Paul-Émike L’Heavy
Frivolité d’un peuple
samedi 12 mai 2007
Je le savais.
C’était beau de voir les analystes, politiciens et autres observateurs se fendre péniblement de savantes conjectures pour tenter d’expliquer les résultats des dernières élections au Québec. Une constante : le « message » envoyé, tant au PQ au rêve dépassé qu’aux libéraux de plus en plus ghettoïsés, qu’à la social-démocratie empoussiérée, message qu’on aurait voulu voir d’avertissement, attention, les temps ont changé, plus rien ne sera pareil, la classe moyenne se réveille, les vieux débats sont désuets, le conservatisme foncier des gens ordinaires sort du placard, un ordre nouveau va se lever. Ben oui...
Et Dumont qui se voit déjà Premier Ministre majoritaire, et les souverainistes qui se perdent de vue, et les libéraux qui ne voient rien, aveuglés par un pouvoir aussi accidentel que fugace. Et la population, étourdie, qui se demande ce qu’elle a.
Et Boisclair qui part.
Et Marois qui s’annonce...
Bang !!! Le PQ vient de reprendre la première place dans un sondage, loin devant les deux autres, avec un score doublant presque celui des libéraux, dans l’hypothèse d’une élection avec Marois à sa tête. Que s’est-il passé d’important à l’Assemblée nationale pour expliquer ce revirement à 180 degrés ? Rien, absolument rien. Qu’est-il arrivé au programme « désuet », « suranné », « dépassé », « irréaliste », « suicidaire » du PQ ? Rien, absolument rien. Quel événement catastrophique dans les relations fédérales-québécoises est venu bousculer la donne, comme avec Meech ? Aucun, absolument aucun.
Suffisait de changer l’homme (pardon : la femme), et c’est reparti mon Kiki. Mais quel sorte de peuple sommes-nous, politiquement !? Des vrais enfants, ma grand conscience du bon Yeu.
Incroyable.
Paul-Émike L’Heavy
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M. Charron, c’est bien généreux de votre part de vouloir me consoler ou m’encourager. Toutefois, vos paroles ne retranchent absolument rien au désabusement que j’exprimais dans cette chronique, et qui n’est pas du même ordre que vous le supposez.
Merci quand même.
Paul-Émike l’Heavy
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@ M. L’Heavy,
Ce phénomène arrive souvent M. L’Heavy. Quand on pense qu’une idée est morte, c’est là qu’elle ressuscite. On donnait le PQ mort, il revient à la vie, grâce à celle que ce parti a rejetée il y a à peine deux ans. Ne vous découragez pas, la période actuelle devrait déboucher sur un déblocage de la question constitutionnelle. En autant qu’elle soit bien menée et que le PQ arrête de taper sur la tête de l’ADQ, dont la vision constitutionnelle se rapproche beaucoup plus de la sienne que de celle du PLQ, avec qui il pactise. Si les politiciens sont vrais, de bonne foi et constructifs, le Québec va enfin avancer.