Paul-Émike L’Heavy
Foot ethnique
lundi 5 juillet 2004
Certains craignent - ou affectent de craindre - le nationalisme, germe selon eux des pires excès de chauvinisme, de xénophobie, voire de racisme. Ils condamnent et raillent cette attitude frileusement rétrograde, dépassée, intellectuellement pauvre, preuve d’incapacité de s’ouvrir aux cultures et courants de pensée différents.
Célébrons la mondialité, alors.
Parlant de mundialité, de célébration - et de nationalisme, Montréal vivait hier des heures d’exultation nationaliste comme elle en a rarement vécu. En effet, quoi de plus festivement chauvin que le sentiment d’appartenance sportive, en particulier pour le plus populaire des sports : le soccer, dont la quintescence se joue, comme par hasard, entre équipes nationales ?
Des Québécois d’origines grecque ou portugaise, tous genres, âges et sexes confondus, se sont laissé emporter sans réserve par les affres contrastées de la victoire et de la défaite, alors que leurs équipes respectives s’affrontaient en finale de la coupe européenne de soccer. Match à l’issue duquel ils sont sortis en masse, vaincus comme vainqueurs, agiter de par les rues de Muntreilopolis une mer de drapeaux, qui rouge et vert, qui bleu et blanc (non-non, pas celui-là, là...).
C’est ce qu’on appelle le sentiment d’appartenance...