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Normand Perry
Le mariage homosexuel : sous l’angle de la philosophie et de la logique.

samedi 15 janvier 2005

Les tribunaux auront beau dire que la notion traditionnelle du mariage est inconstitutionnelle, aux yeux de notre Charte canadienne de droits et libertés, il n’en demeure pas moins qu’un véritable débat de société, menant à un référendum pancanadien sur cette question, devrait primer sur toute autre démarche législative. Il s’agit d’une question de conscience morale collective. Si nécessité oblige, suite à un tel référendum, une réforme de la constitution canadienne devra être envisagé.

Mais arrêtons-nous sur la notion du mariage en tant que telle. Plusieurs dictionnaires convergent vers la définition suivante : un " acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux les conditions. Les effets et la dissolution sont régis par les dispositions juridiques en vigueur dans leur pays, par les lois religieuses ou par la coutume ".

Universellement et de tout temps dans l’histoire de l’humanité, le mariage a eu ce sens, et dans l’esprit de la grande majorité des êtres humains, cette notion sera toujours acceptée comme authentique, peu importe la race, la nationalité ou la religion. Sans porter de jugement envers les personnes homosexuelles, je m’oppose, du point de vue philosophique, à ce que l’on applique le terme mariage, universellement reconnu, à la condition de vie homosexuelle, et ce en dehors de toutes considérations religieuses.

Il faut s’interroger sur le pourquoi de l’instauration du mariage comme institution dans l’humanité. Si la nature a voulu le mariage tel qu’il est, c’est pour protéger le couple constitué d’un partenaire masculin et de son alter ego féminin. Le but du mariage est la préservation de l’espèce humaine par sa perpétuation. C’est uniquement pour cette raison que le mariage naturel a été institué comme tel. La cellule familiale, ainsi établie et protégée par des lois, reçoit une garantie de vitalité dans le temps et l’espace. Ceci posé comme fondement, il devient plus aisé de comprendre pourquoi l’homosexualité a toujours existé en marge de l’hétérosexualité dans notre histoire. Pourquoi n’y a-t-il pas eu, dès l’instauration du mariage, place aux homosexuels à l’intérieur de cette institution ? Se pourrait-il que dès le départ on voyait bien que deux êtres du même sexe ne répondent pas aux besoins fondamentaux de la perpétuation de l’humanité ? Et le mariage en tant qu’institution n’a pas été inventé par les religions, bien que ces dernières s’en soit accaparé et défendent cette institution. Les sociétés étatiques - pensons à l’Empire romain - ont légiféré sur cette question. A l’exemple du Québec ou de la France, l’État canadien pourrait très bien accomoder les couples constitués de partenaires de même sexe en leur attribuant les avantage financiers et connexes du mariage sous la forme de « l’union civile ». Et pour les raisons démontrés dans cette réflexion, on ne peut attribuer le terme mariage à la réalité homosexuelle.

Qu’est-ce qui fait le génie et la beauté de l’hétérosexualité ? La complémentarité de l’homme et de la femme dans l’engagement et l’amour. Amour non comme sentiment ou émotion, mais comme don de soi envers l’autre, dans le consentement mutuel de prendre soin l’un de l’autre. Qui plus est, un homme ne pourra jamais répondre harmonieusement aux besoins fondamentaux d’un autre homme, et pareillement pour deux femmes. C’est pourquoi, au sens de la nature humaine dans sa structure psychophysiologique, l’homosexualité est un illogisme et une absurdité : elle ne mène nulle part, sinon qu’à la déchéance de l’être humain qui ne se perpétue pas ! C’est pour cette raison aussi que le droit à l’adoption d’enfants par des couples d’homosexuels n’a aucun sens. C’est aussi absurde que le mariage homosexuel en soit !

En plus d’être absurde, l’adoption d’enfants par des couples homosexuels représente un grave danger pour l’équilibre psychoaffectif des enfants : c’est un droit qui ne devrait jamais être accordé aux couples homosexuels.

Ce que je propose comme éléments de réflexion est dans le subconscient même de l’humanité depuis la nuit des temps, sauf qu’en ce XXIième siècle où la philosophie et la logique ne font place qu’à un " jeu d’émotion " irrationnel, il ne faut pas s’étonner que l’humanité ne sache plus où donner de la tête, ne se complaisant que dans le sordide.

Dans tout ce qui pouvait paraître normal au cours des vingt derniers siècles de l’histoire humaine, par un renversement de ses valeurs morales intrinsèques, l’humanité bâtit peut-être la fin prochaine de son histoire ! Le taux de dénatalité croissant, dont le Québec se fait le champion mondial, n’en est-il pas une preuve flagrante ?

Normand Perry, philosophe




Réactions

  • > Le mariage homosexuel : sous l’angle de la philosophie et de la logique.
    16 janvier 2005, par matt
    65.94.3.16.***

    La pensée moderne individualiste n’appelle-t’elle pas la société à évoluer et changer sa définition du mariage ? D’accord, il est possible que cette institution ne fut pas d’instance religieuse au commencement, cependant la réalité actuelle est tout autre. Est-ce les êtres humains qui doivent obéir et s’adapter au mariage ou le contraire ? Il m’apparait que même si logiquement et théoriquement le but de l’union d’une femme et d’un homme est de procréer, la pratique est tout autre. Des nos jours, des couples mariés pourront ne pas avoir d’enfant, alors que d’autres vivant en union libre en auront. Cela démontre que le mariage ne suit plus la forme dictée par la religion, mais qu’au contraire, il est devenu une question de choix personnel. Sous cet angle, je ne vois pas comment l’union de 2 hommes ou 2 femmes contredit la société moderne. Finalement, selon moi, la question reste très subjective. Jusqu’à quel point sommes-nous attaché à notre définition du couple, jusqu’à quel point la différence nous dérange-t’elle ? Car en fait, si le mariage homosexuel était aujourd’hui accepté , la terre continuerait de tourner quand même...et des problèmes beaucoup plus important seraient toujours sans réponse.

    (NOTE : M. Perry je ne trouve pas votre texte très objectif lorsque vous dites, en parlant de la beauté de l’hétérosexualité : "Amour non comme sentiment ou émotion, mais comme don de soi envers l’autre, dans le consentement mutuel de prendre soin l’un de l’autre. ". Ma question est : pourquoi en serait-il autrement pour les homosexuels ?)

  • > Le mariage homosexuel : sous l’angle de la philosophie et de la logique.
    16 janvier 2005, par Robert Deragon
    65.93.189..***

    Monsieur Perry,

    C’est vous qui avez parlé le premier de référendum. Or il me semble que cela relève plus de la politique et du droit que de la philosophie.

    De plus, mon argumentation est loin d’être limité au simple droit. Lorsque je vous questionne sur les motivations profondes des homosexuels qui désirent se marier, il me semble que je sort du domaine juridique et que j’entre dans celui de la philosophie.

    Enfin, je vous rassure. Dans ce débat je ne jouis d’aucun avantage sur vous, notamment en ce qui concerne l’aspect juridique. Bien au contraire. Ma formation embrasse les sciences naturelles (géologie) et l’administration des affaires, des domaines, vous en conviendrez, assez éloignés du débat qui nous intéresse.

  • > Le mariage homosexuel : sous l’angle de la philosophie et de la logique.
    16 janvier 2005, par Claude Desjardins
    24.201.103.***

    Monsieur Perry, vous proposez un référendum pan canadien. Votre missive déborde largement le terrain de la philosophie pour entrer dans le domaine de la politique.

    Je partage le point de vue de monsieur Deragon en ce qui concerne un référendum sur cette question. La dictature de la majorité sur les minorités n’est pas une panacée pour résoudre une question d’équité sociétale.

    Claude Desjardins

  • Réponse à monsieur Deragon.
    15 janvier 2005, par Normand Perry
    216.137.98.***

    Monsieur Deragon,

    Ce qui doit être compris de ma position, et le titre en fait foi, c’est que son analyse est construite à partir de la philosophie et de la logique, purement et simplement. Il n’y a rien à voir par rapport à la religion, soit dit en passant.

    Votre argumentation elle, son point de départ est celui du droit.

    Nous avons donc deux points de vues inconciliable à cause du prisme à travers lequel nous analysons le problème évoqué.

    Je n’ai pas de comptétence juridique et il ne serait pas prudent pour moi de m’aventurer dans une arguementation de ce type. Ma spécialité à moi, c’est la compréhension de la nature humaine, de son univers et de sa vie en société sous l’angle de la philosophie.

    Alors si vous avez des arguements philosophiques ou de logique formelle à me présenter, je serais très heureux de pouvoir en analyser objectivement le contenu et d’y répondre adéquatemet.

    Normand Perry philosophe.

  • > Le mariage homosexuel : sous l’angle de la philosophie et de la logique.
    15 janvier 2005, par Robert Deragon
    65.92.220..***

    Monsieur Perry,

    J’ai noté beaucoup de points qui m’apparaissent erronées dans votre argumentation. Voici donc ceux qui me semblent les plus importants et mon commentaire en ce qui les concernent.

    "il n’en demeure pas moins qu’un véritable débat de société, menant à un référendum pancanadien sur cette question, devrait primer sur toute autre démarche législative"

    Les homosexuels forment une minorité. Tout le monde en conviendra. Or, régler les droits d’une minorité par voie référendaire c’est, au mieux, faire preuve d’une grande naïveté, au pire, montrer sa mauvaise foi. Croyez-vous sincèrement que les francophones du Canada ou les autochtones au pays auraient un quelconque droit si on avait procédé par la voie d’un référendum pan-canadien ? Poser la question c’est y répondre.

    Si la nature a voulu le mariage tel qu’il est, c’est pour protéger le couple constitué d’un partenaire masculin et de son alter ego féminin

    La "nature" n’a rien à voir dans l’institution du mariage. Les être humains, bien avant le développement des civilisations organisées, et ce, sur des centaines de milliers d’années, se sont reproduits sans que n’intervienne le mariage. D’ailleurs, c’est toujours le cas....

    Le but du mariage est la préservation de l’espèce humaine par sa perpétuation

    Non. Le but du mariage c’est de préserver et de perpétuer un certain ordre public. C’est de déclarer publiquement que tel homme et telle femme ont pris un engagement de vie commune, et que par conséquent, ils ne sont plus libres sexuellement et qu’ils vont éventuellement fonder un foyer, une famille. Je le répère, l’espèce humaine, comme toutes les espèces animales, peut très bien se reproduire sans l’institution du mariage.

    Pourquoi n’y a-t-il pas eu, dès l’instauration du mariage, place aux homosexuels à l’intérieur de cette institution

    Parce que, tout simplement, les grandes religions s’y sont toujours opposées, et elles s’y opposent toujours, au nom des Lois divines. Or, dans une société laïque, la notion de Loi divine n’a pas de sens. Comme tous les comportements "déviants", les religions s’y sont opposées. Le simple fait d’être gaucher était, il n’y a pas si longtemps, condamné par le clergé d’ici. Imaginez alors la réaction de l’Église lorsqu’il fut question de comportements sexuels aussi "déviants" que l’homosexualité...

    Qu’est-ce qui fait le génie et la beauté de l’hétérosexualité ? La complémentarité de l’homme et de la femme dans l’engagement et l’amour. Amour non comme sentiment ou émotion, mais comme don de soi envers l’autre, dans le consentement mutuel de prendre soin l’un de l’autre.

    C’est exactement ce que recherche les homosexuels qui désirent se marier.

    Qui plus est, un homme ne pourra jamais répondre harmonieusement aux besoins fondamentaux d’un autre homme, et pareillement pour deux femmes

    Qu’en savez-vous, monsieur Perry ? Vous l’avez essayé ? Moi non, alors je ne prétends pas le savoir.

    l’homosexualité est un illogisme et une absurdité : elle ne mène nulle part, sinon qu’à la déchéance de l’être humain qui ne se perpétue pas

    Mais, Monsieur Perry, je vous rappelle que l’écrasante majorité des rapports sexuels n’ont pas pour but la reprodution mais tout simplement le plaisir.... Pour ce qui est de la déchéance, l’histoire témoigne que beaucoup d’homoxesuels ont été des hommes et des femmes remarquables qui ne présentait absolument pas une image de déchéance. Quelques exemples ? Laurence d’Arabie, Charles Trenet, Colette, Jean Cocteau, Socrate....

    En plus d’être absurde, l’adoption d’enfants par des couples homosexuels représente un grave danger pour l’équilibre psychoaffectif des enfants

    Ce point, je vous l’accorde, est plus délicat et mérite réflexion. Ce qui est certain toutefois, c’est que de nombreux couples homosexuels feraient certainement de meilleurs parents que certains couples hétérosexuels dysfonctionnels.

    Pour conclure, je dirais que je trouve votre position très proche de celle des fondamentalistes religieux, ce qui me peine un peu. Un droit est un droit, et je ne vois pas pourquoi nous devrions faire preuve de discrimination pour cette minorité.



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