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Rouleau Serge
Mondialisation et redistribution de la richesse.

dimanche 26 février 2006

En général, ceux qui sont hostiles à la mondialisation prétendent qu’elle accroît les inégalités entre les pays, menace l’emploi et le niveau de vie et entrave le progrès social.

La mondialisation est un phénomène omniprésent à travers l’histoire. Les Égyptiens, les Grecs et les Romains ont pratiqué la mondialisation à leur façon et selon les mœurs et coutumes de leur temps. Les peuples les plus dynamiques et les plus ouverts sur le monde ont toujours été ceux qui ont progressé le plus rapidement. Grâce entre autre à la mondialisation ils ont éventuellement rattrapé les autres et parfois les ont dépassés. Au contraire, ceux qui se sont refermés sur eux-mêmes, au mieux ont stagné et souvent ont régressé. Le phénomène est le même aujourd’hui. Les nations qui érigent des barrières artificielles sous prétexte de protéger leurs citoyens leurs rendent un bien mauvais service. Leur culture et leur économie stagnent ou régressent alors que le reste du monde avance.

Ce n’est pas la mondialisation qui crée les inégalités entre les peuples c’est le protectionnisme. Prenons le cas de deux pays en voie de développement. L’un ayant une économie ouverte et offrant des garanties suffisantes à la propriété privée et l’autre préconisant que tout doit appartenir au gouvernement sous prétexte d’en faire profiter sa population. Le premier attirera des investissements créateurs de richesse alors que le second devra faire appel à la Banque Mondial.

Un investissement direct par une entreprise étrangère est beaucoup plus avantageux pour le développement d’un pays que le même montant prêté par la Banque Mondiale. Dans le premier cas, des usines seront construites, des emplois seront créés, des gens seront formés, des enfants seront scolarisés, etc. Dans le deuxième cas, il y a de forte chance pour qu’une partie importante des fonds soient dirigés vers des comptes en Suisse ou servent à financer le niveau de vie extravagant d’une élite corrompue. En prime, ce pays aura hérité d’une dette considérable. Dans une ou deux générations le premier atteindra le statut de pays développé avec tout ce que cela implique du point de vue de la réduction de la pauvreté, des soins de santé et de l’éducation. Les dirigeants du deuxième pays blâmeront la mondialisation pour expliquer leur insuccès et demanderont à la Banque Mondiale d’effacer leur dette. Pour s’en convaincre, il suffit par exemple de comparer l’évolution de la Corée du Sud et de Taiwan à celle de la Corée du Nord et du Myanmar.

Il est vrai que la mondialisation favorise le déplacement de capitaux et des emplois afférents, vers les pays où il est le plus avantageux d’investir. Ainsi, l’industrie du textile, qui exige beaucoup de mains-d’œuvre, se relocalise en Chine, aux Indes ou ailleurs. Par la force des choses des emplois seront perdus à Huntington ainsi que dans les ateliers de la rue Chabanel. Par contre, au fur et à mesure que les Chinois et les Indiens amélioreront leur qualité de vie ils acquerront des biens et des services produit au Québec ce qui en retour créera des emplois. Ainsi, la qualité de vie des uns et des autres s’améliorera.

Ce phénomène est le même que celui qui a permis aux Québécois de passer d’une économie agricole de subsistance à une économie moderne en quelques générations seulement. Pourquoi voudrions-nous aujourd’hui refuser cette opportunité aux Chinois et aux Indiens ? Ceux qui s’opposent à la mondialisation font la même erreur que les Anglais qui s’objectaient à la venue des métiers à tisser sous prétexte que les tisserands perdraient leurs emplois.

Oui, la mondialisation crée une pression à la baisse sur les salaires et les profits des pays développés. Évidemment cela ne fait pas l’affaire des syndicats qui perdent des membres ou des patrons qui doivent se remettre en question. Mais, il n’y a pas de meilleure façon de redistribuer la richesse mondiale.

La mondialisation apporte des bénéfices considérables à tous les participants. L’économie des uns croît beaucoup plus rapidement qu’il n’eut été possible dans un environnement protectionniste. L’économie des autres est plus stable à cause de la pression à la baisse sur les prix qui tient l’inflation en échec. La mondialisation favorise aussi des phénomènes inattendus et bénéfiques pour tous. Le protocole de Kyoto sur l’environnement est un pur produit de la mondialisation.

Bien sur, je ne prétends pas que tout est parfait. Malgré le discours, les économies développées maintiennent toute une série de barrières néfastes aux pays qui aspirent à un avenir meilleur. Des entreprises peu scrupuleuses abusent du pouvoir de négociation accru obtenu grâce à la mondialisation. Des politiciens corrompus en profitent pour s’en mettre plein les poches.

Les antimondialistes utiliseront ces anecdotes pour crier haut et fort que la mondialisation est un échec. Que nous offrent-ils en échange ? Rien d’autre que l’utopie d’un monde parfait qui n’a jamais existé et n’existera jamais. Si les bâtisseurs de deux derniers siècles avaient écoutés les utopistes de leur temps, la plupart d’entre nous vivraient encore dans une cabane en forêt et l’espérance de vie serait encore de 45 ans.




Réactions

  • > Mondialisation et redistribution de la richesse.
    12 octobre 2007, par tiso
    82.231.92..***
    la mondialisation chez les romains, quand on pense que tout leur système économique reposait sur l’esclavage et les tributs, voire le pillage des populations vaincues, celà prête à sourire, d’ailleurs n’est-ce pas présentement ce qui se passe avec les états-unis et le reste du monde, dérégulation tout azimitut,pour faire tomber les acquis sociaux, il faut faire table rase pour les sociétés multinationales, qui pourront alors débaucher ou embaucher quand elles le voudront au prix quelles voudront, aux nombres d’heures qu’elles auront choisies, n’importe quelle personne, et bénéficier en prime de la technologie occidentale pour presque rien, au passage elles s’arrangeront également pour ne pas trop payer d’impôts, sinon pas du tout.
  • > Mondialisation et redistribution de la richesse.
    2 mars 2006, par David Lépine
    67.68.251..***

    Est-ce que Mme Thatcher fut parfaite, non, nommez-moi un seul politicien qui l’est. Mais les faits sont indéniables : la Grande Bretagne se porte beaucoup mieux depuis le passage de Mme Thatcher qu’avant son arrivée.

    Blâmer nos entrepreneurs qui se voient forcés de donner une partie de leur production à l’Asie c’est de la démagogie. Si ils ne font rien, ils fermeront boutique , point.

    S’il n’avait pas d’échanges économiques entre les pays, où en seraient nos grandes entreprises exportatrices ? Combien d’avions Bombardier vend-t-elle au Canada ? Elle serait une minable PME si elle ne pouvait exporter.

    Le Québec est en train de devenir la république du statu quo où les garderies à 7$ sont un droit inaliénable, des tarif électriques les plus bas en Amérique qui encouragent le gaspillage ( consommation par hab : 30Megawatt vs, 18M aux USA), les frais de scolarité les plus bas au Canada, le gel des frais de transport en commun etc etc, mais la dette la plus élevée, les impôts les plus élevés le taux d’investissement le plus bas du Canada etc...

    Et que lit-on ? Des attaques émotives sur tout ce qui bouge qui n’est pas pour la soi-disante solidarité sociale. Des grands experts sur la distribution de la richesse qui n’ont aucune notion de la création de la richesse. Des débats d’intellectuels à pipe qui semblent aveugles aux changements qui se passent partout sur notre planète et qui mènent un combat pour protéger les acquis d’une petite minorité corporatiste. En accusant toujours leurs adversaires de démagogie, ils évitent les vrais débats. Exemple, on cite la Poll taxe très impopulaire de Mme Thatcher et on évite de commenter sur l’incroyable essor économique de son pays qu’elle a provoqué. Oui contester le statu quo n’est jamais populaire, mais il faut que quequ’un le fasse.

  • > Nétiquette et dialogue...
    28 février 2006, par Normand Perry
    216.46.25..***

    Je suis entièrement d’accord avec le principe de la nétiquette qui veut que le dialogue entre membres du site soit évité.

    Cependant la possibilité laissé aux membres de répliquer à des rubriques est une porte ouverte à ce dialogue.

    Pour suivre la logique de la nétiquette il faudrait donc supprimer la possibilité de répliques aux rubriques. Si l’on veut suivre cette logique jusqu’à terme, c’est ce qui doit être fait.

    Sans quoi, si les répliques demeurent chose possible, alors il faudrait supprimer cette règle de la nétiquette et demander aux membres de faire preuve de politesse. Je pense que c’est l’esprit qui existe déjà dans les débats actuels, même si les positions de chacun divergent et sont affirmé avec fermeté. La fermeté n’est pas synonyme d’impolitesse, au contraire.

    Je me demande bien ce que chacun en pense ?

  • > Mondialisation et redistribution de la richesse.
    28 février 2006, par Claude Desjardins
    24.200.110.***

    Messieurs, dame, je crois qu’il est temps de vous rappeler cette règle du webzine.

    8) Évitez de dialoguer avec un autre membre. Prière de soumettre un commentaire qui ne soit pas exclusivement adressé à un autre membre. Ceci n’est pas un forum.

    Si vous voulez engager un débat plus profond et plus personnel, je vous suggère de vous rendre sur les forums.

    Merci,

    Claude Desjardins

  • > On voit bien que ce qui fait notre affaire...
    27 février 2006, par Normand Perry
    216.137.98.***

    Expliquez donc à ceux et celles qui assistent silencieux à nos débats, vous qui avez vécu en Grande-Bretange, pourquoi y a-t-il eu des émeutes lorsque la dame de fer à élaborée le "Poll-Tax" ?

    Expliquez-leur !

    On verra bien après de quel côté se situe la démagogie...

  • > Mondialisation et redistribution de la richesse.
    27 février 2006, par David Lépine
    65.95.37.6.***

    M. Perry,

    Le Thatcherisme a eu des bienfaits pour la G-B. J’ai vécu à Londres lorsque Mme Thatcher fut élue pour la première fois.

    À l’époque le syndicats des mineurs de charbon contrôlait le gouvernement travailliste d ’une façon épouvantable. La G-B avait le PIB nettement inférieur à la France et l’Allemagne, un taux de chômage deux fois plus élevé que ses mêmes pays et une fiscalité usurière avec des taux d’impôt marginal qui frôlait le 90%. Son économie était très malade, les Anglais émigraient en grand nombre.

    Aujourd’hui l’effet Thatcher a contribué à l’essor remarquable qu’a connue la G-B. PIB le plus elevé d’Europe, taux de chômage le plus bas, fiscalité la plus légère, économie la plus forte, immigration etc.

    Alors quand vous brandissez ’’le spectre du Thatchérisme’’ sachez donc de quoi vous parlez. Allez donc voir pour vous-même ce que vous appelez les apparences du bien et demandez aux Anglais s’ils reviendraient en arrière. Vous accusations de démagogie se retournent contre vous.

  • > Perfidité au service de la démagogie...
    27 février 2006, par Normand Perry
    216.46.25..***

    "En général, ceux qui sont hostiles à la mondialisation prétendent qu’elle accroît les inégalités entre les pays, menace l’emploi et le niveau de vie et entrave le progrès social".

    Voyez jusqu’à quel point ils sont perfide, ses disciples du néo-libéralisme : ils disent que ceux qui sont hostile à la mondialisation "prétendent" des choses irréelles à propos des inégalités et de l’emploi.

    Prétendent ? Est-ce une invention de l’esprit ou une chimère que de faire le constat que nos entrepreneurs d’ici, dans le domaine du meuble par exemple, procèdent tous à des transfert d’emploi payant ici pour nos québécoises et québécois pour donner ce travail à des aisatiques, en les payant en deça du strict minimum qu’ils obtiendraient ici ? C’est ça que vous appelez de l’utopie monsieur Rouleau ?

    Appelons les choses par leur nom : c’est de l’esclavage et de l’exploitation !

    NOUS SOMMES DUPÉ PAR L’APPARENCE DU BIEN.

    Normand Perry

  • > Mondialisation = concentration de la richesse entre quelques-un !
    26 février 2006, par Normand Perry
    216.137.98.***

    Je l’avais bien titré dans ma dernière réplique à l’endroit de monsieur Rouleau (sous la rubrique "Nous risquons de sombrer dans le thatchérisme") : on reconnaît un arbre à ses fruits, ainsi l’on reconnaît un néo-libéral à son sens disproportionné de la démagogie, et j’aurait dû dire également à sa finesse de tronquer la réalité pour la faire paraître bien et noble.

    Ce n’est pas insignifiant que ma devise philosophique s’inspire d’une locution latine : nous sommes dupé par l’apparence du bien !

    Tant et aussi longtemps que j’aurai la lucidité d’esprit et vivacité intellectuelle pour le faire, je me poserai en ennemi de cette vision du monde néo-libéral, pour qui la personne humaine n’a de valeur quand dans son avoir. Je poursuivrai avec ardeur à dénoncer cet apparence de vérité, prononcée par des loups sous des apparences de doux et innofensifs agneaux !

    Qu’on se le tienne pour dit.

    Normand Perry DECIPIMUR SPECIE RECTI



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