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Charron Christian
Un gouvernement décevant

mardi 5 juin 2007

Il n’y a pas à dire, le gouvernement à Québec déçoit depuis les dernières élections.

Il y a Mario Dumont qui a d’abord annoncé son intention de voter contre le budget, avant même de l’avoir consulté. Il s’est heureusement prononcé contre les baisses d’impôt et pour la réduction de la dette. Mais ce n’est pas suffisant, il faut être plus constructif.

Il y a les péquistes qui ne se sont pas opposés aux baisses d’impôt, alors qu’il semble évident que les Québécois reçoivent plus d’argent d’Ottawa qu’ils ne lui en versent, profitant de 56 % de la péréquation fédérale. C’est donc habituer les Québécois à vivre de l’argent d’Ottawa. Cela éloigne le Québec de la souveraineté, si tel est le souhait du PQ, puisque celle-ci provoquerait une augmentation des impôts, un argument que ne manqueront pas d’utiliser les fédéralistes. Plutôt que de se préoccuper de l’essentiel, les péquistes ont préféré faire des demandes qui ne sont pas primordiales. Ils ont exigé plus d’argent pour les enfants en difficulté d’apprentissage et pour les soins à domicile aux aînés. Comme si l’argent pouvait tout régler. Ce sont des mesures faciles, qui avaient surtout pour but d’attirer l’attention sur eux.

En ce qui concerne les sommes d’argent reçues d’Ottawa, la stratégie devrait être simple : si le Québec reçoit plus qu’il ne verse, l’excédent devrait aller au remboursement de la dette. Ainsi, les citoyens du Québec ne s’habitueraient jamais à vivre de l’argent d’Ottawa. C’est triste de voir que les péquistes, dans leur grande soif d’indépendance, n’aient pas encore compris cela.

En avril 2006, André Boisclair s’était prononcé publiquement contre la récupération par le Québec de la réduction de 1 % de la TPS fédérale. Cela aurait été une façon de régler partiellement le déséquilibre fiscal. Maintenant, les péquistes récidivent, en ne saisissant pas une autre occasion offerte par le fédéral (une modification aux règles de calcul de la péréquation) pour renforcir la situation financière du Québec. Sauf que cette fois-ci, ils avaient un réel pouvoir, le PLQ étant maintenant minoritaire à Québec.

C’est là qu’on voit que la culture péquiste est toujours la même : une culture tellement axée sur la stratégie qu’elle en vient à ne plus voir l’essentiel, à ne plus défendre les intérêts des Québécois. D’ailleurs, c’est très difficile de changer la culture d’une organisation. Cela prend un leader avec toute une force de caractère, visionnaire, aux idées nouvelles, qui sera capable d’imposer de nouvelles habitudes et un changement de direction important.

Quant aux libéraux, ce sont toujours les mêmes gens qui sont en place. Des gestionnaires, mauvais de surcroît, incapables même d’entretenir le réseau routier, sans vision à long-terme, qui font du favoritisme, font passer leurs intérêts avant ceux du Québec, quoiqu’en dise Jean Charest. Des gens incapables de reconnaître que le Canada doit être profondément réformé si le Québec doit y demeurer. Ils sont capables de récupérer les idées des autres, les bulletins chiffrés par exemple. Mais ce n’est pas parce qu’on est capable de copier la recette de quelqu’un d’autre qu’on fait un bon cuisinier, en mesure de bien réussir des recettes existantes et d’en inventer de nouvelles.

Le problème est simple au Québec : la politique n’attire pas les meilleurs leaders. En attendant, il faudrait que les gens en place soient plus constructifs.






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