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Paul-Émike L’Heavy
Endurance

jeudi 20 janvier 2005

La merveilleuse chose que l’endurance de nos compatriotes face à l’ineptie politique !

En effet, face à l’assaut sans précédent d’exactions, de malversations, de décisions indéfendables, de tergiversations interminables et de justifications insoutenables que les deux paliers de gouvernement dont nous sommes affligés nous infligent, n’importe quel groupe constitué de plus de deux personnes dotées chacune d’au moins dix neurones sensoriels et d’une douzaine de molécules d’adrénaline en réserve, aurait explosé dans une révolte implacable et dévastatrice qui aurait emporté instantanément tous nos soi-disant dirigeants et les édifices où ils se terrent en faisant mine de justifier leurs émoluments prélevés à même nos revenus.

Mais nenni. Pas ici.

Loin de moi l’idée d’inciter à la violence, et plus loin encore celle de mépriser mes compatriotes, mais, tort-Dieu et ventrailles du Pape, qu’on se réveille !

Ce cri du coeur poussé, qu’on me permette une simple observation.

Tout semble avoir été dit sur l’affaire des subventions aux écoles juives. En fait, tout semblait déjà avoir été dit avant même qu’on apprenne que le PLQ avait au préalable reçu une fort généreuse contribution de 750 000 $ de cette communauté (respectant ainsi la lettre de la loi qui interdit des dons supérieurs à 3 000 $, mais contournant son esprit, puisque cette contribution n’était « pas issue d’un seul donateur, mais d’une multitude, et n’avait ainsi pas de caractère monolithique » mon oeil...).

Hé bien non, il y a encore un petit mot que je voudrais dire. Un lien qui s’est fait sur le tard et a posteriori, au moment de cette dernière révélation.

Je me suis rappelé une curieuse réponse de Pierre Reed bombardé de questions par les médias, qui avait lâché, écartant les bras dans un geste d’impuissance : « Écoutez, c’est une décision du... ministre de l’éducation ».

Allo ? Le ministre de l’éducation, c’est-t-y pas vous, Monsieur le ministre de l’éducation ? Que signifie cette réponse ? Faut-il comprendre que, comme César, désormais vous parlez de vous à la troisième personne, et que le simple fait de mentionner qu’une décision vient de « Lui » suffit à en faire jaillir le caractère indiscutable et sacré ?

À la lumière des faits nouveaux, je pense plutôt que le pauvre homme s’en allait dire la vérité et qu’il s’est repris à temps, tant bien que mal : « Écoutez, c’est une décision du Premier Ministre (de l’éducation...).

Ce même Charest dont on sait maintenant qu’il a roucoulé d’aise devant ses apparachiks en revenant de Côte Saint-Luc avec 750 000 $ en poche. On dira ce qu’on voudra et pire encore de ce type, mais personne ne pourra l’accuser d’ingratitude...

Paul-Émike L’Heavy




Réactions

  • > Endurance
    20 janvier 2005, par Normand Perry
    216.46.25..***

    La chronique de monsieur l’Heavy explique le pourquoi du désabusement de la population face aux politiciens actuels.

    Platon l’avait bien dit il y a deux mille cinq cent ans, le gouvernement de la cité doit être confié à des sages (et chez Platon cela voulait dire "philosophes").

    La décripitude actuelle de nos démocraties occidentales démontre le pourquoi de cette affirmation platonicienne :

    Les hommes d’affaires riches et milliardaires qui se font élire en politique, vont-ils vraiment en politique pour le bien commun ? Niet ! Ils y vont pour le bien de leur compte de banque, point à la ligne. L’exemple de Paul Martin illustre assez bien mon propos.

    Jean Charest n’est que la marionnette de l’establishment néolibéral du Québec des Paul Desmarais, Daniel Johnson et cie. Voyez la merde dans laquelle s’enfonce nos valeurs social-démocrates chèrement acquise depuis un demi-siècle depuis le 14 avril 2003.

    Nos démocraties occidentales sont tous simplement mûres pour une révolution.

    Normand Perry philosophe



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