Charron Christian
Un pas de géant pour le Québec en un tournemain
samedi 12 mai 2007
Les projets constitutionnels respectifs de l’ADQ et du PQ pourraient voir le jour demain matin s’il y avait de la bonne volonté de part et d’autre.
Les deux partis n’auraient qu’à s’entendre à l’avance sur un projet de souveraineté du Québec, accordant un an au Canada pour négocier un projet d’union politique et économique. Après qu’un des deux partis ait déposé le projet à l’Assemblée nationale, celui-ci n’aurait qu’à être adopté par l’ensemble des députés adéquistes et péquistes. Ce projet serait légitimement démocratique puisqu’il recueillerait l’approbation d’une majorité de députés, représentant 59 % des voix aux dernières élections. Aucun député adéquiste ne devrait voter contre le projet, ayant peu d’autorité morale, puisqu’ils doivent leur élection pour la plupart à Mario Dumont. Ce dernier ne laisserait sûrement pas passé une chance pareille de faire progresser le Québec, lui qui en veut tellement à Robert Bourassa pour sa volte-face de 1992.
Ce n’est pas obligatoire de passer par un référendum pour réaliser la souveraineté d’un pays, en autant que cela soit défendable sur le plan démocratique. Certains vont dire que l’ADQ n’est pas un parti souverainiste, mais autonomiste. Mais si vous comparez le rapport Allaire avec le projet de « souveraineté-association » du Parti québécois, vous allez vous rendre compte que ça ressemble beaucoup à un verre à moitié vide ou à moitié plein. La solution au blocage constitutionnel, c’est beaucoup plus une question de bonne volonté. La principale différence entre le projet du PQ et de l’ADQ, c’est que le premier transige avec le reste du Canada à travers une entente politique et économique, alors que le deuxième appelle cette entente une « confédération ». Mais ce qui est important, ce sont les pouvoirs qui restent au Québec.
L’été dernier, un revirement spectaculaire est survenu à Ottawa, quand la Chambre des communes a adopté une motion reconnaissant la nation québécoise. Déposée par le Parti conservateur, elle était la réaction à une lettre envoyée par Bernard Landry à Stephen Harper. Pourquoi donc ne pas provoquer un autre revirement spectaculaire, mais cette fois-ci à Québec ?