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Guay, Serge-André
Édition électronique - L’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois publicise une firme américaine au détriment des initiatives québécoises

mercredi 16 janvier 2008

Chaque année depuis le lancement de la Fondation littéraire Fleur de Lys en 2003, je dénonce le retard du Québec dans le domaine de l’édition de livres en ligne sur Internet. Cette année, je voulais faire exception et oublier notre sous-développement... chronique.

Je me justifiais par le fait que ça devient déprimant de prêcher dans le désert année après année. Choquant aussi. Comme nous l’annoncions dans notre bilan de fin d’année, nous venons d’abandonner toute communication avec le gouvernement du Québec « parce qu’il nous décourage au lieu de nous encourager en plus de nous manquer de respect (voir l’historique de nos relations gouvernementales) ». Il faut préciser que partout ailleurs où ce nouveau monde du livre s’est développé, les gouvernements se sont impliqués. Celui du Québec fait bande à part.

Toujours est-il que je ne peux pas tenir ma promesse de me taire à la lecture des blogues Nouvolivactu et La feuille, pour ne nommer que ces deux sources. On y trouve à chaque jour des actualités qui nous démontrent à quel point le retard du Québec se creuse de plus en plus face à l’Europe, aux États-Unis et au Canada Anglais. Le retard du Québec est si grand que je n’arrive plus à imaginer qu’il puisse un jour le combler par ses propres initiatives. D’ailleurs, cette nouvelle économie du livre nous échappe déjà, et ce, en partie, avec la bénédiction de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ) qui, dans son bulletin d’information, édition de septembre 2007 (voir page 4 - milieu de page, donnait la parole à trois écrivains québécois qui vantaient leur expérience avec la firme américaine d’autoédition en ligne Lulu.com.

Et dire que la direction de l’UNEQ s’est toujours refusée à parler de notre maison d’édition en ligne, entièrement québécoise, sous prétexte qu’elle ne saurait privilégier un éditeur plus qu’un autre, même si ce dernier est le premier du genre au Québec en introduisant l’impression à la demande. Alors pourquoi faire la publicité de l’américaine Lulu.com et non pas de la québécoise manuscritdepot.com (Fondation littéraire Fleur de Lys) ?

La question se pose d’autant plus que le président de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois, monsieur Stanley Péan lui-même, déplorait le retard du Québec dans le domaine de l’édition électronique en ces mots : « L’argent de l’achat irait ailleurs que dans l’industrie québécoise. Il faut sincèrement que le milieu commence à y réfléchir parce que le mouvement est amorcé et il est irréversible » (Le Journal de Montréal, édition du 15 Mars 2007 - Lire l’article).

Vous pouvez imaginer à quel point j’ai été surpris de lire un article vantant les mérites d’une firme étrangère dans le bulletin même de l’UNEQ. Et vive les ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE ! Ce qui expliquerait ce « publi-reportage » en faveur d’une firme américaine, c’est que l’UNEQ dit une chose, mais en fait une autre. En fait, dans ce même article du quotidien Le Journal de Montréal, le président de l’UNEQ déclarait que la Fondation littéraire Fleur de Lys fait un « travail de fond et un travail de pionnier ».

Et dire qu’à peine deux semaines après notre lancement en juin 2003, l’avocat conseil de l’UNEQ, Me François Coderre, nous téléphonait pour commenter notre projet de maison d’édition en ligne en nous invitant à ouvrir nos portes aux membres de l’UNEQ qui, « eux aussi, éprouvent des difficultés à trouver un éditeur ». Notre plan de départ était de servir les nouveaux auteurs seulement, ceux et celles n’ayant pas encore de publication à leur actif. Bref, c’est à la recommandation même de l’UNEQ que nous avons ouvert nos portes à leurs membres. Et que fait l’UNEQ pour nous en retour, elle nous passe sous silence au profit de l’américaine Lulu.com.

En retard le Québec dans le domaine de l’édition électronique, dites-vous monsieur le président de l’UNEQ ? Je dirais même plus, attardé, oui, nettement attardé, et vous, et l’UNEQ, y êtes désormais pour quelque chose, quoique vous puissiez dire !

Serge-André Guay, président et éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys






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