Charron Christian
On veut des élections !
lundi 10 mars 2008
Maintenant qu’il est garanti qu’il n’y aura pas d’élections au fédéral, il faut que le PQ et l’ADQ votent contre le budget des libéraux. On veut des élections !
Il n’est pas acceptable que les Québécois soient dirigés par un parti qui ne recueille que 26 % d’appuis chez les francophones. Un gouvernement minoritaire, ce n’est pas un gouvernement de coalition : il y a beaucoup de décisions qui peuvent être prises par le parti au pouvoir sans consulter l’Assemblée nationale ; en fait, tout ce qui concerne généralement la gouvernance de l’État.
Lors des dernières élections, les citoyens ont voté à hauteur de 59 % en faveur de deux partis, le PQ et l’ADQ, qui proposaient la création d’un État québécois (ADQ p. 5). Face à cela, le Parti libéral, lui, ne propose absolument rien, alors que les Conservateurs au fédéral démontrent clairement une ouverture face au Québec.
Le gouvernement libéral est un mauvais gouvernement. Certains peuvent se réjouir qu’il n’augmente pas les taxes, mais avant de regarder l’augmentation des taxes, regardez plutôt l’augmentation des dépenses. Quand les libéraux décident d’encourir des dépenses inutiles comme la construction de deux méga-hôpitaux universitaires au coût de 3,6 milliards $, il faut réaliser qu’il faudra les payer un jour ces hôpitaux. Ce gouvernement ne comprend pas le sens des mots priorité et gros bon sens. La priorité, ce sont la pénurie de médecins de famille et le temps d’attente dans les urgences. Ces hôpitaux n’y changeront rien et nous coûteront une fortune.
Dans le domaine de l’éducation, les libéraux ont rétabli les bulletins chiffrés. Mais en fait, ils n’ont rien changé. Parlez-en aux professeurs du primaire. Les chiffres ont remplacé les lettres, mais ces chiffres ne constituent qu’une traduction des lettres anciennement utilisées. Ils ne correspondent pas au nombre de bonnes réponses de l’élève. Les élèves n’ont pas plus l’heure juste sur leurs performances qu’auparavant, ni leurs parents.
Du côté du réseau routier, les péquistes avaient laissé un réseau en mauvais état aux libéraux, mais ceux-ci n’ont pas rétabli la situation. C’est ce que révèlent les rapports annuels du ministère des Transports : le pourcentage de ponts et structures en bonne condition est passé de 58,1 % en 2002-2003, au moment où le PLQ a pris le pouvoir, à 53,3 % en 2005-2006 (voir page 48). Il a fallu qu’un pont tombe pour que les libéraux se décident à investir dans le réseau routier. Par ailleurs, Jean Charest et son ancien ministre des Transports Michel Després ont menti en affirmant qu’ils n’avaient jamais vu les notes de service brandies par Mario Dumont lors du débat des chefs. C’est grave, car on s’attend de la part des gens que nous avons élus qu’ils nous disent la vérité, qu’ils soient honnêtes et transparents.
On aurait voulu que les libéraux réparent le réseau routier actuel et investissent dans les trains de banlieue, pas qu’ils investissent dans de nouveaux ponts, comme celui de l’autoroute 25. Nous avons la chance d’avoir au Québec un des plus grands fabricants de systèmes de transport en commun dans le monde, Bombardier. Parallèlement à cela, la production des gaz à effets de serre, dont les automobiles contribuent grandement, est devenue très préoccupante pour l’avenir de la planète. Qu’est-ce que notre gouvernement fait par rapport à cela ? Rien. Aucun investissement n’est fait dans le réseau des trains de passagers.
Dans le dossier des accommodements religieux, le gouvernement aurait dû s’objecter aux jugements rendus par la Cour suprême, en disant que si des accommodements vestimentaires ou de rituels sont accordés, ils doivent l’être pour tous. Les religions ne doivent pas détenir un statut spécial à cet égard. Jean Charest a nommé messieurs Bouchard et Taylor à la tête de cette commission, qui ont essayé de nous convaincre que les accommodements religieux sont du même ordre que les accommodements pour les handicapés. Tout ça afin de tomber dans les bonnes grâces des minorités religieuses.
M. Charest a décidé d’implanter des cours de culture religieuse dans les écoles, alors que les religions n’appellent pas les élèves à raisonner, mais plutôt les endoctrinent. Pendant ce temps, la qualité du français des élèves qui sortent de nos écoles est épouvantable. Le temps consacré à connaître les religions ne sera pas utilisé à apprendre quelque chose de plus utile.
Le gouvernement libéral n’a pas été transparent dans le dossier de la langue française. L’Office de la langue française a produit des rapports et il en a bloqué la sortie.
M. Charest était tout fier d’annoncer un conseil des ministres composé moitié d’hommes et de femmes. Mais parallèlement à cela, il bâillonne ses ministres de sexe féminin, que ce soit Christine St-Pierre ou Yolande James. À quoi cela sert-il de nommer des femmes comme ministres, si on n’entend jamais parlé d’elles, si elles ne disposent d’aucune latitude, si Jean Charest décide tout à leur place ?
Le 4 avril 2005, Jean Charest dénonçait le déséquilibre fiscal à Toronto. Il se plaignait que le gouvernement fédéral collectait plus d’argent qu’il n’en avait besoin pendant que les provinces avaient du mal à joindre les deux bouts. Or, quand le gouvernement conservateur a diminué la TPS à deux reprises, le gouvernement libéral n’en a pas profité pour augmenter ses revenus.
Les experts économiques s’entendent pour dire qu’il est préférable de diminuer les impôts plutôt que les taxes. Le gouvernement Charest aurait pu décider d’augmenter la TVQ de deux pour cent, tout en diminuant les impôts d’une somme équivalente, ce qui aurait corrigé l’erreur des Conservateurs. Mais non, il n’a rien fait.
Nous sommes dirigés par un mauvais gouvernement, qui ne représente pas les Québécois. Je demande donc à l’ADQ et au PQ de provoquer des élections.
Autre éditorial ici :
Sur le passage de Pratte et Facal à Tout le monde en parle