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Normand Perry
LE LOUP LAISSE TOMBER SON HABIT DE BREBIS

samedi 10 juin 2006

« Durant les deux premières années de mon mandat, je ne jouerai pas à défaire ce que Libéraux ont fait » a déclaré le chef du PQ, le 29 mai dernier, lors d’une visite éclaire dans la circonscription de Vaudreuil-Soulanges. (cf : Journal Première Édition, samedi 3 juin 2006, page 6).

André Boisclair confirme donc par sa bouche et consacre ainsi ma clairvoyance à son sujet : Dans l’une de mes chroniques publiée le 25 septembre dernier sur le Webzine Québec-Politique, « André Boisclair est-il un autre Jean Charest ? », il est pertinent de noter le dernier paragraphe de ce texte, à la lumière de la déclaration de Boisclair du 29 mai au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges :

« Et bien, les membres du Parti québécois doivent être mis en garde : en portant monsieur André Boisclair à la tête de notre formation politique*, vous préparez le peuple du Québec à une période de prolongation du calvaire qu’il doit subir présentement, avec le programme néo-libéral de Jean Charest. Monsieur Boisclair promet de s’attaquer au problème de la dette publique au Québec. Chose noble en soit, mais le problème c’est qu’il ne nous dévoile pas le comment de son action. Où va-t-il sabrer ? D’autres confrontations avec les employés du secteur public en vue ? Hausse des tarifs dans les services publics, comme Jean Charest s’y emploi à le faire ? Ça il ne le dit pas ! Souvenez-vous que Jean Charest promettait d’alléger le rôle de l’État durant sa dernière campagne électorale, sans par contre nous dire comment il allait s’y prendre. Et que regrette le plus la population québécoise depuis le 14 avril 2003 ? D’avoir porté au pouvoir Jean Charest, qui depuis, s’acharne à détruire le filet social du Québec. La répétition de la même erreur avec monsieur André Boisclair doit être évitée, parce que les lendemains de veille risquent d’être tout autant sinon plus cauchemardesque que ce mois d’avril fatidique de 2003.

Attention, il y a un loup dans la bergerie, bien vêtu d’une peau de brebis : André Boisclair. »

Cela était en pleine course à direction du PQ en septembre 2005.

Si donc André Boisclair ne veut pas jouer à revenir sur les traces de ce que les Libéraux démolissent depuis avril 2003, il faut donc en conclure que ce dernier est en accord parfait avec les politiques néo-libérales de Jean Charest.

Le tissus du filet social détruit par les politiques du gouvernement Charest ne sera jamais réparé par un gouvernement Boisclair. Une fois le PQ de Boisclair porté au pouvoir, si le peuple du Québec ne prend pas garde à ce loup déguisé en brebis, nous subirons un régime encore pire que celui de Jean Charest.

Comme le disait l’ancien maire de Montréal Jean Drapeau : « je le dis et le répète », il ne faut en aucune manière porter au pouvoir le Parti québécois au prochain scrutin général du Québec et permettre ainsi à André Boisclair de devenir notre premier ministre.

J’aime mieux me pincer le nez et permettre aux Libéraux de rester là quatre années de plus. Il me semble que le scénario aurait moins les allures d’un cauchemar si on pouvait faire comprendre à monsieur Charest que les Libéraux auraient avantage à se donner un nouveau chef dans ce contexte.

René Lévesque doit bien virer de bord dans sa tombe de voir son parti dirigé par ce politicien de la droite économique...

L’auteur est philosophe

Et chroniqueur à www.quebec-politique.com

* Normand Perry a quitté le Parti québécois le 15 novembre 2005, jour de l’élection d’André Boisclair à titre de chef.






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