Charron Christian
Référendum : une bonne droite ou viser absolument le k.o. ?
mercredi 21 mars 2007
Dans mon article précédent, je parlais de tenir un référendum sur les transferts fédéraux plutôt que sur la souveraineté.
L’idée derrière cette stratégie, c’est de faire un geste qui, à coup sûr, ferait progresser l’autonomie du Québec. On peut comparer cela à un match de boxe. Le Parti Québécois a toujours visé le k.o. et c’est lui qui s’est fait mettre k.o. deux fois. Mais à un certain moment, il faut savoir changer sa stratégie.
Pourquoi donc ne pas simplement vouloir porter une bonne droite ? Certains vont dire que le seul objectif qui les intéresse, c’est le k.o. Par contre, rien ne dit que la bonne droite ne mènera pas éventuellement au k.o. Car une fois que l’adversaire sera déstabilisé, cela ouvrira des portes pour autre chose. C’est un peu cela avoir la foi : il faut être constructif, et croire que de petites victoires vont mener à d’autres victoires éventuellement.
Déjà avec deux référendums de perdus, une bonne partie de la population québécoise ne veut même plus entendre parler ne serait-ce que du mot référendum. On ne parle même pas de souveraineté là. Imaginez si on en perd un troisième.
Par contre, avant de tenir un référendum sur les transferts fédéraux, il faut s’assurer que les finances du Québec soient en bonne santé. En d’autres termes, il faut être certain que le rapatriement de nos revenus ne créerait pas un choc budgétaire. Il ne faut pas que ceux qui s’opposent à ce changement aient des arguments solides pour convaincre la population de leur option. Il faut que la maison soit belle pour qu’elle se vende facilement. Et ça, cela veut dire d’arrêter de faire des mauvais investissements, et de prendre aujourd’hui les décisions qui s’imposent. Plutôt que d’avoir pour objectif de gagner un référendum par la peau des fesses, faisons-en plus que pas assez.