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Normand Perry
Une rentrée 2007 pleine de promesses

dimanche 12 août 2007

N.B. L’opinion exprimée par l’auteur est strictement personnelle.

L’été arrive bientôt à son crépuscule et l’heure de se remettre à la plume va sonner inévitablement. Comme le camp d’entraînement du Canadien de Montréal avant la saison régulière, la rédaction présente se veut un dérouillement des muscles de la main et des neurones en vue de la rentrée.

En fait, il s’agit de faire quelques mises au point assez importantes dans le cadre de cette chronique régulière, où je suis sur le point d’entamer une deuxième saison.

1) Conséquemment à l’arrivée de Pauline Marois à titre de chef du Parti québécois, le mouvement souverainiste s’est soudainement retrouvé, au beau milieu de l’été, forcé à une réflexion touchant même l’avenir de ce mouvement de libération nationale du peuple québécois francophone. Évidemment, il me fut impossible d’échapper à ce mouvement de réflexion, et ma lettre à Pauline Marois, d’abord parue sur Webzine, puis deux semaines plus tard dans Le Devoir, témoigne pour ma part d’une incapacité de demeurer indifférent aux prises de position de madame Marois, notamment exprimées lors de son discours « d’intronisation » fin juin. Des vacances pour la tête, il n’y en a guère eues pour bon nombre de souverainistes, y incluant l’auteur de cette chronique. Et on ne peut douter des intentions réelles de Pauline Marois en ce qui a trait à ses priorités en tant que chef du PQ, puisque ces idées exprimées en fin de campagne à la chefferie en solo, furent pour l’essentiel réitérées au cours des deux dernières semaines dans les médias. On doit à tout le moins reconnaître une chose à Pauline Marois, elle est claire ; pour cela, on se doit de la respecter, malgré le profond désaccord sur le fond des choses.

2) Conséquemment aux événements de l’installation de Pauline Marois, la fondation d’un parti politique indépendantiste s’est progressivement imposée comme évidence, constat partagé par beaucoup d’autres dans le mouvement souverainiste. Nous nous sommes rencontrés, avons établi des priorités, activé nos réseaux de contacts respectifs, puis nous nous sommes attelés à la tâche. La naissance du Parti indépendantiste fut rendue possible grâce au travail colossal de tous ces compatriotes courageux, travaillants, intelligents, articulés et dont le dévouement est tout simplement remarquable. En constatant tout le travail accompli à ce jour par tous ces gens qui s’impliquent, j’en suis profondément ému et vivement encouragé dans l’espoir d’enfin gagner de manière tout aussi solidaire le combat de cette libération nationale du Québec.

Il m’est passé à l’esprit d’abandonner la rédaction de cette chronique régulière, vu mon implication dans la fondation de ce parti politique. D’abord par peur de manque de temps. Il est impossible à l’être humain, aussi bien intentionné qu’il puisse être, d’être partout en même temps. Puis il s’est posé une problématique d’ordre éthique : peut-on à la fois être identifié au noyau solide d’une organisation et en même temps exprimer publiquement des opinions ? A cette question, après multiples consultations, la réponse la plus adéquate dans les circonstances et qui m’est apparue comme ayant le plus de bon sens fut celle-ci : certainement, si le lecteur est au préalablement avisé que l’opinion du chroniqueur n’exprime qu’une position personnelle et ne reflète d’aucune manière une position officielle de ladite organisation. C’est un devoir que je vais m’imposer en entrée de chacun des papiers que je vais rédiger dans le futur sur cette tribune. J’en suis venu à me faire le raisonnement suivant : il serait plutôt incohérent, en cette terre où la liberté d’expression est chose sacrée, qu’une personne s’empêche de parler publiquement parce qu’elle s’implique au premier plan au sein d’une organisation !

3) Je ne peux promettre d’écrire un papier tous les dimanches. Mes engagements sont fort nombreux. En plus des responsabilités professionnelles et familiales, de mon travail de conseiller municipal et de mes implications au Parti indépendantiste, je fais un retour aux études universitaires cet automne, dans le but de perfectionner mes acquis professionnels. Donc, s’il arrive à l’occasion que je saute une semaine, ce n’est pas par manque d’intérêt, mais de temps pour réfléchir.

En conclusion, les occasions pour réfléchir dans les prochains mois ne manqueront pas en contrepartie. D’abord, il y a cette intégration continentale qu’il faut avoir à l’œil. Le sommet de Montebello le week-end prochain est plutôt inquiétant en regard de la question nationale du Québec. Ce que concoctent le président mexicain, président américain et premier ministre canadien en huis-clos n’est pas très rassurant à plusieurs égards. Il y a eu beaucoup de papiers qui se sont écrits sur Vigile à ce propos pour saisir les enjeux vitaux qui vont se discuter à Montebello.

Les gouvernements minoritaires tant à Ottawa qu’à Québec sont susceptibles de provoquer des débats passionnants à suivre pour quiconque aime l’action, et j’en suis. Nul doute que les sujets débattus au cours des prochains mois feront l’objet de réflexion. Dans un cas comme dans l’autre des deux paliers de gouvernements, le Québec risque fort bien d’être le centre de plusieurs enjeux, c’est là que nous pourrons faire le constat de l’engagement authentique des uns et des autres en regard de leur propre discours.






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