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Guay, Serge-André
Forum sur la littérature nationale... industrielle

jeudi 15 novembre 2007

Le premier novembre dernier se tenait à Montréal un Forum sur la littérature nationale. Voici quelques réflexions sur le sujet.

Dans un communiqué de presse publié sur Marketwire le 22 octobre dernier, on pouvait lire : « L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) rendront publiques les conclusions du Forum sur la littérature nationale au Centre d’archives de Montréal, le 1er novembre prochain. » En fait, il fut uniquement question de la littérature nationale « industrielle ».

Nous en avons pour preuve la présentation exclusivement économique de cette « littérature nationale » signée par l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ), les organisateurs du forum :

« Le livre, "un poids lourd" de la culture québécoise

L’industrie du livre est en pleine croissance au Québec. Chaque année, 4 400 titres sont édités. Quant aux revenus attribuables à la vente de livres, ils étaient de 731 M$ en 2005 par rapport à 616,2 M$ en 2001. C’est bien supérieur à ceux que génèrent le disque (288 M$, en 2001) et le spectacle de variétés (127,6 M$, en 2005). Le marché du livre équivaut à celui du film dont le chiffre d’affaires est d’environ 800 M$ par an (les recettes en salles et les revenus du DVD). Soulignons également qu’on comptait 4 300 professionnels de l’écriture au Québec en 2003-2004, dont près de 1 400 écrivains, et que 10 552 emplois dépendaient de l’industrie du livre, en 1998. »

Les écrivains dont il est question ci-dessus sont nul autre que les 1,389 membres de l’UNEQ, d’où que l’on affirme dénombrer « près de 1 400 écrivains ». On se souviendra que l’UNEQ n’accorde pas le titre d’écrivain à « toute personne qui compose des ouvrages littéraires », comme le font les dictionnaires. L’UNEQ a sa propre définition de l’écrivain liée aux conditions de son membership :

« Membre titulaire

Si vous êtes le seul auteur d’au moins deux livres - d’un minimum de 48 pages - publiés par une maison d’édition reconnue et que ces deux livres appartiennent à l’un ou l’autre des genres suivants : le roman, le récit, la nouvelle, le conte, la poésie, le théâtre, l’essai. On entend par maison d’édition reconnue une maison d’édition subventionnée ou qui fait partie d’une association d’éditeurs.

Cotisation annuelle - Membre titulaire : 140 $ »

Si vous ne correspondez pas cette définition, par exemple, parce que vous êtes l’auteur ou le coauteur d’un seul livre ou parce que vous êtes un auteur autoédité, on vous offre de devenir « membre associé » plutôt que « membre titulaire ».

« Membre associé

Si vous êtes le seul auteur ou le coauteur d’un livre - d’un minimum de 48 pages - publié par une maison d’édition reconnue et que ce livre appartient à l’un ou l’autre des genres suivants : le roman, le récit, la nouvelle, le conte, la poésie, le théâtre, l’essai, l’étude (littéraire, artistique, psychologique, scientifique, historique, sociologique, politique) ; la thèse, le mémoire ; le pamphlet ; la biographie ; le recueil d’articles, d’entretiens ou d’entrevues ; le recueil de paroles de chansons ou de monologues.

Si vous avez publié au moins un livre - d’un minimum de 48 pages - qui est : un livre autoédité ; un livre d’artiste, un livre-objet, une bande dessinée ; un cahier de paroles et musique de chansons, un recueil d’histoires drôles ; un catalogue d’exposition ; un dictionnaire, un atlas, une encyclopédie ; un guide ou un manuel (pédagogique, scolaire, religieux, de psychologie populaire, etc.) ; un livre pratique (recettes de toutes sortes), un cahier d’exercices ; un répertoire, un index, une compilation, une bibliographie, une chronologie, une généalogie ; un rapport, une enquête.

Si vous êtes le seul auteur ou le coauteur de la traduction ou de l’adaptation d’un livre - d’un minimum de 48 pages - publié par une maison d’édition reconnue dans les genres précédemment nommés.

Si vous êtes le directeur ou le codirecteur de publication des actes d’un colloque, d’un congrès ou d’un séminaire.

Si vous avez publié un livre pour enfants d’au moins 24 pages.

Cotisation annuelle - Membre associé : 115 $ »

Seul le membre titulaire a droit au titre d’écrivain tandis que les autres y sont uniquement associé.

Les auteurs édités par une maison d’édition en ligne sur Internet ne peuvent pas devenir membres titulaires parce que cette maison d’édition ne correspond pas à la définition d’une maison d’édition reconnue selon l’UNEQ : « On entend par maison d’édition reconnue une maison d’édition subventionnée ou qui fait partie d’une association d’éditeurs. » L’édition en ligne au Québec n’est pas subventionnée et il n’y a aucune association d’éditeurs auquel l’éditeur en ligne peut se joindre car on prend pour acquis que pour être reconnu comme éditeur, ce dernier doit distribuer ses livres en librairies, ce qui n’est pas le cas des éditeurs en ligne sur Internet.

Aussi, les auteurs édités à compte d’auteur ne peuvent pas devenir membres de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois et les éditeurs à compte d’auteur ne peuvent pas devenir membres de l’Association nationale des éditeurs de livres (article 6.1 des Règlements généraux).

Somme toute, lorsque l’UNEQ et l’ANEL parle de « littérature nationale », elles font principalement allusion aux livres dont l’édition est subventionnée par l’état et qui se retrouvent en librairies, bref, de la littérature nationale industrielle. La préoccupation n’est pas littéraire mais économique. C’est de prospérité dont parle Stanley Péan, président de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois :

« De ce chemin de Damas qui est le nôtre et au bout duquel nous arrivons donc aujourd’hui, nous espérons le changement d’attitude radical qui nous permettra de relever tous les défis que posent notre projet de conquête d’un espace tenu pour nécessaire à la prospérité de notre littérature...

Stanley Péan, président de l’UNEQ »

L’Association nationale des éditeurs de livres confond une fois encore l’histoire de la littérature québécoise avec sa propre histoire

Quand le président de l’Association nationale des éditeurs de livres se réfère à « la courte histoire de notre littérature », il fait sans doute allusion à la courte histoire de « l’industrie québécoise du livre » née au cours des années 60 grâce aux subventions gouvernementales, comme le fait d’ailleurs le Gouvernement du Québec dans son portail international.

« Littérature

La littérature québécoise est relativement jeune. Vers la moitié du 19e siècle, on voit apparaître les premiers écrits québécois. Ces derniers s’inscrivaient dans un courant nationaliste dépeignant une société rurale, axée sur la famille, la terre et la religion. Parmi les romans du terroir on trouve « Menaud, maître-draveur » (1937) de Félix Antoine Savard, « Le survenant » (1945) de Germaine Guèvremont et « Trente arpents » (1938) de Louis Ringuet (pseudonyme de Philippe Panneton). Cette tendance se maintient jusqu’à la Seconde Guerre mondiale où, durant l’après-guerre, on remarque une préférence pour les romans de mœurs urbaines. Cette littérature d’observation, réaliste et contestatrice, compte parmi ses grands titres « Les Plouffe » (1948) de Roger Lemelin. C’est en 1960, avec la Révolution tranquille, que l’industrie de la littérature québécoise commence à se doter de véritables structures. Sortant de la période dite de « grande noirceur », les écrivains québécois revendiquent leur identité culturelle. C’est le foisonnement de nouveaux auteurs. Aujourd’hui, au Québec, il se publie environ 4 000 titres par année.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous permettent d’accéder aux richesses du patrimoine documentaire québécois et universel.

Source : Portail international du gouvernement du Québec »

En fait, l’histoire de notre littérature ne remonte pas « vers la moitié du 19e siècle » mais à au moins 1757, année où on a relevé l’existence d’un cercle littéraire à Québec. (Source) Il faut lire l’insignifiante « Brève histoire du livre » publiée sur le site de l’Association nationale des éditeurs de livres pour comprendre à quel point cette organisation d’industriels du livre confond l’histoire de notre littérature avec sa propre histoire... économique.

La littérature est une chose, l’économie qui l’exploite en est une autre. L’écrivain n’attend pas qu’une librairie ouvre ses portes dans son village ou son quartier pour se lancer dans la composition d’une oeuvre littéraire. C’est en son âme et conscience que naît et vit la littérature, qu’importe l’économie du livre.

L’UNEQ et l’ANEL nous laissent croire que la littérature nationale québécoise vit et vivra que si l’économie du livre se porte bien, d’où leurs demandes d’investissements sans cesse répétées. La dernière en liste à l’occasion de ce forum sur la littérature nationale :

« Plus forts et solidaires que jamais, les acteurs du milieu du livre lancent maintenant la balle aux gouvernements pour qu’ils annoncent à leur tour les mesures qu’ils entendent prendre pour appuyer ces efforts considérables qui ont été déployés dans le milieu. »

Dans les sociétés affairistes où l’économie de la littérature prime sur la littérature elle-même, l’écrivain veut faire de l’argent avec son livre. Les nouveaux auteurs sont plus particulièrement vulnérables à cette motivation mercantile. On se met à l’écriture pour en faire un loisir... payant. Plusieurs rêvent de vivre de leurs écrits avant même de jeter sur papier le premier mot de leurs oeuvres. Ils se voient déjà accorder des entrevues aux médias et animer des conférences pour mousser la vente de leurs livres. En bout de ligne, la littérature devient un simple accessoire pour faire de l’argent, être reconnu et aimé du plus grand nombre de « consommateurs ».

Certes, on mettra de l’avant d’autres intentions soigneusement anoblies mais très vites trahies par le comportement sur le terrain, notamment, par les demandes adressées à l’éditeur. L’auteur voudra une redevance plus élevée pour faire plus d’argent sur la vente en librairies, un rabais plus substantiel sur les exemplaires qu’il achète pour faire plus d’argent à la revente à ses contacts, voire une redevance sur ces exemplaires qu’il achète à rabais pour lui-même, un plus grand nombre de copies médias gratuites, des signets, des affiches, des annonces dans les médias, une place plus vendeuse en librairies, un plus grand nombre d’invités au lancement pour vendre un plus grand nombre d’exemplaires,...

Certaines personnes associeront mon propos au soit disant fait que les Québécois perçoivent négativement les gens qui font ou qui cherchent à faire plus d’argent que les autres. Mais ce n’est pas mon cas, même à l’égard de l’industrie du livre et de ses acteurs.

Ce que je dénonce ici, c’est l’appropriation de la littérature par l’industrie du livre. Cette industrie laisse croire aux auteurs et aux lecteurs que son produit est la littérature, que la littérature à défendre et digne d’une aide gouvernementale est uniquement celle qu’elle édite, distribue et vend. Or, cette industrie refuse plus de 90% des manuscrits soumis à son attention ! En d’autres mots, quand un lecteur visite une librairie, il y trouve moins de 10% des ouvrages littéraires québécois parce que les éditeurs en rejettent 90%. Et ces refus sont principalement motivés par des critères commerciaux ou purement économiques. Vous n’allez tout de même pas me dire que seulement 10% des ouvrages littéraires québécois méritent de faire officiellement partie de la littérature, à moins d’admettre qu’il s’agit ici uniquement de la littérature industrielle !

L’industrie du livre brandit encore et toujours le spectre de la pauvreté en ses rangs même si elle soutire déjà 40 M$ de nos taxes et de nos impôts aux gouvernements

L’industrie du livre n’est dépositaire que de 10% de la littérature québécoise mais elle s’accapare 100% de l’aide gouvernementale. En 2005-2006, cette industrie a obtenu une aide financière de 15,124,099 $ de la Société de développement des entreprises culturelles du gouvernement Québec (SODEC), soit la plus grande aide accordée par une province ou un territoire du Canada à son industrie du livre(Source). Elle aussi reçu 14,200,000 $ dans le cadre du du volet « Aide aux éditeurs » du « Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition » du ministère du Patrimoine canadien du gouvernement du Canada, 4,216,319 $ du Conseil des arts du Canada dans le cadre du programme « Aide à l’édition de livres : Subventions globales » (Source), 2,945,752 du Conseil des arts et des lettres du Québec (Source) et 4,271,200 $ des « Projets de développement des collections des bibliothèques publiques autonomes » réservés à l’achat de livres (Source). Au total, l’industrie du livre puise 40,757,370 $ des taxes et des impôts que nous versons aux gouvernements du Québec et du Canada.

Évidemment, l’industrie du livre ne se contente pas de ces aides nationales ; elle gruge aussi tout ce qu’elle peut sur les scènes régionales et municipales, notamment une part des 6,116,400 $ dans le cadre des « Ententes de développement culturel » entre les villes et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec. Par exemple, l’industrie du livre va chercher 402,000 $ au Conseil des arts de la ville de Montréal, 72,500 $ au Conseil des arts de la ville de Québec et ainsi de suite auprès de 64 autres villes ou municipalités régionales de comté.

Avec plus de 40 millions de dollars en subventions et en crédits d’impôt gouvernementaux qui lui permettent de réaliser bon an mal an un chiffre d’affaires dépassant les 730 millions de dollars, l’industrie du livre a osé se dire pauvre et crier famine lors de ce forum sur la littérature nationale.

« Forum sur la littérature nationale - Des mesures dispersées pour en finir avec la pauvreté du milieu du livre

Les acteurs du milieu littéraire québécois sont pauvres. Gaston Bellemare, le président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), va jusqu’à parler à leur sujet d’« anorexie ». « Les [petits] éditeurs doivent souvent exercer un autre métier pour vivre », souligne-t-il, ce qui est d’ailleurs aussi largement le cas des auteurs. C’est ce constat qui a lancé les discussions au forum sur la littérature nationale, qui se concluait hier au Centre d’archives de Montréal, rue Viger.

Le Devoir, Caroline Montpetit, Édition du vendredi 2 novembre 2007 »

« La littérature québécoise représente tout de même 40 % des ventes du genre ; certains industriels visent 60 %. Entre-temps, « les éditeurs partagent la pauvreté de leurs auteurs », prétend Gaston Bellemare qui partageait aussi avec un auteur la présidence de ce forum : Stanley Péan, président de l’Union des écrivains québécois (UNEQ), qui réclame des intervenants « un changement radical d’attitude garant de la suite du monde ».

La presse, Daniel Lemay, Édition du vendredi 2 novembre 2007 »

Qu’on me nomme un seul éditeur si pauvre qu’il est bénéficiaire de l’aide sociale et doive fréquenter les banques alimentaires, les Magasins-Partage ou Jeunesse au Soleil. Depuis plusieurs années, l’industrie du livre a pris la très mauvaise habitude de brandir le spectre de la pauvreté pour soutirer une part toujours plus importante des taxes et des impôts que nous versons aux gouvernements. Elle en vient ainsi à banaliser la pauvreté.

Que les petits éditeurs qui ne parviennent pas à générer suffisamment de profit pour s’assurer le salaire d’un employé permanent et « doivent souvent exercer un autre métier » n’est pas une tare. Il y a des centaines d’aspirants entrepreneurs dans la même situation, à une différence près : ils n’ont généralement pas droit à une aide gouvernementale en raison de leur statut ou du secteur d’activités, contrairement aux petits éditeurs.

Quant aux auteurs, seuls ceux qui se retrouvent sur l’aide sociale parce qu’ils misent exclusivement sur l’écriture pour vivre sans y parvenir sont réellement à plaindre. S’il est vrai que la très grande majorité des auteurs québécois ne vivent pas de leurs écrits, ils ne sont pas pour autant « pauvres » puisque l’écriture est pour eux un loisir en marge de leur emploi ou une activité de leur retraite.

Si l’industrie du livre se soucie réellement de la pauvreté, qu’elle viennent elle-même en aide aux auteurs assistés-sociaux en partageant ses subventions et ses revenus avec eux. Mais qu’importe l’augmentation des subventions gouvernementales à l’industrie du livre, les redevances aux auteurs demeurent à toutes fins pratiques les mêmes depuis plusieurs années : 10%.

Qu’on me nomme un seul éditeur si pauvre qu’il est bénéficiaire de l’aide sociale et doive fréquenter les banques alimentaires, les Magasins-Partage ou Jeunesse au Soleil. Depuis plusieurs années, l’industrie du livre a pris la très mauvaise habitude de brandir le spectre de la pauvreté pour soutirer une part toujours plus importante des taxes et des impôts que nous versons aux gouvernements. Elle en vient ainsi à banaliser la pauvreté.

Que les petits éditeurs qui ne parviennent pas à générer suffisamment de profit pour s’assurer le salaire d’un employé permanent et « doivent souvent exercer un autre métier » n’est pas une tare. Il y a des centaines d’aspirants entrepreneurs dans la même situation, à une différence près : ils n’ont généralement pas droit à une aide gouvernementale en raison de leur statut ou du secteur d’activités, contrairement aux petits éditeurs.

Quant aux auteurs, seuls ceux qui se retrouvent sur l’aide sociale parce qu’ils misent exclusivement sur l’écriture pour vivre sans y parvenir sont réellement à plaindre. S’il est vrai que la très grande majorité des auteurs québécois ne vivent pas de leurs écrits, ils ne sont pas pour autant « pauvres » puisque l’écriture est pour eux un loisir en marge de leur emploi ou une activité de leur retraite.

Si l’industrie du livre se soucie réellement de la pauvreté, qu’elle viennent elle-même en aide aux auteurs assistés-sociaux en partageant ses subventions et ses revenus avec eux. Mais qu’importe l’augmentation des subventions gouvernementales à l’industrie du livre, les redevances aux auteurs demeurent à toutes fins pratiques les mêmes depuis plusieurs années : 10%.

Démocratisation de l’accès à l’édition : un sujet oublié

Comment l’Association nationale des éditeurs de livres peut-elle prétendre que son tout premier objectif est de « défendre la liberté d’expression » alors que ses membres refusent plus 90% des manuscrits soumis par nos auteurs ?

Et comment l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois peut-elle lutter pour la liberté d’expression (source) alors qu’elle censure les auteurs édités à compte d’auteur en se refusant à les représenter ? Or, on sait que les auteurs édités à compte d’auteur ou qui décident de payer pour se faire éditer sont souvent ceux que l’industrie du livre a refusé d’éditer. C’est quoi l’affaire : est-ce que l’UNEQ croit que l’auteur qui a les moyens financiers de retenir les services d’un éditeur à compte d’auteur se trouve ni plus ni moins qu’à acheter le titre d’écrivain et, ce faisant, on le refuse ? Est-ce à dire qu’un écrivain est digne de ce titre que s’il est édité par un éditeur traditionnel ou s’autoédite ? Par cette contrainte, l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois viole la Déclaration universelle des droits de l’homme en raison du libre choix du moyen d’expression, ce qui inclut le livre à compte d’auteur.

« Déclaration universelle des droits de l’homme

Article 19

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » »

L’industrie du livre et les gouvernements qui la supportent financièrement sont discriminatoires. C’est le thème de la démocratisation de l’accès à l’édition qui aurait du être au coeur de ce Forum sur la littérature nationale québécoise. Mais notre industrie du livre a beaucoup trop de préjugés pour le reconnaître et s’impliquer.




Réactions

  • > Forum sur la littérature nationale... industrielle
    15 novembre 2007, par Mathieu Gauthier-Pilote
    69.159.232.***

    Nos littéraires québécois seront heureux d’apprendre que la littéraire québécoise ne débute pas au 19e. À consulter sur le sujet :

    Fabula

    L’anthologie « La conquête des lettres au Québec (1759-1799) » dont il est question dans l’article contient entre autre un extrait de « Appel à la justice de l’État » de Pierre du Calvet, oeuvre qui mérite d’être reconnue autant pour son importance historique, que sa grande valeur philosophique et esthétique. Oeuvre qu’il sera bientôt possible de lire intégralement, en français contemporain, dans Wikisource lorsque j’aurai fini de la retranscrire :

    Wikisource

    Pour l’instant, on peut consulter la version numérisée de l’édition originale dans :

    Canadiana.org



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