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Charron Christian
Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias vendredi 9 février 2007
L’analyse du débat sur les accommodements raisonnables et de ses dérapages, démontre une évidence. Ce n’est en fait que les réactions justifiées d’une population désinformée, face à la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux. Les grands médias québécois, fortement concentrés et près du pouvoir politique, évitent de mettre en lumière cette relation. Ils préfèrent envoyer les citoyens sur de fausses pistes, comme le racisme et la xénophobie.
Dans tout ce débat, il faut d’abord établir que ce sont les tribunaux, et principalement la Cour suprême du Canada, qui ont ouvert la porte aux accommodements raisonnables :
Juin 2001 : la Cour supérieure du Québec autorise des juifs hassidiques d’Outremont à tendre un érouv (fil de nylon) à 5 mètres au-dessus du sol autour de leur quartier pour des motifs religieux ;
Juin 2004 : dans une décision à 5 contre 4, la Cour suprême du Canada permet à des juifs d’Outremont d’avoir une souccah (cabane) sur leur balcon pour commémorer une fête juive, en opposition à une règlementation du syndicat de copropriété. Ce jugement renverse les décisions précédentes de la Cour supérieure (1998) et de la Cour d’appel du Québec ;
Juillet 2006 : dans une décision unanime, les juges de la Cour suprême du Canada autorisent un jeune sikh à porter son kirpan (couteau) à l’école. Elle renverse ainsi la décision de la Cour d’appel du Québec rendue en 2004, qui elle, avait renversé la décision de la Cour supérieure du Québec rendue en 2002.
Les autres accommodements ont été instaurés par des institutions publiques dans le but de se conformer à l’esprit des décisions rendues par la Cour suprême.
En examinant les décisions des tribunaux et les autres accommodements qui ont suivi, on réalise que leur dénominateur commun, ce ne sont pas les immigrants de façon générale, mais leurs religions.
En analysant plus attentivement les deux décisions de la Cour suprême, on remarque que celle de juin 2004 a été rendue à 5 contre 4, alors que celle de juillet 2006, l’a été à l’unanimité. Que s’est-il donc passé entre ces deux jugements ? Il y a eu trois nouvelles nominations : Mesdames Rosalie Abella et Louise Charron de la Cour d’appel de l’Ontario en août 2004, et M. Justice Marshall Rothstein, du Manitoba en mars 2006.
On a tendance à croire que les juges de la Cour suprême sont neutres, et indépendants du pouvoir politique. C’est loin d’être le cas car ceux-ci ne sont pas élus. Les trois derniers juges ont dans les faits, été nommés par le pouvoir politique. Mentionnons à ce chapitre les doléances du Comité spécial intérimaire constitué pour évaluer les deux seules candidatures proposées par le ministre de la justice libéral Irwin Cotler et le Premier ministre Paul Martin en août 2004 :
« Une des difficultés auxquelles le Comité s’est heurté fut le peu de temps dont il a disposé. Les membres du Comité ont été informés de l’identité des deux candidates retenues un jour seulement avant d’être invités à questionner le ministre de la Justice à leur sujet... »
« La deuxième lacune relevée par le Comité a été la pauvreté de l’information qu’on lui a fournie sur les candidates retenues. »
« Certains membres du Comité ont déploré le fait qu’en vertu du processus intérimaire adopté, aucune liste de candidats ne leur a été présentée... ce qui ne leur a pas permis de comparer leurs qualifications avec celles d’autres candidats. »
Même si le processus pour le choix du juge Rothstein, qui a remplacé John C. Major en mars 2006, s’est amélioré, on peut pratiquement dire que le pouvoir politique a été le seul à décider du choix du juge, tellement son rôle a été central. En effet, le ministre de la Justice et le Premier ministre ont d’abord joué un rôle déterminant dans la constitution d’une liste de cinq à huit candidats, fournie à un comité consultatif, puis ont fait le choix final à partir de la liste de trois candidats remise par ce même comité.
Détail intéressant à noter, les nouvelles nominations ont fait passer de un à trois le nombre de juges de la Cour suprême de religion juive. En plus des juges Rothstein et Abella, il y a Morris Fish, assermenté en 2003. Ceux-ci représentent maintenant 33 % des juges de la Cour suprême (3 sur 9), alors que les personnes se réclamant de religion juive ne représentent que 1,1 % de la population canadienne selon le recensement de 2001.
En conclusion, à la lumière du verdict de juillet 2006 concernant le kirpan à l’école, il en ressort que les trois nouveaux juges qui ont été nommés à la Cour suprême sont tous en faveur des accommodements religieux, ce qui fait que maintenant l’ensemble des juges de cette cour le sont.
Mais ces accommodements religieux représentent plus que ce qu’on essaie de nous faire croire, ils ont en fait pour but de renforcer le pouvoir religieux et voici pourquoi.
Le pouvoir politique est en train de perdre le contrôle de l’information diffusée à la population. Les capacités de réflexion, d’organisation et d’interaction des citoyens ont été démultipliées grâce à Internet. La forte concentration des médias permettait auparavant de contrôler la réflexion populaire. Mais Internet n’étant pas un média contrôlé, il devient dangereux pour le pouvoir politique. Comme le contrôle sur l’information lui échappe, sa voie de sortie est de s’associer au pouvoir qui agit sur les consciences, le pouvoir religieux.
La stratégie du pouvoir politique est d’encourager l’acceptation des pratiques religieuses non chrétiennes dans la société. Par réaction, la population de souche se sentira envahie et va demander la réintroduction des traditions de la religion chrétienne. En bout de ligne, c’est tout le pouvoir religieux qui en ressortira renforcé. Au Québec, les chefs du Parti Libéral du Québec et du Parti Québécois participent à créer cette réaction chez les citoyens, en faisant exprès de ne pas souhaiter « Joyeux Noël ».
Le pouvoir politique ne veut pas nécessairement avantager une religion plus qu’une autre, car lui et les religions partagent un même but : le pouvoir. La décision de Jean Charest d’offrir un cours d’éthique et de religion à tous les élèves du primaire et du secondaire dès 2008 le confirme. En effet, ce cours remplacera l’ancien cours de morale, où les élèves apprendront à découvrir toutes les « grandes religions ».
Sentant que le débat sur les accommodements raisonnables commence à prendre trop d’ampleur, le journal Le Devoir nous apprend aujourd’hui que Charest tente maintenant de l’endormir, en formant une commission d’étude qui devra rendre sa décision en mars 2008. Celle-ci sera formée de Gérard Bouchard, 63 ans, frère de l’ancien premier ministre et chef du Parti Québécois Lucien Bouchard, et d’un philosophe catholique proche de Jean-Paul II, Charles Taylor, 75 ans, professeur à l’Université McGill.
Taylor est le principal collaborateur d’un livre écrit en 1999 et intitulé A catholic modernity ?, dont l’éditeur est un professeur de foi et de culture à l’Université de Dayton. Ce livre traite du rôle que le catholicisme peut et devrait jouer dans la société contemporaine. Taylor croit que les obstacles aux croyances religieuses doivent être surmontés par un rapprochement avec les éléments normatifs plus forts (« the healthier normative elements ») de la modernité. Dans le chapitre final, il décrit de quelle façon la spiritualité peut aider à revivifier l’amour et la servitude de Dieu.
Remarquez à quel point libéraux et péquistes au Québec unissent leurs forces contre celui qui a lancé le débat contre les accommodements raisonnables, Mario Dumont. En effet, c’est la deuxième fois que Jean Charest crée une commission d’enquête confiée à une personne liée de très près aux péquistes. En effet, suite à l’effondrement du viaduc du boulevard de la Concorde à Laval, il avait sélectionné l’ancien premier ministre et chef du Parti Québécois, Pierre-Marc Johnson, pour présider la commission.
Il n’y a pas qu’au Québec que l’alliance politico-religieuse reprend du galon. Aux États-Unis, Bush a été élu puis réélu grâce au bloc chrétien. En France, Sarkozy veut réintroduire la religion en politique. Dans son livre La République, les religions, l’espérance, il soutient que la religion seule crée l’espérance. Il veut créer un islam français pour redonner l’espoir chez les musulmans des banlieues. En Europe, le projet de Constitution de l’Union européenne prévoit spécifiquement à l’article I-52 de maintenir « un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations ».
Pourquoi les journalistes des grands médias, qui semblent jouir d’une certaine indépendance, n’ont-ils pas fait ressortir cette relation ? Tout d’abord au Québec, ils subissent la censure de leurs patrons. N’oublions pas que le journal La Presse est la propriété de Paul Desmarais, le grand financier de Power Corporation. Plus de pouvoir aux citoyens équivaut en bout de ligne pour lui à moins de profits pour son empire. Lui et Péladeau sélectionnent leurs journalistes en fonction de certains critères. Soit ils sont érudits et malléables, soit ils sont rebelles mais d’un style populaire. Mais jamais ils ne doivent être rebelles, érudits et épris de vérité, au point d’être une menace pour le pouvoir de leur patron, et pour le pouvoir tout court.
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> Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias
9 octobre 2007, par tiso82.231.92..***
toutes les religions en leur début sont une vérité, mais avec le temps elles s’en écartent et deviennent les prostituées des gouvernements, et leurs buts non avoués est alors de maintenir les hommes dans l’obscurité et la dépendance des puissants de ce monde.
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> Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias
Je crois que tout est une question d’équilibre... Je suis généralement pour les accomodements raisonnables.
Sauf qu’il ne devrait pas avoir plusieurs "lois civiles", une pour les musulmans, une pour les juifs (eux peuvent déjà, mais pas les musulmans, ce que je trouve abhérant, les lois juives traditionnelles n’étant pas vraiment mieux que celles de la charia en ce qui a trait aux droits des femmes, par exemple...), un pour les chrétiens...
Vous imaginez-vous, ministre de la Justice, gérer un tel système ? Il y a trop de lois, j’en conviens, alors pas question de créer d’autres systèmes de lois parallèles ! C’est complètement fou comme idée.
Pour le reste, qu’est-ce qui nous dérange vraiment dans les accomodements raisonnables ? Qu’est-ce que ça change qu’un élève porte un kirpan à l’école ? Et avant de me dire que c’est un dangereux coûteau, en avez-vous déjà vu un ? Souvent, il est moins coupant qu’un couteau à beurre... (J’en ai vu un de visu et j’ai touché la lame...) J’aimerais vous signaler qu’un sikh n’a pas le droit d’utiliser son "coûteau" sauf pour se défendre, et encore là...
Les immigrants sont-ils dangereux pour nous ? Regardons-nous en face avant de juger les nouveaux arrivants...
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Totalitarisme laïc versus coexistence pacifique
4e réponse
M. Paul-Émike L’Heavy,
Je pense que nous pourrions éventuellement nous entendre sur l’égalité de statut de toutes les croyances, mais malheureusement seulement en théorie. Car en pratique vous semblez convaincu que votre croyance à vous est « plus égale » que les autres, dans la mesure où vous chercheriez, comme trop de gens, à imposer vos valeurs partout où vous pourrez en les prétendant « universelles ». Et je dis « imposer », au sens stricte de recours à la violence (de l’État). C’est en raison de cette présomption d’universalité, par exemple, que M Gilles Duceppe, représentant officiel de l’opinion publique québécoise à Ottawa, a donné son appui à M Harper pour prolonger la présence canadienne en Afghanistan : pour « protéger les femmes ». Alors que ce même courant d’opinion ne respecte pas les musulmanes d’ici, qui veulent porter le voile en public, et que l’ordre légal laïc impose de fait ses principes, comme je le montre plus loin, même dans les fors privés des gens que pourtant il prétend respecter.
En effet (et bien que pour la plupart des gens cela ne soit guère évident) le laïcisme, lui aussi, est une croyance. Il est une croyance parce que constitutif de ce que nous sommes, et comme tel un principe non fondé -les fondements n’étant pas eux-mêmes fondés, car à la base d’une vision du monde ainsi que d’un projet social et implicitement d’un programme de vie-. Seul l’adhésion à une croyance constitutive explique la passion avec laquelle beaucoup de québécois voudraient interdire à certaines femmes qu’elles portent un voile simplement parce qu’il est un symbole puissant d’une autre foi ...qui les « dérange ». À ce compte là, quelqu’un pourrait prétendre lui aussi que les minijupes, ou les chapeaux noirs, ou les boucles de cheveux, ou les croix de David, le « dérangent » parce qu’ils symbolisent qq chose ou une autre qui ne cadre pas avec les croyances qu’il considère publiquement « acceptables ».
Ces gens-là, dont je présume que vous faites partie (sinon, corrigez-moi svp) font preuve de la même intolérance (= elles ne tolèrent pas l’expression d’autres modes de pensée et de vie), du même totalitarisme idiot (= ils ne voient même pas de contradiction à chercher à interdire au nom de la liberté, des choses strictement inoffensives ! - si vous pensez que j’exagère, je peux vous montrer l’enregistrement d’une femme qui défend pareille interdiction au nom de la liberté !) et du même désir présomptueux et insolent d’organiser la vie des autres. Ils exercent cette présomption en proclamant comme « publics » les espaces privés des autres, afin de se donner le pouvoir d’intervenir pour imposer partout leurs propres valeurs. A preuve : le rejet du recours à la sharia dans les affaires familiales entre musulmans. Du point de vue fonctionnel, en effet, le désir d’imposer aux musulmans les principes laïcs dans la gestion de leurs affaires internes n’est qu’un autre cas de tyrannie de la majorité, qui s’exprime même en des situations qui n’ont rien à voir avec la « foi ». Ce refus, en effet, est strictement identique, par exemple, à de nombreux aspects de la loi contre le tabac. Un chauffeur de taxi et son client qui sont tous les deux fumeurs sont interdits de fumer dans le taxi parce que la majorité a déclaré cet espace comme étant « public » afin de s’arroger la juridiction sur des activités qui, somme toute, ne lui concernent pas. Le recours à la sharia pour les rapports familiaux entre musulmans est d’exactement la même nature : un contrat privé entre deux parties, qui n’affecte le monde extérieur en strictement rien. Si deux athées ont le droit de signer un contrat de mariage quelconque, pourquoi ne pas laisser les musulmans s’entendre entre eux selon leur propre code ? La seule condition « non-négociable » pour que l’entente ait valeur d’engagement légalement imposable (c’est-à-dire qu’elle bénéficie de la protection publique), serait que ce choix soit librement consenti : comme n’importe quel contrat de mariage, d’ailleurs (ou, à ce compte là, comme n’importe quel contrat commercial). On s’entend que l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher des citoyens -mais ceux qui sont contre le recours des musulmans à leur propre code de relations familiales, tel que stipulé dans la sharia, au fond veulent assurer la juridiction de l’opinion de la majorité dans les salons et dans les cuisines des gens.
Il est évident que les gens qui épousent cette mentalité-là ne vont pas tolérer l’expression inoffensive sur la place publique de la foi des musulmanes voilées, et encore moins une place pour elles lorsqu’il y a effectivement une pomme de discorde concrète, comme l’usage des piscines : comment pourraient-ils, alors qu’ils ne sont même pas capables de reconnaître le droit d’autres personnes à vivre à leur manière même dans leurs espaces privés que ces champions de la laïcité disent respecter !
Mais voyons ! Pourquoi cela vous énerve autant ? Moi, je m’en fous éperdument de ce que les autres font chez eux ! Je peux leur offrir mon appui, ou, à l’inverse, mépriser leurs valeurs. Mais il ne me passerait jamais par la tête de leur imposer les miennes. Or il est évident que si vous n’êtes même pas capable de laisser les musulmans vivre selon leur propre code dans leurs espaces privés, vous n’allez pas défendre leur droit à l’expression publique et inoffensive d’autres croyances (port du voile), et encore moins le partage équitable de l’espace financé publiquement, comme les piscines ! Mais svp ne venez pas prétendre que « La liberté de culte est totale, mais de nature strictement personnelle » Vous n’êtes même pas capable de tolérer que les musulmans régissent leurs rapports matrimoniaux privés comme ils l’entendent ! Vous ne tolérez pas la coexistence pacifique par la bonne et simple raison qu’elle est incompatible avec votre présomption d’imposer vos valeurs partout où le « rapport de forces » vous permettra de déclarer « publics » même les espaces manifestement privés. N’est-ce pas, au fond, la politique du Lebensraum, ou « espace vital », dont vous avez besoin pour être à l’aise ?
Il est évident que face à cet esprit qui vous anime il serait vain de tenter une quelconque élucidation rationnelle sur la question plus délicate de la bonne gestion « pluriculturelle » des espaces publics comme les piscines. À cet égard, toutefois, je vous signale que vous ne défendez pas l’égalité mais la non-ségrégation. Or la valeur sur laquelle nous nous entendons tous, et qui à cause de cela a valeur fondatrice, est l’égalité. Mais celle-ci admettrait parfaitement un nombre proportionnel d’heures de piscine pour d’autres systèmes de valeurs. Si personne ne pense à instaurer une séparation entre les blancs et les noirs, ou entre blonds, bruns et roux, c’est simplement parce que les blancs et les noirs, ou les blonds les bruns et les roux ne considèrent pas qu’ils veulent que se tenir entre eux : il n’y a plus de valeurs communément partagées en fonction des races, pas plus qu’il n’y a pas de valeurs partagées par des gens avec la même couleur des cheveux. Mais les musulmans paient des impôts comme tout le monde, qui servent à financer les piscines. Moi, je suis prêt à leur donner une place, même si ça réduit un peu les heures auxquelles je pourrais aller me baigner. C’est une question de justice autant que de magnanimité de celui qui, en pratique, détient le pouvoir en tant que majorité. Je m’attendrais à ce que dans un pays musulman, où ma culture serait en minorité, j’aurais moi aussi au moins quelques heures où je pourrais aller me baigner avec des filles en bikini. Ça s’appelle du savoir vivre et de l’ouverture). J’avoue que je n’ai jamais compris cet esprit petit et mesquin animé par la volonté d’imposer ses valeurs partout, incapable reconnaître (et encore moins d’apprécier) la différence ; constitutivement incapable, selon toute apparence, de vivre en laissant vivre.
Quant à l’espoir de régler au « cas par cas » les problèmes qui surgissent de la cohabitation de cultures différentes, malheureusement c’est justement ce qui est à l’origine de tout ce brouhaha actuel. C’est justement là le nerf du débat. Car c’est justement puisque l’on n’a pas encore clarifié les principes clairs et « opérationnels » de la coexistence pacifique, c’est-à-dire l’expression juridique du pluralisme des modes de vie, que malheureusement l’on se retrouve avec des règlementations qui d’une part oppriment et étouffent inutilement les minorités dont on ne respecte pas l’espace privé -qu’elles soient « traditionnelles » (p ex les musulmans) ou « modernes » (p ex les échangistes)-, en même temps qu’on assiste à des idioties comme le port du turban à la GRC (dont l’uniforme, par définition, est un symbole public par excellence, et doit donc être un symbole partagé).
Bienvenu au creuset de l’avenir, où nous forgeons le monde de demain à travers des débats comme le nôtre, qui au fond devraient viser à clarifier formellement les principes de la coexistence pacifique. Ce nouvel ordre devient nécessaire puisque l’ordre fondé sur la laïcité se révèle manifestement trop étroit pour accommoder bon nombre d’usages parfaitement légitimes. Il est pourtant évident pour moi que si vous voyiez toutes les situations où la tyrannie de la majorité vous empêche de vous organiser comme vous l’entendez, vous verriez à quel point la coexistence pacifique ferait drôlement votre affaire à vous aussi !
Alfredo de Romaña
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Les juges de la Cour suprême élus ?
M. Harper a confirmé ouvertement la forte influence du pouvoir politique dans le choix des juges, lors de la période des questions du 14 février. Il invoque comme suit les changements opérés en novembre dernier aux comités consultatifs de la magistrature : « Nous voulons nous assurer de faire passer des lois qui nous permettent de sévir face au crime, de rendre nos rues et communautés plus sécuritaires. Nous voulons nous assurer que notre sélection de juges soit cohérente face à ces objectifs »* a dit le premier ministre.
Rappelons que le pouvoir judiciaire est censé être indépendant du pouvoir politique. Ne nous étonnons pas alors, tel que le révélait mon article, que la Cour suprême se soit prononcé en faveur des accommodements religieux. Quand on voit qu’une stratégie marche de l’autre côté de la frontière, pourquoi ne pas s’en servir ici, n’est-ce pas chers politiciens ?!
Une partie de la solution ? Il faut examiner sérieusement que les juges de la Cour suprême soient élus.
*Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20070215/CPACTUALITES/70215003/5032/CPACTUALITES
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Laïcité ou athéisme.
14 février 2007 132.221.36.***
M. Romaña
Il ne faut pas confondre laïcité et athéisme. Ce qui nie toute religion ou croyance et s’y oppose, c’est l’athéisme. Quand ce dernier devient intégriste, il peut poser des gestes extrêmes, et regrettables.
La laïcité n’est pas la négation des religions ou des croyances. La laïcité est l’attitude qui consiste à vouloir que les croyances ne fassent pas obstacle aux institutions publiques, ne les influencent pas, ne s’y ménagent pas d’exceptions aux lois et règlements.
Parlons piscines. Ce sont là des lieux de détente et d’exercice physique. Pas des lieux de culte. Au Québec, l’égalité des sexes est une valeur fondamentale et non négociable. Ménager des heures différentes aux hommes et aux femmes dans les piscines serait discriminatoire, car fondé sur l’inégalité des sexes, ou mieux, ségrégationniste, car fondé sur la croyance que des hommes et des femmes en maillot ne devrarient pas cohabiter. Ces croyances, d’origine religieuse, ne doivent pas prévaloir sur l’égalité des sexes. Imaginez qu’on voudrait instaurer des heures différentes pour les Blancs et pour les Noirs. Ce serait de la ségrégation raciste, et inacceptable, bien évidemment. Même chose pour les hommes et les femmes - peu importe si le nombre d’heures est égal.
La laïcité, au rebours de l’athéisme, ne cherche pas à empêcher les gens de croire. Elle insiste seulement pour que leur foi n’appartienne qu’à eux, en vertu du principe suivant : « La liberté de culte est totale, mais de nature strictement personnelle, et un individu choisissant de vivre des contraintes imposées par telle ou telle croyance ne peut en aucun cas exiger le partage, même minime, de ces contraintes, par quelque individu ou quelque institution que ce soit, ni obtenir que des lois, règlements ou règles de fonctionnement collectivement admises s’adaptent auxdites contraintes, ou soient enfreints par leur mise en pratique. »
Quant aux différents règlements régissant notre société, certains peuvent paraître excessifs ou inappropriés. Soit. Ça peut se discuter, au cas par cas. Mais à la fin, s’il ne reste que l’objection de nature religieuse pour s’opposer à un règlement, ce dernier doit prévaloir.
C’est ça, la laïcité. Ce n’est pas une idéologie parmi tant d’autres, c’est le fondement de la société québécoise, en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne qui, au rebours de la charte canadienne (que le Québec n’a jamais signée) ne proclame pas la suprématie de Dieu.
Paul-Émike L’Heavy
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> Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias
13 février 2007 66.131.134.***
3e réponse à M Charron :
Donc on peut commencer à s’entendre. Il est évident qu’il serait idiot d’être pour ou contre "plus ou moins de règlements" : ça prend des lois pour vivre en société. Mais vous passez à côté de la question : quels règlements ? C’est peut-être la question centrale de l’heure : car on n’a pas vraiment clarifié les principes de la coéxistence pacifique.
Le problème avec la foi laique est le danger de sa dérive intégriste, qui veut écraser toute expression de réligiosité --tout en garantissant, bien sûr, la libre expression de ses propres croyances, exprimées en l’occurence dans l’univers symbolique du consumérisme, de la publicité, du sexe et de la libre consommation mutuellement consentante ("Vive le sexe libre !", voyons). Ainsi, en Angleterre le pouvoir politique s’offusque que certaines femmes portent le hijab en même temps que des gens baisent dans des parcs à la vue de tous sans aucun problème. C’est le même esprit partout dans l’occident laïc, où l’on s’ennerve des expressions de foi religieuse en même temps qu’on donne la pleine place, par exemple, aux journées de la fierté gaie.
Car non, M Charron : je ne fais pas de "comparaisons qui ne tiennent pas la route", comme le clarifie ma 2e réponse. Je révèle l’esprit de deux poids, deux mesures qui anime les intégristes laïcs.
Le problème est qu’il faut être cohérent : soit vous donnez aux réligions les mêmes droits d’expression que ces "autres organisations et écoles de pensée", soit vous supprimez de la place publique tout symbole qui n’est pas universellement partagé.
Personnellement, je prefère voir certaines filles en minijupe et d’autres portant des voiles ou des bourqa !
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Pas de traitement spécial pour les religions
Réponse à M. de Romaña :
En fait M. de Romaña , je ne suis ni pour plus ou moins de règlements. Je pense que ça en prend, sinon ce serait l’anarchie. D’un autre côté, je suis d’accord avec vous, sous d’autres aspects, il y en a trop.
Ma seule opinion est de dire que les religions ne devraient pas avoir plus de droits que les autres, sinon cela revient à dire qu’elles sont supérieures aux lois, autres organisations, écoles de pensée de notre société.
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> Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias
Réponse à la réponse de l’auteur à mon premier commentaire :
Le détail, M Charron, est qu’un homosexuel devrait lui aussi avoir le droit de mettre une cabane sur son balcon si bon lui semble ! Ou des fils autour de son quartier ...ça pourrait même donner qq chose d’esthétiquement intéressant ! Cela vous dérange, vous ? Pas moi ! En fait, ça n’affecterait absolument personne, seuls ceux qui sont habités d’un parti pris somme toute esthétique, qui pourraient, tout au plus, se déclarer dérangés. Au fond, vous êtes pour le fascisme esthétique, même si je ne m’attends pas à ce que vous vous l’avouez. Car la portée des règlements dont vous réclamez l’application uniforme est essentiellement de cet ordre. Et si vous êtes cohérent, vous devez aussi appuyer, par exemple, la réglementation qui bannissait les fleurs et les plantes qu’une dame chinoise avait longé le long de son magasin, avec lesquelles elle avait, en passant, égayé la rue Bernard. Ces fleurs et ces plantes, elles aussi enfreignaient les règlements ! Je m’en fous si vous ne les toléreriez pas d’une dame pure laine non plus. Où est-ce que vous les considérés sacrés, les règlements ? N’avez-vous pas remarqué qu’il y a en a déjà trop qui sont idiots, inutiles ou mal conçus. Ça se réorganise, ça, vous savez ? : il y a beaucoup à améliorer encore dans le monde. Mais pourquoi cet acharnement à vouloir tout réglementer, uniformiser, gérer, à supprimer des expressions de la vie qui réjouissent certains sans affecter personne !? Il y a une bande de réglementateurs lâchés loose, animés du même esprit étroit qui vous inspire, et je dis « étroit » au sens strict du mot : fermé aux « déviances », même si inoffensives.
Ou alors est-ce le symbole religieux qui vous pose problème ? Mais so what si les fils ou les cabanes ont un sens religieux pour certains. N’y a-t-il pas une croix sur le Mont Royal ? Vous pouvez dire qu’elle vous irrite au plus au point, tout comme le fait que certains expriment leur idéologies dans des symboles, mais cela ne brime aucun de vos droits, à l’exception du droit a l’intolérance symbolique que je suppose vous réclamez.
Ce n’est pas parce qu’on s’est adonné à des conneries comme permettre les turbans dans la GRC (car il n’y a pas de mot poli pour décrire pareil manque de jugement : l’uniforme de la GRC est un symbole partagé, pas une place ouverte), qu’il faut s’adonner à des bêtises inverses, à supprimer toute expression qui ne cadre pas avec vos sensibilités. C’est une question de discernement, pour lequel, il est vrai, nous n’avons pas encore élucidé des critères généralisables clairs. Mais si la Y change ses vitres pour accommoder des sensibilités prudes, ils ne font peut-être pas preuve d’une imagination technique capable de réconcilier des intérêts divergents, mais c’est un libre choix de l’organisme en geste de bon voisinage, pas une affaire de politique municipale ou provinciale. Ou s’il s’agit de gestion des lieux effectivement publics comme les piscines, dans laquelle il faut choisir une couleur ou esprit ou un autre, pourquoi ne pas diviser le temps en conséquence, comme lorsque l’on sépare des heures de son usage selon l’age, ou selon le type d’activité : pourquoi ne pas réserver certains moments selon les sexes aussi ? Tant qu’on laisse des heures où je puisse aller à la piscine quand il y a aussi des filles (et d’ailleurs les heures de choix, s’agissant du régime préféré de la majorité !), moi, je ne m’oppose pas. Organiser l’espace et la cité pour accommoder tout le monde, c’est simplement la coexistence pacifique : c’est ça la civilisation. Pensez-y un peu : ça pourrait vous intéresser vous aussi !
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M. Charron
Je ne pense pas que les partis politiques ont fait le calcul d’accorder des accommodements religieux dans le but de se gagner la clientèle des groupes qui les requièrent. Comme le démontre votre historique des événements, de tels accommodements ont été consentis autant sous le régime libéral que sous les conservateurs. Auquel des deux partis se rallieront les bénéficiaires ? Difficile à prévoir.
D’autre part, ces accommodements suscitent une grogne considérable chez les « autres », ceux qui ne sont pas visés, et qui, bien évidemment, forment la vaste majorité des électeurs. Les politiciens ne sont pas assez stupides pour sacrifier des millions de votes afin d’en ramasser quelques milliers - d’autant plus qu’ils ne peuvent même pas prédire si ceux-ci iront à eux ou au parti d’en face. Convenons par ailleurs que la gageure d’un vaste mouvement de retour vers le catholicisme est très hasardeuse, et, encore une fois, serait-elle gagnée que rien ne permet de deviner ce qui en résulterait sur le plan électoral.
En réponse à votre question sur l’inaction de Charest, je serais tenté de me contenter de dire que Charest, c’est Charest. J’ajouterai quand même que d’agir sur cette question ne sera facile pour aucun gouvernement, car il s’agit de créer un nouvel équilibre entre les droits individuels, garantis par les chartes, et la cohérence sociale, porteuse d’identité et de valeurs partagées. Un faux mouvement dans un sens ou l’autre, et les dommages pourraient être considérables.
Par exemple, si on cherche à restreindre les droits à la pratique religieuse des sikhs jusqu’à un point où ils ne pourront plus réclamer de pouvoir porter le kirpan à l’école, ne risque-t-on pas du même coup de retrancher d’autres droits, à d’autres communautés, religieuses ou pas, et qui seraient inaliénables ? Je précise tout de suite qu’il m’apparaît inacceptable qu’on puisse porter un kirpan à l’école. Mais cela étant dit, il faut trouver le bon moyen pour l’empêcher. Compliqué. Voilà pourquoi les gouvernements atermoient.
Mais la crise de Trouxville aura eu le mérite de rendre impossible de balayer sous le tapis plus longtemps. Donnons la chance au coureur à la commission Bouchard-Taylor - à laquelle je soumettrai un mémoire, et vous aussi j’imagine - pour débroussailler tout ça. Car il faut une solution solide, qui ait quelque chance d’être applicable, et de durer.
En ce qui a trait à la censure médiatique, je ne vous suis pas. Dans les médias, il y a deux « produits ». D’abord, des faits bruts. Ensuite, des analyses, chroniques et éditoriaux visant à interpréter ces faits.
Il serait impossible d’empêcher que les faits soient rendus publics, car pour cela, il faudrait qu’il y ait un pouvoir UNIQUE qui régisse tous les médias, sous toutes les formes. Nous n’en sommes pas là, même si la concentration s’accentue (Selon moi, pour des motifs financiers bien davantage que pour un quelconque pouvoir occulte. Qui soupçonnerait Péladeau ou Desmarais d’être des idéologues ?) Et puis, comme vous dites, il reste toujours l’Internet. De plus, les faits dont vous vous servez pour étayer vos thèses, n’est-ce pas par les médias que vous en avez pris connaissance ? Si une censure est exercée, on peut au moins dire qu’il y a des fuites importantes...
Quant aux chroniques, analyses et éditoriaux, ils vont souvent en sens contraires, et ce, au sein même d’un même média. Michel David ne rame pas avec Norman Spector, Pierre Foglia contredit Mario Roy, Réjean Tremblay est ouvertement souverainiste alors qu’André Pratte est résolument fédéraliste, Chantal Hébert n’est pas au diapason de Robert Sansfaçon, Lysiane Gagnon s’ostine tout seule, qui défend souvent les Juifs - mais pas toujours. La seule restriction que je connaisse, et elle est avouée, c’est la position éditoriale fédéraliste de La Presse. Mais puisque tout le monde le sait, son impact en est d’autant diminué.
De son côté, Marie Plourde faisait une boutade, et je suis persuadé que si sa voiture n’a pas sauté, ce n’est pas parce qu’elle a pris le temps de retirer une bombe qui aurait été placée là. N’est-ce pas ?
Pour finir, à propos du « pouvoir qui veut garder le pouvoir ». Je ne suis pas sûr de saisir ce que vous voulez désigner par ce terme. Ce que je sais, c’est que le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement, le pouvoir législatif par l’Assemblée nationale (ou les Communes) et le judiciaire par les juges et la police. Je trouve ça très bien ainsi. Je ne vais pas jusqu’à m’imaginer que ces différents pouvoirs sont imperméables à toute influence - serait-ce souhaitable, de toute manière ? - mais il m’apparaît évident que personne ne peut se les acheter à lui tout seul, en l’état actuel des choses. Je ne vois donc aucun péril en la demeure à ce chapitre.
Paul-Émike L’Heavy
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Le réveil collectif sur l’alliance des pouvoirs
Réponse à M. L’Heavy,
Évidemment M. L’Heavy que tous les gens à la tête des différents pouvoirs ne se réunissent pas une fois par semaine pour faire le point sur la façon d’asservir les consciences. Je ris, avec vous je l’espère, juste en imaginant une telle scène !
Par contre, vous conviendrez avec moi que les partis politiques veulent en général le pouvoir. Ils vont imaginer des moyens pour l’obtenir. Ils vont tenter de plaire plaisir à des communautés dont la cohésion est forte. Les citoyens partageant une même religion sont de ceux-là. Ne dites pas le contraire, regardez l’alliance de Bush avec le bloc chrétien de l’autre côté de la frontière. Hier, j’écoutais la ministre Thériault avouer à Guy A. Lepage que la majorité des accommodements religieux étaient déraisonnables. Pourquoi Charest ne réagit-il donc pas si ce n’est pour faire plaisir aux citoyens qui endossent ces religions ?
Quant aux empires médiatiques de Péladeau et Desmarais, ne venez pas me dire que les gouvernements n’ont pas été complaisants en autorisant toute cette concentration. Ne venez pas me dire que les journalistes qui y travaillent ne subissent pas la censure. Je revois encore Marie Plourde qui disait hier à Tout le monde en parle, après avoir dénoncé la « convergence » : « Avant de partir, je vais regarder sous mon char s’il n’y a pas quelque chose... ».
Le pouvoir veut garder le pouvoir, et le plus facile pour y arriver est de s’associer à d’autres pouvoirs. Cette réalité n’était pas souvent dénoncée publiquement jusqu’à maintenant, à cause de la concentration des médias. Mais cela va changer avec Internet. Et comptez sur moi pour participer à ce grand réveil collectif !
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M. Charron, vous soutenez que vos avancés sont basés sur des faits, ce qui leur donnerait un caractère selon vous irréfutable.
Vous tournez les coins un peu rond. Les faits que vous énumérez sont sans doute exacts, mais l’interprétation que vous leur donnez, les liens que vous croyez y voir, les intentions que vous pensez y déceler, le complot que vous imaginez mettre au jour, tout ça ne tient qu’à vous. Entre les faits et la conclusion où ils mènent, il manque un raisonnement convainquant. Vous prenez congé de l’exposer, certain que vous êtes que vos trouvailles sont l’évidence même. Cela s’appelle de la foi.
Personnellement, je ne prête aucun crédit à quelque théorie de complot global qui soit, car une telle chose suppose une cohésion idéologique et organisationnelle sans faille, une loi du silence observée à la lettre par CHACUN des milliers d’intervenants prétendus, une organisation occulte réusissant des complices de toutes allégeances qui s’entendraient, en dépit de leurs intérêts et surtout, de toute vraisemblance, pour une cause commune aussi obscure que l’asservissement des consciences de toute la population par le concours d’accommodements à des religions, le tout en spéculant sur une réaction massive de retour au catholicisme. Vraiment, vous ne doutez de rien !
Fait étrange, ce sont encore des péquistes et des libéraux qui s’unissent contre un ennemi commun : l’ADQ (ennemi très redoutable, soit dit en passant...). Faut-il comprendre que le PQ est voué depuis ses débuts à cette cause ? Qu’il aurait été fondé, 30 ans avant l’ADQ, dans le seul but de lui nuire ? Ou alors, quand le changement s’est-il fait ? À quelle date au juste les péquistes se sont-ils TOUS brusquement entendus pour faire front commun avec les libéraux (et TOUS les journalistes) afin d’étouffer l’ADQ, dangereux vecteur de vérité ?
Et à la fin, le jour où serait assurée la mainmise du PQ et des libéraux sur les consciences, qui aura le pouvoir ? Une coalition ?
Allons, M. Charron. Un peu de sérieux.
Paul-Émike L’Heavy
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Les homosexuels et les religions
Réponse à M. de Romaña,
Ce que j’avance est appuyé par des faits. C’est d’ailleurs la beauté d’Internet : on peut créer des liens qui prouvent nos affirmations.
Le parallèle entre les gay et les religions est intéressant.
Est-ce qu’un gay pourrait construire une cabane sur son balcon, en infraction d’un règlement du syndicat de co-propriété ? Non.
Est-ce qu’un homosexuel mâle pourrait exiger que toutes les femmes quittent la piscine, car il ne peut souffrir la vue de leur corps ? Non.
Est-ce que les homosexuels pourraient entourer le quartier gay de Montréal d’un fil pour le délimiter ? Non.
Voulez-vous que je continue ? Arrêtez s.v.p. de faire des comparaisons qui ne tiennent pas la route.
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> Derrière les accommodements raisonnables : la volonté du pouvoir politique de renforcer le pouvoir religieux, avec la complicité des grands médias
L’éclairage de votre analyse est très intéressant, même s’il découle d’une paranoïte aigüe. Même si tous ces sinistres calculs étaient vrais, au fond ils ne font que donner expression à la conception canadienne d’une laïcité ouverte ("la place publique est un endroit neutre ou tous peuvent se rencontrer") plutôt que l’intégrisme laïc à la française("censurer l’expression publique de toute foi réligieuse, sauf celle de mon athéisme"), qui permet l’expression de la fierté gay, par exemple, mais pas de croix ou de bourqas, ou de kirpans.
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