable-imposture.net.

[28] Ce Bureau a été officiellement dissous après la révélation de son existence par la presse américaine. Mais comme il n'avait pas officiellement été créé, il n'existe aucun moyen de vérifier qu'il ait disparu.

[29] Washington Hawks Get Power Boost, Julian Borger, The Guardian du 17 décembre 2001.

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Dernière édition par Jean-Marc Rioux le 10 Juin 2004, 15:11, édité 1 fois.
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Messagede Germain R le 10 Juin 2004, 1:56

http://membres.lycos.fr/filterman/offshore.htm

Conférence sur le blanchiment du 18 au 21 décembre 2000

Introduction:

Une conférence organisée par info@academyfinance.ch sur le blanchiment d'argent sale se déroulait du 18 au 21 décembre 2000 comme les années précédentes. Elle a eu lieu à l'hôtel Prince de Galle et à l'hôtel Marignan à Paris, à côté des Champs Elysée. On a cependant pu constater quelques absences, malgré la qualité des intervenants. La présence de magistrats a probablement effrayé certains. Pourtant les années précédentes il y en avait aussi. Des élèves d'HEC étaient présents le premier et le deuxième jour. Si les paradis fiscaux ont été largement cités, leurs divers représentants respectifs sont aussi intervenus. Un certain nombre d'exemples ont aussi été donnés en référence. Des magistrats, avocats, procureurs antimafia, commissaires antimafia d'Interpol, banquiers, représentants du GAFI, de TRACFIN, du SICCFIN, étaient présents. Quelques échanges intéressants ont eu lieu lors des déjeuners et ont permis d'obtenir des confirmations ou des réponses, que je ne n'évoquerai pas ici par correction, ces conversations étant privées.

Certaines affaires, comme les naufrages de navires chargés de déchets chimiques et radioactifs à des fins de blanchiment, ont été pris comme exemple. Je me suis fait confirmer par un commissaire d'Interpol, si l'exemple en question ne concernait pas les naufrages volontaires d'une quarantaine de navires dans la mer Méditerranée. C'était en effet le cas, mais affaire peu connue en France, car peu relatée par la presse française. La seule fois où on en a parlé, c'est lors d'une émission de télé, dont j'avais déjà parlé quelque part sur un site. Plus intéressant, dans un très épais rapport que je viens de recevoir, si des cartes sont présentes pour signaler les décharges dans la mer Atlantique à proximité des côtes françaises, il n'y a par contre aucune carte pour la zone Méditerranée. Surprenant non.

Lundi 18 décembre 2000: Journée pratique de sensibilisation:

La première journée a été entièrement animée par M. Philippe Broyer:
Docteur en Science de l'information
Consultant bancaire
Chargé de cours à l'Université de Marne-la-Vallée
Secrétaire Général du Centre d'Etudes sur le blanchiment et la Corruption.
Auteur du livre: "La lutte contre le blanchiment face au développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication".

Il est expert des circuits financiers clandestins et du blanchiment. Il a effectué des recherches en liaison avec le centre d'Etudes Scientifiques de Défense dirigé par l'Amiral Lacoste (ex-patron de la DGSE à une époque)

Les thèmes abordés: Blanchiment et paradis fiscaux:
Le besoin du blanchiment
L'expansion des réseaux financiers clandestins
L'ingénierie du blanchiment
Les principaux enjeux de la lutte contre le blanchiment

Premier exemple: La BCCI
A titre d'exemple, comme premier cas d'étude sur le blanchiment d'argent, l'affaire de la BCCI, Bank of Credit and Commerce International a été citée. Elle était encore surnommée par des magistrats, Bank of Crooks and Cocaïne International. Cela était inévitable, car cette banque a fait tout ce qui était interdit de faire par la loi, et même plus. Cette affaire qui remonte aux années 1970/1980, est en effet connue de tous les banquiers, et a été à l'origine d'un énorme scandale. A la fin des années 80, la BCCI était au 7ème rang mondial des banques à capitaux privés. Son groupe implanté dans 73 pays disposait de 400 agences, 14.000 salariés, et des participation dans 40 filiales. Il gérait 23 milliards de dollars d'actifs, ce qui représentait 1,3 millions de clients. Cette organisation a permis le blanchiment de 20 à 30 milliards de dollars. Le dernier volet en justice a d'ailleurs été réglé en justice que récemment avec un des ex-administrateurs, il n'y a que quelques mois.


Deuxième exemple: Les cartels colombiens:
Ce réseau était l'un des plus étendus. La coordination de plusieurs services de d'enquête et de répression situés dans plusieurs pays, a été nécessaire pour monter plusieurs opérations de grande envergure qui ont abouti à plusieurs vagues de centaines d'arrestations. Cela s'est traduit en 1992 par la saisie impressionnante de 20 mètres cube de billets en grosse coupure dans une cache de Londres, de 54 millions de dollars, de 90 comptes bancaires, et 210 arrestations. Les services américains découvrent en 1995 que plus d'une centaines de sociétés et pas les moindre, IBM, Microsoft, Apple, General Motors ou Electric et beaucoup d'autres, avaient servi au blanchiment de plusieurs milliards de dollars du Cartel. Leur matériel était acheté par des importateurs colombiens avec des narco-dollars et revendu. Une autre opération eu lieu en 1996 avec des saisies en espèce, drogue, mais aussi des armes, et 80 personnes arrêtées. Plusieurs pays ont été impliqués dans ces actions, Bosnie, Croatie, Canada, Espagne, Grèce, Italie, Roumanie, Royaume-Uni, mais aussi la France où à la suite de cette affaire il y eu des procès.


Troisième exemple: Les opérateurs indépendants:
Un des représentants d'un des chefs du Cartel du Cali avait monté une opération pour blanchir l'argent en Europe. L'argent partait des Caraïbe, pour aller sur un compte en Allemagne, puis à Monaco. Il avait ouvert 270 comptes dans 120 banques, au Panama, USA, et Europe, qui ont permis de blanchir des milliards de dollars. Le réseau bancaire de la BCCI dont des agences situées à Hong-Kong, avaient ouvert 306 comptes au nom de 70 personnes, qui ont servi à ces opérations dans les années 80.


Quatrième exemple: La Mina:
L'objectif de cette organisation était de blanchir l'argent du Cartel de Cali, ce qui représentait 1,2 milliards de dollars pour la période de 1986 à 1988. L'argent de la vente au détail de la cocaïne était blanchit par le biais d'un bijoutier qui avait imaginé à partir d'une bijouterie de New York, des importations fictives d'or en provenance des mines de l'Uruguay. Petit problème, ce pays n'avait pas de mines capables d'être aussi rentables. C'est ce qui a attiré l'attention des enquêteurs, bien que l'idée était bonne seulement à un détail près. C'est toujours les détails qui causent les grains de sable, la preuve.


Cinquième exemple: Cosa Nostra a Wall Street:
En décembre 1996, un article dans Business Week révélait que la mafia américaine blanchissait l'argent via le marché de la bourse de New York. Si tous les donneurs d'ordres étaient déjà connu du SEC, Securities and Exchange Commission, il n'en n'était pas de même des intervenants directs. Or récemment, en juin 2000, le procureur fédéral de Manhattan révélait qu'une importante fraude boursière venait d'être mise en échec. Le FBI a inculpé 120 personnes. Preuve que la mafia se diversifie en s'impliquant dans le monde des affaires. Il est évident que les traders n'avaient pas intérêt à perdre l'argent qui leur était confié, car leurs commanditaires étaient insensibles aux arguments techniques boursiers.


Sixième exemple: La mise en cause de la Bank of New York:
En août 1999, un article révélait que cette banque avait blanchi de 5 à 10 milliards de dollars en un an pour le compte de la mafia russe. Le compte d'une seule société avait permis 10.000 mouvements entre octobre 1998 et mars 1999, ce qui représentait une somme de 4 milliards de dollars. L'Angleterre avait alerté ses homologues américains dès le début 1998. Des fonds provenaient des prêts accordés à la Russie par le FMI. Cette affaire avait fait grand bruit, et le FMI avait même été mis en cause. Les responsables d'une société d'origine russes naturalisés américains, ont avoué en février 2000, avoir favorisé le mouvement de 7 milliards de dollars, entre décembre 1992 et juillet 1999.

Les places offshore:
On ne pouvait pas finir cette journée sans parler des paradis fiscaux, ou des places offshore, qui selon l'intervenant ne doivent pas être considéré comme des pays. Les déclarations de soupçon se faisant à partir de 50 KF dans les banques, certains ont besoin de ce moyen pour éviter de fournir des explications gênantes. Un inventaire des différentes zones concernées a été réalisé: Caraïbes, Europe/Méditerranée, Asie/Pacifique. Les Caïmans ont pour 30.000 habitants 600 banques et un flux financier de 1000 M$. Une quinzaine de paradis sont actuellement sous surveillance. Certains modifient actuellement leur législation pour ne pas se retrouver sur la liste noire du GAFI ou de l'OCDE qui sera disponible en juin 2001. Le GAFI constitué lors d'un sommet du G7 regroupe 29 pays, a réalisé depuis une liste de 25 critères qui s'opposent à la lutte contre le blanchiment.

Très surveillé aussi, la restauration rapide:
Les pizzas a emporté, est aussi un moyen qui permet le blanchiment et le commerce de la drogue. Il s'agit de petites sommes, donc personne ne va payer avec un chèque et encore moins une carte bleue. Tout cela s'effectue de main à la main, et il n'y a qu'en épluchant les livres de compte, que l'on peut découvrir une faille. Mais on apprend aussi que les salons de coiffure sont aussi impliqués dans ces réseaux de blanchiment. Question, combien de petites professions ont été inclues dans le système, en réalité on n'en sait rien. Le secteur des télécoms est aussi touché, mais avec des moyens plus sophistiqués, comme les serveurs payants.

Mardi 20 décembre 2000: Programme du matin:
Criminalité Organisée: Définir le phénomène pour mieux le combattre:
Modérateur: Stéphane Brabant, Avocat Associé, Herbert Smith - Vice-Président du Centre d'Etudes sur le Blanchiment et la Corruption.

Marc Chesnay, Professeur au Département Economie et Finance, Groupe HEC.
Président du Centre d'Etude sur le Blanchiment et la Corruption.

09h05 Introduction de Marc Chesnay:
124 pays ont signé sous l'égide des Nations Unies vendredi 15 décembre 2000 à Palerme, une convention contre la criminalité transnationale organisée. Deux protocoles y ont été rajoutés, un contre le trafic illicites de migrants, l'autre pour la prévention et la traite des êtres humains. La levée du secret bancaire a été aussi envisagée. Si cette convention est ratifiée par au moins 40 parlements, elle pourra être appliquée au niveau mondiale. Selon le dernier rapport de la Maison Blanche, le chiffre d'affaire du crime serait de l'ordre de 1000 milliards de dollars par an, dont un montant blanchi de 300 à 500 milliards par an. Pour le vice secrétaire de l'ONU, initiateur de la convention, il y aurait 200 millions d'esclaves, dont 700.000 à 2 millions d'enfants. C'est désormais le deuxième marché après celui des stupéfiants. Un doute est émis sur l'origine des mouvements de yoyo de la nouvelle économie, et sur l'origine de l'argent, dont on peut supposer qu'une partie est d'origine douteuse. La structure pyramidale violente est un moyen qui permet des mouvements de capitaux rapides et importants par la multiplication des placements pendant une période donnée. Certaines crises économiques comme au Mexique en 94, en Thaïlande, la crise asiatique en 97, le japon et la Russie seraient dues au blanchiment. L'économie de certaines est sous la perfusion du crime organisé. Si la logique de marché et de dérégulation des gouvernements et de l'économie actuelle a permis à un certain nombre de pays de retrouver les chemins de la croissance, elle a aussi donnée une bouffée d'air aux structures mafieuses (moi - l'auteur présent du site - je traduirai en clair, que c'est cette globalisation et mondialisation que l'on veut nous imposer, qui nous mène vers l'esclavage, la spoliation, le blanchiment, et la corruption. Il ne faut pas se voiler la face dans l'hypocrisie). La mafia s'est mondialisée depuis longtemps, or la stratégie des gouvernements actuels a autorisé son renforcement. Les moyens de paiement électronique présentent un danger car ils facilitent des mouvements instantanés, tout en préservant l'anonymat. Les possibilités d'Internet associés à des banques offshores permettent de contourner les réglementations. Le nombre des transactions journalières par Internet, environ 2,5 millions par jour, rend les contrôles pratiquement impossibles. Les produits dérivés traités sur les marchés organisés ont donné une dimension supplémentaire aux activités de blanchiment et a l'opacité.

Il est de la responsabilité du CEBC d'attirer votre attention sur ces aspects. Nous ne pouvons plus faire comme si ce phénomène n'existait pas, comme si nous ne savions pas, comme si nous ne comprenions pas les dangers démocratiques éthiques et économiques. Cette cécité volontaire ou involontaire de l'économie propre, vis à vis de sa face cachée est dangereuse, et de plus en plus intolérable. Il est aussi de ma responsabilité en tant que professeur dans un département d'économie et de finance, d'appeler à la constitution de formations universitaires sérieuses et complètes dans ces domaines...

Il est pour le moins étonnant et paradoxal aujourd'hui, que les étudiants en finance des universités Européennes et Nord Américaines, ne suivent pour la plupart aucun cours dans ces domaines. La lutte contre ces fléaux n'est pas perçue comme étant prioritaire par une partie de nos élites. Ainsi cette conférence n'a pas uniquement pour objectif de venir s'ajouter à une longue liste de séminaires financiers, elle a aussi et surtout une grande ambition, celle de réfléchir sérieusement sur des questions graves et essentielles.

09h15 Intervention de Michel Gauthier, Magistrat chargé de mission auprès du Service des Affaires Européennes et Internationales (SAEI) et de la Direction des Affaires Criminelles.

Toutes les expressions qui sautent aux yeux dans le programme de la conférence, criminalité organisée, centres offshore, criminalité informatique, blanchiment Internet, sont bien les caractéristiques des vecteurs, des facteurs de la criminalité moderne. On nous dit qu'aucune condamnation n'a encore été enregistrée pour blanchiment, ce n'est pas exacte. Il y a des condamnations qui sont enregistrées aux casiers judiciaires depuis déjà 1998 pour le blanchiment sur les produits stupéfiants. Pour le FMI, le blanchiment des activités criminelles tournerait autour de 5% du PIB mondial, soit entre 600 et 1500 milliards de dollars par an. Cela associé à la vitesse de circulation des flux douteux, dans une totale opacité nous fait prendre conscience des risques de déstabilisation des économies et des démocraties.
Le Ministère de la justice comprenant les messages, tel que l'appel de Genève, lancé en 1996 a voulu accentuer son implication dans cette lutte au niveau nationale et internationale. Cette situation conduit à décloisonner les différents acteurs de cette lutte et à créer une collaboration pluridisciplinaire. Cette méthode peut permettre d'améliorer le traçabilité des flux d'argent sale. Nous sommes tous convaincus que la lutte contre ces formes de criminalité passe par la dimension internationale. Cette année a été féconde sur la lutte contre la criminalité organisée, la criminalité financière et le blanchiment. Il y a une semaine à Palerme a été ouverte à la signature la convention des Nations Unies pour la lutte contre la criminalité transnationale organisée qui a été signée par les 120 pays présents. C'est le premier instrument juridique mondial consacré à la lutte contre la criminalité. Cette convention a nécessité 3 ans de travail.

09h40 Intervention de Jean-Paul Laborde, Administrateur du Service Juridique et des Conventions, Centre pour la Prévention Internationale du crime.

- Définition de la criminalité organisée.
- La volonté d'éliminer l'opacité coupable des paradis fiscaux.
- Vers une définition de standard minimaux dans les centres offshores ?

La Nouvelle Convention Internationale de l'ONU, contre la criminalité organisée a été signée par les USA, la Russie, la France et beaucoup d'autres. De plus, 80 états ont signé des protocoles adjacents.

10h30 Intervention de Lorenzo Matassa, Procureur antimafia de la République de Palerme.
Tentative d'approche poly-criminelle:

Les méthodes utilisées en Colombie ont été évoquées. Sur le plan de la législation, le Panama a aussi été un sujet dont on a parlé lors de cette conférence, comme d'autres paradis fiscaux.

10h55 Intervention de Jean François Godbille, Premier Substitut du Roi, Parquet de Bruxelles.
Pour une approche méthodologique de la criminalité organisée:

L'infiltration des pouvoirs politiques et donc des gouvernements est un sujet qui a eu une large place dans son intervention. Mais plus intéressant, une petite phrase à retenir:
"La promotion de ceux qui ne dérangent pas par rapport à ceux qui dérangent, doit être éliminée." C'est un sujet qui est aussi largement évoqué et souligné depuis longtemps sur le site Scandales Français dans le chapitre 4 ou 5. Il confirme aussi que la paralysie du pouvoir judiciaire semble progresser. Quel crédit faut-il donc donner à ce qui ressemble à des grandes manoeuvres d'un côté. Il y a donc une volonté politique de paralyser les systèmes judiciaires de lutte contre le blanchiment, sachant que les classes politiques de plusieurs pays sont loin d'être innocentes. On est donc mal venu de critiquer les paradis fiscaux. Il serait intéressant de connaître les listes des politiciens qui ont des comptes dans ces paradis. Mais à chaque fois que l'on a trouvé des listes, elles ont mystérieusement disparu et sont tombés dans l'oubli. Là je précise quue c'est moi qui parle, l'auteur du site présent, et non le procureur.

11h30 Intervention de Mikhaïl Davydov, Président de la commission pour la Coopération entre la Fédération de Russie et l'Union Européenne.
Crime organisée en Russie et risque de blanchiment d'argent en Europe:

- Le crime organisé en Russie aujourd'hui.
- Les méthodes et circuits de blanchiment de l'argent russe en Europe occidentale.
- La portée de la nouvelle loi russe de novembre 2000 sur le crime organisé et le blanchiment.

M. Broyer a félicité M. Davidov pour la franchise et la qualité de son intervention, qui change de l'hypocrisie des déclarations des responsables politiques de nos pays européens.

11h50 PAUSE- Sujets abordés après la pause:
- La coopération judiciaire Anti-blanchiment
- La coopération judiciaire internationale en matière fiscale
- L'expérience d'un juge d'instruction dans les affaires de corruption et de blanchiment
- La problématique de l'équivalance des infractions dans une commission rogatoire et les incompatibilités entre législations.

12h00 Robert Bievert, Procureur d'Etat, Parquet du Luxembourg.

12h25 Intervention de Lorenzo Matassa, Procureur antimafia de la République de Palerme.
Blanchiment sur des déchets immergés:

"Je vais vous montrer quelque chose d'extraordinaire... Je vais vous montrer une enquête que moi j'ai développé sur un circuit de blanchiment et de trafic de déchets nucléaires. C'est impossible en 10 minutes de vous expliquer cette enquête. Vous voyez au milieu en haut, il y a cette société, ça s'appelle Oceane Disponso Management. Vous voyez les états dans lesquels cette société a opéré. Luxembourg, Suisse, Russie. Vous voyez ces racines là, vont de ODM, ça va bouger sur deux noms. ça c'était la structure générale de l'enquête et ce qu'elle nous a apporté. Hier on a rigolé sur une facture. C'est drôle parce que cette enquête se réduit à cette facture, et c'est le cas, le hasard qui a voulu que l'on puisse grâce à une faute sur cette facture découvrir cette structure si composée, si complexe que vous avez vu. Là vous avez une société de Panama qui fait la facture à une société de Malte le 30 novembre. C'est une facture de 293.000 dollars pour acheter une petite moto. Cette société s'occupe encore de déchets nucléaires avec un système de pénétrateur. Je ne rêve pas. Vous me dites ça c'est un dessin, même un enfant pourrait le faire..."

En clair, comme exemple, le procureur antimafia parlait d'une double opération. Le but était de faire blanchir de l'argent et de faire disparaître des milliers de tonnes de déchets au fond de la Méditerrannée, ni vu, ni connu. Des entreprises françaises, italiennes, russes, allemandes sont concernées, et aussi d'autres pays. Cette opération a été plus ou moins découverte par le biais de cette facture, dont le coût était incompatible avec le produit en cause. J'apporterai une petite précision complémentaire sur cette affaire. Deux journalistes ont été assassinés en 1994. Un officier de la marine italienne qui enquêtait au pull antimafia de Palerme est aussi décédé, mais les circonstances exactes de sa mort n'ont pas encore été définies.

12h45 Jean-Pierre Zanoto, ex-Juge d'Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris.
Les problèmes de la coopération judiciaire internationale en matière de criminalité organisée.

Il nous précise qu'il faut compter 6 mois pour la moindre commission rogatoire, et en admettant que l'état concerné veuille bien y répondre. Ce qui n'est pas le cas pour les paradis fiscaux, mais aussi pour des pays comme l'Angleterre. Les mouvements financiers se font en quelques secondes, alors qu'un simple document judiciaire met lui des mois ou même des années avant d'obtenir une réponse qui sera d'ailleurs le plus souvent négative. Le crime organisé, ainsi que politique, fonctionne à l'ère du troisième millénaire à la vitesse de la lumière, pendant que la justice utilise encore les méthodes du moyen-âge.

Mardi 20 décembre 2000: Programme de l'Après-Midi:
La croisade anti-centres offshores: Que peut y gagner réellement l'Europe

C'est cet après-midi qui a été le plus intéressant, car on a eu droit à un mini-incident diplomatique entre le Député A. Montebourg et le Prince Nicolas, ambassadeur du Liechtenstein en Belgique.


14h50 Intervention de Stéphane Brabant, avocat.

15h02 Questions de J-F Godbille, 1er substitut du procureur du roi de Bruxelles:
Pourquoi on s'agite contre Monaco (et sous-entendu les autres).
Pourquoi il y a eu tous ces recours avec la Belgique dans le cadre de l'affaire Dassault?

15h05 Réponse du Député Montebourg.
Les actions en cours à la suite de l'appel de Genève par les magistrats.

15h16 Intervention du Prince Nicolas, qui informe l'assemblée que la législation va changer à partir du 1er janvier 2001.

15h35 Intervention de Johann Jakob, avocat, Partner, Audina AG, Vaduz, Liechtenstein.

Son intervention très humouristique et surtout provocatrice n'a pas été sans faire grincer des dents, avec certaines phrases chocs: "On n'accepte plus les politiciens français, au Liechtenstein et en Suisse, c'est peut-être pour ça qu'on est aussi critiqué.
Les paradis sont considérés criminels plus que les criminels.
Il constate que l'initiative du GAFI était française. Il y a une banque française détenu par l'état français qui est en cours de fermeture en Suisse.
Pour le rapport Spiegel l'Allemagne, s'est excusé.
Il a parlé d'une arrestation très rapportée par la presse d'un homme d'affaires français. On peut supposer qu'il faisait allusion de celle de début décembre, détonateur de l'affaire de l'Angola.

16h00 Arnaud de Montebourg, Député de Saône et Loire, Rapporteur de la Mission Parlementaire sur la délinquance financière et le blanchiment.

Voici ses propos mot pour mot:
"Il s'agit d'un document traduit par les services de l'Assemblée Nationale à partir d'une lettre qui est envoyée par le chef du service juridique du gouvernement, c'est à dire sous les ordres du ministre de la justice du Liechtenstein Monsieur Norbert Marquert. Monsieur Norbert Marquert est tristement connu dans toute l'Europe, puisqu'il est celui qui refuse de répondre aux commissions rogatoires internationales avec une lettre type qu'il adresse systématiquement à tous ses collègues par delà les frontières européennes. Lorsque nous nous sommes rendus à Vaduz, le Ministre de la Justice à dit, ha, mais il ne faut pas parler de façon générale.... très courtois d'ailleurs, il faut nous donner des cas concrets. Nous sommes venus avec des cas concrets. Nous sommes venus il y a un an avec une affaire ELF Aquitaine, euh, qui est une affaire très grave en France, sur laquelle nous aimerions avoir la coopération du Liechtenstein. Nous avons obtenu la coopération de tous les autre pays, sauf du Liechtenstein. Ce sont des commissions rogatoires qui datent du mois de janvier 98. Nous nous sommes rendus le 14 janvier 2000, deux ans après, pour faire débloquer la situation. Il nous a été répondu que, on allait effectivement, car nous avons rencontré l'auteur de cette lettre, rien de plus intéressant que de rencontrer ceux qui écrivent des lettres, de refus, de coopération judiciaire. Il nous a dit nous allons voir dans les procès verbaux, nous les avons rendu publics, nous allons en effet regarder, nous avons des assurances qui sont aujourd'hui sur procès verbaux que nous avons rendu public, dans notre rapport, et il a fallu que je relance encore au mois de juillet 2000, sur les 4 commissions rogatoires, ce sont des rejets d'abus de biens sociaux, de la corruption politique, de la corruption économique, des trafics d'influence et de l'abus de confiance. Il n'y a pas d'exception fiscale, il n'y a pas l'ombre du début d'une infraction fiscale. J'ai envoyé une lettre le 20 juillet 2000 à votre Ministre de la Justice, mon cher ambassadeur. Voilà ce que je lui disais: "



Monsieur le Ministre,

Au cours de notre voyage à Vaduz, le 14 janvier 2000, vous nous avez fait des déclarations apaisantes, sur les moyens que vous sembliez disposé à prendre, afin de faire exécuter quatre commissions rogatoires internationales, délivrées par l'autorité judiciaire française, à ce jour inexécutées par votre gouvernement, celles qui figurent dans ce document. Vous êtes venus vous même à Paris rencontrer le Président de la Mission, Monsieur Viencent Peillon, mon collègue député de La Somme. auquel vous avez indiquez que les Commissions Rogatoires Internationales, ci-dessus décrites, feraient l'objet d'une exécution avant le 30 juin de cette année, signe de la bonne volonté du gouvernement de la Principauté du Liechtenstein. Le délai que vous avez vous même fixé ayant été dépassé, je souhaiterais connaître avec précision les difficultés particulières qui vous empêche de faire exécuter ces commissions rogatoires. Si dans un délai extrêmement rapproché ces quatre commissions rogatoires n'ont pas été exécutées, et bien nous serons amené à prendre de nouvelles mesures.

"Je n'ai pas eu de réponse à cette lettre, les commissions rogatoires ne sont pas exécutées. L'affaire qui est instruite par Mme Eva Joly, juge d'instruction à Paris, est une affaire qui viendra en jugement à la mi-janvier 2001. Donc si nous n'avons pas eu l'information avant, vous dites, que la loi intervient le 1er janvier 2001, il suffit concrètement puisque la loi est applicable à partir du 1er janvier 2001, il suffit, vous avez 15 jours pour le faire, c'est très facile, que Monsieur Marquert qui est assis sur des tonnes, des dizaines et des dizaines, c'est votre Prince Régnant qui nous a raconté çà, qui a raconté ça à notre ambassadeur, sur des dizaines de commissions rogatoires qu'ils refusent d'exécuter pour protéger la richesse du Liechtenstein. Bien, si vous n'allez pas chercher des informations que nous demandons dans l'affaire ELF Aquitaine entre le 1er et le 15 janvier, il faut vous attendre à un durcissement de notre langage et, à de nouvelles critiques, et ce n'est pas vos attachés de presse et vos avocats qui font le tour des colloques et des gouvernements, qui changeront quoique ce soit."

Johann Jakob, avocat, intervient:
"Monsieur je tiens à dire quand même, c'est le chant qui fait la musique, je crois que c'est ce qu'on dit en français, et il faut quand même mentionner quand moi je suis venus ici, j'étais invité, vous êtes venus sans être invités, il faut pas dire plus, il y a comme ça j'avais demandé .... dans cette commission de députés, moi j'étais invité quand je suis venus ici."

16h18 Monsieur Jakob n'a pas eu le temps de finir sa phrase, que le député Montebour avait déjà pris ses affaires et quitté la salle. Il s'agit du moment où la tension a été la plus forte, lors de ces quatre jours de conférence. Lors de la conférence, tout était orienté sur la mafia et la drogue, en prenant soin de ne pas parler des groupes industriels qui sont pourtant aussi les premiers à utiliser les offshores pour blanchir de l'argent.

Monsieur Tony de la Cour d'Appel de Versailles:


Mercredi 20 décembre: Programme du matin:
L'Avenir de la criminalité organisé: Criminalité informatique et Internet:
Modérateur: Philippe Broyer, Consultant indépendant, chargés de cours à l'Universite de Marne-la-Vallée, Secrétaire Général du centre d'Etudes sur le Blanchiment et la Corruption.

Commandant Rivière:
20 ans de gendarmerie, 21ans d'informatique et conférencier.
A fait parti d'un groupe de travail à Interpol.
Patron de l'Institut de Recherche Criminelle pour toute la délinquance informatique en France comme expert jusqu'en juin 1999. Il n'y a dans ce service que des techniciens, et ils travaillent sur le territoire avec des enquêteurs.

Ils ont été en charge d'une affaire de détournement de 400 MF en un coup. Le responsable a été retrouvé ainsi que 15 MF, mais il a eu un trou de mémoire de 385 MF. Ils ont été en charge de l'affaire Ado71 ainsi que d'une affaire de piratage avec le FBI de la NASA et de l'US Air Force par des hackers français.

Il a été réclamé par le privé en 98, pour faire de la prévention. Il s'est donc mis en disponibilité et a créé sa société Lexis avec d'autres officiers, dont un colonel responsable de toute la sécurité au niveau de la défense nationale. L'objectif de cette société est de faire du conseil mais pas de la vente de matériel.

"Le problème en ce moment, c'est que la sécurité tout le monde en parle, ça devient une opportunité pour certaines personnes, les gens vous disent, attention c'est hyperdangereux, c'est très grave oui, et ce manque d'information concrète, parce que moi je le vois dans les journaux de tous les jours, on explique que (le virus) I Love You a coûté 350 milliards de dollars, c'est n'importe quoi, absolument n'importe quoi. Dans les calculs des pertes financières on a dit que, pour Amazone ils ont perdu 350 millions de dollars, parce que, en 06 heures d'interruption de service, ils auraient peut-être pu vendre 20 % de livres en plus, ils ont fait le calcul et ils ont dit, c'est de la perte financière. Alors ça, c'est pas vraiment de la perte financière (Le terme adéquat est en réalité perte d'exploitation qui est elle chiffrable). Et puis sa part de 350 millions,ça va à 3 milliards, ça va à 35 milliards, et puis après comme on est dans les chiffres c'est n'importe quoi... 75 % des infractions proviennent de l'intérieur" ....... Ils vont repérer comment est constituté votre maison.......
Deux grands problèmes à résoudre pour les informaticiens......
1) Les grands problèmes de configuration.....
2) Les systèmes d'exploitation......
On a créer des catégories de vulnérabilité, rouge, orange, jaune, vert. C'est pour savoir si vous êtes vulnérables. On vient d'en créer une nouvelle, c'est la catégorie noire. C'est quoi le gars qu'est noir, c'est le gars qui dit moi je suis en sécurité, parce ce que j'ai un firewall et j'ai un antivirus.

Sur les systèmes d'exploitation, il y a d'énormes failles de sécurité. Si je prends le cas de la NASA et de l'US Air Force sur lequel on avait travaillé pendant un an, et bien le Yoann (14 ans), il avait trouvé un trou de sécurité sur Solaris (il avait piraté la NASA en faisant 39 rebonds). Solaris, c'est un système UNIX, il y avait vraiment un trou, il était très connu. Alors ce que je dis là, je vous rassure il n'y a pas que moi qui le sait, il y a des milliers et des milliers de personnes qui sont au courant de toutes ces vulnérabilités. Les produits possèdent des vulnérabilités, plus de 2000 vulnérabilités. Il faut savoir qu'avec les 10 premières, le top ten des trous de sécurité, on rentre dans 80 % des systèmes avec juste les 10 plus grosses failles, sous Windows NT, sous Lotus Note, sous Exchange, il y a des trous comme ça très importants... Microsoft a été piraté il y a 3 semaines, ça faisait un mois et demi que quelqu'un à distance rentrait sur leur serveur,et piquait des secrets de fabrication. Ils ont mis un mois et demi à s'en rendre compte. C'était quoi, un trou de sécurité dans un de leur produit, hyperconnu, mais pas bouché. Bull c'est fait piraté aussi... Pendant le Téléton, une opération a été monté par un grand opérateur français, on ne donnera pas le nom, et ils ont monté un serveur xxxxx troué comme un radis, l'ensemble des dons, avec les noms, prénoms, adresses, c'est fait piraté à distance, et ont été exhumés au grand jour.

Cette année, en France, les entreprises vont perdre 20 milliards de francs. Vous êtes pénalement responsable de vos données. C'est à dire qu'en France il y a un délit qui s'appelle le délit de manquement à la sécurité, ça veut dire que si vous ne faites pas le minimum nécessaire, si vous ne faites pas un minimum nécessaire en matière de sécurité.... vous aurez des problèmes..... Des clients de forte notoriété d'une banque suisse on retrouvé leur comptes affichés sur Internet...

La jurisprudence dit qu'une entreprise doit mettre entre 3 et 4 % de son budget informatique dans la sécurité. Pour les banques c'est du 6%. Le magistrat a beaucoup de mal a évalué...
Ce délit de manquement à la sécurité est un délit du code pénal, c'est pas du civil, c'est pas du commercial, c'est à dire que ça passe en correctionnel. Moi j'ai deux cas concrets en France, où le chef d'entreprise est embêté, il y en a un qui va s'en sortir, parce qu'il a fait un petit peu appel à nous, on a mis en place des procédures, mais c'est après coup.....

il y a un système de chiffrement qui chiffrait en 128 bits, il vous expliquait que ça chiffrait en 128 bits, et bien contre, il y avait des wagons de 0 qui étaient réservés à la NSA, et qui faisait finalement que le chiffrement se faisait sur 40 bits.C'est à dire que là on avait nettement dégradé le niveau de confidentialité du produit.....

Les routeurs, 60% des cas on change la configuration à distance grâce à un bout de code.
Le système d'exploitation Windows NT représente 80% du marché.

Il n'y a pas longtemps, il y a un opérateur qui s'est fait voler son coffre-fort, avec tous les Secrets Défense, dans une zone réservée. C'est énorme, il aurait du être scellé dans un mur.

Ce sur quoi j'ai précisé au Commandant Rivière qu'il y avait eu des questions à l'Assemblée Nationale sur cette affaire. Pour tout dire, il s'agissait de France Télécom. La presse a bien parlé de cette affaire, mais elle a été vite oubliée. J'ai aussi rajouté:
" Maintenant je crois qu'il faut préciser un point important, vous parlez des 2000 vulnérabilités. Qui est ce qui les met ces 2000 vulnérabilités ? A partir du moment où un produit est homologué, il y a automatiquement des failles pour les services secrets, obligatoirement. Si on prend Microsoft, là aussi c'est dans les documents de l'Assemblée Nationale, bon on trouve également un certain nombre de failles sur Microsoft, il y en a une palanquée, et même la NSA_key, il y avait un trap door. Là aussi quand on parle du piratage il n'y pas que les hackers, mais il y a égalemnt des grosses entreprises concurrentes, et moi j'ai eu le cas la semaine dernière où une organisation américaine a essayé de pénétrer mon ordinateur. J'ai relevé leur numéro IP, donc là aussi, les failles viennent bien souvent, des concurrents qui vont vous envoyer des programmes espions, des chevaux de troie, pour voir ce que vous faites.


Le commandant Rivière a créé depuis deux ans la société LEXIS à Paris dont il est le PDG. Il a répondu à la demande des entreprises privées, qui souhaitaient pouvoir s'adresser à quelqu'un capable de mettre un terme à leurs failles de sécurité informatique. La société a commencé avec trois personnes, ils sont aujourd'hui une trentaine et ils seront 40 en janvier 2001. A la demande des responsables des entreprises qui s'adressent à eux, ils effectuent des tests de vulnérabilité, ils tentent de pirater leurs résaux informatiques. Une fois l'objectif atteint, les failles sont identifiées, inventoriées, et le rapport réalisé est transmis aux responsables concernés. Un point très important, cette société est franco-française.Ils ont refusé les offres de rachat faramineuse provenant de groupes surtout étrangers, comme par hasard. Je n'en dirai pas autant de certains opérateurs français qui font tout et n'importe quoi. Quand on veut protéger ses intérêts économiques, on ne va pas chercher des sociétés de sécurité étrangères qui sont automatiquement infiltrés par des groupes étrangers, qui comportent en plus dans leurs rangs des agents de services secrets. Il faut être vraiment incompétent pour commettre une telle aberration.

Lors du déjeuner, j'ai précisé à un procureur antimafia que la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent sale par le biais de la mise en place de brèches volontaires pour certains services officiels, est en opposition avec la protection de nos intérêts économiques européens.
Le paradoxe, c'est qu'en effet la lutte contre la criminalité informatique nécessite la présence des failles pour faciliter les enquêtes. J'ai pu constater que certains banquiers ignoraient leur existence. Il est cependant nécessaire de préciser que les responsables sécurité informatique étaient absents. Un financier n'a pas à s'occuper de ces problèmes, ce n'est pas son rôle, mais celui des spécialistes.

11h50 PAUSE - Sujets abordés après la pause:
L'internet est-il un nouvel eldorado de la criminalité organisée ou permettra-t-il une traçabilité supérieure pour les autorités policières et judiciaires?
- les casinos virtuels : quelle réalité ?
- circuits bancaires parallèles : déjà opérationnels?

Pour permettre la traçabilité, encore faudrait-il une harmonisation de la législation au niveau européen dans un premier temps, ainsi qu'avec les paradis fiscaux, or comme tout le monde à pu le constater, nous en sommes loin.

11h45 Nicolas Courtier, avocat associé, SCP Carlini & Associés

11h55 Sylvain Staub, avocat, Salans Hertfeld & Heilbronn

12h35 Commissaire Mauro Falesiedi: Regard d'Interpol sur les casinos virtuels

Programme de l'Après-Midi:
Les extensions du devoir de due diligence pour les intermédiaires financiers
Modérateur: Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel - Trésorier du centre d'Etudes sur le Blanchiment et la corruption.

14h40 Jean-Bernard Peyrou, Secrétaire Général Adjoint TRACFIN

15h10 L. Ettori Commission de Contrôle Bancaire, Paris

15h22 Christiane Legat, Auditeur Interne, Bayerische Landesbank

15h37 Sylvestre Tandeau de Marsac, Avocat Associé, Fischer Tandeau de Marsac Sur & Associé, Paris.

16h05 Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel

16h30 PAUSE - Sujets abordés après la pause:
Le blanchiment par omission et par négligence: vers une disparition de l'élément intentionnel et vers une présomption de culpabilité ? Est-ce une volonté des instances internationales ?
- Commentaire de la recommandation N°15 du GAFI et de l'article 6 § 2 de la convention du Conseil de l'Europe de 1990


16h53 Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel

17h00 Françoise Sweerts, Directeur du Département Juridique, Association Belge des banques

17h20 Pierre Simon, Directeur Général AFECI

16h40 L. Mayer

17h56 L. Ettori Commission de Contrôle Bancaire, Paris


Jeudi 21 décembre, la journée était organisé autour des sujets ci-dessous:
Enquête sur les affaires de blanchiment d'argent

La dernière journée a été animée entièrement par Mauro Falesiedi:
Inspecteur divisionnaire antimafia de la Police Judiciaire Italienne.
Spécialiste de la lutte contre le blanchiment d'argent, national et international.
Officier spécialisé du groupe FOPAC, au secrétériat général d'Interpol France.
En poste à Interpol dans un autre pays.

Analyse détaillée liée à une organisation criminelle turque.
Analyse détaillée d'activités criminelles en Europe de l'Est.


Redomicialisation de sociétés et des trusts offshores:

Une conférence a eu lieu le 7 et le 8 mars 2001 à Genève. Elle concernait les redomiciliations des OFFSHORES. Pourquoi ? Tout simplement parce que quelques paradis fiscaux sont dans l'oeil du cyclone. Ils doivent en effet figurer sur une liste noire du GAFI ou de l'OCDE, ce qui risque de poser problème à ceux qui y ont des offshores, dont l'argent a une origine douteuse. Les transactions ayant une origine non identifiée pourraient tout simplement être bloquées dans ces paradis, car refusées par les banques continentales. L'objectif est de règlementer les flux financiers et d'éliminer progressivement les sources douteuses. Cela va donner inévitablement beaucoup de travail au cabinet d'avocats d'affaires, surtout anglo-saxons et autres. Cela ne sera pas le cas de la France, puisque les cabinets d'avocats français n'ont pas le droit de se livrer à des actions à vocation commerciale, comme il a été rappelé lors de la conférence sur le blanchiment en décembre 2000. Les sujets abordés étaient:
L'anticipation sur la publication de la future liste noire de l'OCDE
Les zones concernées seront:
Le Luxembourg
Les Îles anglo-normandes
Le Panama et les Bahamas
L'île Maurice
Les Caraïbes

Réunion des chefs d'état et Traité de Nice, 2001 :

Lors de la conférence de Nice début 2001, la coopération judiciaire et la lutte contre le crime organisé, a aussi été abordé. Il y a cependant quelque chose d'assez paradoxal, c'est que personne ne souhaite toucher aux avantages fiscaux du Royaume Uni. Il comporte comme chacun le sait, un certain nom de paradis fiscaux, à travers ses différentes îles. On peut se demander comment on peut lutter contre le blanchiment d'argent sale efficacement, quand tout le monde n'est pas mis sur un même pied d'égalité. Le procureur Bertossa comme d'autres juges, avait lui proposé carrément que l'on supprime ces paradis fiscaux, qui ne sont pas des états. Le seul problème, c'est que ceux qui y ont des comptes, ce sont précisément des hommes politiques en majorité, de tous les pays, et les puissants groupes industriels qui financent leur campagnes électorales, et le reste... Si on rajoute à cela l'existence dans certaines banques la présence de comptes non-publiés, donc illégaux, on ne voit pas comment on pourrait mettre un terme à certaines pratiques.
Accès au traité de Nice
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Germain R
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Merci..

Messagede Jean-Marc Rioux le 10 Juin 2004, 15:07

Merci Germain pour cet excellent document. Il démontre très bien que le système capitaliste monopolistique couche facilement avec le pouvoir politique et utilise les pires crimes (dont le blanchiment d'argent et les paradis fiscaux entre autres) ainsi que l'utilisation des hautes technologues et de leurs failles à ses seules fins qui se résument en quelques mots: 'Engrangeons le maximum de profits sur le dos des travailleurs et des citoyens! La fin justifie les moyens! Et vogue la galére des adorateurs du Veau d'Or et de leur démocratouille dirigeant les destinée des peuples de la Terre'


Germain R a écrit:http://membres.lycos.fr/filterman/offshore.htm

Conférence sur le blanchiment du 18 au 21 décembre 2000

Introduction:

Une conférence organisée par info@academyfinance.ch sur le blanchiment d'argent sale se déroulait du 18 au 21 décembre 2000 comme les années précédentes. Elle a eu lieu à l'hôtel Prince de Galle et à l'hôtel Marignan à Paris, à côté des Champs Elysée. On a cependant pu constater quelques absences, malgré la qualité des intervenants. La présence de magistrats a probablement effrayé certains. Pourtant les années précédentes il y en avait aussi. Des élèves d'HEC étaient présents le premier et le deuxième jour. Si les paradis fiscaux ont été largement cités, leurs divers représentants respectifs sont aussi intervenus. Un certain nombre d'exemples ont aussi été donnés en référence. Des magistrats, avocats, procureurs antimafia, commissaires antimafia d'Interpol, banquiers, représentants du GAFI, de TRACFIN, du SICCFIN, étaient présents. Quelques échanges intéressants ont eu lieu lors des déjeuners et ont permis d'obtenir des confirmations ou des réponses, que je ne n'évoquerai pas ici par correction, ces conversations étant privées.

Certaines affaires, comme les naufrages de navires chargés de déchets chimiques et radioactifs à des fins de blanchiment, ont été pris comme exemple. Je me suis fait confirmer par un commissaire d'Interpol, si l'exemple en question ne concernait pas les naufrages volontaires d'une quarantaine de navires dans la mer Méditerranée. C'était en effet le cas, mais affaire peu connue en France, car peu relatée par la presse française. La seule fois où on en a parlé, c'est lors d'une émission de télé, dont j'avais déjà parlé quelque part sur un site. Plus intéressant, dans un très épais rapport que je viens de recevoir, si des cartes sont présentes pour signaler les décharges dans la mer Atlantique à proximité des côtes françaises, il n'y a par contre aucune carte pour la zone Méditerranée. Surprenant non.

Lundi 18 décembre 2000: Journée pratique de sensibilisation:

La première journée a été entièrement animée par M. Philippe Broyer:
Docteur en Science de l'information
Consultant bancaire
Chargé de cours à l'Université de Marne-la-Vallée
Secrétaire Général du Centre d'Etudes sur le blanchiment et la Corruption.
Auteur du livre: "La lutte contre le blanchiment face au développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication".

Il est expert des circuits financiers clandestins et du blanchiment. Il a effectué des recherches en liaison avec le centre d'Etudes Scientifiques de Défense dirigé par l'Amiral Lacoste (ex-patron de la DGSE à une époque)

Les thèmes abordés: Blanchiment et paradis fiscaux:
Le besoin du blanchiment
L'expansion des réseaux financiers clandestins
L'ingénierie du blanchiment
Les principaux enjeux de la lutte contre le blanchiment

Premier exemple: La BCCI
A titre d'exemple, comme premier cas d'étude sur le blanchiment d'argent, l'affaire de la BCCI, Bank of Credit and Commerce International a été citée. Elle était encore surnommée par des magistrats, Bank of Crooks and Cocaïne International. Cela était inévitable, car cette banque a fait tout ce qui était interdit de faire par la loi, et même plus. Cette affaire qui remonte aux années 1970/1980, est en effet connue de tous les banquiers, et a été à l'origine d'un énorme scandale. A la fin des années 80, la BCCI était au 7ème rang mondial des banques à capitaux privés. Son groupe implanté dans 73 pays disposait de 400 agences, 14.000 salariés, et des participation dans 40 filiales. Il gérait 23 milliards de dollars d'actifs, ce qui représentait 1,3 millions de clients. Cette organisation a permis le blanchiment de 20 à 30 milliards de dollars. Le dernier volet en justice a d'ailleurs été réglé en justice que récemment avec un des ex-administrateurs, il n'y a que quelques mois.


Deuxième exemple: Les cartels colombiens:
Ce réseau était l'un des plus étendus. La coordination de plusieurs services de d'enquête et de répression situés dans plusieurs pays, a été nécessaire pour monter plusieurs opérations de grande envergure qui ont abouti à plusieurs vagues de centaines d'arrestations. Cela s'est traduit en 1992 par la saisie impressionnante de 20 mètres cube de billets en grosse coupure dans une cache de Londres, de 54 millions de dollars, de 90 comptes bancaires, et 210 arrestations. Les services américains découvrent en 1995 que plus d'une centaines de sociétés et pas les moindre, IBM, Microsoft, Apple, General Motors ou Electric et beaucoup d'autres, avaient servi au blanchiment de plusieurs milliards de dollars du Cartel. Leur matériel était acheté par des importateurs colombiens avec des narco-dollars et revendu. Une autre opération eu lieu en 1996 avec des saisies en espèce, drogue, mais aussi des armes, et 80 personnes arrêtées. Plusieurs pays ont été impliqués dans ces actions, Bosnie, Croatie, Canada, Espagne, Grèce, Italie, Roumanie, Royaume-Uni, mais aussi la France où à la suite de cette affaire il y eu des procès.


Troisième exemple: Les opérateurs indépendants:
Un des représentants d'un des chefs du Cartel du Cali avait monté une opération pour blanchir l'argent en Europe. L'argent partait des Caraïbe, pour aller sur un compte en Allemagne, puis à Monaco. Il avait ouvert 270 comptes dans 120 banques, au Panama, USA, et Europe, qui ont permis de blanchir des milliards de dollars. Le réseau bancaire de la BCCI dont des agences situées à Hong-Kong, avaient ouvert 306 comptes au nom de 70 personnes, qui ont servi à ces opérations dans les années 80.


Quatrième exemple: La Mina:
L'objectif de cette organisation était de blanchir l'argent du Cartel de Cali, ce qui représentait 1,2 milliards de dollars pour la période de 1986 à 1988. L'argent de la vente au détail de la cocaïne était blanchit par le biais d'un bijoutier qui avait imaginé à partir d'une bijouterie de New York, des importations fictives d'or en provenance des mines de l'Uruguay. Petit problème, ce pays n'avait pas de mines capables d'être aussi rentables. C'est ce qui a attiré l'attention des enquêteurs, bien que l'idée était bonne seulement à un détail près. C'est toujours les détails qui causent les grains de sable, la preuve.


Cinquième exemple: Cosa Nostra a Wall Street:
En décembre 1996, un article dans Business Week révélait que la mafia américaine blanchissait l'argent via le marché de la bourse de New York. Si tous les donneurs d'ordres étaient déjà connu du SEC, Securities and Exchange Commission, il n'en n'était pas de même des intervenants directs. Or récemment, en juin 2000, le procureur fédéral de Manhattan révélait qu'une importante fraude boursière venait d'être mise en échec. Le FBI a inculpé 120 personnes. Preuve que la mafia se diversifie en s'impliquant dans le monde des affaires. Il est évident que les traders n'avaient pas intérêt à perdre l'argent qui leur était confié, car leurs commanditaires étaient insensibles aux arguments techniques boursiers.


Sixième exemple: La mise en cause de la Bank of New York:
En août 1999, un article révélait que cette banque avait blanchi de 5 à 10 milliards de dollars en un an pour le compte de la mafia russe. Le compte d'une seule société avait permis 10.000 mouvements entre octobre 1998 et mars 1999, ce qui représentait une somme de 4 milliards de dollars. L'Angleterre avait alerté ses homologues américains dès le début 1998. Des fonds provenaient des prêts accordés à la Russie par le FMI. Cette affaire avait fait grand bruit, et le FMI avait même été mis en cause. Les responsables d'une société d'origine russes naturalisés américains, ont avoué en février 2000, avoir favorisé le mouvement de 7 milliards de dollars, entre décembre 1992 et juillet 1999.

Les places offshore:
On ne pouvait pas finir cette journée sans parler des paradis fiscaux, ou des places offshore, qui selon l'intervenant ne doivent pas être considéré comme des pays. Les déclarations de soupçon se faisant à partir de 50 KF dans les banques, certains ont besoin de ce moyen pour éviter de fournir des explications gênantes. Un inventaire des différentes zones concernées a été réalisé: Caraïbes, Europe/Méditerranée, Asie/Pacifique. Les Caïmans ont pour 30.000 habitants 600 banques et un flux financier de 1000 M$. Une quinzaine de paradis sont actuellement sous surveillance. Certains modifient actuellement leur législation pour ne pas se retrouver sur la liste noire du GAFI ou de l'OCDE qui sera disponible en juin 2001. Le GAFI constitué lors d'un sommet du G7 regroupe 29 pays, a réalisé depuis une liste de 25 critères qui s'opposent à la lutte contre le blanchiment.

Très surveillé aussi, la restauration rapide:
Les pizzas a emporté, est aussi un moyen qui permet le blanchiment et le commerce de la drogue. Il s'agit de petites sommes, donc personne ne va payer avec un chèque et encore moins une carte bleue. Tout cela s'effectue de main à la main, et il n'y a qu'en épluchant les livres de compte, que l'on peut découvrir une faille. Mais on apprend aussi que les salons de coiffure sont aussi impliqués dans ces réseaux de blanchiment. Question, combien de petites professions ont été inclues dans le système, en réalité on n'en sait rien. Le secteur des télécoms est aussi touché, mais avec des moyens plus sophistiqués, comme les serveurs payants.

Mardi 20 décembre 2000: Programme du matin:
Criminalité Organisée: Définir le phénomène pour mieux le combattre:
Modérateur: Stéphane Brabant, Avocat Associé, Herbert Smith - Vice-Président du Centre d'Etudes sur le Blanchiment et la Corruption.

Marc Chesnay, Professeur au Département Economie et Finance, Groupe HEC.
Président du Centre d'Etude sur le Blanchiment et la Corruption.

09h05 Introduction de Marc Chesnay:
124 pays ont signé sous l'égide des Nations Unies vendredi 15 décembre 2000 à Palerme, une convention contre la criminalité transnationale organisée. Deux protocoles y ont été rajoutés, un contre le trafic illicites de migrants, l'autre pour la prévention et la traite des êtres humains. La levée du secret bancaire a été aussi envisagée. Si cette convention est ratifiée par au moins 40 parlements, elle pourra être appliquée au niveau mondiale. Selon le dernier rapport de la Maison Blanche, le chiffre d'affaire du crime serait de l'ordre de 1000 milliards de dollars par an, dont un montant blanchi de 300 à 500 milliards par an. Pour le vice secrétaire de l'ONU, initiateur de la convention, il y aurait 200 millions d'esclaves, dont 700.000 à 2 millions d'enfants. C'est désormais le deuxième marché après celui des stupéfiants. Un doute est émis sur l'origine des mouvements de yoyo de la nouvelle économie, et sur l'origine de l'argent, dont on peut supposer qu'une partie est d'origine douteuse. La structure pyramidale violente est un moyen qui permet des mouvements de capitaux rapides et importants par la multiplication des placements pendant une période donnée. Certaines crises économiques comme au Mexique en 94, en Thaïlande, la crise asiatique en 97, le japon et la Russie seraient dues au blanchiment. L'économie de certaines est sous la perfusion du crime organisé. Si la logique de marché et de dérégulation des gouvernements et de l'économie actuelle a permis à un certain nombre de pays de retrouver les chemins de la croissance, elle a aussi donnée une bouffée d'air aux structures mafieuses (moi - l'auteur présent du site - je traduirai en clair, que c'est cette globalisation et mondialisation que l'on veut nous imposer, qui nous mène vers l'esclavage, la spoliation, le blanchiment, et la corruption. Il ne faut pas se voiler la face dans l'hypocrisie). La mafia s'est mondialisée depuis longtemps, or la stratégie des gouvernements actuels a autorisé son renforcement. Les moyens de paiement électronique présentent un danger car ils facilitent des mouvements instantanés, tout en préservant l'anonymat. Les possibilités d'Internet associés à des banques offshores permettent de contourner les réglementations. Le nombre des transactions journalières par Internet, environ 2,5 millions par jour, rend les contrôles pratiquement impossibles. Les produits dérivés traités sur les marchés organisés ont donné une dimension supplémentaire aux activités de blanchiment et a l'opacité.

Il est de la responsabilité du CEBC d'attirer votre attention sur ces aspects. Nous ne pouvons plus faire comme si ce phénomène n'existait pas, comme si nous ne savions pas, comme si nous ne comprenions pas les dangers démocratiques éthiques et économiques. Cette cécité volontaire ou involontaire de l'économie propre, vis à vis de sa face cachée est dangereuse, et de plus en plus intolérable. Il est aussi de ma responsabilité en tant que professeur dans un département d'économie et de finance, d'appeler à la constitution de formations universitaires sérieuses et complètes dans ces domaines...

Il est pour le moins étonnant et paradoxal aujourd'hui, que les étudiants en finance des universités Européennes et Nord Américaines, ne suivent pour la plupart aucun cours dans ces domaines. La lutte contre ces fléaux n'est pas perçue comme étant prioritaire par une partie de nos élites. Ainsi cette conférence n'a pas uniquement pour objectif de venir s'ajouter à une longue liste de séminaires financiers, elle a aussi et surtout une grande ambition, celle de réfléchir sérieusement sur des questions graves et essentielles.

09h15 Intervention de Michel Gauthier, Magistrat chargé de mission auprès du Service des Affaires Européennes et Internationales (SAEI) et de la Direction des Affaires Criminelles.

Toutes les expressions qui sautent aux yeux dans le programme de la conférence, criminalité organisée, centres offshore, criminalité informatique, blanchiment Internet, sont bien les caractéristiques des vecteurs, des facteurs de la criminalité moderne. On nous dit qu'aucune condamnation n'a encore été enregistrée pour blanchiment, ce n'est pas exacte. Il y a des condamnations qui sont enregistrées aux casiers judiciaires depuis déjà 1998 pour le blanchiment sur les produits stupéfiants. Pour le FMI, le blanchiment des activités criminelles tournerait autour de 5% du PIB mondial, soit entre 600 et 1500 milliards de dollars par an. Cela associé à la vitesse de circulation des flux douteux, dans une totale opacité nous fait prendre conscience des risques de déstabilisation des économies et des démocraties.
Le Ministère de la justice comprenant les messages, tel que l'appel de Genève, lancé en 1996 a voulu accentuer son implication dans cette lutte au niveau nationale et internationale. Cette situation conduit à décloisonner les différents acteurs de cette lutte et à créer une collaboration pluridisciplinaire. Cette méthode peut permettre d'améliorer le traçabilité des flux d'argent sale. Nous sommes tous convaincus que la lutte contre ces formes de criminalité passe par la dimension internationale. Cette année a été féconde sur la lutte contre la criminalité organisée, la criminalité financière et le blanchiment. Il y a une semaine à Palerme a été ouverte à la signature la convention des Nations Unies pour la lutte contre la criminalité transnationale organisée qui a été signée par les 120 pays présents. C'est le premier instrument juridique mondial consacré à la lutte contre la criminalité. Cette convention a nécessité 3 ans de travail.

09h40 Intervention de Jean-Paul Laborde, Administrateur du Service Juridique et des Conventions, Centre pour la Prévention Internationale du crime.

- Définition de la criminalité organisée.
- La volonté d'éliminer l'opacité coupable des paradis fiscaux.
- Vers une définition de standard minimaux dans les centres offshores ?

La Nouvelle Convention Internationale de l'ONU, contre la criminalité organisée a été signée par les USA, la Russie, la France et beaucoup d'autres. De plus, 80 états ont signé des protocoles adjacents.

10h30 Intervention de Lorenzo Matassa, Procureur antimafia de la République de Palerme.
Tentative d'approche poly-criminelle:

Les méthodes utilisées en Colombie ont été évoquées. Sur le plan de la législation, le Panama a aussi été un sujet dont on a parlé lors de cette conférence, comme d'autres paradis fiscaux.

10h55 Intervention de Jean François Godbille, Premier Substitut du Roi, Parquet de Bruxelles.
Pour une approche méthodologique de la criminalité organisée:

L'infiltration des pouvoirs politiques et donc des gouvernements est un sujet qui a eu une large place dans son intervention. Mais plus intéressant, une petite phrase à retenir:
"La promotion de ceux qui ne dérangent pas par rapport à ceux qui dérangent, doit être éliminée." C'est un sujet qui est aussi largement évoqué et souligné depuis longtemps sur le site Scandales Français dans le chapitre 4 ou 5. Il confirme aussi que la paralysie du pouvoir judiciaire semble progresser. Quel crédit faut-il donc donner à ce qui ressemble à des grandes manoeuvres d'un côté. Il y a donc une volonté politique de paralyser les systèmes judiciaires de lutte contre le blanchiment, sachant que les classes politiques de plusieurs pays sont loin d'être innocentes. On est donc mal venu de critiquer les paradis fiscaux. Il serait intéressant de connaître les listes des politiciens qui ont des comptes dans ces paradis. Mais à chaque fois que l'on a trouvé des listes, elles ont mystérieusement disparu et sont tombés dans l'oubli. Là je précise quue c'est moi qui parle, l'auteur du site présent, et non le procureur.

11h30 Intervention de Mikhaïl Davydov, Président de la commission pour la Coopération entre la Fédération de Russie et l'Union Européenne.
Crime organisée en Russie et risque de blanchiment d'argent en Europe:

- Le crime organisé en Russie aujourd'hui.
- Les méthodes et circuits de blanchiment de l'argent russe en Europe occidentale.
- La portée de la nouvelle loi russe de novembre 2000 sur le crime organisé et le blanchiment.

M. Broyer a félicité M. Davidov pour la franchise et la qualité de son intervention, qui change de l'hypocrisie des déclarations des responsables politiques de nos pays européens.

11h50 PAUSE- Sujets abordés après la pause:
- La coopération judiciaire Anti-blanchiment
- La coopération judiciaire internationale en matière fiscale
- L'expérience d'un juge d'instruction dans les affaires de corruption et de blanchiment
- La problématique de l'équivalance des infractions dans une commission rogatoire et les incompatibilités entre législations.

12h00 Robert Bievert, Procureur d'Etat, Parquet du Luxembourg.

12h25 Intervention de Lorenzo Matassa, Procureur antimafia de la République de Palerme.
Blanchiment sur des déchets immergés:

"Je vais vous montrer quelque chose d'extraordinaire... Je vais vous montrer une enquête que moi j'ai développé sur un circuit de blanchiment et de trafic de déchets nucléaires. C'est impossible en 10 minutes de vous expliquer cette enquête. Vous voyez au milieu en haut, il y a cette société, ça s'appelle Oceane Disponso Management. Vous voyez les états dans lesquels cette société a opéré. Luxembourg, Suisse, Russie. Vous voyez ces racines là, vont de ODM, ça va bouger sur deux noms. ça c'était la structure générale de l'enquête et ce qu'elle nous a apporté. Hier on a rigolé sur une facture. C'est drôle parce que cette enquête se réduit à cette facture, et c'est le cas, le hasard qui a voulu que l'on puisse grâce à une faute sur cette facture découvrir cette structure si composée, si complexe que vous avez vu. Là vous avez une société de Panama qui fait la facture à une société de Malte le 30 novembre. C'est une facture de 293.000 dollars pour acheter une petite moto. Cette société s'occupe encore de déchets nucléaires avec un système de pénétrateur. Je ne rêve pas. Vous me dites ça c'est un dessin, même un enfant pourrait le faire..."

En clair, comme exemple, le procureur antimafia parlait d'une double opération. Le but était de faire blanchir de l'argent et de faire disparaître des milliers de tonnes de déchets au fond de la Méditerrannée, ni vu, ni connu. Des entreprises françaises, italiennes, russes, allemandes sont concernées, et aussi d'autres pays. Cette opération a été plus ou moins découverte par le biais de cette facture, dont le coût était incompatible avec le produit en cause. J'apporterai une petite précision complémentaire sur cette affaire. Deux journalistes ont été assassinés en 1994. Un officier de la marine italienne qui enquêtait au pull antimafia de Palerme est aussi décédé, mais les circonstances exactes de sa mort n'ont pas encore été définies.

12h45 Jean-Pierre Zanoto, ex-Juge d'Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris.
Les problèmes de la coopération judiciaire internationale en matière de criminalité organisée.

Il nous précise qu'il faut compter 6 mois pour la moindre commission rogatoire, et en admettant que l'état concerné veuille bien y répondre. Ce qui n'est pas le cas pour les paradis fiscaux, mais aussi pour des pays comme l'Angleterre. Les mouvements financiers se font en quelques secondes, alors qu'un simple document judiciaire met lui des mois ou même des années avant d'obtenir une réponse qui sera d'ailleurs le plus souvent négative. Le crime organisé, ainsi que politique, fonctionne à l'ère du troisième millénaire à la vitesse de la lumière, pendant que la justice utilise encore les méthodes du moyen-âge.

Mardi 20 décembre 2000: Programme de l'Après-Midi:
La croisade anti-centres offshores: Que peut y gagner réellement l'Europe

C'est cet après-midi qui a été le plus intéressant, car on a eu droit à un mini-incident diplomatique entre le Député A. Montebourg et le Prince Nicolas, ambassadeur du Liechtenstein en Belgique.


14h50 Intervention de Stéphane Brabant, avocat.

15h02 Questions de J-F Godbille, 1er substitut du procureur du roi de Bruxelles:
Pourquoi on s'agite contre Monaco (et sous-entendu les autres).
Pourquoi il y a eu tous ces recours avec la Belgique dans le cadre de l'affaire Dassault?

15h05 Réponse du Député Montebourg.
Les actions en cours à la suite de l'appel de Genève par les magistrats.

15h16 Intervention du Prince Nicolas, qui informe l'assemblée que la législation va changer à partir du 1er janvier 2001.

15h35 Intervention de Johann Jakob, avocat, Partner, Audina AG, Vaduz, Liechtenstein.

Son intervention très humouristique et surtout provocatrice n'a pas été sans faire grincer des dents, avec certaines phrases chocs: "On n'accepte plus les politiciens français, au Liechtenstein et en Suisse, c'est peut-être pour ça qu'on est aussi critiqué.
Les paradis sont considérés criminels plus que les criminels.
Il constate que l'initiative du GAFI était française. Il y a une banque française détenu par l'état français qui est en cours de fermeture en Suisse.
Pour le rapport Spiegel l'Allemagne, s'est excusé.
Il a parlé d'une arrestation très rapportée par la presse d'un homme d'affaires français. On peut supposer qu'il faisait allusion de celle de début décembre, détonateur de l'affaire de l'Angola.

16h00 Arnaud de Montebourg, Député de Saône et Loire, Rapporteur de la Mission Parlementaire sur la délinquance financière et le blanchiment.

Voici ses propos mot pour mot:
"Il s'agit d'un document traduit par les services de l'Assemblée Nationale à partir d'une lettre qui est envoyée par le chef du service juridique du gouvernement, c'est à dire sous les ordres du ministre de la justice du Liechtenstein Monsieur Norbert Marquert. Monsieur Norbert Marquert est tristement connu dans toute l'Europe, puisqu'il est celui qui refuse de répondre aux commissions rogatoires internationales avec une lettre type qu'il adresse systématiquement à tous ses collègues par delà les frontières européennes. Lorsque nous nous sommes rendus à Vaduz, le Ministre de la Justice à dit, ha, mais il ne faut pas parler de façon générale.... très courtois d'ailleurs, il faut nous donner des cas concrets. Nous sommes venus avec des cas concrets. Nous sommes venus il y a un an avec une affaire ELF Aquitaine, euh, qui est une affaire très grave en France, sur laquelle nous aimerions avoir la coopération du Liechtenstein. Nous avons obtenu la coopération de tous les autre pays, sauf du Liechtenstein. Ce sont des commissions rogatoires qui datent du mois de janvier 98. Nous nous sommes rendus le 14 janvier 2000, deux ans après, pour faire débloquer la situation. Il nous a été répondu que, on allait effectivement, car nous avons rencontré l'auteur de cette lettre, rien de plus intéressant que de rencontrer ceux qui écrivent des lettres, de refus, de coopération judiciaire. Il nous a dit nous allons voir dans les procès verbaux, nous les avons rendu publics, nous allons en effet regarder, nous avons des assurances qui sont aujourd'hui sur procès verbaux que nous avons rendu public, dans notre rapport, et il a fallu que je relance encore au mois de juillet 2000, sur les 4 commissions rogatoires, ce sont des rejets d'abus de biens sociaux, de la corruption politique, de la corruption économique, des trafics d'influence et de l'abus de confiance. Il n'y a pas d'exception fiscale, il n'y a pas l'ombre du début d'une infraction fiscale. J'ai envoyé une lettre le 20 juillet 2000 à votre Ministre de la Justice, mon cher ambassadeur. Voilà ce que je lui disais: "



Monsieur le Ministre,

Au cours de notre voyage à Vaduz, le 14 janvier 2000, vous nous avez fait des déclarations apaisantes, sur les moyens que vous sembliez disposé à prendre, afin de faire exécuter quatre commissions rogatoires internationales, délivrées par l'autorité judiciaire française, à ce jour inexécutées par votre gouvernement, celles qui figurent dans ce document. Vous êtes venus vous même à Paris rencontrer le Président de la Mission, Monsieur Viencent Peillon, mon collègue député de La Somme. auquel vous avez indiquez que les Commissions Rogatoires Internationales, ci-dessus décrites, feraient l'objet d'une exécution avant le 30 juin de cette année, signe de la bonne volonté du gouvernement de la Principauté du Liechtenstein. Le délai que vous avez vous même fixé ayant été dépassé, je souhaiterais connaître avec précision les difficultés particulières qui vous empêche de faire exécuter ces commissions rogatoires. Si dans un délai extrêmement rapproché ces quatre commissions rogatoires n'ont pas été exécutées, et bien nous serons amené à prendre de nouvelles mesures.

"Je n'ai pas eu de réponse à cette lettre, les commissions rogatoires ne sont pas exécutées. L'affaire qui est instruite par Mme Eva Joly, juge d'instruction à Paris, est une affaire qui viendra en jugement à la mi-janvier 2001. Donc si nous n'avons pas eu l'information avant, vous dites, que la loi intervient le 1er janvier 2001, il suffit concrètement puisque la loi est applicable à partir du 1er janvier 2001, il suffit, vous avez 15 jours pour le faire, c'est très facile, que Monsieur Marquert qui est assis sur des tonnes, des dizaines et des dizaines, c'est votre Prince Régnant qui nous a raconté çà, qui a raconté ça à notre ambassadeur, sur des dizaines de commissions rogatoires qu'ils refusent d'exécuter pour protéger la richesse du Liechtenstein. Bien, si vous n'allez pas chercher des informations que nous demandons dans l'affaire ELF Aquitaine entre le 1er et le 15 janvier, il faut vous attendre à un durcissement de notre langage et, à de nouvelles critiques, et ce n'est pas vos attachés de presse et vos avocats qui font le tour des colloques et des gouvernements, qui changeront quoique ce soit."

Johann Jakob, avocat, intervient:
"Monsieur je tiens à dire quand même, c'est le chant qui fait la musique, je crois que c'est ce qu'on dit en français, et il faut quand même mentionner quand moi je suis venus ici, j'étais invité, vous êtes venus sans être invités, il faut pas dire plus, il y a comme ça j'avais demandé .... dans cette commission de députés, moi j'étais invité quand je suis venus ici."

16h18 Monsieur Jakob n'a pas eu le temps de finir sa phrase, que le député Montebour avait déjà pris ses affaires et quitté la salle. Il s'agit du moment où la tension a été la plus forte, lors de ces quatre jours de conférence. Lors de la conférence, tout était orienté sur la mafia et la drogue, en prenant soin de ne pas parler des groupes industriels qui sont pourtant aussi les premiers à utiliser les offshores pour blanchir de l'argent.

Monsieur Tony de la Cour d'Appel de Versailles:


Mercredi 20 décembre: Programme du matin:
L'Avenir de la criminalité organisé: Criminalité informatique et Internet:
Modérateur: Philippe Broyer, Consultant indépendant, chargés de cours à l'Universite de Marne-la-Vallée, Secrétaire Général du centre d'Etudes sur le Blanchiment et la Corruption.

Commandant Rivière:
20 ans de gendarmerie, 21ans d'informatique et conférencier.
A fait parti d'un groupe de travail à Interpol.
Patron de l'Institut de Recherche Criminelle pour toute la délinquance informatique en France comme expert jusqu'en juin 1999. Il n'y a dans ce service que des techniciens, et ils travaillent sur le territoire avec des enquêteurs.

Ils ont été en charge d'une affaire de détournement de 400 MF en un coup. Le responsable a été retrouvé ainsi que 15 MF, mais il a eu un trou de mémoire de 385 MF. Ils ont été en charge de l'affaire Ado71 ainsi que d'une affaire de piratage avec le FBI de la NASA et de l'US Air Force par des hackers français.

Il a été réclamé par le privé en 98, pour faire de la prévention. Il s'est donc mis en disponibilité et a créé sa société Lexis avec d'autres officiers, dont un colonel responsable de toute la sécurité au niveau de la défense nationale. L'objectif de cette société est de faire du conseil mais pas de la vente de matériel.

"Le problème en ce moment, c'est que la sécurité tout le monde en parle, ça devient une opportunité pour certaines personnes, les gens vous disent, attention c'est hyperdangereux, c'est très grave oui, et ce manque d'information concrète, parce que moi je le vois dans les journaux de tous les jours, on explique que (le virus) I Love You a coûté 350 milliards de dollars, c'est n'importe quoi, absolument n'importe quoi. Dans les calculs des pertes financières on a dit que, pour Amazone ils ont perdu 350 millions de dollars, parce que, en 06 heures d'interruption de service, ils auraient peut-être pu vendre 20 % de livres en plus, ils ont fait le calcul et ils ont dit, c'est de la perte financière. Alors ça, c'est pas vraiment de la perte financière (Le terme adéquat est en réalité perte d'exploitation qui est elle chiffrable). Et puis sa part de 350 millions,ça va à 3 milliards, ça va à 35 milliards, et puis après comme on est dans les chiffres c'est n'importe quoi... 75 % des infractions proviennent de l'intérieur" ....... Ils vont repérer comment est constituté votre maison.......
Deux grands problèmes à résoudre pour les informaticiens......
1) Les grands problèmes de configuration.....
2) Les systèmes d'exploitation......
On a créer des catégories de vulnérabilité, rouge, orange, jaune, vert. C'est pour savoir si vous êtes vulnérables. On vient d'en créer une nouvelle, c'est la catégorie noire. C'est quoi le gars qu'est noir, c'est le gars qui dit moi je suis en sécurité, parce ce que j'ai un firewall et j'ai un antivirus.

Sur les systèmes d'exploitation, il y a d'énormes failles de sécurité. Si je prends le cas de la NASA et de l'US Air Force sur lequel on avait travaillé pendant un an, et bien le Yoann (14 ans), il avait trouvé un trou de sécurité sur Solaris (il avait piraté la NASA en faisant 39 rebonds). Solaris, c'est un système UNIX, il y avait vraiment un trou, il était très connu. Alors ce que je dis là, je vous rassure il n'y a pas que moi qui le sait, il y a des milliers et des milliers de personnes qui sont au courant de toutes ces vulnérabilités. Les produits possèdent des vulnérabilités, plus de 2000 vulnérabilités. Il faut savoir qu'avec les 10 premières, le top ten des trous de sécurité, on rentre dans 80 % des systèmes avec juste les 10 plus grosses failles, sous Windows NT, sous Lotus Note, sous Exchange, il y a des trous comme ça très importants... Microsoft a été piraté il y a 3 semaines, ça faisait un mois et demi que quelqu'un à distance rentrait sur leur serveur,et piquait des secrets de fabrication. Ils ont mis un mois et demi à s'en rendre compte. C'était quoi, un trou de sécurité dans un de leur produit, hyperconnu, mais pas bouché. Bull c'est fait piraté aussi... Pendant le Téléton, une opération a été monté par un grand opérateur français, on ne donnera pas le nom, et ils ont monté un serveur xxxxx troué comme un radis, l'ensemble des dons, avec les noms, prénoms, adresses, c'est fait piraté à distance, et ont été exhumés au grand jour.

Cette année, en France, les entreprises vont perdre 20 milliards de francs. Vous êtes pénalement responsable de vos données. C'est à dire qu'en France il y a un délit qui s'appelle le délit de manquement à la sécurité, ça veut dire que si vous ne faites pas le minimum nécessaire, si vous ne faites pas un minimum nécessaire en matière de sécurité.... vous aurez des problèmes..... Des clients de forte notoriété d'une banque suisse on retrouvé leur comptes affichés sur Internet...

La jurisprudence dit qu'une entreprise doit mettre entre 3 et 4 % de son budget informatique dans la sécurité. Pour les banques c'est du 6%. Le magistrat a beaucoup de mal a évalué...
Ce délit de manquement à la sécurité est un délit du code pénal, c'est pas du civil, c'est pas du commercial, c'est à dire que ça passe en correctionnel. Moi j'ai deux cas concrets en France, où le chef d'entreprise est embêté, il y en a un qui va s'en sortir, parce qu'il a fait un petit peu appel à nous, on a mis en place des procédures, mais c'est après coup.....

il y a un système de chiffrement qui chiffrait en 128 bits, il vous expliquait que ça chiffrait en 128 bits, et bien contre, il y avait des wagons de 0 qui étaient réservés à la NSA, et qui faisait finalement que le chiffrement se faisait sur 40 bits.C'est à dire que là on avait nettement dégradé le niveau de confidentialité du produit.....

Les routeurs, 60% des cas on change la configuration à distance grâce à un bout de code.
Le système d'exploitation Windows NT représente 80% du marché.

Il n'y a pas longtemps, il y a un opérateur qui s'est fait voler son coffre-fort, avec tous les Secrets Défense, dans une zone réservée. C'est énorme, il aurait du être scellé dans un mur.

Ce sur quoi j'ai précisé au Commandant Rivière qu'il y avait eu des questions à l'Assemblée Nationale sur cette affaire. Pour tout dire, il s'agissait de France Télécom. La presse a bien parlé de cette affaire, mais elle a été vite oubliée. J'ai aussi rajouté:
" Maintenant je crois qu'il faut préciser un point important, vous parlez des 2000 vulnérabilités. Qui est ce qui les met ces 2000 vulnérabilités ? A partir du moment où un produit est homologué, il y a automatiquement des failles pour les services secrets, obligatoirement. Si on prend Microsoft, là aussi c'est dans les documents de l'Assemblée Nationale, bon on trouve également un certain nombre de failles sur Microsoft, il y en a une palanquée, et même la NSA_key, il y avait un trap door. Là aussi quand on parle du piratage il n'y pas que les hackers, mais il y a égalemnt des grosses entreprises concurrentes, et moi j'ai eu le cas la semaine dernière où une organisation américaine a essayé de pénétrer mon ordinateur. J'ai relevé leur numéro IP, donc là aussi, les failles viennent bien souvent, des concurrents qui vont vous envoyer des programmes espions, des chevaux de troie, pour voir ce que vous faites.


Le commandant Rivière a créé depuis deux ans la société LEXIS à Paris dont il est le PDG. Il a répondu à la demande des entreprises privées, qui souhaitaient pouvoir s'adresser à quelqu'un capable de mettre un terme à leurs failles de sécurité informatique. La société a commencé avec trois personnes, ils sont aujourd'hui une trentaine et ils seront 40 en janvier 2001. A la demande des responsables des entreprises qui s'adressent à eux, ils effectuent des tests de vulnérabilité, ils tentent de pirater leurs résaux informatiques. Une fois l'objectif atteint, les failles sont identifiées, inventoriées, et le rapport réalisé est transmis aux responsables concernés. Un point très important, cette société est franco-française.Ils ont refusé les offres de rachat faramineuse provenant de groupes surtout étrangers, comme par hasard. Je n'en dirai pas autant de certains opérateurs français qui font tout et n'importe quoi. Quand on veut protéger ses intérêts économiques, on ne va pas chercher des sociétés de sécurité étrangères qui sont automatiquement infiltrés par des groupes étrangers, qui comportent en plus dans leurs rangs des agents de services secrets. Il faut être vraiment incompétent pour commettre une telle aberration.

Lors du déjeuner, j'ai précisé à un procureur antimafia que la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent sale par le biais de la mise en place de brèches volontaires pour certains services officiels, est en opposition avec la protection de nos intérêts économiques européens.
Le paradoxe, c'est qu'en effet la lutte contre la criminalité informatique nécessite la présence des failles pour faciliter les enquêtes. J'ai pu constater que certains banquiers ignoraient leur existence. Il est cependant nécessaire de préciser que les responsables sécurité informatique étaient absents. Un financier n'a pas à s'occuper de ces problèmes, ce n'est pas son rôle, mais celui des spécialistes.

11h50 PAUSE - Sujets abordés après la pause:
L'internet est-il un nouvel eldorado de la criminalité organisée ou permettra-t-il une traçabilité supérieure pour les autorités policières et judiciaires?
- les casinos virtuels : quelle réalité ?
- circuits bancaires parallèles : déjà opérationnels?

Pour permettre la traçabilité, encore faudrait-il une harmonisation de la législation au niveau européen dans un premier temps, ainsi qu'avec les paradis fiscaux, or comme tout le monde à pu le constater, nous en sommes loin.

11h45 Nicolas Courtier, avocat associé, SCP Carlini & Associés

11h55 Sylvain Staub, avocat, Salans Hertfeld & Heilbronn

12h35 Commissaire Mauro Falesiedi: Regard d'Interpol sur les casinos virtuels

Programme de l'Après-Midi:
Les extensions du devoir de due diligence pour les intermédiaires financiers
Modérateur: Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel - Trésorier du centre d'Etudes sur le Blanchiment et la corruption.

14h40 Jean-Bernard Peyrou, Secrétaire Général Adjoint TRACFIN

15h10 L. Ettori Commission de Contrôle Bancaire, Paris

15h22 Christiane Legat, Auditeur Interne, Bayerische Landesbank

15h37 Sylvestre Tandeau de Marsac, Avocat Associé, Fischer Tandeau de Marsac Sur & Associé, Paris.

16h05 Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel

16h30 PAUSE - Sujets abordés après la pause:
Le blanchiment par omission et par négligence: vers une disparition de l'élément intentionnel et vers une présomption de culpabilité ? Est-ce une volonté des instances internationales ?
- Commentaire de la recommandation N°15 du GAFI et de l'article 6 § 2 de la convention du Conseil de l'Europe de 1990


16h53 Raoul d'Estaintot, Responsable de la Prévention des Fraudes, Confédération Nationale du Crédit Mutuel

17h00 Françoise Sweerts, Directeur du Département Juridique, Association Belge des banques

17h20 Pierre Simon, Directeur Général AFECI

16h40 L. Mayer

17h56 L. Ettori Commission de Contrôle Bancaire, Paris


Jeudi 21 décembre, la journée était organisé autour des sujets ci-dessous:
Enquête sur les affaires de blanchiment d'argent

La dernière journée a été animée entièrement par Mauro Falesiedi:
Inspecteur divisionnaire antimafia de la Police Judiciaire Italienne.
Spécialiste de la lutte contre le blanchiment d'argent, national et international.
Officier spécialisé du groupe FOPAC, au secrétériat général d'Interpol France.
En poste à Interpol dans un autre pays.

Analyse détaillée liée à une organisation criminelle turque.
Analyse détaillée d'activités criminelles en Europe de l'Est.


Redomicialisation de sociétés et des trusts offshores:

Une conférence a eu lieu le 7 et le 8 mars 2001 à Genève. Elle concernait les redomiciliations des OFFSHORES. Pourquoi ? Tout simplement parce que quelques paradis fiscaux sont dans l'oeil du cyclone. Ils doivent en effet figurer sur une liste noire du GAFI ou de l'OCDE, ce qui risque de poser problème à ceux qui y ont des offshores, dont l'argent a une origine douteuse. Les transactions ayant une origine non identifiée pourraient tout simplement être bloquées dans ces paradis, car refusées par les banques continentales. L'objectif est de règlementer les flux financiers et d'éliminer progressivement les sources douteuses. Cela va donner inévitablement beaucoup de travail au cabinet d'avocats d'affaires, surtout anglo-saxons et autres. Cela ne sera pas le cas de la France, puisque les cabinets d'avocats français n'ont pas le droit de se livrer à des actions à vocation commerciale, comme il a été rappelé lors de la conférence sur le blanchiment en décembre 2000. Les sujets abordés étaient:
L'anticipation sur la publication de la future liste noire de l'OCDE
Les zones concernées seront:
Le Luxembourg
Les Îles anglo-normandes
Le Panama et les Bahamas
L'île Maurice
Les Caraïbes

Réunion des chefs d'état et Traité de Nice, 2001 :

Lors de la conférence de Nice début 2001, la coopération judiciaire et la lutte contre le crime organisé, a aussi été abordé. Il y a cependant quelque chose d'assez paradoxal, c'est que personne ne souhaite toucher aux avantages fiscaux du Royaume Uni. Il comporte comme chacun le sait, un certain nom de paradis fiscaux, à travers ses différentes îles. On peut se demander comment on peut lutter contre le blanchiment d'argent sale efficacement, quand tout le monde n'est pas mis sur un même pied d'égalité. Le procureur Bertossa comme d'autres juges, avait lui proposé carrément que l'on supprime ces paradis fiscaux, qui ne sont pas des états. Le seul problème, c'est que ceux qui y ont des comptes, ce sont précisément des hommes politiques en majorité, de tous les pays, et les puissants groupes industriels qui financent leur campagnes électorales, et le reste... Si on rajoute à cela l'existence dans certaines banques la présence de comptes non-publiés, donc illégaux, on ne voit pas comment on pourrait mettre un terme à certaines pratiques.
Accès au traité de Nice
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Messagede Germain R le 10 Juin 2004, 15:54

Merci pour le compliment. Je crois que cette rubrique est parfaite pour moi...


J'ai d'ailleurs d’excellente analyse entre les différences d'approche sur les questions sensible de politique extérieur américaine, entre les démocrates et les républicains. Les intervenants sont de première qualité.

Mais avant, je dois attirer ton attention sur l'article précédent. La corruption cause des dommages irréparables pour une nation. Les Américains ne cessent de nous dire que le Canada est un paradis pour le blanchiment d'argent. Alors nous, simple citoyen de gré ou de force de ce pays, devons nous éveillé à ces questions fort complexe. Car, il s’agit du monde de la zone grise, aussi bien pour les purs criminels, les grands industriels que les services secret des nations du monde. De plus, j'aime bien apprendre que chaque fois qu'un logiciel est homologué, il y a des failles conçues pour les services secrets. Ce n'est pas rien et cela me fait penser à l'ouvrage de Fabrizio Calvi et Thierry Pfister "L’œil de Washington" au sujet de la controverse juridique entre, Inslaw et le gouvernement américain pour l'exploitation d'un méga-logiciel qui a été volé par Israël et qui ont introduit une "porte" pour ensuite vendre ce logiciel à d'autre gouvernement.
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Germain R
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Messagede Germain R le 10 Juin 2004, 16:03

Mais avant des analyses plus poussé , voici un article très intriguant.

Published on Tuesday, February 4, 2003 by the Prince George's Journal (Maryland)
Bush-Linked Company Handled Security for the WTC, Dulles and United
by Margie Burns


George W. Bush's brother was on the board of directors of a company providing electronic security for the World Trade Center, Dulles International Airport and United Airlines, according to public records. The company was backed by an investment firm, the Kuwait-American Corp., also linked for years to the Bush family.

The security company, formerly named Securacom and now named Stratesec, is in Sterling, Va.. Its CEO, Barry McDaniel, said the company had a ``completion contract" to handle some of the security at the World Trade Center ``up to the day the buildings fell down."

It also had a three-year contract to maintain electronic security systems at Dulles Airport, according to a Dulles contracting official. Securacom/Stratesec also handled some security for United Airlines in the 1990s, according to McDaniel, but it had been completed before his arriving on the board in 1998.

McDaniel confirmed that the company has security contracts with the Department of Defense, including the U.S. Army, but did not detail the nature of the work, citing security concerns. It has an ongoing line with the General Services Administration - meaning that its bids for contracts are noncompetitive - and also did security work for the Los Alamos laboratory before 1998.

Marvin P. Bush, the president's youngest brother, was a director at Stratesec from 1993 to fiscal year 2000. But the White House has not publicly disclosed Bush connections in any of its responses to 9/11, nor has it mentioned that another Bush-linked business had done security work for the facilities attacked.

Marvin Bush joined Securacom when it was capitalized by the Kuwait-American Corporation, a private investment firm in D.C. that was the security company's major investor, sometimes holding a controlling interest. Marvin Bush has not responded to telephone calls and e-mails for comment.

KuwAm has been linked to the Bush family financially since the Gulf War. One of its principals and a member of the Kuwaiti royal family, Mishal Yousef Saud al Sabah, served on the board of Stratesec.

The managing director at KuwAm, Wirt D. Walker III, was also a principal at Stratesec, and Walker, Marvin Bush and al Sabah are listed in SEC filings as significant shareholders in both companies during that period.

Marvin Bush's last year on the board at Stratesec coincided with his first year on the board of HCC Insurance, formerly Houston Casualty Co., one of the insurance carriers for the WTC. He left the HCC board in November 2002.

But none of these connections has been looked at during the extensive investigations since 9/11. McDaniel says principals and other personnel at Stratesec have not been questioned or debriefed by the FBI or other investigators. Walker declined to answer the same question regarding KuwAm, referring to the public record.

Walker is also chairman and CEO of Aviation General, a Tulsa, Okla.-based aviation company with two subsidiaries. SEC filings also show al Sabah as a principal and shareholder in Aviation General, which was recently delisted by the Nasdaq. Stratesec was delisted by the American Stock Exchange in October 2002.

The suite in which Marvin Bush was annually re-elected, according to public records, is located in the Watergate in space leased to the Saudi government. The company now holds shareholder meetings in space leased by the Kuwaiti government there. The White House has not responded to various requests for comment.

Speaking of the Watergate, Riggs National Bank, where Saudi Princess Al-Faisal had her ``Saudi money trail" bank account, has as one of its executives Jonathan Bush, an uncle of the president. The public has not learned whether Riggs - which services 95 percent of Washington's foreign embassies - will be turning over records relating to Saudi finance.

Meanwhile, Bush has nominated William H. Donaldson to head the Securities and Exchange Commission. Donaldson, a longtime Bush family friend, was a Yale classmate of Jonathan Bush.

On the very day of the tragic space shuttle crash, the government appointed an independent investigative panel, and rightly so. Why didn't it do the same on Sept. 12, 2001?

Margie Burns, a teacher and writer, lives in Cheverly, Maryland.
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Famille Bush et leurs petits amis..

Messagede Jean-Marc Rioux le 12 Juin 2004, 0:28

Il est très importnt de s'intéresser aux aleas de la politique de notre grand voisin: l'Oncle Sam.

Nous découcrons facilemetn qu ele nespotisme, les rivlités entre oligarchies financières sont intimement liés à l'émergence de ce grand super empire mondial. La ficition hollywoodienne de l'Amérique pionnière de la Démocratie et des vleurs républicaines est encore très vivace, mais avec les grands développements d'Internet, les médias officiels le plus souvent abreuvés quasi-sempiternellement aux diktats oligarchiques dominants sont débordés pr de nouveaux réseaux d'informtion qu'il snepeuvent pas entièrement contrôlés en dépit d'Echelon et d'un certain contrôle relatif de ce nouveu média majeur comme Chomsky l'a démontré à plusieurs reprises.

C'est sur Internet qu enous vons eu accés à l'histoire de la famille Bush et de leurs petis amis.

Le grand-père Bush fut l'artisan du règne de Bush 2 et de Bush 3. Or ce grand-père est très important pour compendre cette volonté de puissnce qui anime tellement le président actuel..

En effet, l'aieul était un fervent nazi et avait cultivé d'excellents liens avec le régime nzi et surtout avec les entreprises Thyssen lées au réarmement et à l'armement dans le cadre de la volonté d'hégémonie mondiale d'A. Hitler. Ce triste sire a servi jusqu'en 1942, de relai pour le blanchiment des transactions spéciales allemandes nazies uux USA. Il fit fortune avec cela. Vers la fin de la Guerre, le gouvernement américian avait mis sous sequestre, bien de fonds de groupes financiers liès de près ou de loin à ce holding pro-allemand. Mais dès 1945-46, la politique américaine changea à ce chapitre, pq un nouvel ennemi se dressait à l'horizon:L'URSS. Et la Chine devenait ausis une menace potentielle après la chute du Japon. C'est alors que naquit véritblement comme programme étatsunien, non plus le retour à l'isolationisme comme après la Premiére Guerre mondilale, mais à une course pour l'hégémonisme mondiale basée sur une extension à l"échelle plantétaire, de la Doctrine Montoe du XIX ième siècle et de la défense tout azimut du système capitatiste oligarchique monopolisitique . Géopolotique, géoéconomique et géomilitairte y furent stratégiquement intégrés. Les ennemis fascistes purent dans ce cadre-là reprendre du service et l'aieul Bush put reprendre le contrôle de ses holdings et avec ces fonds entreprendre l'acquisition de grandes pétrolières et même d'usines d'armements. C'est ainsi que la famille Bush et leurs petits amisont débuté et continué sur le plan politique, dans le cadre de l'idéologie trilatéraliste ce que grand-papa avait si bien préparé sur le plan financier, en trahissant au point de départ son propre peuple et en trahissant la valeur première de l'AMÉRIQUE: La Démocratie.

J'apporterai les sources de tout cela bientôt.

A SUIVRE DONC...
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Messagede Germain R le 12 Juin 2004, 14:58

COOPÉRATION INTERNATIONALE ET COMMERCE :
THÈMES CLÉS DES DÉMOCRATES

Un entretien avec le professeur Zbigniew Brzezinski

Selon le professeur Zbigniew Brzezinski, si la politique étrangère ne joue pas un rôle majeur dans la campagne présidentielle actuelle aux États-Unis, les problèmes du Proche-Orient et la question de l'élargissement de l'OTAN « pourraient influencer, mais certainement pas déterminer, les résultats de l'élection ». Selon lui, les différences entre les Démocrates et les Républicains en matière de politique étrangère sont marginales, les Démocrates ayant simplement plus tendance à mettre l'accent sur la coopération internationale, le commerce et l'écologie. M. Brzezinski a été conseiller en matière de sécurité nationale auprès du président Carter, et a fait partie du corps enseignant des universités Harvard et Columbia. Il est aujourd'hui conseiller au Centre d'études stratégiques et internationales et professeur de politique étrangère étasunienne à l'École des hautes études internationales de l'université Johns Hopkins à Washington. Il a été interviewé par notre rédactrice Wendy Ross.

Question - À votre avis, quel rôle la politique étrangère joue-t-elle dans la campagne présidentielle en cours ?

M. Brzezinski - Je ne crois pas qu'elle tienne une place importante dans la campagne présidentielle. Celle-ci se focalise avant tout sur des thèmes d'intérêt national. En outre, aujourd'hui, si l'on fait exception du problème irakien, aucune crise majeure ne retient l'attention du public ni ne suscite un intérêt réel à l'égard de la politique étrangère.

Question - Y a-t-il des questions de politique étrangère qui pourraient influencer le résultat des élections ?

M. Brzezinski - Certaines questions pourraient sans doute influencer le résultat des élections, mais en aucun cas le déterminer. Je pense notamment à deux d'entre elles. La première est celle du Proche-Orient : les problèmes avec l'Irak, le fait que la guerre du Golfe est encore présente dans la mémoire des Américains et le vif intérêt qu'ils éprouvent à l'égard de l'avenir d'Israël pourraient avoir une influence sur le scrutin dans certaines régions des États-Unis.

La deuxième question est celle de l'élargissement de l'OTAN, et elle intéresse plus particulièrement les Américains originaires d'Europe centrale.

Les déclarations de chacun des candidats sur ces deux thèmes pourraient avoir une certaine influence sur le vote de quelques groupes religieux ou ethniques.

Question - En matière de politique étrangère, voyez-vous des différences fondamentales entre la philosophie des Démocrates et celle des Républicains ?

M. Brzezinski - Les Démocrates, pour parler d'une manière très générale, ont plus tendance à mettre l'accent sur le multilatéralisme, la coopération internationale et l'écologie. On pourrait dire, si l'on voulait être sarcastique, que leur programme est celui des « bons Samaritains ». Les Républicains s'intéressent plus au pouvoir, à l'état de préparation des armées et à l'emploi de la force. En simplifiant, on pourrait appeler leur programme « plan d'action Schwarzenegger ».

Mais je voudrais bien souligner que ce sont là des différences marginales. Aujourd'hui, il n'y a pas de schisme fondamental entre la philosophie des Démocrates et celle des Républicains, en partie parce qu'aucune crise internationale majeure ne vient créer d'importantes lignes de fracture.

Question - Quelles sont les questions de politique étrangère les plus importantes du point de vue des Démocrates ?

M. Brzezinski - À celles que je viens de mentionner, j'ajouterais celle du commerce parce qu'elle est liée au thème de la prospérité, qu'elle affecte les emplois aux États-Unis et conséquemment elle revêt une importance primordiale aux yeux des travailleurs américains. Le commerce est l'un des domaines où le gouvernement Clinton peut se vanter d'avoir obtenu des résultats.

Question - À votre avis, dans quel domaine de la politique étrangère voit-on les plus grandes divergences entre les deux candidats à la présidence ?

M. Brzezinski - Je voudrais d'abord rappeler qu'il n'y a pas de divergences fondamentales entre les deux partis. Les Républicains, par exemple, sont favorables à une réponse plus musclée aux récents défis irakiens. Ils souhaitent également élargir l'OTAN un peu plus rapidement que le candidat démocrate ne le suggère.

Les Démocrates ont été vivement critiqués par les Républicains pour la façon dont ils ont abordé les relations avec la Chine. Ces derniers ont eu tendance à mettre l'accent sur les droits de l'homme. Cependant, sur ce point précis, ils ne sont pas unanimes parce que les milieux des affaires, qui sont en général plutôt favorables au candidat républicain, n'ont pas envie de placer la question des droits de l'homme au premier plan des relations sino-américaines.

Question - Certains Républicains accusent le gouvernement Clinton d'avoir ordonné les récentes attaques aériennes contre l'Irak pour des raisons de politique électorale. Comment répondre à ces accusations ?

M. Brzezinski - Je ne crois pas qu'il s'agisse nécessairement d'une accusation. Durant toute année électorale, il est évident que les principaux responsables, bien que guidés par l'intérêt national, ne peuvent pas ne pas tenir compte des conséquences politiques de leurs décisions en matière de politique étrangère. Donc, en ce qui concerne l'Irak, les Républicains ont en général approuvé les actions du Président, même s'ils réclament une politique plus musclée.

Question - Pensez-vous que la politique a joué un rôle important ces dernières semaines dans les décisions de politique étrangère du Congrès, notamment dans la décision du Sénat d'ajourner le vote sur la Convention d'interdiction des armes chimiques ?

M. Brzezinski - La décision d'ajourner le vote sur la Convention était une décision politique, tout comme les démarches visant à la faire approuver, d'ailleurs. En ce sens, les deux partis faisaient de la politique, chacun pensant qu'une décision négative serait plus préjudiciable à l'autre en termes de politique intérieure. L'ajournement s'explique par le fait que les Républicains ne voulaient pas rejeter ouvertement la Convention. Mais ils tenaient à exprimer leurs doutes quant à son efficacité. Ils craignaient en effet qu'elle ne se résume à un traité énumérant des vœux nobles, mais dépourvu des moyens de les mettre en œuvre.

Question - Et quel est le point de vue du gouvernement Clinton sur la Convention d'interdiction des armes chimiques ?

M. Brzezinski - Il considère que la Convention est en tous les cas un pas vers un meilleur ordre international. Certes, elle est loin d'être parfaite, mais elle ouvre la perspective d'une plus grande coopération internationale à l'endiguement de la prolifération des armes chimiques.

Ce sont là les divers arguments qui ont été avancés tant par les Démocrates que les Républicains sur ce thème. Mais derrière ces nobles paroles se cachent, des deux côtés, des calculs politiques. Les Démocrates espéraient que les Républicains commettraient l'erreur de sembler, d'une manière ou d'une autre, être en faveur des armes chimiques. Quant aux Républicains, ils espéraient faire passer les Démocrates pour des rêveurs.

Question - Croyez-vous que les deux grands partis pourraient mieux traiter les questions de politique étrangère pendant les campagnes présidentielles ?

M. Brzezinski - La réponse est facile. C'est « oui », évidemment. La vérité est que la politique étrangère n'est pas traitée d'une manière sérieuse dans la campagne électorale actuelle. Cela a malheureusement été souvent la norme durant la plupart des dernières campagnes électorales. Je pense, par exemple, que l'on pourrait, et même que l'on devrait, consacrer l'intégralité d'un débat présidentiel à une discussion de la politique étrangère. On pourrait par exemple envisager des débats de fond entre les collaborateurs des divers candidats afin d'éclairer le public sur la politique étrangère et, peut-être, de contribuer à mieux définir de nouvelles solutions dans ce domaine.

Question - Que pensez-vous du niveau de connaissance des Américains en matière de relations internationales ?

M. Brzezinski - Dans l'ensemble, je dois dire que leurs connaissances et leur niveau d'intérêt sont faibles. Le public américain connaît mal l'histoire, il est d'une ignorance déconcertante en géographie et ne s'intéresse guère aux affaires étrangères. Je crois que cela vient d'un certain isolationnisme et de certaines insuffisances de l'enseignement, mais aussi du manque de concentration des médias américains sur la politique étrangère.

Cela m'a frappé au mois d'août dernier lors d'un déplacement. J'écoutais les informations radiophoniques du matin sur la chaîne CBS. Ce n'était qu'un ramassis d'histoires insignifiantes ne traitant presque exclusivement que des affaires intérieures. Le programme s'intitulait pourtant « Nouvelles du monde », mais on n'y trouvait absolument aucune information de portée internationale. C'était la même chose le soir. Là où j'étais, je ne pouvais recevoir que le journal télévisé de la CBS, qui prétendait aussi donner les nouvelles internationales. Mais en fait, on n'y trouvait aucune couverture sérieuse des grands problèmes internationaux.

Les journaux américains, même les grands quotidiens diffusés dans tout le pays, relèguent de plus en plus les informations internationales en dernière page. Le fait est que l'Amérique s'intéresse beaucoup plus à elle-même. Et les institutions et organismes qui pourraient, et à mon avis devraient, élargir quelque peu les perspectives du public, manquent complètement à leur mission.

Question - Quel a été le rôle de la politique étrangère dans les campagnes présidentielles de 1976 et 1980 ? Pensez-vous que la crise des otages avec l'Iran soit en partie responsable de l'échec électoral de Jimmy Carter en 1980 ?

M. Brzezinski - En 1976, je crois que la politique étrangère a joué un rôle à deux niveaux. D'abord, la politique de détente de Richard Nixon et Gerald Ford a été critiquée par les Démocrates comme n'étant pas assez axée sur les droits de l'homme. Ensuite, lors du débat présidentiel, le président Ford a fait une déclaration sur l'Europe de l'Est qui a semblé indiquer qu'à son avis, la Pologne, pays satellite de l'URSS, était un État complètement indépendant. Les Démocrates ont évidemment saisi l'occasion et ont exploité cela d'une manière politiquement très efficace.

En 1980, la crise des otages avec l'Iran a certainement contribué à la défaite du gouvernement démocrate. Celui-ci semblait incompétent, indécis, faible et incapable de mettre fin à la longue humiliation du pays. Les Républicains n'ont pas manqué d'exploiter cela et ont ainsi marqué des points.





SONT LES THÈMES CLÉS DES RÉPUBLICAINS

Interview du général Brent Scowcroft

La politique étrangère ne joue dans l'actuelle campagne présidentielle qu'un rôle minime et elle ne devrait pas avoir d'effet déterminant sur le scrutin, à moins « d'événements graves » inattendus qui surviendraient sur la scène internationale avant le jour des élections, déclare le général Brent Scowcroft. « Influence et cohérence » sont actuellement des thèmes clés de la politique étrangère du parti républicain, dit-il. Le général Scowcroft a été conseiller présidentiel en matière de sécurité nationale pendant les gouvernements Ford et Bush, et conseiller militaire du président Nixon. Durant sa carrière militaire, il a été affecté à divers postes au sein de l'état-major interarmées, du Quartier général de l'armée de l'air des États-Unis et du Bureau du vice-ministre de la défense chargé de la sécurité internationale. Le général Scowcroft est fondateur et président du Forum de la politique internationale, organisme sans but lucratif et apolitique qui présente des points de vue indépendants sur les grandes questions de politique étrangère. Il est également président du « Scowcroft Group », un cabinet de conseil visant à aider les entreprises désireuses de se développer et d'investir à l'étranger. Les propos du général Scowcroft ont été recueillis en septembre dernier par Dian McDonald, journaliste de l'USIA.

Question - Comment décririez-vous le rôle de la politique étrangère dans la campagne électorale actuelle ?

M. Scowcroft - Je dirais, autant que je me souvienne, qu'il est sans doute aussi peu important que dans toutes les campagnes précédentes. La question est abordée de manière épisodique, mais ce n'est pas un thème majeur de la campagne.

Question - Pensez-vous qu'il y ait une question quelconque de politique étrangère susceptible d'avoir un impact sur le résultat des élections ?

M. Scowcroft - Je ne le crois pas, à moins que ne surviennent des événements graves qui, eux, pourraient avoir des répercussions. Mais hormis cette éventualité, je ne le pense pas. La politique étrangère ne sera qu'un élément accessoire de la campagne. Je suppose que Bill Clinton dira qu'en général il a été un bon président dans ce domaine, qu'il s'est maintenu dans la ligne traditionnelle de la politique étrangère américaine, qu'il a été ferme et qu'il n'a pas hésité à recourir à la force quand il le fallait.

Quant à Bob Dole, il dira probablement : « Nous n'avons pas exercé notre autorité. Nous sommes passés par une série de changements successifs. Il n'y a eu ni cohérence, ni stratégie. Or, en politique étrangère, il faut de la cohérence, et elle doit être appuyée par la force. Malheureusement, le Président a laissé nos forces armées s'affaiblir. »

Ce sera là, je crois, un thème sous-jacent, mais cela ne fera pas changer les électeurs d'avis. Par contre, si un événement dramatique se produisait, par exemple en Irak ou au niveau des relations avec la Chine, notamment sur le plan de la prolifération des missiles, cela pourrait avoir des répercussions sur les élections. Mais il faudrait vraiment un événement inattendu.

Question - On a dit que la politique des États-Unis à l'égard de l'immigration clandestine était la question de politique étrangère la plus épineuse pour MM. Clinton et Dole. Êtes-vous de cet avis ?

M. Scowcroft - La question suscite des réactions très vives, mais je n'irais pas jusque-là. En premier lieu, je me demande si l'immigration clandestine relève vraiment de la politique étrangère. C'est plutôt, du moins il me semble, une question de politique intérieure. Et elle est suivie avec grand intérêt dans certains États clés, notamment la Californie, le Texas et la Floride. Mais pour la majorité des Américains, je crois qu'elle reste abstraite et que donc elle n'affectera pas un très grand nombre d'électeurs.

Question - Pensez-vous que cette question pourrait avoir une plus grande influence sur le scrutin en Californie ?

M. Scowcroft - Oui, je le crois. Mais là, comme vous le savez, la division ne se fait pas nécessairement selon l'appartenance à l'un ou l'autre parti. La question sera sans doute plus décisive en Californie qu'ailleurs, et peut-être, en deuxième lieu, en Floride.

Question - Quels sont les dossiers de politique étrangère qui sont d'une importance majeure pour le parti républicain aujourd'hui ?

M. Scowcroft - Il y a certains dossiers précis, par exemple la Bosnie et Haïti, mais je crois que les thèmes généraux de l'influence et de la cohérence sont les thèmes que les Républicains vont souligner.

http://usinfo.state.gov/journals/itps/1 ... /frtoc.htm
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Messagede Germain R le 12 Juin 2004, 15:01

TRANSMETTEZ LA PAGE A UN AMI REAGISSEZ SUR LE NOUVEAU FORUM IMPRIMEZ LA PAGE

> Vatican: La vérité sur le chef de la Garde Suisse, l'homme qui avait sauvé le Pape en 1981... - rapporté par nicolas>

NDLR: Lecture extrêmement édifiante. Les secrets d'un état qui, comme les autres états, assassine pour masquer ses traces...

En 1998, un vice-caporal de la garde suisse aurait assassiné son chef et l'épouse de ce dernier avant de se suicider. Depuis, la mère du sous-officier conteste cette version et réclame la réouverture du dossier. Soupçons, pressions, démissions... Décidément, rien ne va plus au sein de la légendaire institution pontificale

Ce pourrait être le titre d'un film: Meurtres en série au Vatican. Le 4 mai 1998, trois personnes sont mortes. De mort violente, dans des circonstances troubles. A ce jour, toujours pas d'explications rationnelles ni convaincantes. Sherlock Holmes, à l'aide! Depuis plus de quatre ans, cette énigme empoisonne la curie romaine.


Crimes il y a eu, c'est une certitude. A l'arme à feu, c'en est une autre. Les victimes? Deux intimes du pape: son chef de la garde suisse, le colonel Aloïs Estermann, 44 ans, promu la veille à ce poste de confiance, et son épouse, Gladys. L'assassin? Le Vatican, lui, n'a aucun doute: le coupable n'est autre qu'un vice-caporal de la garde de 23 ans, Cédric Tornay. Le mobile? La vengeance. Seulement, voilà: impossible d'interroger le suspect. Et pour cause: il s'est suicidé juste après avoir accompli son forfait...


Pas un seul instant elle ne croit que son fils ait été un assassin. Trop de zones d'ombre subsistent


Comme pour donner un peu plus de piment à cette ténébreuse histoire, personne n'a rien vu. Rien entendu. Officiellement, du moins, alors que le drame s'est déroulé dans l'appartement du colonel Estermann, à quelques dizaines de mètres de celui du Saint-Père.


Deux jours après le meurtre, le 6 mai au matin, les cercueils du chef de la garde suisse, de son épouse et de Cédric Tornay sont alignés dans la chapelle Saint-Martin. Jean-Paul II vient leur rendre hommage. Il s'agenouille et prie. Le soir même se déroulent les funérailles d'Estermann et de Gladys, dans la basilique Saint-Pierre. Celles de Cédric ont lieu le lendemain à l'église Sainte-Anne, au Vatican.


Epilogue d'un fait divers sanglant... Sauf pour la mère de Cédric Tornay, Muguette Baudat, qui, depuis quatre ans, met en cause la version du Vatican. Pas un seul instant elle ne croit que son fils ait été un assassin. Trop de zones d'ombre subsistent, selon elle, dans l'enquête menée par le juge du Vatican Gianluigi Marrone. L'autopsie des corps, réalisée le 5 mai, a été bâclée. La lettre d'adieux de son fils expliquant son suicide ne serait qu'un faux grossier. Et puis il y a cette balle qui a troué la gorge de Cédric sur 7 millimètres alors que son calibre dépassait 9 millimètres!


Muguette Baudat décide de se battre, sollicite les journalistes, interroge des collègues de son fils, conduit ses propres investigations... Il y a quelques semaines, via ses deux avocats français, le très médiatique Jacques Vergès - qui a ainsi un adversaire à sa mesure - et son jeune et astucieux confrère Luc Brossollet, elle a écrit au pape pour réclamer la réouverture de l'instruction. Sans résultat, à ce jour. Jean-Paul II n'a pas encore répondu.


Retour sur un fait divers hors du commun. Nous sommes donc le 4 mai 1998. Il est 21 h 4 lorsque sont découverts les corps sans vie du couple Estermann ainsi que celui de Cédric Tornay. A ses côtés, son pistolet d'ordonnance, un Stig 75, l'arme utilisée pour son suicide, d'un calibre de 9,4 millimètres...


Déjà secoué plusieurs semaines auparavant par l'assassinat non élucidé d'un maître des cérémonies du pape, le Vatican réagit illico. Dès minuit, il livre à la presse, par l'intermédiaire de son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, un ancien journaliste espagnol membre de l'Opus Dei, la vérité sur cette nouvelle tragédie. Limpide: Tornay, furieux de ne pas avoir obtenu une décoration, la Benemerenti, sous prétexte qu'il est rentré en retard de quarante-huit heures d'une permission, s'est vengé. Et a abattu son supérieur, le colonel Estermann, ainsi que son épouse, avant de se donner la mort.


Pour accréditer cette thèse - qui laisse sceptique la presse italienne - Joaquin Navarro-Valls martèle d'emblée que le jeune vice-caporal souffrait de troubles mentaux, tout en exhibant une lettre de ce dernier dans laquelle il explique son geste. Il s'agirait bien d'un règlement de comptes, strictement privé, à la fois banal et terrible.


Dès le 5 mai 1998, la curie romaine désigne un juge d'instruction du Vatican, Gianluigi Marrone, chargé de dénouer les fils de cette étrange affaire. Contrairement à ce qui s'était passé lors de la tentative d'assassinat du pape par le Turc Ali Agça, en mai 1981, ce n'est donc pas un magistrat de l'Etat italien qui est saisi. Comme si l'on voulait régler cette embarrassante histoire en famille...


Très vite, l'enquête est bouclée. L'affaire, classée. Sans que le juge Marrone s'intéresse à la personnalité de la principale victime, Estermann - le b. a.-ba, pourtant, en matière criminelle.


Arrêtons-nous sur cet officier. Grand gaillard de 1,90 mètre, sosie du pape quand il était jeune, Aloïs Estermann entre en 1981 au service de Jean-Paul II, qui en fait son garde du corps. A peine nommé, Estermann s'illustre le 13 mai 1981, place Saint-Pierre, à Rome, en s'interposant devant le pape alors qu'Ali Agça tente de l'assassiner. Un acte héroïque qui entraîne la reconnaissance éternelle du Saint-Père à l'égard de son sauveur. Lequel, désormais, l'accompagne dans tous ses voyages à l'étranger. Ainsi, à chaque déplacement du pape, le fidèle Aloïs est là, surveillant, à côté de la «papamobile», son patron.


Au fil des ans, Estermann, qui s'est marié en 1983 à une Vénézuélienne de cinq ans son aînée, Gladys, partage de plus en plus l'intimité de Jean-Paul II. A tel point que ce dernier a coutume de dire qu'il «fait partie de la famille», au même titre que son secrétaire particulier, Mgr Stanislas Dziwisz, ou son maître des célébrations liturgiques, Mgr Marini. Signe de cette confiance, Estermann est le seul qui accompagne le Saint-Père lorsqu'il part se reposer, chaque année, dans les Dolomites. C'est l'un des rares à être informés de tous les secrets du Vatican. De ses scandales, aussi, comme la déconfiture, en 1981, du Banco Ambrosiano, partenaire privilégié du Vatican.


Seule piste évoquée : celle du règlement de comptes entre deux hommes


A cette époque, Aloïs Estermann - si l'on en croit le très sérieux journal allemand Berliner Kurier - aurait été recruté par la Stasi, la police politique de l'ancienne RDA, à l'initiative de son chef, Markus Wolf, sous le pseudonyme de «Werder». Une allégation démentie par Markus Wolf lui-même. Il n'empêche. Quelques jours seulement après la mort tragique du chef de la garde suisse, l'amiral Fulvio Martini, ex-patron du contre-espionnage italien - qui ne passe pas pour quelqu'un de fantasque - revient à la charge, laissant entendre, à son tour, qu'Estermann était bien un agent de l'étranger, sans doute des ex-services est-allemands.


Une chose est sûre: en Suisse, son pays, Aloïs Estermann, soupçonné d'avoir trempé dans des affaires peu claires, ne faisait pas l'unanimité. Aussi, la Conférence des évêques suisses, dont l'avis est nécessaire pour la nomination du chef de la garde suisse, se montrera rétive pour qu'Estermann soit promu au Vatican.


Du reste, deux heures à peine après l'annonce de son décès, le porte-parole du département fédéral de la Défense de la Confédération suisse, Oswald Sigg, fera cette déclaration pleine de sous-entendus: «Le Vatican doit posséder ses raisons d'avoir choisi Estermann sans tenir compte des candidatures que le conseiller Adolf Ogi avait proposées.»


Bizarrement, quelques jours avant sa promotion, Estermann avait confié à ses proches qu'il envisageait de se retirer au Venezuela, la patrie de son épouse, car il craignait pour sa vie. Peu de temps après sa fin tragique, sa mère lâchera cette phrase étrange: «J'ai toujours su que ça finirait comme ça...»


Personnage complexe, controversé, à coup sûr, Estermann l'était. Gênant, également, à tel point que certains auraient eu de bonnes raisons de l'éliminer. Soit. Mais lesquelles? Son influence grandissante auprès du Saint-Père aurait-elle suscité des jalousies au point qu'on l'exécute? Son passé d'agent de la Stasi l'aurait-il rattrapé, entraînant sa perte? Aurait-il été informé, comme on l'a dit, de mouvements d'argent suspects au sein du Vatican qu'il n'aurait jamais dû connaître?


Aussi, dans cette atmosphère pesante, lourde de non-dits, la curie romaine va bâcler l'enquête sur les décès du couple Estermann et de Tornay, négligeant d'entendre des membres de la garde suisse ou des proches de Cédric et d'examiner les pistes évoquées ci-dessus pour s'arc-bouter sur une seule: celle du règlement de comptes entre deux hommes. Aucune précaution, par exemple, aucune mesure conservatoire ne sera prise lors de la découverte des trois corps: dès que la nouvelle du drame se sera répandue, prélats et fonctionnaires du Vatican vont déambuler autour des cadavres, les enjamber, les toucher, voire les manipuler... L'un d'entre eux proposera même des chocolats à un caporal!


Quant aux médecins légistes, ils font preuve d'un incroyable amateurisme, omettant de garder les corps dans une chambre stérile et se livrant à un dépeçage pur et simple de celui de Tornay. C'est pourquoi, plus tard, une légiste suisse sollicitée par Muguette Baudat dira: «Des bouchers auraient fait mieux...»


Comble de la bizarrerie: un ancien sous-officier de la garde suisse, le caporal Anton Pfyl, qui n'est pourtant plus en fonction au moment du drame, reconnaîtra avoir eu en main des douilles retrouvées sur place et avoir pris la balle qui aurait servi au suicide de Tornay. N'étant plus membre de la garde suisse, à quel titre Pfyl était-il présent? De quel droit a-t-il manipulé ces pièces à conviction? Etrange: le juge Marrone ne lui demandera jamais d'explications. Pas plus qu'il n'en réclamera à un ancien officier de la garde suisse, l'ex-capitaine Utz, prêt à témoigner dès le lendemain de la tuerie. Son témoignage ne manquait pourtant pas d'intérêt: Utz avait subi des pressions physiques d'un de ses collègues, qui n'était autre qu'Aloïs Estermann. Toutefois, un prélat romain lui intimera l'ordre de ne pas se rendre chez le magistrat...


On comprend, dès lors, que, le 5 mai, lorsque Muguette Baudat souhaite se rendre au Vatican pour assister aux obsèques de son fils, le chapelain de la garde suisse, Mgr Jehle, l'en dissuade fortement. Mais Muguette est têtue. Et, quand, le 6, elle arrive sur place, le père Roland Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, la prend en charge, surveillant avec assiduité ses faits et gestes. Il ne cessera de lui montrer la seule pièce à conviction accréditant l'idée que son fils a bien commis un double meurtre avant de se donner la mort. Cette pièce, c'est évidemment la lettre d'adieux, dévoilée à la presse italienne par le porte-parole du Vatican. Extraits de cette missive, truffée de fautes d'orthographe, destinée à la mère de Cédric: «J'espère que tu me pardonneras car ce que j'ai fait, ce sont eux qui m'ont pousser (sic). Cette année, je devais recevoir la Benemerenti et le lieutenant-colonel [Aloïs Estermann] me l'a refuser (sic). Après trois ans, six mois et six jours passer (sic) à supporter toutes les injustices, la seule chose que je voulais, ils me l'ont refusée (...). J'ai juré de donner ma vie au pape et c'est ce que je fais. Je m'excuse de vous laisser tout seul (sic), mais mon devoir m'appelle. Dit (sic) à Sarah, Melinda et papa que je vous aime. Gros bisous à la plus grande maman du monde. Ton fils qui t'aime.»


Quand elle lit cette lettre, Muguette Baudat est abasourdie. Elle soupçonne qu'il s'agit d'un faux. Non seulement elle a du mal à reconnaître l'écriture de Cédric, mais elle y repère quelques invraisemblances. Le mode de datation du document, d'abord. En haut à droite, on lit: «Vatican, le 4. 05. 98». Muguette est formelle: son fils avait toujours l'habitude d'écrire le mois en toutes lettres, sans jamais avoir recours au zéro initial pour les neuf premiers mois de l'année. Autre mention curieuse: Cédric parle du «lieutenant-colonel» Estermann; il ne peut pourtant ignorer qu'il vient d'être promu colonel. De même, dans sa lettre, il évoque sa sœur Melinda, lui qui avait coutume de l'appeler Dada, dans tous ses courriers. Autre bizarrerie: il emploie le mot «pape», alors qu'il préférait toujours, signe de respect, le terme «Saint-Père». Dernier élément qui accentue le trouble de Muguette Baudat: la lettre n'est pas signée. Pourquoi? Le faussaire, si faussaire il y a eu, n'ayant pas en sa possession la signature de Cédric, aurait-il jugé moins dangereux d'apposer l'expression «Ton fils qui t'aime»?


«J'ai beaucoup de mal à imaginer qu'il ait fait cela pour une médaille refusée»


Bref, tout cela ne colle pas. Muguette se montre de plus en plus sceptique quant au suicide de son fils. Le 3 mai, elle a eu une dernière conversation téléphonique avec lui. Rien ne laisse, à ce moment, présager une folie meurtrière de sa part. Il paraît calme, l'informe de ses projets. De son désir de quitter la garde suisse, de trouver un nouvel emploi et d'épouser son amie romaine, Valeria. Muguette en est certaine: on lui cache la vérité. Les témoignages de collègues de Cédric recueillis par les journalistes italiens la confortent dans son impression. Ainsi, un ex-garde suisse, Jean-Antoine Fietz, proche de Cédric, est formel: «C'était un garçon tout à fait normal. Il me semble difficile de croire à un raptus de folie.» Un autre collègue, interviewé le 6 mai par Il Tempo, confirme: «Cédric était un garçon impeccable, avec la tête sur les épaules. J'ai beaucoup de mal à imaginer qu'il ait fait cela pour une médaille refusée.» Un autre garde, encore, le caporal Christian Richard, déclare la même chose: «C'est trop facile de faire de Cédric le bouc émissaire de cette sale affaire.» Des collègues de Cédric, lorsqu'on les interroge sur cette triste soirée du 4 mai 1998, vont jusqu'à s'exclamer: «Vous ne vous rendez pas compte! C'est dangereux...» Un commentaire souvent ponctué d'un «Je ne peux rien vous dire, mais continuez de chercher...»


En juillet 1998, l'épouse d'un major de la garde, Peter Hassler, confie à un journaliste italien qu'elle redoute d'être assassinée. Elle poursuit: «Nous ne voulons pas mourir. Tout ce sang pour rien, comme si ces trois morts n'avaient pas suffi...» Etranges propos qui laissent entendre que Mme Hassler connaît certains secrets de ce drame... A moins qu'elle ne fabule, de bonne foi. Reste qu'une sorte de psychose, depuis ce fatidique 4 mai, gagne peu à peu la garde suisse. Témoin les démissions en cascade, quelque temps après, des deux tiers des sous-officiers. Dès le 15 mai, le hallebardier Christian Frangi quitte le service. Suivi, le 31 mai, de deux collègues, Christian Emmeneger et Federico Schiuchetti... Un mois plus tard, c'est au tour des caporaux Michel Pfister et Hans-Ulrich Eörtle d'en faire autant. Tous refusent de donner les motifs exacts de leur départ... Troublant.


Autant d'éléments qui persuadent Muguette Baudat de persévérer dans sa quête de la vérité. En août 1998, elle demande à avoir accès à la procédure du juge Marrone. En vain. De plus en plus agacée par l'incessante curiosité de Muguette, la curie décide de contre-attaquer. En septembre 1998, le secrétaire de la nonciature apostolique à Berne, Mgr Battista Ricca, accompagné d'un officier de l'armée suisse, le capitaine Harri, se rend à deux reprises au domicile de la mère de Cédric, dans le Valais. Le message est clair et net: «Ne parlez plus à la presse. Ne demandez plus rien à la justice vaticane.»


Quelques mois plus tard, au printemps 1999, la police cantonale de Saint-Gall mène une enquête à la fois sur le passé de Cédric, sur celui de sa mère et sur l'honorabilité de sa famille. De méchantes rumeurs sont alors colportées dans la presse suisse, relayée par la presse italienne, qui dépeignent Muguette Baudat comme une débauchée ayant élevé ses enfants de façon déplorable...


Avril 2002. Voilà près de quatre ans que le triple meurtre a eu lieu. Toujours non élucidé, aux yeux de Muguette Baudat, soucieuse de médiatiser au maximum cette histoire. Ses avocats, Jacques Vergès et Luc Brossollet, organisent une conférence de presse, le 27 avril, à Martigny, en Suisse, où repose Cédric Tornay. Une fois encore, ils soulignent les lacunes de l'enquête et font savoir qu'ils ont sollicité leur accréditation auprès du Vatican, seul moyen pour accéder à la procédure. En vain, à ce jour. Ce 27 avril, Me Vergès prévient: «Si nous devions nous heurter à une surdité entêtée du Vatican, nous porterions l'affaire devant un tribunal suisse, car Cédric Tornay était un citoyen helvétique.»


L'avocat français, maître en coups d'éclat, réussira-t-il à convaincre et à faire fléchir les autorités vaticanes?

(L'Express) ajouté le 11-8-2002
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Le Vatican: grand sujet d'études historiques

Messagede Jean-Marc Rioux le 13 Juin 2004, 0:08

Dans la Ville Éternelle, Le Vatican, pays neutre non membre de l'ONU est le siège de la Papauté catholique depuis des lustres. Que de richesses , de mystères Ex: Magdlena, épouse de Jésus, première évêque de la Provence), de luttes de pouvoir occultes, de crimes même y furent commis ( sous les Borgia notamment.) , de persécutions des adversaires de la Foi y furent cocotées de sang froid (exemple: L'Inquisition) au nom de leur fondateur : Jésus le Nazaréen.

La pire escroquerie de l'histoire fut commise par l'Eglise de Rome sous les successeurs de Constantin qui lui aurait donné l'empire institutionnel du Monde via un document célêbre mais prouvé comme faux: la Donation de Constantin.

L'Église institution, au niveau de sa Haute Hiérarchie fut presque toujours mêlée aux forces dominantes politiques ultra conservatrices et anti-démocratiques et même économiques et même bancaires: ( ex: La Banque du Vatican..) sauf en de rares exceptions qui ne font que confirmer la règle générale.

Depuis les années 60, notre Révolution Tranquille québécoise, nous a délivrés de ce fardeau historique et de cet Opium du Peuple : c'est une très bonne chose en soi. C'est même ce grand tournant qui nous a ouvert les portes de la modernité sur tous les plans, et l'espoir de créer d'ici peu notre propre République laique, démocratique et progressiste en Amérique du Nord...
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Messagede Germain R le 19 Juin 2004, 1:04

TRIBUNE LIBRE
RÉPONSE À UN DIPLOMATE
Ou le Québec, un État de fait à reconnaître de jure

René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 4 juin 2004

Voici des correspondances courriel échangées en date du mardi 1er juin 2004 entre Monsieur Albert Salon ancien Ambassadeur de la République française et Président actuel du FFI-France (Forum Francophone International) et Monsieur JRM Sauvé.
PREMIER COURRIEL

Monsieur Salon,

À vos questions précises au sujet d'un projet de constitution et de citoyenneté pour le Québec, je vais tenter de vous répondre, d'une manière aussi satisfaisante que peut le faire un géographe spécialisé en géopolitique, par conséquent en étude systématique des États tels qu'ils existent de facto, par opposition aux statuts pleinement reconnus de jure. Si ma réponse vous paraît ambiguë, je m'en excuse d'avance.

Il n'existe aucun effort officiel pour donner une constitution au Québec, ni pour créer la citoyenneté du Québec.

J'étais militant en 1976 au moment d'être retraité de l'armée et je travaillais dans Taillon, comté de René Lévesque (maintenant de Pauline Marois) lorsque nous avons obtenu la victoire surprise des élections du 15 novembre, victoire à laquelle ni René Lévesque ni les autres militants ne s'attendaient ni étaient prêts à assumer. Plusieurs d'entre nous avons proposé d'introduire tout de suite un passeport québécois mais Lévesque a renvoyé la proposition du revers de la main. De même la citoyenneté et la constitution. Il fallait d'abord gagner un référendum à tout prix.

J'ai pris sa réaction très au sérieux et je me suis demandé pourquoi il avait refusé, ce à quoi beaucoup de Québécois étaient d'accord.

René Lévesque a refusé par souci de l'observance de la LOI au pied du pied de l'archi-pied de la lettre. P.E. Trudeau n'a eu qu'à déclarer publiquement le soir du 15 novembre 1976: « Monsieur Lévesque n'a pas reçu de mandat pour faire la souveraineté du Québec », pour que Lévesque paralyse en partant.

La peur d'être qualifié d'HORS LA LOI, D'OUTLAW, par les Anglo-Saxons, ceux du Canada, ceux des États Unis et ceux de l'Empire Britannique, ou Commonwealth si vous préférez, la peur qui paralyse était présente à ce moment, peur entretenue par l'ignorance du sens, de la signification, de la portée et de la dynamique d'un statut.

Il suffit à un représentant d'Ottawa, de Londres ou de Washington de dire: « We won't recognize you » pour qu'une peur panique nous saisisse.

Tragiquement, monsieur Salon, NOUS, Québécois, ne savons pas ce que veulent dire les termes STATUTS et ÊTRE RECONNU. Pour nous, la politique demeure affaire de faveurs, ou d'affection, ou de revendication de pouvoirs, voir, de littérature et de folklore, non d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité. Tout au Québec est affaire d'émotions, non de principes. D'où le poids énorme de la LOI prise au pied de la lettre, la LOI qui fait peur, la LOI qui mène en prison et autrefois à la potence.

Sans doute, la mentalité héritée de nos ancêtres normands y est pour quelque chose. Le Normand cherche toujours à être "en loi". Il y trouve sa justification et souvent son leitmotiv.

De même notre conception religieuse, héritée du jansénisme, une religion de la casuistique et de l'observance des commandements au pied de la lettre, au détriment de leur esprit. Je n'ai pas vu de Je et Tu dans notre expérience religieuse, seulement le Ça qui tue l'esprit.

Vous qui êtes un cousin de France, monsieur Salon, non pas un maudit français mais un cousin, vous ne pourriez vous permettre de dire aux Québécois ce que je leur dis: « Bande de criss de caves, vous êtes bouchés par tous les trous et vous ne comprenez rien à rien ». En tant que héros national au Québec, je puis me permettre de le faire. Je ne recherche nulle popularité et nulle faveur, alors j'ai le champ libre pour dire ce que je pense.

C'est moi qui s'est servi de ma position d'officier d'état-major dans l'armée pour remettre à Parizeau les documents secrets qui prouvaient qu'une intervention militaire majeure se préparait contre le Québec en 1972, avec l'aide d'officiers britanniques en provenance d'Irlande du Nord.

Cette intervention s'inspirait en droite ligne des interventions militaires de l'Angleterre contre l'Irlande depuis l'époque de Cromwell, interventions qui ont contribué à réduire la population des Irlandais celtiques de 8 millions à trois millions d'habitants.

Le simple fait d'avoir remis ces documents a provoqué un arrêt des procédures dans les Quartiers Généraux de l'Armée Canadienne et un transfert du grand état-major de la Force Mobile du Québec vers Kingston. Personne n'a osé me mettre en accusation et me traduire en cour martiale. C'est moi qui avais le gros bout du baton car le Ministère de la Défense avait commis un acte illégal et de grande portée sur le plan international. Peu de temps après, j'ai été mis à la retraite avec une année de congé de réhabilitation payée par le Ministère et pleinement pensionné. Jamais je n'ai été dérangé, sauf pour une brève visite de deux officiers seniors de la GRC, pour me dire que mon dossier était fermé.

Désespérément, j'ai essayé de faire comprendre aux Québécois que la « question du Québec » n'est pas une question de « séparatisme » mais de STATUTS DE FACTO À RECONNAÎTRE DE JURE.

Posée de cette manière la question est autrement plus dangereuse pour Ottawa qu'une réduction des problèmes au degré d'une baudruche idéologique. D'où la persistance d'Ottawa de maintenir le Québec dans un combat idéologique dont personne ne voit le véritable enjeu.

La question posée en termes de statuts de facto et de jure est dangereuse pour Ottawa, car lorsque le Québec agira dans ce sens, les autres provinces en feront autant (c'est ce qu'elles attendent).

Ce sera la fin du gouvernement centralisateur et unitaire des United Empire Loyalists et de l'Oligarchie torontoise, qui possède 85% des richesses naturelles de l'espace continental canadien.

Si unité canadienne il y a après la fin du pouvoir central d'Ottawa, cette unité se réalisera sans inféodation aucune, par simple coopération, sur fond d'intérêts, de rapports de forces et de principes d'effectivité. Au Québec, les facultés de sciences politiques, qui dispensent un enseignement littéraire et souvent étriqué, ne comprennent toujours pas le sens du mot STATUT. (EN ANGLAIS STATUS, OU STATUSES)

Parlant STATUTS, je suis né à Montréal le 27 mars 1931, neuf mois avant la promulgation par l'Angleterre des Statuts Refondus de Westminster.

Donc, je suis né dans l'Empire Britannique et par conséquent British Subject. En Angleterre, mon passeport n'était pas estampé, mais en octobre 2003, lorsque je suis retourné à Londres pour un court séjour, mon passeport a été estampé, comme pour un étranger.

Je ne suis plus « British Subject » et ce sont les Anglais qui l'ont décidé, pas les « Canadians » qui vivent encore comme si la reine Victoria était toujours vivante. Comme la reine d'Angleterre est toujours et seule possédante en titre du territoire de cette expression géographique qu'on appelle Canada, alors nous demeurons nominalement ses « subjects ».

Quant à la reine Victoria (je suis né sous George V), les nouvelles de sa mort sont encore prises dans les glaces des iceberg de l'Atlantique nord. C'est l'impression que j'ai eue à Toronto et dans les Canadian Armed Forces.

Ces questions sont simple et c'est parce que j'en connaissais la portée, ayant été formé dans les institutions universitaires et militaires des Anglais et des Canadians, que je pouvais me permettre de tuer dans l'oeuf une tentative nouvelle d'intervention armée contre le Québec. Cette intervention de ma part, de même que les documents que j'ai remis pour prouver la véracité de ce que j'avançais. Ont semé la peur panique chez les chefs du Parti Québécois.

Qui prenait le plus grand risque? J'avais une femme et des enfants qui auraient été jetés dans la misère si j'avais été traduit en conseil de guerre et condamné. Les politiciens ne risquaient rien mais se conduisaient comme si l'échafaud était déjà dressé contre eux.

Je dois dire que j'ai été bien formé par les Anglais et les Allemands et je connaissais et connais encore le sens d'un STATUT et de ses PRINCIPES. Homme seul, j'étais en position de force et je pouvais me permettre de traiter de tous les noms ceux et celles parmi les militants du Québec qui ne comprenaient rien et moins que rien à des questions d'envergure en matière d'État. Une société inféodée revendique des droits. Nous sommes un État et n'avons qu'à exercer nos pouvoirs d'État et non à revendiquer des droits.

En quittant l'armée, j'ai remercié les Anglais de m'avoir bien formé et leur ai dit que je me servirais des connaissances acquises contre eux. Ils ont ri, sachant que personne au Québec ne me croirait si je disais par exemple que nous sommes plus forts que nous le pensons, que nous étions en position de force sans le savoir au moment du traité de Paris du 10 février 1763 et que nous l'avons été souvent par la suite. Nous le serons encore avec l'élection actuelle, qui devrait nous permettre de provoquer l'implosion du Canada. Peine perdue.

Prof à Toronto après mon service militaire, j'ai écrit et publié Géopolitique et avenir du Québec. Personne ou presque ne l'a lu, sauf Bernard Landry, qui m'a téléphoné et écrit à Toronto et, le cabinet de Jean Chrétien, qui en acheté toutes les copies disponibles dans les librairies d'Ottawa, probablement parce que Le Monde Diplomatique de septembre 1994 a publié un commentaire très favorable sur ce livre. Nul n'est prophète dans son pays.

Pourquoi on ne me lit pas? Langage trop simple, pas assez étriqué, pas assez littéraire, par assez « rationnel ». La géopolitique et la stratégie d'État sont relationnelles. La différence est énorme mais peu de Québécois le comprennent, d'où leur tendance à se conformer à la LOI au pied de la lettre, à rester littéraires et ne pas oser écrire de constitution ni promulguer la citoyenneté québécoise, pour la simple raison que l'État existe déjà et que nous pouvons émettre un passeport sans que personne ne puisse s'y objecter. Un passeport est un moyen de vérifier dans les faits qui nous reconnaît et nous aurions pu l'avoir fait depuis longtemps.

J'ai réussi à convaincre Bernard Landry à créer une patrouille des eaux territoriale avec la Sûreté du Québec, afin de créer les précédents nécessaires à notre reconnaissance de souveraineté territoriale sur nos eaux continentales. Aujourd'hui, cette patrouille existe. De même dans les aéroports. J'ai été agréablement surpris de voir la police de Montréal à l'aéroport de Dorval (alias PE Trudeau) avec une juridiction qui augmente. La GRC va quitter et c'est une affaire à suivre. Suivra une police de l'air, notre propre juridiction à nous sur notre espace aérien. Je travaille ensuite à créer une police des frontières afin de ne plus subir de « love in » comme en 1995.

Et ensuite, il y a la diplomatie. NOUS DEVONS encore apprendre à faire des représentations valides à l'étranger, monsieur Salon, à dire que nous sommes effectivement et de fait(de facto) un peuple, une Nation et un État et que nous entendons être reconnus comme tels. Dire que les Anglais ont été méchants pour nous est ridicule et ne nous mène nulle part. Les Anglais ont été autrement plus méchants envers les Yankees de Nouvelle Angleterre, les Acadiens, les Boers d'Afrique du Sud, les Australiens, les Irlandais, les Écossais et les Gallois qu'ils ne l'ont été envers nous. Pourquoi? Parce que la politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité et que dans le Saint-Laurent en 1760, les Anglais n'étaient pas en position pour tenter de nous chasser ou nous exterminer.

La diplomatie, vous en connaissez le sens, monsieur Salon. Essentiellement, il s'agit de faire valoir les précédents de facto afin d'en obtenir une reconnaissance de jure.

Ce statut d'État de facto, nous l'avons, monsieur Salon, mais une foule de Québécois ne le comprennent toujours pas.

L'indépendance, on peut et doit la définir selon le sens qui est offert par la géopolitique et aussi... la psychanalyse et la psychiatrie:

APTITUDE ET CAPACITÉ DE CHOISIR SES DÉPENDANCES.

À défaut de comprendre le sens, la signification, la portée et la dynamique de cette définition, nous allons continuer de faire fausse route.

Ce qui veut dire: L'État du Québec d'abord, reconnu de jure et de facto, ensuite, ou en même temps: abattre l'État centralisateur, unitaire, arbitraire et orangiste d'Ottawa. Les élections actuelles sont pour nous une occasion de provoquer l'implosion du Canada.

Sans État, la Nation ne peut pas être reconnue et il ne peut y avoir d'indépendance, qui est un à porteriori et non un à priori par rapport aux statuts d'État et de Nation.

La France est partie en 1760, pour des motifs de stratégie politique, qui ont remporté des succès et des revers, comme toute politique d'ailleurs, ainsi que le comprennent les gens qui ont un peu de maturité.

Et puis après? Le Ciel ne nous est pas tombé sur la tête parce que la France est partie. Au contraire, c'était pour nous l'occasion de faire nos preuves, nos propres preuves. Nous étions d'un coup devenus un peuple, avec possibilité de devenir Nation et de constituer les assises de notre propre État naturel. ET NOUS L'AVONS FAIT.

Moi, je remercie la France d'avoir quitté en 1760 et de nous avoir laissés seuls en face des Anglais et des Yankees. Cela prouve que nous étions capables de nous occuper de ces deux puissances, nous tout seuls. C’est pas un statut honorable çà ?

Qu'aurions-nous fait avec la France? Nous serions demeurés dépendants comme la Finlande est demeurée dépendante de la Suède pendant six siècles. C'est la domination russe qui a réveillé les Finlandais et leur a crié: « Existez, que diable ».

En partant, en nous laissant seuls avec les Anglais, nos ennemis séculaires depuis l'histoire de la Bretagne et de la Normandie, la France nous traitait comme des grands garçons et des grandes filles.

Mais c'est très bien ça. Amenez-nous en des Anglais. Nous leur avons déjà réglé leur compte dans le passé en Europe et nous pouvons encore le faire. Nous sommes peu nombreux et nous n'avons pas besoin de l'être non plus, puisque les conditions géographiques dans lesquelles nous vivons nous permettent de réaliser nos objectifs avec une concentration maximale de l'effort et une économie de moyens.

Notre statut est fait accompli mais les Québécois ne veulent pas s'en rendre compte et ils se comportent comme un peuple inféodé et habitué à la soumission servile et à vivre mentalement à partir de ce qui est dit ou est écrit par Untel et Untel.

Dans la mentalité québécoise, tout doit être écrit quelque part. Pas moyen de mettre dans la tête des Québécois qu'un STATUT existe d'abord suivant la loi sui generis des faits et des principes naturels qui gouvernent l'existence et l'Être. Trop ontologique et pas assez logique. J'ai encore du travail à faire pour changer cette mentalité de "losers" pour la remplacer par une mentalité de « winners », ce que nous sommes réellement, mais nous ne savons pas que nous le sommes et voilà notre problème.

J'espère avoir répondu à vos questions d'une manière satisfaisante monsieur Salon. Je dois maintenant retourner réparer les murs et faire la peinture dans notre appartement. Il y a du travail à faire. Pour moi, un métier manuel et la vie intellectuelle ne sont pas incompatibles.

Bonne journée

René Marcel Sauvé
DEUXIÈME COURRIEL

Monsieur Salon,

J'ai omis de répondre à votre question essentielle, celle que vous formulez au début de votre texte :

Vous dites :

Ici en France, nous ne voyons pas toujours clair sur deux points qui peuvent, nous semble-t-il, avoir au Québec une symbolique très forte et un effet d'entraînement politique.

Ma réponse est la suivante :

Ici au Québec, nous sommes loin de voir clair sur ces deux points.

Dans les conjectures de peur du « séparatisme » dont je vous ai parlé dans mon message précédent, la seule évocation d'une Constitution, du statut du citoyen et de la carte d'identité est passible d'exploitation politique immédiate par nos adversaires, qui vont chercher à nous accuser de vouloir « briser le Canada ». Ici, la culpabilisation s'ajoute à la peur et à l'ignorance.

Nous devons attendre d'autres conjectures, d'autres rapports de forces qui vont contribuer à changer les mentalités et à les maintenir dans une résolution définitive d'en finir avec Ottawa. Stratégiquement, nous devons à tout prix abattre Ottawa si nous voulons poursuivre notre progression vers les statuts reconnus de Nation et d'État. L'implosion de l'Empire Orangiste Canadian s'impose. Elle est souhaitable, réalisable et possible dans un délai assez court maintenant, ainsi que je l'explique dans un article précédent et portant sur l'implosion du Canada.

Cette nouvelle conjecture s'annonce avec les élections actuelles. Nous devons travailler de toutes nos forces à installer à Ottawa un gouvernement conservateur minoritaire, mais majoritaire dans l'Ouest, avec le NDP majoritaire dans les Maritimes et l'Ontario divisé comme il l'était au référendum de 1992, celui de Brian Mulroney. Avec le Bloc majoritaire à Ottawa, le Québec sera en mesure de mieux tirer son épingle du jeu. Ce sera pour les provinces l'occasion de se réclamer du statut d'État et l'Ontario ne pourra intervenir comme il l'a fait dans le passé, pour défendre les intérêts de l'Oligarchie de Bay Street. Que l'Ontario devienne un État à son tour et le règne des oligarques est condamné.

Je vous conseille donc de suivre de près les événements qui se produisent. Nous en tirerons ensuite les leçons qui s'imposent.

Salutations

René Marcel Sauvé

Disponible sur http://www.vigile.net/
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De facto De jure et les Démembrements urbains

Messagede Jean-Marc Rioux le 23 Juin 2004, 0:18

Effectvement le 'De factom De jure' est très important en positionnement géopolitique et géomilitaire.

La plus belle illustration de tout cela fut le démembrement de nos grandes villes principalement à Montréal. De facto, les oligarques anglos avec l'aide du gouvernement collabo à Québec, ont réussi leur partition en douce de notre territoire national sur une base ethnique et socio-économique, comme ils l'ont réussi plus au nord avec l'Entente commune récemment tout en réussisant l'exploit de légitimer la constitution imposée de 1982 et à rendre 'légal' l'apartheid anti-québécois.

Nos partis nationalistes officiels s'en sont faits passés une 'vite'. Ils sont tombés dans le piège des fédérastes, ennemis déclarés de notre peuple. Centrés sur une victoire facile de Martin et en mésestimant un fait très vérifiable: l'équipe Harper n'engrange plus la grogne populaire anti-libérale depuis les dernières 48 heures et le PLC en profite sauf au Québec pour se hisser de nouveau dans les sondages. Même plus, dans l'affaire du bilinguisme dans les aéroports, le fédérastes du PLC, ont habilement exploités les erreurs des dinosaures conservateurs, pour redorer leur blason au Québec et surtout en Ontario, en se présentant tartuffiennement comme les seuls vrais défenseurs crédibles du 'french canadian ooast to coast'.

Signe des temps aussi: Stéphane Dion dit le Rat a repris fièrement du service afin de créer un front fédérate sous la houlette du PLC, afin de contrer comme toujours le danger 'séparatiste'.

Bref, il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Il faudra travaillé très fort jusqu'à la dernière seconde pour faire sortir notre vote et surtout ne pas prendre la victoire pour acquise selon nos seuls critères et perspectives..








Germain R a écrit:TRIBUNE LIBRE
RÉPONSE À UN DIPLOMATE
Ou le Québec, un État de fait à reconnaître de jure

René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 4 juin 2004

Voici des correspondances courriel échangées en date du mardi 1er juin 2004 entre Monsieur Albert Salon ancien Ambassadeur de la République française et Président actuel du FFI-France (Forum Francophone International) et Monsieur JRM Sauvé.
PREMIER COURRIEL

Monsieur Salon,

À vos questions précises au sujet d'un projet de constitution et de citoyenneté pour le Québec, je vais tenter de vous répondre, d'une manière aussi satisfaisante que peut le faire un géographe spécialisé en géopolitique, par conséquent en étude systématique des États tels qu'ils existent de facto, par opposition aux statuts pleinement reconnus de jure. Si ma réponse vous paraît ambiguë, je m'en excuse d'avance.

Il n'existe aucun effort officiel pour donner une constitution au Québec, ni pour créer la citoyenneté du Québec.

J'étais militant en 1976 au moment d'être retraité de l'armée et je travaillais dans Taillon, comté de René Lévesque (maintenant de Pauline Marois) lorsque nous avons obtenu la victoire surprise des élections du 15 novembre, victoire à laquelle ni René Lévesque ni les autres militants ne s'attendaient ni étaient prêts à assumer. Plusieurs d'entre nous avons proposé d'introduire tout de suite un passeport québécois mais Lévesque a renvoyé la proposition du revers de la main. De même la citoyenneté et la constitution. Il fallait d'abord gagner un référendum à tout prix.

J'ai pris sa réaction très au sérieux et je me suis demandé pourquoi il avait refusé, ce à quoi beaucoup de Québécois étaient d'accord.

René Lévesque a refusé par souci de l'observance de la LOI au pied du pied de l'archi-pied de la lettre. P.E. Trudeau n'a eu qu'à déclarer publiquement le soir du 15 novembre 1976: « Monsieur Lévesque n'a pas reçu de mandat pour faire la souveraineté du Québec », pour que Lévesque paralyse en partant.

La peur d'être qualifié d'HORS LA LOI, D'OUTLAW, par les Anglo-Saxons, ceux du Canada, ceux des États Unis et ceux de l'Empire Britannique, ou Commonwealth si vous préférez, la peur qui paralyse était présente à ce moment, peur entretenue par l'ignorance du sens, de la signification, de la portée et de la dynamique d'un statut.

Il suffit à un représentant d'Ottawa, de Londres ou de Washington de dire: « We won't recognize you » pour qu'une peur panique nous saisisse.

Tragiquement, monsieur Salon, NOUS, Québécois, ne savons pas ce que veulent dire les termes STATUTS et ÊTRE RECONNU. Pour nous, la politique demeure affaire de faveurs, ou d'affection, ou de revendication de pouvoirs, voir, de littérature et de folklore, non d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité. Tout au Québec est affaire d'émotions, non de principes. D'où le poids énorme de la LOI prise au pied de la lettre, la LOI qui fait peur, la LOI qui mène en prison et autrefois à la potence.

Sans doute, la mentalité héritée de nos ancêtres normands y est pour quelque chose. Le Normand cherche toujours à être "en loi". Il y trouve sa justification et souvent son leitmotiv.

De même notre conception religieuse, héritée du jansénisme, une religion de la casuistique et de l'observance des commandements au pied de la lettre, au détriment de leur esprit. Je n'ai pas vu de Je et Tu dans notre expérience religieuse, seulement le Ça qui tue l'esprit.

Vous qui êtes un cousin de France, monsieur Salon, non pas un maudit français mais un cousin, vous ne pourriez vous permettre de dire aux Québécois ce que je leur dis: « Bande de criss de caves, vous êtes bouchés par tous les trous et vous ne comprenez rien à rien ». En tant que héros national au Québec, je puis me permettre de le faire. Je ne recherche nulle popularité et nulle faveur, alors j'ai le champ libre pour dire ce que je pense.

C'est moi qui s'est servi de ma position d'officier d'état-major dans l'armée pour remettre à Parizeau les documents secrets qui prouvaient qu'une intervention militaire majeure se préparait contre le Québec en 1972, avec l'aide d'officiers britanniques en provenance d'Irlande du Nord.

Cette intervention s'inspirait en droite ligne des interventions militaires de l'Angleterre contre l'Irlande depuis l'époque de Cromwell, interventions qui ont contribué à réduire la population des Irlandais celtiques de 8 millions à trois millions d'habitants.

Le simple fait d'avoir remis ces documents a provoqué un arrêt des procédures dans les Quartiers Généraux de l'Armée Canadienne et un transfert du grand état-major de la Force Mobile du Québec vers Kingston. Personne n'a osé me mettre en accusation et me traduire en cour martiale. C'est moi qui avais le gros bout du baton car le Ministère de la Défense avait commis un acte illégal et de grande portée sur le plan international. Peu de temps après, j'ai été mis à la retraite avec une année de congé de réhabilitation payée par le Ministère et pleinement pensionné. Jamais je n'ai été dérangé, sauf pour une brève visite de deux officiers seniors de la GRC, pour me dire que mon dossier était fermé.

Désespérément, j'ai essayé de faire comprendre aux Québécois que la « question du Québec » n'est pas une question de « séparatisme » mais de STATUTS DE FACTO À RECONNAÎTRE DE JURE.

Posée de cette manière la question est autrement plus dangereuse pour Ottawa qu'une réduction des problèmes au degré d'une baudruche idéologique. D'où la persistance d'Ottawa de maintenir le Québec dans un combat idéologique dont personne ne voit le véritable enjeu.

La question posée en termes de statuts de facto et de jure est dangereuse pour Ottawa, car lorsque le Québec agira dans ce sens, les autres provinces en feront autant (c'est ce qu'elles attendent).

Ce sera la fin du gouvernement centralisateur et unitaire des United Empire Loyalists et de l'Oligarchie torontoise, qui possède 85% des richesses naturelles de l'espace continental canadien.

Si unité canadienne il y a après la fin du pouvoir central d'Ottawa, cette unité se réalisera sans inféodation aucune, par simple coopération, sur fond d'intérêts, de rapports de forces et de principes d'effectivité. Au Québec, les facultés de sciences politiques, qui dispensent un enseignement littéraire et souvent étriqué, ne comprennent toujours pas le sens du mot STATUT. (EN ANGLAIS STATUS, OU STATUSES)

Parlant STATUTS, je suis né à Montréal le 27 mars 1931, neuf mois avant la promulgation par l'Angleterre des Statuts Refondus de Westminster.

Donc, je suis né dans l'Empire Britannique et par conséquent British Subject. En Angleterre, mon passeport n'était pas estampé, mais en octobre 2003, lorsque je suis retourné à Londres pour un court séjour, mon passeport a été estampé, comme pour un étranger.

Je ne suis plus « British Subject » et ce sont les Anglais qui l'ont décidé, pas les « Canadians » qui vivent encore comme si la reine Victoria était toujours vivante. Comme la reine d'Angleterre est toujours et seule possédante en titre du territoire de cette expression géographique qu'on appelle Canada, alors nous demeurons nominalement ses « subjects ».

Quant à la reine Victoria (je suis né sous George V), les nouvelles de sa mort sont encore prises dans les glaces des iceberg de l'Atlantique nord. C'est l'impression que j'ai eue à Toronto et dans les Canadian Armed Forces.

Ces questions sont simple et c'est parce que j'en connaissais la portée, ayant été formé dans les institutions universitaires et militaires des Anglais et des Canadians, que je pouvais me permettre de tuer dans l'oeuf une tentative nouvelle d'intervention armée contre le Québec. Cette intervention de ma part, de même que les documents que j'ai remis pour prouver la véracité de ce que j'avançais. Ont semé la peur panique chez les chefs du Parti Québécois.

Qui prenait le plus grand risque? J'avais une femme et des enfants qui auraient été jetés dans la misère si j'avais été traduit en conseil de guerre et condamné. Les politiciens ne risquaient rien mais se conduisaient comme si l'échafaud était déjà dressé contre eux.

Je dois dire que j'ai été bien formé par les Anglais et les Allemands et je connaissais et connais encore le sens d'un STATUT et de ses PRINCIPES. Homme seul, j'étais en position de force et je pouvais me permettre de traiter de tous les noms ceux et celles parmi les militants du Québec qui ne comprenaient rien et moins que rien à des questions d'envergure en matière d'État. Une société inféodée revendique des droits. Nous sommes un État et n'avons qu'à exercer nos pouvoirs d'État et non à revendiquer des droits.

En quittant l'armée, j'ai remercié les Anglais de m'avoir bien formé et leur ai dit que je me servirais des connaissances acquises contre eux. Ils ont ri, sachant que personne au Québec ne me croirait si je disais par exemple que nous sommes plus forts que nous le pensons, que nous étions en position de force sans le savoir au moment du traité de Paris du 10 février 1763 et que nous l'avons été souvent par la suite. Nous le serons encore avec l'élection actuelle, qui devrait nous permettre de provoquer l'implosion du Canada. Peine perdue.

Prof à Toronto après mon service militaire, j'ai écrit et publié Géopolitique et avenir du Québec. Personne ou presque ne l'a lu, sauf Bernard Landry, qui m'a téléphoné et écrit à Toronto et, le cabinet de Jean Chrétien, qui en acheté toutes les copies disponibles dans les librairies d'Ottawa, probablement parce que Le Monde Diplomatique de septembre 1994 a publié un commentaire très favorable sur ce livre. Nul n'est prophète dans son pays.

Pourquoi on ne me lit pas? Langage trop simple, pas assez étriqué, pas assez littéraire, par assez « rationnel ». La géopolitique et la stratégie d'État sont relationnelles. La différence est énorme mais peu de Québécois le comprennent, d'où leur tendance à se conformer à la LOI au pied de la lettre, à rester littéraires et ne pas oser écrire de constitution ni promulguer la citoyenneté québécoise, pour la simple raison que l'État existe déjà et que nous pouvons émettre un passeport sans que personne ne puisse s'y objecter. Un passeport est un moyen de vérifier dans les faits qui nous reconnaît et nous aurions pu l'avoir fait depuis longtemps.

J'ai réussi à convaincre Bernard Landry à créer une patrouille des eaux territoriale avec la Sûreté du Québec, afin de créer les précédents nécessaires à notre reconnaissance de souveraineté territoriale sur nos eaux continentales. Aujourd'hui, cette patrouille existe. De même dans les aéroports. J'ai été agréablement surpris de voir la police de Montréal à l'aéroport de Dorval (alias PE Trudeau) avec une juridiction qui augmente. La GRC va quitter et c'est une affaire à suivre. Suivra une police de l'air, notre propre juridiction à nous sur notre espace aérien. Je travaille ensuite à créer une police des frontières afin de ne plus subir de « love in » comme en 1995.

Et ensuite, il y a la diplomatie. NOUS DEVONS encore apprendre à faire des représentations valides à l'étranger, monsieur Salon, à dire que nous sommes effectivement et de fait(de facto) un peuple, une Nation et un État et que nous entendons être reconnus comme tels. Dire que les Anglais ont été méchants pour nous est ridicule et ne nous mène nulle part. Les Anglais ont été autrement plus méchants envers les Yankees de Nouvelle Angleterre, les Acadiens, les Boers d'Afrique du Sud, les Australiens, les Irlandais, les Écossais et les Gallois qu'ils ne l'ont été envers nous. Pourquoi? Parce que la politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité et que dans le Saint-Laurent en 1760, les Anglais n'étaient pas en position pour tenter de nous chasser ou nous exterminer.

La diplomatie, vous en connaissez le sens, monsieur Salon. Essentiellement, il s'agit de faire valoir les précédents de facto afin d'en obtenir une reconnaissance de jure.

Ce statut d'État de facto, nous l'avons, monsieur Salon, mais une foule de Québécois ne le comprennent toujours pas.

L'indépendance, on peut et doit la définir selon le sens qui est offert par la géopolitique et aussi... la psychanalyse et la psychiatrie:

APTITUDE ET CAPACITÉ DE CHOISIR SES DÉPENDANCES.

À défaut de comprendre le sens, la signification, la portée et la dynamique de cette définition, nous allons continuer de faire fausse route.

Ce qui veut dire: L'État du Québec d'abord, reconnu de jure et de facto, ensuite, ou en même temps: abattre l'État centralisateur, unitaire, arbitraire et orangiste d'Ottawa. Les élections actuelles sont pour nous une occasion de provoquer l'implosion du Canada.

Sans État, la Nation ne peut pas être reconnue et il ne peut y avoir d'indépendance, qui est un à porteriori et non un à priori par rapport aux statuts d'État et de Nation.

La France est partie en 1760, pour des motifs de stratégie politique, qui ont remporté des succès et des revers, comme toute politique d'ailleurs, ainsi que le comprennent les gens qui ont un peu de maturité.

Et puis après? Le Ciel ne nous est pas tombé sur la tête parce que la France est partie. Au contraire, c'était pour nous l'occasion de faire nos preuves, nos propres preuves. Nous étions d'un coup devenus un peuple, avec possibilité de devenir Nation et de constituer les assises de notre propre État naturel. ET NOUS L'AVONS FAIT.

Moi, je remercie la France d'avoir quitté en 1760 et de nous avoir laissés seuls en face des Anglais et des Yankees. Cela prouve que nous étions capables de nous occuper de ces deux puissances, nous tout seuls. C?est pas un statut honorable çà ?

Qu'aurions-nous fait avec la France? Nous serions demeurés dépendants comme la Finlande est demeurée dépendante de la Suède pendant six siècles. C'est la domination russe qui a réveillé les Finlandais et leur a crié: « Existez, que diable ».

En partant, en nous laissant seuls avec les Anglais, nos ennemis séculaires depuis l'histoire de la Bretagne et de la Normandie, la France nous traitait comme des grands garçons et des grandes filles.

Mais c'est très bien ça. Amenez-nous en des Anglais. Nous leur avons déjà réglé leur compte dans le passé en Europe et nous pouvons encore le faire. Nous sommes peu nombreux et nous n'avons pas besoin de l'être non plus, puisque les conditions géographiques dans lesquelles nous vivons nous permettent de réaliser nos objectifs avec une concentration maximale de l'effort et une économie de moyens.

Notre statut est fait accompli mais les Québécois ne veulent pas s'en rendre compte et ils se comportent comme un peuple inféodé et habitué à la soumission servile et à vivre mentalement à partir de ce qui est dit ou est écrit par Untel et Untel.

Dans la mentalité québécoise, tout doit être écrit quelque part. Pas moyen de mettre dans la tête des Québécois qu'un STATUT existe d'abord suivant la loi sui generis des faits et des principes naturels qui gouvernent l'existence et l'Être. Trop ontologique et pas assez logique. J'ai encore du travail à faire pour changer cette mentalité de "losers" pour la remplacer par une mentalité de « winners », ce que nous sommes réellement, mais nous ne savons pas que nous le sommes et voilà notre problème.

J'espère avoir répondu à vos questions d'une manière satisfaisante monsieur Salon. Je dois maintenant retourner réparer les murs et faire la peinture dans notre appartement. Il y a du travail à faire. Pour moi, un métier manuel et la vie intellectuelle ne sont pas incompatibles.

Bonne journée

René Marcel Sauvé
DEUXIÈME COURRIEL

Monsieur Salon,

J'ai omis de répondre à votre question essentielle, celle que vous formulez au début de votre texte :

Vous dites :

Ici en France, nous ne voyons pas toujours clair sur deux points qui peuvent, nous semble-t-il, avoir au Québec une symbolique très forte et un effet d'entraînement politique.

Ma réponse est la suivante :

Ici au Québec, nous sommes loin de voir clair sur ces deux points.

Dans les conjectures de peur du « séparatisme » dont je vous ai parlé dans mon message précédent, la seule évocation d'une Constitution, du statut du citoyen et de la carte d'identité est passible d'exploitation politique immédiate par nos adversaires, qui vont chercher à nous accuser de vouloir « briser le Canada ». Ici, la culpabilisation s'ajoute à la peur et à l'ignorance.

Nous devons attendre d'autres conjectures, d'autres rapports de forces qui vont contribuer à changer les mentalités et à les maintenir dans une résolution définitive d'en finir avec Ottawa. Stratégiquement, nous devons à tout prix abattre Ottawa si nous voulons poursuivre notre progression vers les statuts reconnus de Nation et d'État. L'implosion de l'Empire Orangiste Canadian s'impose. Elle est souhaitable, réalisable et possible dans un délai assez court maintenant, ainsi que je l'explique dans un article précédent et portant sur l'implosion du Canada.

Cette nouvelle conjecture s'annonce avec les élections actuelles. Nous devons travailler de toutes nos forces à installer à Ottawa un gouvernement conservateur minoritaire, mais majoritaire dans l'Ouest, avec le NDP majoritaire dans les Maritimes et l'Ontario divisé comme il l'était au référendum de 1992, celui de Brian Mulroney. Avec le Bloc majoritaire à Ottawa, le Québec sera en mesure de mieux tirer son épingle du jeu. Ce sera pour les provinces l'occasion de se réclamer du statut d'État et l'Ontario ne pourra intervenir comme il l'a fait dans le passé, pour défendre les intérêts de l'Oligarchie de Bay Street. Que l'Ontario devienne un État à son tour et le règne des oligarques est condamné.

Je vous conseille donc de suivre de près les événements qui se produisent. Nous en tirerons ensuite les leçons qui s'imposent.

Salutations

René Marcel Sauvé

Disponible sur http://www.vigile.net/
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Jean-Marc Rioux, journaliste communautaire
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Jean-Marc Rioux
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