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Charron Christian
Baisses d’impôts : la game du PLQ et de La Presse

lundi 28 mai 2007

Dans son éditorial d’aujourd’hui, André Pratte, du journal La Presse, recommande à Jean Charest de modifier son budget afin de répondre aux demandes formulées par le Parti québécois, au chapitre des élèves en difficulté et des soins à domicile pour les personnes âgées, afin d’éviter la tenue d’une élection cet été. Par contre, il l’encourage à ne pas plier sur les baisses d’impôts de 950 millions de dollars (dénoncées par l’ADQ).

Or, de ces 950 millions, 700 proviennent de la révision de la méthode de calcul des paiements de péréquation, ce système mis sur pied en 1957 par Ottawa, pour redistribuer la richesse entre les provinces, afin que les services offerts aux citoyens soient comparables d’un océan à l’autre. Le Québec recevra cette année 7,16 milliards en péréquation, 1,62 de plus que l’an dernier et 56 % du total des 12,77 milliards distribués par le fédéral à ce chapitre.

Face à ces chiffres, il n’y a pas de doute que les autres provinces subventionnent le Québec : celui-ci reçoit 56 % du total de la péréquation fédérale. Pour cette raison, il serait irresponsable d’allouer les 700 millions supplémentaires reçus d’Ottawa à une baisse d’impôts, car ce serait intégrer dans le budget personnel des Québécois une dépendance face au reste du Canada. Il serait beaucoup plus stratégique de se servir de ce montant pour réduire la dette, comme le recommande l’ADQ. Le Québec ferait ainsi d’une pierre trois coups : il profiterait de l’argent du fédéral, deviendrait plus autonome financièrement en réduisant sa dette, et n’habituerait pas ses citoyens à jouir d’argent qu’ils n’ont pas gagné.

Et c’est là qu’on voit la game du Parti libéral et des médias fédéralistes contrôlés par l’empire Desmarais, dont le journal La Presse : tout mettre en oeuvre pour affaiblir le Québec, le mettre dans un état de dépendance face au reste du Canada, afin de prévenir toute visée souverainiste, et même autonomiste. Après avoir lu deux des livres écrits par M. Pratte, j’ai pu discerner quelqu’un qui comprend très bien la dynamique du pouvoir et le jeu des médias. Dommage qu’une telle intelligence, une autre, soit utilisée contre les Québécois.




Réactions

  • > Baisses d’impôts : la game du PLQ et de La Presse
    31 mai 2007, par Peter Frost
    142.169.22.***

    Je suis d’accord. La situation fiscale est trop fragile pour maintenir ces baisses d’impôts sur le moyen terme. D’une part, la dette continue de monter. D’autre part, il y aura tôt ou tard un ralentissement économique. Il faut réduire la dette maintenant, alors qu’on a les moyens, afin de se donner une marge de manœuvre pour plus tard.

    Je connais bien les arguments en faveur d’une baisse d’impôts : en allégeant le fardeau fiscal, on incite les gens à travailler davantage et, ainsi, à créer plus de richesse. Cette nouvelle richesse sera imposable ; donc, les revenus de l’État demeureront stables ou, même, s’accroîtront.

    Les données concrètes là-dessus sont très partagées. Dans certains pays, il en résulte effectivement une augmentation globale de la richesse. Dans d’autre pays, non. Tout semble dépendre des projets de vie que les gens caressent. Parmi ceux que je connais, peu ont envie de travailler davantage. Donnez-leur plus d’argent et ils l’investiront dans leur RÉER, dans un voyage vers le Sud ou dans l’achat d’une monster house. En fait, ils vont peut-être travailler moins, afin de se libérer plus de temps pour leurs loisirs.

    S’il faut vraiment baisser les impôts, on devrait cibler les parents avec jeunes enfants ou les aînées. Chez les uns, on inciterait plus de gens à fonder une famille. Chez les autres, on encourageait plus de personnes âgées à rester dans la population active.



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