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Robert Deragon
Petit Jean

jeudi 20 janvier 2005

Pierre Bourgault a dit un jour de Robert Bourassa qu’il était fort dans les petites choses et faible dans les grandes. Jean Charest lui, est sur la bonne voie pour nous démontrer qu’il est faible aussi bien dans les grandes que dans les petites. Bien sûr, on savait cela depuis longtemps en ce qui concerne les grandes choses, mais on pouvait espérer qu’il arrivât à tirer correctement son épingle du jeu en ce qui concerne les petites. Malheureusement il n’en est rien. Cette histoire de subventions aux écoles privées juives vient de nous en donner définitivement la preuve.

Ce n’était pourtant pas difficile à gérer ce dossier. Il suffisait simplement de dire non au lobby juif, si puissant fût-il, et d’en expliquer les raisons, toutes simples : le Québec est sur la voie de la laïcisation de ses institutions scolaires, et de telles subventions viendraient tout chambarder. Mais M. Charest est incapable de voir au-delà du cercle des lobbyistes qui l’entourent et le cajolent. L’odeur de l’argent l’enivre, et il perd alors le peu de sens commun qu’il lui reste. Mais comment ne pouvait-il pas voir qu’il allait à contre-courant du consensus social ? Que ce type de subvention ramènerait dans des écoles confessionnelles des écoliers qui actuellement s’intègrent à la société québécoise par l’intermédiaire de nos écoles publiques ? Ou bien il est totalement déconnecté du Québec réel, ou bien il s’agit d’un retour d’ascenseur envers une communauté qui finance grassement le PLQ. On en conviendra, ce n’est pas rassurant dans un cas comme dans l’autre.

Il y a bien sûr les raisons officielles. Ou plutôt LA RAISON officielle : le rapprochement interculturel et l’intégration. Bien entendu, cet argument est une insulte, une de plus, à notre intelligence. D’autant plus que l’une des commissions scolaires qui a signé une entente d’association avec des écoles privées juives est la Commission scolaire Lester B. Pearson. Une commission scolaire anglophone ! Ainsi, nos impôts sont utilisés pour favoriser l’intégration et le rapprochement de la communauté juive... à la communauté anglophone ? C’est un comble ! Mais sur quelle planète vit donc Jean Charest ? Il gère l’État comme un encanteur, offrant des pans entiers du Québec aux lobbies les plus offrants, sans se soucier le moins du monde des conséquences. Écoles, réseaux d’aqueduc, actifs immobiliers, cours d’eau, tout est marchandise à ses yeux. L’État du Québec est à vendre au plus offrant.

Le soir de l’élection, les électeurs les plus lucides se disaient sans doute que les quatre années à venir du mandat de Jean Charest seraient pénibles. Quelle naïveté ! C’est plutôt un cauchemar qu’il fallait anticiper. Décidément, ce premier ministre est petit, bien trop petit, pour diriger la seule nation francophone d’Amérique.






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