Rouleau Serge
Le gel des droits de scolarité, une injustice sociale.
samedi 3 mars 2007
Le niveau actuel de financement des études postsecondaires par le gouvernement représente une injustice envers l’ensemble des Québécois. En effet, les contribuables doivent payer plus d’impôt pour financer les études postsecondaires d’une minorité alors que les bénéfices qui en découlent favorisent principalement cette même minorité. Cette injustice est particulièrement évidente au Québec où la part des études postsecondaires financées par le gouvernement est la plus élevée.
Le Rapport Bourgogne du Cirano, Le Québec et les droits de scolarité universitaire, conclut qu’au Québec en 2001 un gradué universitaire gagnait en moyenne 21 763 $ (90%) de plus qu’un gradué du secondaire.
Le professeur F. Vaillancourt dans un mémoire présenté à la CRÉPUQ en 2004 concluait que l’investissement d’un étudiant dans ses études universitaires donnait un taux de rendement réel après impôt variant entre 6,9% et 26,7% selon le choix de la discipline. Par exemple, un ingénieur gagnera au cours de sa carrière 957 217 $ de plus qu’un Cégépien pour un taux de rendement de 24,2%.
Il me semble difficile de faire un meilleur investissement. Un tel avantage justifie amplement d’augmenter les droits de scolarité pour réduire le fardeau fiscal de l’ensemble des contribuables. Il est clairement injuste qu’un ouvrier qui gagne 20 $ de l’heure paie des impôts pour financer les études d’un futur professionnel qui gagnera 50 $ ou plus de l’heure.
Le taux ridiculement bas des droits de scolarité au Québec représente aussi une injustice intergénérationnelle flagrante. C’est injuste envers les générations futures qui devront financer une part beaucoup plus importante de leurs études. Le niveau actuel de financement par les gouvernements est insoutenable. C’est aussi injuste envers les générations passées qui ont dû payer de leur poche une part beaucoup plus importante de leurs études. En dollars indexés en fonction de l’IPC, les droits de scolarité en 1968-1969 étaient 66% plus élevés en 1968-1969 qu’en 2005-2006 (3 087$ vs 1862$).
De surcroit, des droits de scolarité peu élevé ne favorisent pas l’accès des Québécois aux études supérieures. Le mémoire de l’IÉDM , La hausse des droits de scolarité réduirait-elle l’accessibilité aux études universitaires, publié en février 2004, est très révélateur :
« La fréquentation des universités (calculée comme la proportion de jeunes de 20 et 21 ans inscrits à plein temps dans une université) au Québec est parmi les plus faibles au Canada. Ce taux de participation se situe à 20% pour l’année 2000-2001, dernière année pour laquelle nous disposons de données détaillées. Parallèlement, la Nouvelle-Écosse, qui a les droits de scolarité les plus élevés (5557 $ par année), a également le taux de fréquentation le plus élevé à 33%. »
« Les gouvernements font face à diverses pressions dans l’allocation de leurs ressources limitées et il semble évident qu’ils ne pourront continuer de financer de façon adéquate les universités si le gel des droits de scolarité est maintenu. Ne pas permettre l’augmentation des droits universitaires pour répondre aux besoins risque de compromettre de façon importante la qualité de l’éducation supérieure au Québec sans pour autant profiter aux étudiants les moins bien nantis. En bout de ligne, qu’importe si tout le monde peut fréquenter l’université pour obtenir un diplôme qui n’a pas de valeur ? »
Les fédérations étudiantes québécoises réclament le gel, quand ce n’est pas l’élimination, des droits de scolarités au nom de la solidarité sociale. Pour eux, la solidarité sociale signifie que tous les Québécois qui désirent fréquenter l’université doivent pouvoir le faire gratuitement ou presque. Il faut pourtant se rappeler que ce qui est gratuit pour les uns est nécessairement payé par les autres mais cela ne semble pas une considération valable à leurs yeux. Les étudiants qui prétendent défendre la solidarité sociale doivent d’abords exiger que leurs représentants arrêtent d’agir comme de simple groupe de pression.
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> Le gel des droits de scolarité, une injustice sociale.
@ Sébastien Beausoleil
Vous dites :’’L’éducation n’est pas une affaire individuelle, il faut la voir comme un moteur de développement pour la société dans son entier.’’ Remplacez le mot éducation par bière et développement par relaxation et relisez-vous pour voir comment votre propos est dénaturé. Est-ce que la collectivité va choisir les matières qui seront étudiées puisque c’est elle qui paie la note ?
Le premier à profiter de son éducation est l’individu. En URSS l’état dictait qui étudiait quoi, ce fut un échec retentissant.
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> Le gel des droits de scolarité, une injustice sociale.
L’éducation n’est pas une affaire individuelle, il faut la voir comme un moteur de développement pour la société dans son entier.
En fait, selon moi, ce ne devrait pas être à l’individu de payer sa formation, mais bien à la société au complet. Toutefois, je suis en faveur d’un contrat de réussite (durée maximale de la formation et changements de programme limités) entre l’état et les étudiants et un contingentement dans les disciplines oû les besoins sur le marché du travail sont moindres.
Cela dit, je ne crois pas qu’en dégelant les droits de scolarité on réglera vraiment le problème de financement des universités.
En fait, il faut que le gouvernement du Québec utilise sont système d’éducation comme le ferait une entreprise avec son département RH, soit offrir gratuitement les formations dont il a besoin pour faire prospérer son économie. Chaque membre de la société doit contribuer à l’essor de celle-ci, et cet essor passe inévitablement par l’éducation supérieure. D’autant plus dans le contexte mondial actuel. Il faut arrêter de se regarder le nombril et de vivre chacun pour soit, il faut que tous ensemble, on oeuvre à faire prospérer le Québec.
En passant, ne trouvez-vous pas ça drôle qu’une agglomération d’environ 3 millions de personnes (la grande région de Montréal) soit flanquée de 5 université (UQAM, McGill, Montréal, Concordia, Sherbrooke) ? On doit être le seul État au monde à avoir tant d’universités per capita dans sa région métropolitaine. Toutes ces institution qui courtisent la même clientèle, ça coûte de l’argent au système et ne favorise vraiment pas le développement économique des régions.
Enfin, si le gouvernement se dotait d’une politique cohérente et réaliste en éducation, il n’aurait pas besoins de dégeler le droits.