Jean Beaulieu
À deux mains dans le plat de bonbon
mardi 10 avril 2007
Imaginez-vous deux minutes qu’un parent laisse un plat de bonbon sur la table, un plat de succulents bonbons sans surveillance. Un enfant passe par là et en prend un peu... puis un autre, pour finalement se gaver et s’en mettre pleins les poches. La mère arrive et réprimande l’enfant, une scène de tous les jours.
Imaginez maintenant qu’une mère fasse la même chose mais qu’au milieu de la table, le plat de bonbon est remplacé par un bol remplit d’argent (des billets, on s’entend, pas de petite monnaie). Imaginez maintenant que l’enfant fasse exactement la même chose. La mère réprimande encore une fois l’enfant. Mais vous vous dites peut-être, "comment une personne peut elle laisser de l’argent comme ça au milieu de la table sans surveillance ?" Donc, le mauvais comportement n’est plus seulement celui de l’enfant mais également celui du parent. J’ai même tendance à penser que la faute du parent, dans ce deuxième cas, est plus grave que la faute de l’enfant.
Imaginez maintenant un programme de commandite et un président de firme de communication, qui facturent à fond pour des bricoles et des rapports bidons sans aucune surveillance. On accuse à juste de titre Jean Lapierre de s’être servis à deux mains dans "le plat de bonbon". Les journalistes sérieux vont même jusqu’à découvrir sur quelle île il se cachait, quels vins et champagne il buvait, de la grande information il va s’en dire.
On réprimande, à juste titre, celui qui s’est servi dans le plat de bonbons. Mais les vrais décideurs, élus, peuvent dormir tranquille. Surtout depuis qu’un haut fonctionnaire (Charles Guité) a été livré en sacrifice, et que les journalistes s’intéressent d’avantage aux vins et truffes de Jean Lapierre qu’aux causes fondamentales du problème.
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> À deux mains dans le plat de bonbon
L’histoire ne fait que se répéter d’un scandale à un autre, les vrais coupables ne sont jamais jugés pour autant. Surtout pas au Canada avec notre system de justice handicapé, on va sûrement lui remettre un diplôme de bravoure et s’excuser pour le dérangement. Ce n’est pas mêlant, si l’idiotie existe, le Canada le prêche en abondance.