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Normand Perry
Diagnostic d’une mort clinique.

samedi 18 août 2007

N.B. L’opinion exprimée par l’auteur est strictement personnelle.

Un patient est conduit à l’urgence souffrant inconsciemment de plusieurs maux, chroniques et insidieux. Depuis fort longtemps, se plaignait-il, il n’arrive pas à comprendre que son état de santé ne cesse de se dégrader. Le bon docteur l’observe de loin et se dit intérieurement « il ne m’a pas l’air d’avoir très bonne mine celui-là. Son teint est très pâle, il semble chancelant dans ses mouvements tremblants et hésitants. Son regard est vide, ses paroles sont incohérentes, bref, ça ne va pas très bien ». Le docteur ordonne que le patient soit conduit aux soins intensifs, son état requiert des soins urgents.

Après plusieurs types d’analyses et de traitements tous aussi inefficaces les uns que les autres, les organes vitaux doivent désormais être « branchés » pour maintenir un brin d’espoir de vie du patient, mais le bon docteur doit se résoudre à l’idée que ce dernier est cliniquement mort : l’âme de ce patient n’y plus, quand bien même les machines maintiendraient artificiellement le patient organiquement vivant, sans âme le patient n’a plus la substance de ce qu’il « fut ».

Une forme (le corps) sans substance (l’âme, l’esprit) n’est plus l’ombre de ce qu’elle « fut ». Imaginez un arrêt (l’octogone rouge servant à ordonner à l’automobiliste de s’immobiliser à telle intersection routière) sans le rouge (sa substance), la forme octogonale ne signifie plus rien sans le rouge. Ainsi, l’être humain ne peut être reconnu comme l’être vivant intègre qu’il « fut » sans sa substance qu’est l’âme, son esprit, d’où le diagnostic d’une mort clinique.

Mais les proches de la famille ne veulent pas entendre la vérité de ce diagnostic, et demandent unanimement au bon docteur de maintenir ce corps sans substance artificiellement en vie : « on ne sait jamais, la machine pourrait ramener l’âme au corps », pensent-ils. Ils ignorent qu’une machine ne fait rien d’autre que maintenir artificiellement la vie de ce corps. La science n’a développé aucune thérapie pour ramener au corps l’âme qui s’en est dissipée. Cela ne s’est jamais vu.

Comment devrait-on faire l’analyse d’un parti politique qui n’est plus que l’ombre de lui-même, où l’âme de ce parti, sa substance, ne semble plus habiter le corps organique de ce dernier ?

Voyons d’abord les symptômes actuels de notre patient, le Parti québécois.

Sur le trentième anniversaire de l’adoption de la loi 101, le PQ jusqu’à maintenant fait preuve d’une absence honteuse sur la place publique, ne serait-ce que pour faire honneur, de quelque manière que ce soit, au père de cette loi, feu Camille Laurin.

Sur le quarantième anniversaire de la déclaration du « Vive le Québec libre » du général de Gaulle, le PQ a fait preuve d’une insignifiance totale en regard d’un événement gigantesquement symbolique dans cette marche vers la libération nationale du peuple du Québec francophone.

Où sont les exigences du PQ en regard de l’organisation du 400ième anniversaire de la fondation de la ville de Québec ? Qui entend quoi que ce le moindrement significatif en provenance des hautes instances du PQ en regard de cet autre événement hautement symbolique dans cette marche vers la libération nationale du peuple du Québec francophone ?

Où sont les indignations de la direction politique du PQ en regard du sommet de Montebello ? Où sont les inquiétudes de son chef en regard des intérêts nationaux du Québec par rapport à cet événement où tout est strictement conservé sous le couvert du secret ?

Il y a eu la débâcle électorale de 2007, suite prévisible et conséquente de celle de 2003.

Il y a eu la saison des idées où rien de très original ou innovateur fut proposé pour remettre le PQ sur les rails de la défense des intérêts nationaux du Québec.

Il y a eu l’épisode du déficit zéro et des conditions gagnantes qui ont marqué le début de la fin du PQ avec une démobilisation des troupes.

C’est ça que l’on veut encore croire comme un parti politique indépendantiste ? C’est ça que l’on pense être en capacité de réaliser l’indépendance politique et la libération nationale du peuple québécois francophone ?

Inepties, incohérences et absence sur moult dossiers à caractères nationaux.

Ce parti politique est cliniquement mort. Sa substance s’est dissipée. Ce qui a déjà constitué l’essence même de son combat politique a été troqué pour la soif d’un pouvoir illusoire. En effet, à quoi va servir le pouvoir au Parti Québécois s’il est devenu sclérosé dans la défense de dossiers à caractères identitaires, sociaux, patriotiques et nationaux du peuple québécois francophone ? A quoi va servir le pouvoir à ce parti s’il ne se donne pas les moyens de réaliser l’indépendance nationale ? La vraie question est de savoir à quoi peut servir un parti politique indépendantiste s’il se refuse à évoquer les questions qui viennent toucher la fibre nationaliste du peuple québécois francophone ?

Tous ces symptômes réunis démontrent que notre patient est cliniquement mort. Il marche dans les couloirs de l’Assemblée nationale peut-être, mais c’est un mort-vivant qui se traîne péniblement en attendant qu’un bon samaritain veuille bien le conduire, non pas aux soins intensifs, mais à son dernier repos.

R.I.P.

PQ

1968-2007




Réactions

  • > Diagnostic d’une mort clinique.
    19 août 2007, par Monique Legault
    24.37.190..***

    Vraiment, Normand Perry est d’un pessimisme inquiétant. Camille Laurin pourrait l’aider comme psy s’il était vivant.

    A lire son article, c’est décourageant mais pourtant la réalité est tout autre. Le PQ est bien vivant et il possède des personnes dynamiques mais Perry ne les voit pas parce qu’il souffre de myopie.

    Si le PQ est si malade, pourquoi comme il dit, pourquoi n’agit-il pas au lieu d’écrire un texte si négatif ? Il existe au PQ des personnes tristes et nagatives qui font un tort immense au parti. Elles ne croient pas à l’indépendance du Québec et elles chiâlent constamment.

    Je ne suis pas de ce côté-là et j’ai confiance en son avenir.

  • > Diagnostic d’une mort clinique.
    18 août 2007, par Luc Bertrand
    69.4.210.1.***

    Bravo, pour le parallèle entre le PQ et un être sans âme....tenu en vie artificiellement.

    Ce parti(PQ) était d’abord une idée, une idée de grandeur certes, mais une idée unifiant un peuple dans sa marche pour un avenir meilleur, pour sa souveraineté, son développement et le plein pouvoir sur son propre territoire, sur la protection de sa langue, ses institutions et ses citoyens...

    Ce fut l’idée de plusieurs grands hommes, un certain René qui nous a fait vibrer, lui et ses accolytes... qui ont défendu avec hargne et de tout coeur cette idée.

    Où sont les penseurs, les idées, les hommes de bonne volonté, les intellectuels de notre société ??

    Aucun projet rassembleur nouveau ne se pointe, que du réchauffé, de la vieille politique morne, sans saveur, sans idées, sans desseins, sans projet social, sans leader pour et avec le bon peuple.

    Mr. Perry, ce n’est pas seulement le PQ qui est mort-vivant, c’est le systême politique au grand complet... un systême qui est né à l’époque Napoléon et encore... Est-ce cela l’évolution des hommes du 3è millénaire ?? Un systême politique dépassé et sans âme... celui que l’on appelle affectueusement :GOUVERNEMENT...

    Si se faire gouverner est l’apanage des gens, ils sont bien servis...où plutôt bien serviles. Nous ne sommes pas encore sortis de l’esclavagisme à ce que je peux comprendre.

    Et ce n’est pas la souveraineté, même si cela passait, qui changerait cet ÉTAT... car nous serions dans le même systême de GOUVERNEMENT. Utopique, peut-être, mais il faudrait un systême qui ferait en sorte que le peuple ait le puvoir, et non certains hommes imbus de pouvoir. Est-ce possible ?? Je crois que oui, mais il faut de nouvelles idées... pas de nouveau parti politique.

    Pensez-y !!

    Luc Bertrand Valleyfield



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