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Charron Christian
Bravo M. Duceppe ! lundi 14 mai 2007
Gilles Duceppe a fait une volte-face spectaculaire. Alors qu’avant-hier, le 11 mai à 12h52, il avait annoncé sur le fil de presse qu’il se lançait dans la course à la chefferie du Parti québécois, hier à 19h45, il annonçait qu’il se retirait.
M. Duceppe, je tiens à vous féliciter pour votre décision. Devant les forts appuis récoltés par Mme Marois auprès des militants péquistes, vous avez préféré vous désister. Vous avez ainsi fait d’une pierre trois coups. Vous avez économisé énormément d’argent et d’énergie au mouvement souverainiste, en évitant sans doute de tenir à la fois un congrès à la chefferie au Parti québécois et un au Bloc québécois. Vous avez de plus renforci le Bloc québécois, qui avait bien besoin de votre présence à Ottawa. Quant au Parti québécois, que je donnais pour mort il y a trois jours avec Pauline Marois ( !) il semble que vous allez aider à sa résurrection ! Une partie des problèmes du PQ devait être André Boisclair, puisque selon un sondage Crop-La Presse publié hier, le PQ obtiendrait 40 % des voix à une élection si Pauline Marois dirigeait ce parti. Mais ce regain soudain de popularité du PQ ne résout pas un problème de fond : la culture de ce parti doit profondément changer.
Marois a bien parlé lors de son point de presse aujourd’hui, en disant qu’il faut sortir le parti du piège de l’échéancier référendaire, écouter et respecter la volonté des Québécois et privilégier la prospérité économique dans une optique de développement durable. Il semble que le message du 26 mars dernier commence à porter des fruits. Elle a dit que la modernisation de l’État n’entre pas en contradiction avec le projet de souveraineté du Québec, ce qui revient à adopter l’approche de Mario Dumont, qui dit qu’il n’a pas besoin d’attendre après le fédéral pour procéder à des changements. C’est beaucoup mieux que de vouloir tenir un référendum perdant, ce dont le Québec n’a surtout pas besoin.
Par ailleurs, je suis déçu du texte de Vincent Marissal dans le journal La Presse d’aujourd’hui. Marissal traite Gilles Duceppe de « plus gros pétard mouillé de l’histoire politique récente du Québec et même du Canada ». Pour Marissal, il « n’y a rien de plus risible qu’un joueur qui laisse tomber les gants ». Selon lui, les Libéraux vont « se payer la tête de Gilles-le-peureux ». Avec de tels propos, M. Marissal, vous avez un impact négatif sur la politique et la société en général, puisque vous lancez le message que les politiciens seront jugés en fonction de leur image plutôt que sur le caractère constructif de leurs décisions. Deux points de moins à Marissal pour comportement anti-constructif.
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Si le Québec n’est pas bien dans le cadre canadien, il ne le démontre pas.
Oui, près de 50% ont voté pour la souveraineté, mais avec une association dans laquelle, et je cite Louise Beaudoin, nous garderions le passeport canadien, la monnaie canadienne et les forces armées canadiennes. Et malgré une question pas très claire sur un concept un peu flou, nous avons voté pour rester tel quel au Canada avec tous ses vices.
L’insatisfaction dont vous parlez peut se règler au fur et à mesure des causes soulevées sans chambarder le fondement d’une fédération qui est l’envie de bien des étrangers.
On ne parle plus ici de la pendaison de Louis Riel, des écoles françaises de l’Ontario, de la conscription, même pas des ’’maudites grosses anglaises de chez Eaton’’, toutes des injustices historiques que nous devons garder à la mémoire. Non, on nous parle de coffre d’outils, de déficit fiscal, de drapeaux rouges trop en vue à Québec, de Don Cherry et j’en passe. Ce que vous appelez une insatisfaction réelle, et qui en était une autrefois, s’est tranformée en pleurnichage d’enfant gâté.
Le dernier référendum a eu lieu il y a 12 ans, le premier , il y a déjà 27 ans. Ça suffit de reposer toujours la même question, entre temps cette menace agit comme un frein à notre développement économique qui contribue à l’affaiblissement de notre poids démographique.
Face à une question sur l’indépendance complète, les sondages sont encore moins vendeurs. Moi j’accuse le mouvement souverainiste de nous avoir conduit dans un faux débat et de contribuer à affaiblir le Québec au sein du Canada.
Au lieu de prendre notre place de leadership au Canada et de se concentrer sur la création de la richesse, nous avons développé une culture de chiâleux et de revendication sans accepter nos responsabilités. Face au reste du Canada, nous ressemblons un peu au garçon qui crie au loup. C’est un peu compréhensible que les autres Canadiens commencent à se foutre de nos demandes. Si les rôles étaient inversés, nous ferions exactement la même chose.
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L’autonomisme de Dumont qui chamboule tout
@ David Lépine
Je suis d’accord avec vous que le PQ s’y est mal pris pour faire avancer la cause de la souveraineté du Québec. Mais les revendications sont légitimes. Deux peuples fondateurs, cela aurait dû se traduire par deux États souverains unis par une confédération, pas par une fédération de provinces. Il faut donc remédier à cette erreur. Si vous niez tout, je vous promets une chose : ça va chiâler pendant encore 200 ans. Votre attitude est aussi non-constructive que celle des souverainistes. En fait, vous représentez le fédéralisme dur, alors que le PQ représente la souveraineté dure. Et c’est pour cela que je vous dis que Dumont va tout chambouler, car il arrive avec la voie du milieu : la souveraineté à l’intérieur d’une confédération canadienne. Stratégie : la mettre en place sans référendum. Cela devrait être populaire, car même ma mère vote pour lui, elle qui est une fédéraliste, mais qui devient tout d’un coup une autonomiste, c’est-à-dire une souverainiste à l’intérieur de la confédération canadienne. Et alors, bang !, on avance, et je suis d’accord avec vous, on va pouvoir parler d’autre chose.
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Les Québécois ont voté deux fois pour demeurer au sein du Canada, quoiqu’en disent les souverainistes. Le Canada anglais fut un témoin de ces deux votes, donc où est leur déni ? Reconnaître la nation québécoise, addresser le déficit fiscal ne sont que deux exemples d’une certaine reconnaissance de facto de la différence québécoise au sein du Canada fédéral. Si les Québécois veulent renier le statut de province canadienne , il va falloir voter majoritairement pour en sortir, ce qui semble peu probable.
Continuer de parler d’indépendance sans avoir de projet défini et réalisable est rêver en couleur. Je suis prêt à parier avec vous qu’après la prochaine élection fédérale il y aura beaucoup moins de bloquistes à Ottawa et tant mieux car ce parti est devenu une risée. Après 17 ans d’existence supposément temporaire, avec aucune perspective crédible de réaliser la souveraineté, ce parti n’a plus de raison d’être valable autre que l’accumulation des crédits de pension de ses députés.
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Le déni vient du Canada anglais
@ David Lépine,
S’il y a autant de députés du Bloc québécois à Ottawa, ce n’est pas un hasard. C’est qu’il y a une volonté de changement exprimée par les Québécois, à laquelle le Canada anglais ne donne pas de réponse. Le déni provient du Canada anglais, qui ne veut pas reconnaître que le Québec est un État, et non pas une province, et que cela doit entraîner une modification profonde de sa relation avec lui. La mise au rancart du référendum ne veut pas dire que la souveraineté du Québec (lire : la mise en place des mécaniques cohérentes avec le fait que le Québec est un État) ne se fera pas. En fait, elle se fera tout simplement sans référendum, par le jeu de la démocratie représentative. Une des réformes proposées par Mario Dumont, celle de doter le Québec de sa propre Constitution, fait partie de ce processus parlementaire. Une nation, une communauté, c’est quelque chose de vivant, qui doit évoluer ; il est maintenant temps de procéder. Les citoyens québécois ont décidé de vivre dans une démocratie représentative ; leurs représentants ont pour tâche d’être constructifs et de mettre de l’avant des solutions qui reflètent le sentiment général de la population et qui permettent à la société de se développer, de progresser harmonieusement. La reconnaissance dans les faits de l’État du Québec fait partie de ces tâches.
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Il y a juste les souverainistes qui trouvent du positif dans la double annonce Duceppe- Marois.
Créature supposément temporaire, le temps de surveiller nos intérêts à Ottawa durant les négos pour diviser le Canada, ça fait déjà 17 ans que le Bloc perdure. Avec la mise aux rancarts du référendum, ça va durer encore au moins un autre 17 ans. C’est devenu rébarbatif d’entendre le Bloc se féliciter lorsque le gouvernement fédéral fait du positif pour ensuite réclamer la souveraineté lorsque ce même gouvernement agit contre les intérêts - non du Québec, mais du Bloc !- car le Bloc confond trop facilement les deux.
Le PQ a une seule raison d’être depuis 40 ans, faire l’indépendance du Québec. Les Québécois n’en veulent pas- pas grave, le PQ va continuer la même vieille rengaine que le Québec est ingouvernable sans le plein coffre d’outils. Cinq chefs en 12 ans et personne ne remet l’option en cause sauf pour dire qu’il faut parler plus de souveraineté et moins de référendum. Comme si un ne venait pas sans l’autre.
Je dis Bravo aux souverainistes- le déni complet de l’insuffisance de vos arguments de fond est totalement éclipsé par ce mélodrame ridicule qu’est devenu la porte tournante de la chefferie du PQ..
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