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Normand Perry
Opposer une fin de non recevoir !

dimanche 19 mars 2006

Pourquoi devons-nous payer plus cher quelque chose qui est nôtre ?

Comme la plupart des QuébecoisEs, je porte à l’endroit du dossier de la dette publique du Québec, et la manière dont ce dossier est traité depuis quelques mois, une attention particulière et empreinte d’inquiétude.

Une des solutions des plus répugnantes à la raison qui puisse être proposée ces jours-ci (en fait depuis la publication du manifeste pour un Québec lucide, qu’on devrait surnommer "acide" tellement la démonstration est faite qu’on va se faire "laver" si rien n’est fait et si personne ne prend la contre-offensive), je disais donc que cette proposition d’augmenter les tarifs d’électricité au niveau de la moyenne canadienne, voir nord-américaine, comme le proposait cette semaine Alban d’Amour, président du Mouvement Desjardins (diable qu’Alfonse doit s’en retourner dans sa tombe !) cette proposition semble devenir l’idée du siècle des grands ténors de la pensée économique au Québec à l’heure actuelle.

Dieu du ciel, l’électricité est notre richesse naturelle, d’où vient ce raisonnement que l’on doit, nous, QuébécoisEs payer au même niveau que tous les autres NOTRE RICHESSE nationale ? Les AlbertainEs n’ont-ils (elles) pas un prix privilégié sur le pétrole extrait du sol qui est le leur ?

Il y a en a pour croire que l’avenir économique et le développement de la richesse nationale québécois passe par la construction de nouveaux mégas barrages hydroélectriques, et que la production venant de ces nouvelles centrales seraient en grande partie consacrée à l’exportation. Et bien LA solution réside . S’il y a un prix de l’électricité qui doit être vendu à prix fort, c’est bien l’électricité produite pour le marché extérieur.

Si personne ne dit ou ne fait rien, demain beaucoup de gens, même de la classe moyenne (et j’en suis), n’auront plus les moyens de se chauffer en hiver. C’est la raison pour laquelle il devient urgent de mettre un holà à cette offensive et ce, le plus rapidement que possible. Les QuébecoisEs doivent se lever de manière solidaire et opposer une fin de non recevoir massive à la proposition de majoration des prix de l’électricité (destiné au marché interne et résidentiel) pour payer la dette publique du Québec. Ce n’est pas parce que l’électricité est la vache à lait de l’État québécois que les citoyens doivent en devenir les mamelles !

Et avant de s’engager dans le paiement de la dette publique du Québec, que la démonstration soit faite au peuple du Québec à qui cet argent est dû !

Normand Perry

philosophe


DECIPIMUR SPECIE RECTI

(Nous sommes trompés par l’apparence du bien).




Réactions

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    4 avril 2006, par Francois Tremblay
    198.168.43.***

    Je crois que je suis un idiot, je ne dois rien comprendre à l’économie... En augmentant les tarifs d’électricité, je ne crois pas que nous nous enrichissons, il me semble que c’est plutôt le contraire. Si l’augmentation ne toucherait que les grosses entreprises, passe toujours, mais en nous vendant notre électricité plus chère, nous faisons plus de profit ?? Je crois que je ne comprends vraiment pas l’économie... Chaque fois que je dis mon nom je me donne 1$, je vais devenir riche !!!

    P.S. La véritable solution serait de ne plus donner notre électricité aux compagnies, Alcan possède non pas de l’électricité à bas prix, mais possède des rivières complètes au Saguenay...

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    21 mars 2006, par Normand Perry
    216.137.98.***

    Monsieur le président (virtuel),

    [puisqu’il existe une règle sur ce forum de n’entreprendre aucune conversation directe avec un autre membre, voilà une façon originale de débattre des idées, comme on le fait au Salon Bleu de Québec]

    Je vais ici faire la démonstration en quoi un philosophe est fort utile pour faire la distinction entre les choses, et de catégoriser celles-ci, ce qu’un économiste semble incapable de faire tellement sa vision de la vie est réduite au $$ et au profit ; dans le cas qui nous concerne présentement, faire la différence entre un bien essentiel et nécessaire à la vie (voir survie) et un bien de consommation de luxe.

    L’électricité, dans un pays nordique comme le nôtre (ça personne ne peut le nier), est un bien essentiel et nécessaire à la survie de l’être humain surtout entre la mi-octobre jusqu’à la mi-mai. C’est l’un des motifs (pas le seul et je le sais très bien) qui a motivé René Lévesque a nationaliser cette capacité énergétique dont nous sommes très riche au Québec. Se faisant, l’État devenait RESPONSABLE de fournir aux propriétaires de cette nouvelle entité étatique (vous, ceux qui nous lise, moi et tous les autres, en d’autres termes, tout citoyen résident au Québec) d’obtenir cette source d’énergie NÉCESSAIRE à la survie durant l’hiver, à des coûts raisonnables. Et je suis pas mal convaincu que dans l’esprit de René Lévesque que cela devait sûrement correspondre à un coût LÉGÈREMENT supérieur aux coûts de production. Si on avait dit à René Lévesque qu’un jour, par un tour de passe-passe de sophisme intellectuel, on vendrait l’idée aux propriétaires de cette source d’énergie qu’il devient nécessaire de facturer l’utilisation de cette énergie en la faisant équivaloir aux coûts (spéculatifs) du marché, dans un contexte de néo-libéralisme, dépourvu de toute référence à un certain sens d’humanisme, il vous aurait balancer le projet par la tête en vous envoyant promener et Hydro-Québec, société d’État du Gouvernement du Québec n’aurait jamais vu le jour. Et je suis certain de na pas trahir la pensée de Lévesque en affirmant une telle chose.

    L’alcool quand à elle, nationalisée aussi sous l’égide de la SAQ, n’est pas un bien essentiel, mais un produit de luxe. Le grand amateur de vin que je suis est parfois fâché de payer plus cher qu’ailleurs cette denrée, quand je m’arrête faire les provisions du précieux liquide de raisins fermentés. Cependant, je suis parfaitement conscient que puisqu’il ne s’agit pas d’un bien essentiel à ma survie, que je peux fort bien m’en passer et que je peux vivre très bien sans ce produit de consommation de luxe. Que ce produit soit vendu plus cher et taxé par surcroît, c’est tout à fait correct.

    Voilà donc à quoi sert la philosophie, faire les distinctions fondamentales en regard de quoi l’économie théorique est parfaitement aveugle.

    Il y en a pour qui un séjour de quelques semaines au sein d’une famille disfonctionnelle, sans le sous et manquant de tout, ferait grand bien pour replacer les idées aux bonnes places et conscientiser sur ce que sont les valeurs fondamentales de la vie. Évidemment ce genre de remarque s’adresse à toute personne qui voit en la philosophie quelque chose de tout à fait "flyé" et déconnecté du réel...

    Normand Perry.

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    21 mars 2006, par David Lépine
    67.68.240..***

    M.Perry,

    Est-ce que vous reconnaissez le lien entre le prix d’une denrée et sa consommation.

    Si Molson était nationalisée et qu’elle vendait son produit au coûtant, pensez-vous qu’il y aurait abus ?

    Puisque la SAQ nous appartient autant que l’Hydro Québec, comment justifier qu’elle vend ses produits trois fois plus cher que son coûtant ?

    Les Québécois consomme deux fois plus d’électricité par habitant que les Américains et 25% plus que les autres Canadiens, trouvez-vous ça logique alors que notre état est le plus endetté en A du N ?

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    20 mars 2006, par Normand Perry
    216.137.97.***

    La philosophie a ceci de particulier qu’elle procure la faculté à l’esprit humain de voir et d’analyser les choses en profondeur, à la manière d’un scanner médical qui scrute le corps humain dans ses moindres recoins.

    Et heureusement que l’État n’est pas géré que par des économistes uniquement, ils ont leur utilité certe, mais laissé entre leur mains seules, la morosité s’emparerait assez rapidement du peuple.

    Voilà le mot est lâché : le peuple. Gérer les affaires de l’État, comme le disait Platon, doit revenir entre les mains des sages (les philosophes évidemment). Les économistes qui interviennent sur cette tribune ne laissent transparaître aucune considération à l’égard de l’être humain et des conséquences désastreuses que peuvent parfois représenter leur plan pour l’avenir du Québec. Heureusement qu’il y a justement des humanistes et parmi eux les philosophes pour vous avoir à l’oeil.

    J’entendais Bernard Landry s’exprimer vendredi dernier sur les ondes de la Première Chaîne de la SRC, et qui reprenait lui aussi que les coûts de l’électricité doit être vendu au prix du marché, et non légèrement supérieur au coûts de production.

    Et bien je réponds que si on en est rendu là, la pensée de René Lévesque est absolument pervertit. En nationalisant l’électricité, il avait certainement à l’esprit la pensée contraire à celle exprimée par Bernard Landry. J’aurais aimé entendre ce que Lévesque aurait répondu à son pupille !

    Ceux et celles qui pensent que l’électricité doit être vendu au prix du marché à ceux et celles à qui appartient cette richesse propre et renouvellable (allo la polution, pour ceux qui prétendent que l’électricité doit être majoré pour des motifs écolos, c’est pas que du petit sophisme ça !) sont dans l’erreur, une erreur entière, absolue et totale.

    Le philosophe se mêle de tout parce que c’est son rôle et sa mission. Quand on fait le reproche aux philosophes de mêler tout le monde, encore là c’est du machiavélisme pur laine puisqu’ils s’efforcent de faire voir les choses sous leur vrai jour en démasquant les malins esprits.

    D’où ma devise : DECIPIMUR SPECIE RECTI

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    20 mars 2006, par David Lépine
    67.68.243..***

    Que les philosophes se mêlent de philosophie !

    L’économie doit être gérée par des gens qui ont un minimum de connaissances en économie.

    M. Perry illustre magistralement l’inverse du bon sens et réclamant le contraire de ce que tous les économistes qui se respectent réclament depuis longtemps.C-à-d des prix pour l’électricité qui reflètent la valeur de cette richesse, les surplus que cela engendreraient pourraient ensuite être exportés à gros prix, augmentant ainsi notre richesse collective. .

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    19 mars 2006, par Normand Perry
    216.137.98.***

    A lire cette réplique, c’est à croire que l’on prend les QuébecoisEs pour des enfants d’école et incapable de se responsabiliser.

    Cet infantilisme est regrettable et déplorable !

  • > Opposer une fin de non recevoir !
    19 mars 2006, par Rouleau Serge
    69.156.173.***

    La proposition de ramener graduellement les prix de l’électricité au niveau canadien et même nord américain est excellente. Il est temps que les Québécois se responsabilisent face au gaspillage et pourquoi pas commencé leur éducation dans un domaine où personne ne peut se défiler. S’il est nécessaire de protéger certains groupes de la société, il serait facile d’appliquer un tarif préférentiel sur la consommation des premier kWh.

    Le problème n’est pas l’augmentation de l’électricité pour rembourser la dette mais bien d’augmenter l’électricité sans avoir pris l’engagement réciproque d’utiliser les revenus à cette fin. Enfin, nous verrons bien jeudi prochain.

    Le prix à la pompe de l’essence en Alberta est moindre qu’au Québec simplement parce que les Albertains paient beaucoup moins de taxe au niveau provincial.

    Les Albertains paient 0,09 de taxe provinciale par litre d’essence. Les Québécois paient 0,152 plus 7.5% de taxe de vente. En partie, les Albertains peuvent se permettre un si bas taux de taxe, justement parce qu’ils n’ont pas de dette.

    Je confesse que je ne comprends la signification du commentaire : « ...que la démonstration soit faite au peuple Québécois à qui cette argent est dû ! ». Est-ce que ce commentaire remet en question l’existence de cette dette ? Si non, qu’est-ce que ça peut bien faire que la dette soit due à Jean, Paul ou Peter. De toute façon, il faut payer l’intérêt et éventuellement le capital.



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