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Rouleau Serge
Citoyens ou sujets ?

mardi 3 octobre 2006

Nos ancêtres, en quête de liberté, ont quitté la France pour s’affranchir de l’asservissement imposé par l’aristocratie. Ils sont venus s’établir au Québec où ils jouissaient d’un degré de liberté inimaginable dans un pays européen. Cette liberté qui leur était si chère fut acquise au prix de sacrifices extrêmes et souvent au prix de leur vie. Ils seraient bien déçus de constater que moins de quatre siècles plus tard le gouvernement du Québec a graduellement remplacé l’aristocratie française.

Nos ancêtres étaient des entrepreneurs pour qui la liberté comptait plus que le confort et la sécurité. Au début de la colonie, dans le but d’assurer le développement de l’agriculture, un édit défendait aux habitants de s’absenter en forêt plus de 24 heures. S’ils étaient pris en flagrant délit ils risquaient la peine de mort. Malgré cet édit, les autorités estimaient que plus de 800 colons, une majorité des hommes en âges de travailler, pratiquaient le métier de coureur de bois. Si les autorités empiétaient sur leurs droits fondamentaux nos ancêtres n’hésitaient pas à les défier au péril de leur vie.

Historiquement les gouvernements n’avaient pas pour fonction de régir les activités de la société dans ses moindres détails. Les premiers gouvernements fournissaient aux citoyens certains services difficiles à obtenir autrement. Les gouvernements d’antan n’étaient pas différents des autres organisations et professionnels qui composaient la société. Les citoyens consultaient le médecin pour leurs problèmes de santé et faisaient appel au gouvernement pour assurer leur sécurité et pour gérer la justice. Personne n’était autorisé à régir la vie des autres. La relation entre le citoyen et le gouvernement était celle d’un client (citoyen) envers un fournisseur (gouvernement). Les échanges étaient volontaires et les partis bénéficiaient d’un statut légal équivalent.

Au fil des siècles, le rôle des gouvernements a été perverti dans le but de donner de plus en plus de pouvoir au gouvernement au détriment des libertés individuelles. Cette situation est particulièrement évidente dans la vie de tous les jours des Québécois. Quoique vous fassiez il existe une loi, un règlement qui limite votre liberté ou qui exige une permission. Il est raisonnable d’exiger une permission pour utiliser une propriété ou un bien appartenant à quelqu’un d’autre. Le gouvernement n’est pas propriétaire des biens qu’il gère. Il est seulement le fiduciaire des propriétés et biens requis pour remplir les rôles que nous lui avons délégués. De quel droit est-ce que le gouvernement brime la liberté des Québécois en les obligeant : à devenir membre d’un syndicat contre leur gré, à financer un parti qui préconise des politiques qui vont à l’encontre de leurs croyances les plus profondes, à se faire soigner dans les établissements désignés par l’état, etc.

En grugeant graduellement les libertés individuelles les gouvernements successifs ont conditionnés les Québécois à se comporter comme des sujets. Les rois français multipliaient le prix du sel en imposant la gabelle. Le gouvernement multiplie le prix de l’essence en imposant des taxes. Les rois confisquaient le vingtième des récoltes des habitants. Le gouvernement exproprie près de 50% des revenues des Québécois. Les rois achetaient la loyauté de leurs sujets en distribuant des titres de noblesse. Le gouvernement distribue des subventions et des nominations. Les rois contrôlaient le monopole des moulins à farine. Le gouvernement contrôle les monopoles de l’électricité et de la distribution des boissons alcoolisées.

Cette situation, surtout depuis les derniers quarante ans, a conditionné les Québécois à se comporter comme des sujets. Ils trouvent normal les contraintes imposées à leur liberté. Ils acceptent volontiers d’échanger leur liberté contre de vagues promesses de veiller au mieux être de l’ensemble de la population. Ils ont perdu leurs réflexes de citoyens libres légués par leurs ancêtres.

C’est confortable et rassurant, mais dangereux. Sera-t-il possible de renverser la tendance actuelle avant qu’il ne soit trop tard ?




Réactions

  • > Citoyens ou sujets ?
    6 octobre 2006, par Serge Rouleau
    67.71.189..***

    Malgré le sarcasme puérile et tout à fait inutile, l’exercice que tu proposes est intéressant.

    La crise dans l’industrie du bois du Québec découle de deux causes : Le déséquilibre dans le rapport prélèvements/régénération ; Le non-respect de l’entente de libre-échange.

    La responsabilité de faire respecter l’ALÉNA relève du gouvernement fédéral. De plus, ce problème est ponctuel donc limité dans le temps. Dans ce cas, le gouvernement du Québec avait la responsabilité de rembourser la taxe illégale imposée par les Américains au prorata des volumes d’exportation de chaque entreprise. Ensuite le gouvernement du Québec devait se faire rembourser les sommes déboursées et les intérêts courus par le Fédéral. Donc, il n’y aurait eu aucun impact sur l’industrie et aucun coût pour le gouvernement du Québec.

    Le besoin d’équilibrer le rapport prélèvements/régénération de nos forêts découle naturellement du principe de développement durable. Le gouvernement doit établir les règles qui garantiront que les volumes de matières ligneuses prélevés dans nos forêts n’excèdent pas la capacité de régénération de celles-ci. À court terme il est nécessaire de réduire les volumes de prélèvement. À plus long terme il est possible d’améliorer la capacité de régénération des forêts. De plus, le gouvernement doit éliminer toutes les règlementations inutiles qui handicapent le dynamisme de l’industrie. La proposition actuelle du gouvernement de subventionner l’industrie à coup de centaines de millions est un gaspillage de fonds publics à des fins électoralistes. Au mieux cela permettra de maintenir quelques entreprises en vie pendant quelques mois.

    La diminution des volumes de matières ligneuses est un problème qui ne disparaîtra pas. L’industrie doit se restructurer à la lumière de ces nouvelles données. Une fois les règles générales garantissant l’équilibre du rapport prélèvements/régénération seront établies le gouvernement doit laisser libre court aux forces du marché. Celles-ci assureront la redistribution optimale des ressources disponibles beaucoup mieux que les fonctionnaires, même les mieux intentionnés, pourraient le faire.

  • > Question au premier ministre Rouleau
    5 octobre 2006, par Normand Perry
    216.46.25..***

    La situation catastrophique à laquelle se trouve confrontée tous les généreux et bons acteurs du néo-libéralisme "a conditionné les Québécois à se comporter comme des sujets. Ils trouvent normal les contraintes imposées à leur liberté. Ils acceptent volontiers d’échanger leur liberté contre de vagues promesses de veiller au mieux être de l’ensemble de la population. Ils ont perdu leurs réflexes de citoyens libres légués par leurs ancêtres.

    C’est confortable et rassurant, mais dangereux. Sera-t-il possible de renverser la tendance actuelle avant qu’il ne soit trop tard ?"

    Alors j’ai une bonne question a adresser au premier ministre Rouleau :

    Que réponderiez-vous monsieur le premier ministre, aux acteurs de l’industrie du bois du Québec, qui se trouve présentement confrontée à une concurrence de plus en plus agressive, un dollar canadien défavorable à l’exportation et à un coût de la fibre plus élevé qu’en Ontario, l’industrie souffre d’une crise structurelle, estiment certains experts, qui demande spécifiquement l’intervention de l’État dans se dossier, afin d’aider propriétaires d’entreprises et travailleurs de secteur à se sortir justement d’une mauvaise passe présentement ?

    Est-ce qu’au nom de votre idéologie ultra néolibérale vous allez répondre à toutes ces bonnes gens de crever littéralement de faim parce que l’État doit disparaitre au profit seul des règles d’un marché carnivore datant de l’époque des dinosores ?



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