Garneau André
Pourvoyeurs de l’état et des riches, voilà ce que nous sommes devenus ?
samedi 15 novembre 2008
À la fin des années 70 ou au début des années 80, le gouvernement canadien accordait un prêt de 4 milliards de dollars à la Pologne pour l’acquisition d’équipement militaire alors que des milliers de contribuables canadiens étaient aux prises avec des taux hypothécaires qui, dans certains cas, excédaient les 20%. La situation financière de la Pologne étant plus que précaire, notre gouvernement a d’abord aboli les intérêts sur le prêt pour finalement le convertir en un « programme d’aide international » et ce, malgré le fait que bon nombre de canadiens ont tout simplement perdu leurs maisons.
Lors de la dernière campagne électorale fédérale, Stephen Harper n’a cessé de nous répéter que notre système bancaire se portait bien et que notre modèle, bien différent de celui de nos voisins américains, était beaucoup plus solide et stable et que nous n’avions pas à craindre. Pourtant, dans la dernière semaine de campagne, le ministre des finances annonçait un apport financier aux banques canadiennes de 25 milliards de dollars.
Aujourd’hui, c’est un autre 50 milliards de dollars de nos impôts qui s’envolent vers ces institutions, stables et solides... Je ne peux qu’imaginer comment ces 75 milliards auraient été bénéfiques en santé, en éducation ou sur nos routes. Non ! Il faut encore que l’état intervienne au profit du richissime système bancaire qui, depuis des décennies, nous annonçait des millions et des millions de profits qui n’ont profité que majoritairement aux actionnaires et aux hauts dirigeants. Malheureusement, notre gouvernement nous prouve encore une fois que nous, les contribuables et les consommateurs, ne sommes pas une priorité face à cette course à l’argent et au pouvoir. Ils auront beau dire que cela ne devrait rien coûter aux contribuables, mais ils demeurent dans l’impossibilité de nous démontrer où ils iront chercher ces argents si ce n’est que par l’entremise de nos impôts ou des services dont nous serons privés.
Et à penser que nous ne sommes pas au bout de nos peines...
André G. Garneau - 13 novembre 2008.