Charron Christian
Quoi penser de la note de service révélée par Mario Dumont
jeudi 15 mars 2007
Mario Dumont a bien fait de parler de cette note de service et de ce rapport lors du débat des chefs, car ils illustrent la non-transparence du gouvernement libéral et sa mauvaise gestion du réseau routier québécois. Par contre, il aurait pu mieux le faire. De leur côté, les médias et journalistes n’ont pas été à la hauteur dans le traitement de cette affaire.
Les faits
Rappelons les faits. Lors du débat des chefs, Mario Dumont sort une note de service du ministère des Transports qui n’avait pas été rendue publique jusque là. Elle date de juin 2004. Dumont lit que le viaduc « présente des problèmes au niveau de ses assises ». Il ajoute qu’« il y avait un rapport un an après (le 1er mars 2005) qui disait qu’on devait mettre ce pont-là sur une surveillance toute spéciale... Vous avez caché cela aux Québécois ».
Mais le chef adéquiste ne prend pas la peine de spécifier que la note de 2004 mentionne aussi que « Nous recommandons à la direction territoriale d’attendre l’apparition de dommages plus importants... avant de procéder aux travaux de réparation... ». Comme on le sait, le viaduc s’est effondré le 30 septembre dernier. Le ministère des Transports, de son côté, ne fait pas de lien entre les dégats constatés et les causes de l’effondrement du pont, car « ce qui est dit dans les notes ne permet pas d’expliquer ou d’anticiper l’effondrement ».
Analyse de l’intervention de Dumont
Mario Dumont a bien fait de parler de cette note de service et de ce rapport lors du débat des chefs, mais il aurait pu mieux le faire.
Le gouvernement libéral a été loin d’être transparent durant son mandat, et cela méritait d’être dénoncé. La pertinence d’utiliser le débat des chefs pour dévoiler ces informations peut être questionnée, car c’est faire du sensationnalisme avec un incident où il y a eu cinq morts et six blessés. Par contre, à un certain moment, on ne sait plus quoi faire pour dénoncer la non-transparence de ce gouvernement.
Le ministère soutient que la note de service portait sur un problème qui n’est pas à l’origine de l’effondrement du viaduc. Mais la question n’est pas là. La question, c’est : pourquoi avoir caché des informations au public ? Je n’en vois pas la raison, on ne parle pas d’un secret d’état ici. Cela donne l’impression que le gouvernement libéral a des choses à se reprocher ou à cacher à la population.
Par contre, ce que je reproche à Dumont, c’est de n’avoir pas spécifié lors du débat des chefs que la note mentionnait aussi d’attendre l’apparition de dommages plus importants avant de procéder aux travaux de réparation. Quand on veut dénoncer le manque de transparence de l’autre, on doit être transparent soi-même.
L’essentiel oublié : la négligence dans l’entretien des ponts et routes
En se concentrant sur son coup d’éclat, Dumont a par le fait même oublié de parler d’un élément de fond important : la grande négligence du gouvernement libéral dans l’entretien de nos ponts et routes. Il aurait dû exposer cette situation avant de parler de la note de service. Cela aurait donné plus de crédibilité à son intervention. Pour ce faire, il n’avait pas besoin de dénicher l’astuce à laquelle personne n’avait pensée. Il n’avait qu’à consulter le rapport annuel 2005-2006 du Ministère des Transports du Québec, qui nous indique en page 48 que sur les 4924 ponts et structures que doit entretenir le ministère, seulement 53, 3 % sont en bon état, ce qui laisse 2301 structures en mauvais état.
En consultant le rapport 2004-2005, on voit que la situation va en se dégradant d’année en année. La page 43 nous montre qu’en 2001-2002, 58,7 % des structures étaient en bon état, alors qu’on est maintenant rendu à 53,3 % en 2005-2006. Cela démontre aussi que le gouvernement péquiste a aussi sa part de responsabilité, car il a laissé aux Libéraux un réseau de ponts en mauvais état. La situation des routes, quant à elle, est à peine plus reluisante : 62,1 % seulement des chaussées sont en bon état.
Traitement par les médias
Je suis déçu du traitement par les médias et journalistes des révélations de Mario Dumont. Je trouve que leur analyse est superficielle. Ils ont porté beaucoup trop d’attention aux révélations sensationnelles de Dumont et n’ont pas dénoncé suffisamment ses faiblesses en gestion.
On sait que le chef adéquiste a très mal paru quand il a été questionné plus à fond sur la mise en application concrète des propositions de son parti. Les journalistes auraient dû mettre cela plus en évidence. Les médias et les journalistes ont le rôle d’aider les citoyens à se forger une idée sur la compétence des chefs pour gérer l’État québécois, pas sur leur capacité à faire des « shows de boucane ». Ils manquent à leur devoir en analysant superficiellement les faits et en faisant du sensationnalisme.
J’ai analysé la couverture du Journal La Presse au lendemain du débat des chefs. J’ai constaté que dans les sept (7) premières pages, 45 % de l’espace consacré à la campagne électorale mettait principalement l’emphase sur l’astuce trouvée par Mario Dumont.
Quatre chroniqueurs sur sept ont analysé le débat de façon sensationnaliste, superficielle et non objective. Certains ont aussi analysé la performance de Boisclair de façon superficielle. Ils l’ont jugé durement pour des raisons d’image ou d’attitude, plutôt que d’avoir porté plus d’attention sur sa bonne maîtrise des dossiers et la pertinence de ses interventions.
Vincent Marissal a titré « Mario en feu, Charest éteint », puis nous a expliqué que « si la norme d’évaluation d’un débat des chefs est de savoir, comme on dit en jargon sportif, qui voulait le plus hier soir, alors c’est clairement Mario Dumont qui a gagné ». Il met des bémols par la suite, mais quand même, on s’attend à plus de la part d’un journaliste sérieux comme lui. Son introduction et son titre traite la politique comme si c’était un match de hockey.
Yves Boisvert encense lui aussi Super Mario, avec « le punch que personne n’avait vu venir : l’affaire du viaduc de la Concorde ». Selon M. Boisvert, André Boisclair était nerveux hier et manque généralement de naturel, alors que Mario, lui parle de « choses concrètes, au ras du terroir ».
Auger titre : « L’or à Dumont, l’argent à Boisclair », et annonce que « le temps fort de ce débat restera ce document que Mario Dumont a révélé sur l’état du viaduc de la Concorde ».
Dubuc, de son côté, considère que s’il y avait un perdant, ce serait Boisclair, car il a joué un « rôle d’inquisiteur », interrompant « ses interlocuteurs d’une façon qui devenait impolie ». Cette attitude « devenait carrément insupportable et a dû tomber sur les nerfs de pas mal de monde », alors qu’évidemment « Mario Dumon, de son côté, est peut-être celui qui a le mieux fait. Parce qu’il parle bien, qu’il est capable d’exprimer ses idées en termes clairs... ».
Heureusement que Patrick Lagacé, André Pratte et Louise Cousineau ont été là pour porter un jugement plus réfléchi que leurs collègues.
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> Quoi penser de la note de service révélée par Mario Dumont
Le pire de tout cela est que l’article de Mario Dumont disant qu’il fallait attendre d’autres dommages avant d’entreprendre les réparations. C’est fameux et c’est ça qui s’est passé, le pont est tombé. Il n’y a pas de plus imbéciles que ces inspecteurs et Charest pense se dégager de cet incident, quelle merde.......
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> Quoi penser de la note de service révélée par Mario Dumont
Je pense que Mario Dumont laisse un impact neutre pour la note de service. Je crois que c’est ni bien ni mal. Par contre, j’aurais aime une critique de la gestion actuelle avec les chaussée qui dépérissent.
Sans compter que l’on devrait développer le ferroviaire, plus écologique que des centaines de camions, moins de coûts d’entretien. Ou taxer les camions de transport commercial pour l’utilisation ’’abusive’’ des routes. Car c’est surtout les camion lourds avec les gels et dégels qui usent les routes.
Est fait je crois qu’il y a quelque chose de profond quand on regarde l’état des routes. Quelqu’un qui annonce qu’il va réparer une route ne gagne pas de vote. Par contre, annoncer une nouvelle autoroute peut gagner des votes. Je crois que c’est un manque de vision des gouvernements précédants. Il ne faut pas faire ce qui est utile mais bien ce qui gagne des votes. Je crois que la vision ’’d’achat des votes’’ fait en sorte que notre société en entier dépense de l’argent qu’il n’a pas pour un gouvernement qui veut se faire réélire. C’est aberrant.
Quand on entre dans la pré-campagne les coffres s’ouvrent !!!! Ca m’inquiète toujours que le gouvernement en place peut dépenser des millions pour acheter des votes, il me semble que c’est d’une éthique douteuse.
Puis je pense que Mario Dumont, a peut-être une chance de ne pas être dans le même moule que les deux autres politiciens. Je pense sincèrement que c’est le temps de faire le ménage, comme au fédéral.
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> Quoi penser de la note de service révélée par Mario Dumont
La note de service de Mario Dumont le révèle tel qu’il est pour ses autres révélations, ça n’a pas trop de fondement, mais ça attire les médias et alimente bien ses clips....un "morning man" de la radio qui aime les controverses utilise ce genre de désinformation qui s’apparente à la dénonciation que beaucoup d’auditeurs aiment entendre. Sa popularité repose sur ce style, mais cela ne veut pas dire qu’il est habile a gouverner.
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Le pétard mouillé de Mario Dumont
Sans vouloir défendre le bilan Libérale en matière de bitume, les québécois supportent plus que tout autre Pays industrialisés les infrastructures routières par tête d’habitant.
Le tout se résume par une volonté collective de s’approprier notre territoire par notre suffisance sans négligé d’autres priorités tel que l’éducation et la santé.