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Charron Christian
Bernard Drainville, un des plus grands atouts du Parti Québécois

samedi 24 mars 2007

On parle beaucoup du parler vrai de Mario Dumont, mais s’il y a quelqu’un qui est sans doute encore plus vrai que le chef adéquiste, c’est Bernard Drainville, l’ex-journaliste de Radio-Canada qui s’est porté candidat pour le Parti Québécois.

C’était hier sa dernière apparition à l’émission animée par Denis Lévesque à LCN, où Drainville débattait des positions de son parti avec Jean Norbert de l’ADQ et Line Beauchamps, du Parti libéral du Québec. À chacune de ses présences, l’ex-journaliste a toujours été solide et très bien préparé dans la défense des dossiers de son parti. Évidemment, il n’est pas toujours facile pour quelqu’un qui a porté le chapeau de la vérité de le troquer pour celui du pouvoir, mais Drainville réussit plutôt bien ce tour de force.

Ce n’est pas évident, car le pouvoir et la vérité sont des forces qu’on pourrait qualifier d’antagonistes, tellement elles s’affrontent la plupart du temps. En effet, pour prendre le pouvoir, il peut être tentant de déformer la réalité ou de tordre la vérité. Certains s’y appliquent d’ailleurs allègrement. De la même façon, celui qui dit toujours la vérité peut voir ses chances de prendre le pouvoir diminuer, car l’électeur préfère parfois entendre ce qui lui fait plaisir plutôt que la vérité. Mais celle-ci est toujours gagnante à long-terme. Pour cette raison, il faut féliciter ceux qui font preuve de transparence en politique.

Certains ont accusé Bernard Drainville de n’avoir pas accordé une entrevue objective à André Boisclair, juste avant de se présenter comme candidat du PQ. Le libéral Jacques Dupuis a affirmé : « Vous avez quelqu’un qui se représente comme un journaliste objectif, il sait très bien qu’il s’en va faire une entrevue avec son chef de parti éventuel. C’est de la manipulation de l’information, c’est de l’hypocrisie, et c’est du manque de loyauté ». Mario Dumont a accusé Drainville de s’être livré à une « comédie » en ce qui concerne les explications de l’ex-journaliste sur cette entrevue. « Avec Pierre Curzi, André Boisclair et Bernard Drainville, on a trois excellents comédiens » a-t-il rajouté.

Ceux qui portent ces accusations, soit ils n’ont aucun sens de la psychologie, soit ils n’ont jamais vu l’entrevue, soit ils sont prêts à dire n’importe quoi pour dénigrer leurs adversaires et obtenir le pouvoir. Car Drainville a été tout sauf complaisant avec le chef péquiste. Il lui a demandé à cinq reprises s’il croyait vraiment être la personne appropriée pour diriger le parti souverainiste, étant donné que Boisclair avait reconnu lui-même avoir commis des erreurs de parcours durant la semaine précédente. Ce qu’on peut en conclure en fait, c’est que Drainville voulait se faire réconforter sur la force du chef péquiste. Les réponses de celui-ci ont dû le rassurer, car l’ancien journaliste a décidé de plonger avec le PQ.

Il n’y a pas que Drainville qui ait décidé de quitter le journalisme pour la politique, il y a aussi son ex-collègue de Radio-Canada, Christine St-Pierre. Mais celle-ci semble être plus du côté du pouvoir que de la vérité, à cause de son appui aux soldats canadiens en Afghanistan. Drainville semble être même plus pur que le journaliste-politicien le plus célèbre du Québec, René Lévesque.

C’est sous la gouverne de Lévesque qu’a été sanctionnée la Loi sur la consultation populaire le 23 juin 1978. Par contre, il faut déplorer qu’à l’époque on ne se soit pas inspiré de l’expérience référendaire suisse pour créer notre loi. La Suisse aurait été le pays parfait pour puiser notre inspiration. C’est le pays qui a le meilleur système démocratique au monde, la grosseur de sa population se compare à celle du Québec, une de ses langues officielles est le français, et l’information en matière de référendum y est présentée d’une façon tout à fait objective, incluant les arguments favorables et défavorables pour chaque projet présenté à la population. Il aurait été bien d’implanter cette culture d’objectivité et de transparence au Québec.

Dans la loi québécoise, la seule référence à la qualité de l’information se retrouve à l’article 26, où on y dit que : « Au plus tard dix jours avant la tenue du scrutin, le directeur général des élections doit transmettre aux électeurs une brochure unique expliquant chacune des options soumises à la consultation populaire et dont le texte est déterminé par les comités nationaux respectifs. Cette brochure doit assurer à chaque option un espace égal fixé par le directeur général ». C’est tout, plus rien sur la qualité de l’information, avec les résultats que l’on connaît.

M. Drainville a dit qu’il avait de la difficulté à jouer le rôle de « plante verte » depuis qu’il est en politique. Il signifiait par là l’obligation de poser à côté du chef quand celui-ci est filmé ou photographié, en prenant la peine de faire un beau grand sourire. Espérons que M. Drainville ne se contentera pas de faire la plante verte à l’intérieur de la formation péquiste. C’est un des plus grands atouts du Parti Québécois.




Réactions

  • > Bernard Drainville, un des plus grands atouts du Parti Québécois
    26 mars 2007, par GUY ROUSSEAU
    24.202.137.***

    Félicitations a Bernard Drainville son courage et son honeteté le menerons loin en politique je crois en vous et votre facon de croire en une société plus juste continuez et merci

    d’un citoyen ordinaire

    Guy rousseau Chicoutimi



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