Jean Beaulieu
Remettre en question l’article 1
jeudi 29 mars 2007
Au lendemain d’une défaite électorale où le PQ était pressenti pour former l’opposition ou même prendre le pouvoir avec un gouvernement minoritaire, la 3ième place a un goût amer pour le parti.
Déjà les questionnements commencent, les commentaires fusent, les couteaux s’aiguisent et le parti commence à s’interroger sur la ou les raisons qui sont responsables des résultats de lundi. Se poser des questions, c’est bien, mais il faut avoir le courage de se poser les bonnes questions.
Les sondages ne trompent pas, l’appuie à la souveraineté est sous la barre des 50% et 70% de la population ne voulait pas de référendum même advenant l’élection du Parti Québecois.
Beaucoup de monde, incluant des anciens chefs comme Bernard Landry, se tourne vers André Boisclair pour remettre en cause son leadership. Bien sur il faut se poser cette question, mais la question la plus fondamental est l’approche à adopter envers la souveraineté, le fameux référendum à tout pris et le plus tôt possible.
Être un parti souverainiste n’implique pas d’être obligatoirement masochiste. Si la volonté populaire ne veut pas d’un référendum, il faut savoir écouter la voix du peuple. L’approche d’un référendum le plus vite possible « même étant minoritaire » a couté cher au PQ lors des dernières élections. Lorsqu’André Boisclair a proposé une alliance à Mario Dumont pour la tenue de la « consultation populaire », ça ne faisait pas très sérieux, surtout à quelques jours du vote.
Le monde voulait entendre parler de famille, d’éducation, de projet de société, de vision d’avenir. Quand les 2 vieux partis on sortit leurs vieilles cassettes usées, les gens se sont tournés vers ce qui semblait être une alternative intéressant branché sur les réalités quotidienne. D’autres partis dans une moindre mesure, sont allés chercher des votes. Je pense à Québec Solidaire et le Parti Vert. 8% de l’électorat, ça fait la différence entre la 3ième place et un gouvernement minoritaire. Les positions gauchistes de Québec Solidaire ne sont pas si éloigné que ça de la sociale démocratie du PQ, alors pourquoi ces 2 partis ne se sont pas unis ? Surtout lorsque les 2 leaders du parti sont aussi solides, il vaut mieux les avoir avec nous que contre nous.
Le clivage entre Montréal et les régions est quelque chose de désolant. Pour reprendre l’expression consacrée, il y a maintenant « deux solitudes » mais cette fois, à l’intérieur même du Québec.
Le PQ doit demeurer souverainiste, c’est le fondement même de ce parti, mais il doit absolument mettre la souveraineté non pas en veilleuse, mais comme un objectif à long terme. Québec Solidaire aussi est un parti souverainiste, mais ne s’attribue pas le projet à lui seul et ne s’impose pas de calendrier précis sur cette question.
Je pense que le PQ doit même promouvoir la réouverture du dossier constitutionnel, car le PQ doit aller chercher tous les outils nécessaires pour promouvoir notre identité et notre différence et ce dans le cadre fédéral aussi longtemps que le Québec fera parti du Canada. Ca peut paraître paradoxal, mais les intérêts des Québécois prime sur les intérêts des partis. L’erreur de 1980 doit être corrigée, pour le bien être des Québécois et de tout le pays.
Le voyage vers la souveraineté ou du moins une plus grande autonomie doit se fait pas à pas. Il faut avant tout promouvoir notre identité, notre culture, gérer intelligemment les finances, l’éducation, la santé et les besoins des familles. Il faut se donner une vision d’avenir. La souveraineté n’est pas une vision, ce n’est qu’un état de chose, un outil de plus pour fabriquer la société que nous voulons. Quelle société voulons-nous pour nous et nos enfants ? Elle est là la question fondamentale.
-
> Remettre en question l’article 1
6 avril 2007, par
Sisyphe142.169.18.***
Les personnes qui ont voté pour QS et le PV avaient des motifs. Vous soulignez le caractère social-démocrate du PQ. Justement, plusieurs se sont tournés vers QS parce qu’ils estimaient que le PQ avait renoncé à ce caractère pour ressembler de plus en plus au Parti libéral et jusqu’à un certain point à l’ADQ.
Quant à ce que le PQ et QS s’unissent, cela serait possible sans l’immense orgueil des dirigeant-es péquistes qui se prennent pour le nombril du monde. Il aurait été possible, par exemple, que le PQ ne présente pas de candidat-e dans quelques circonscriptions sûres pour laisser la place à des candidatures de QS.
Ceux et celles qui blâment QS et le PV de la défaite du PQ font bien peu de cas des choix démocratiques des 300 000 personnes qui ont voté pour ses partis. Leur vote leur appartient, il n’appartient pas au PQ. Quand j’entends Laviolette affirmer que QS et le PV "nous ont enlevé des comtés", je conclus que j’ai bien voté. Je n’appuierai jamais des personnes de cet acabit qui prétende "posséder" le vote des électeurs et électrices progressistes. C’est peut-être cette attitude arrogante que le PQ doit d’abord examiner.
Enfin, on oublie l’électorat féminin qui en a peut-être eu assez de se faire chanter la pomme et ensuite rabroué. Voir l’article : Votre féministe et progressiste, c’est voter solidaire.
-
Nuance sur l’effet électoral de QS et du PVQ
Bonjour,
Selon le SPQ-Libre (club syndical et de gauche au sein du PQ), il y aurait environ 8 comtés où la personne candidate du PQ aurait été élue si le vote de QS avait été transféré au PQ.
Or, si on ajoute 8 député-es du PQ, cela ne donne pas la gouvernance au PQ. Il faudrait faire le calcul pour voir, mais je doutes que QS ait changé autant la carte électorale.
Par exemple, dans mon comté (Jean-Lesage), même en additionnant les votes PQ/PVQ/QS, l’ADQ gagne.
Pour ce qui est du Parti Vert, des recherches et sondages indiquent que leurs votes ne vont généralement pas au PQ ni aux partis davantage de gauche. Bon nombre du Parti Vert seraient des personnes libérales verts ou même des conservatrices verts. Évidemment, une partie est un vote de contestation, qui n’irait donc pas au PQ.
Québec solidaire propose des mesures sociales-démocrates
Les orientations fondatrices de QS ne disent pas qu’il faut cesser le capitalisme en soi et sa plateforme propose des mesures d’aide : c’est donc un parti mettant de l’avant des mesures sociales-démocrates.
Le PQ, sur papier, a aussi des mesures sociales-démocrates, mais certains problèmes sont occultés par compromis avec la droite du PQ et les actions du dernier gouvernement péquiste ont fortement déçu bon nombre de groupes communautaires.
Pour les membres de Québec solidaire, le dernier mandat d’un gouvernement péquiste a fait pire que le gouvernement libéral pour ce qui est de lutter contre la pauvreté.
Je juge les politicien-nes par leurs actions et c’est pourquoi je suis membre de QS et du NPD.
Bien à vous,