Rouleau Serge
Bureaucratie rime avec interventionnisme
mardi 17 avril 2007
L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) conclut que l’usage du cellulaire au volant comporte un « excès de risques ». Les auteurs écrivent que « le cellulaire affecte négativement les tâches de nature cognitive, visuelle et biomécanique » et a pour effet « d’augmenter le risque de collision ». « Selon toutes les études épidémiologiques consultées, les utilisateurs de cellulaires affichent des taux de collision supérieurs aux non-utilisateurs ».
Cette étude soulève une série de questions connexes :
Les conjoints profitent souvent du fait que l’autre est captif pour aborder des sujets sensibles. Ces discussions peuvent affecter la concentration du conducteur. Doit-on interdire la conduite automobile en présence de son (sa) conjointe ? Cette interdiction devrait-elle s’appliquer tout le temps ou seulement lorsque les ébats amoureux de la veille n’ont pas été satisfaisants ?
Les cris et les pleurs des enfants risquent de distraire le conducteur (trice). Doit-on les attacher et les bâillonner ou les obliger à utiliser le transport en commun ?
Les opinions des passagers sont parfois contraire à celle du conducteur (trice). Cela risque d’affecter négativement sa concentration. Doit-on interdire le covoiturage ou interdire aux passagers de parler ?
Les commentaires de certains animateurs de radio sont parfois teintés d’opinions « gogauche ». Cela pourrait déconcentrer le conducteur ou même lui faire « sauter une coche ». Doit-on interdire l’écoute de la radio en conduisant ou exiger le départ de René Homier-Roy ?
Etc.
La conduite d’un véhicule est une activité qui exige toute l’attention du conducteur. Il n’est pas nécessaire de faire des études savantes pour savoir que toutes les formes de distraction augmentent les risques d’accident. Le seul moyen efficace de minimiser les risques inhérents à l’utilisation d’un véhicule consiste à responsabiliser les conducteurs négligents en les tenant responsables des dommages causés à autrui.
La bureaucratie interventionniste québécoise préfère micro-règlementer la vie de tous plutôt que de discipliner les 2% ou 3% de conducteurs québécois négligents.
Lors des dernières élections les Québécois ont clairement indiqué aux politiciens qu’ils en avaient « soupé » de l’état qui « s’occupe-de-tout-pour-notre-bien ». Maintenant les politiciens doivent en informer la bureaucratie. L’élimination de 50% des 242 organismes gouvernementaux serait un bon moyen de s’assurer que le message passe.