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Rouleau Serge
La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.

mardi 31 janvier 2006

Selon une étude de l’OCDE il est de plus en plus évident que la compétition est un outil efficace pour améliorer la productivité et stimuler l’innovation. Un environnement compétitif permet aussi d’améliorer la qualité des services, le choix des clients et en prime stimule l’emploi. Alors, pour favoriser la croissance économique et la création d’emplois, deux domaines où le Québec traîne de la patte par rapport à ses principaux partenaires économiques, il est impératif que le gouvernement favorise la compétition dans tous les domaines. L’introduction de nouvelles lois et règlements doivent nécessairement favoriser la création ou le maintien d’un environnement compétitif. C’est une condition incontournable pour maintenir, sinon améliorer, la qualité et l’universalité des services publics à long terme.

Dans le futur, une part de plus en plus importante des budgets du Québec sera allouée aux services aux citoyens tels les services de santé, les services aux aînés, l’éducation, etc. Ces services seront fournis par la fonction publique ou seront impartis (outsourced) à des tiers mais financés en tout ou en partie par le gouvernement. Ce phénomène augmentera considérablement la proportion des emplois de la catégorie « services publics ». Cela réduira la croissance de l’économie québécoise pour deux raisons : premièrement, il est plus difficile d’améliorer la productivité dans les services où la main d’œuvre domine ; deuxièmement, au Québec, les services publics sont fournis principalement par des monopoles gouvernementaux n’ayant pas à affronter la compétition.

Le secteur public québécois, toute proportion gardée, est le plus important en Amérique du Nord. Ceci est un reflet du modèle québécois qui veut que les services publics soient du ressort exclusif du gouvernement pour en assurer l’universalité. Mais, dans la plupart des cas, un service public financé par l’État n’a pas à être fourni par l’État. Toutefois, les trop nombreux groupes de pression, les syndicats en tête de liste, maintiennent la société québécoise dans le modèle créé dans les décennies 1960 et 1970. Ce modèle a bien servi les Québécois mais il doit obligatoirement évoluer pour permettre une compétition garante de l’efficacité et de la qualité des services publics.

Les expériences des différents pays de l’OCDE démontrent que la plupart des services publics financés par l’État peuvent être avantageusement fournis par un marché compétitif. Les monopoles d’État sont beaucoup plus fonction de la tradition que des caractéristiques des services offerts. Bien entendu on ne peut utiliser le même modèle pour toutes les catégories de service. Certains services peuvent être entièrement impartis comme dans le cas des services de soutien des écoles et des hôpitaux. D’autres services, par exemple policiers et pompiers, ne se prêtent pas à l’impartition. Toutefois, même dans ces cas, il est utile d’appliquer des méthodes de gestion par objectif et de comparer les groupes moins performants aux plus performants.

Malheureusement, trop souvent, les politiciens et les fonctionnaires sont peu motiver à adopter des mesures qui favorisent l’efficacité car cela risque de remettre en question leur existence même. Par exemple, malgré les demandes répétées du Vérificateur Général du Canada depuis deux décennies, afin de mesurer le rendement des ministères et organismes du gouvernement fédéral, ceux-ci continuent à faire la sourde oreille.

Au début des années 1990, les pays scandinaves ont reconnu que le modèle existant à l’époque et qui exigeait que le gouvernement soit l’unique fournisseur des services publics, n’était plus viable. Depuis, ils se sont attaqués au problème en introduisant de plus en plus de mesures favorisant la compétition partout ou cela est possible. Le but n’est pas d’éliminer la fonction publique mais plutôt de la soumettre aux règles du marché. Si face à ce défi la fonction publique améliore suffisamment son efficacité pour survivre, tant mieux.

Le processus des soumissions publiques est le modèle préféré pour impartir les services publics. Au Danemark le gouvernement a introduit plusieurs mesures pour accélérer ce processus et en assurer son efficacité. Il a créé un « Outsourcing Board » responsable d’informer les ministères et organismes gouvernementaux sur les mesures à prendre pour améliorer leur efficacité. Le gouvernement encourage même les entreprises à faire des propositions non-sollicités si elles croient être en mesure de fournir un service plus efficacement.

Dans les cas ou le secteur privé fournit déjà des services publics en compétition avec le gouvernement (écoles, cliniques, hôpitaux, résidences pour personnes âgées, etc.) les pays scandinaves appliquent le principe « l’argent suis le client » (free-choice). La Suède, pays souvent cité en exemple par les tenants de la social-démocratie, est l’un des pays où ce principe est le plus utilisé.

 [1]

Il est urgent que le gouvernement du Québec reconnaisse que la fonction publique opère bien en-deçà du niveau minimum d’efficacité nécessaire pour assurer à long terme le bien-être de la population québécoise. Les secteurs de l’éducation et de la santé et services sociaux ont depuis longtemps atteint le niveau d’inefficacité décrit par la loi de Gammon.

[1] Note : Ce graphique représente le degré relatif d’utilisation du principe « l’argent suit le client » pour les services de santé (hôpitaux, dentistes, médecins et résidences pour personnes âgées), les garderies et l’aide domestique, tel que rapporté par les autorités compétentes de chaque pays. Il est important de remarquer que l’échelle utilisée est relative, i.e. que les pays qui appliquent le plus ce principe sont arbitrairement classés à 100 ; ceci ne signifie pas que 100% des services publics de ces pays appliquent le principe « l’argent suit le client ».




Réactions

  • > La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.
    11 février 2006, par Claude Desjardins
    24.200.110.***

    M. Perry, veuillez croire que cette réplique anonyme a été publiée par erreur.

    Acceptez mes excuses les plus sincères pour cet incident.

    Claude Desjardins


    Québec-Politique

  • Erratum : La compétition, un outil démagogique pour enrichir les néo-libéraux !

    Dans ma dernière réplique, qui commençait par "Le sarcasme dont vient de faire preuve Serge Rouleau", je dois me récuser en présentant publiquement des excuses à l’endroit de Serge Rouleau.

    En fait, je répondais à un auteur anonyme (comment se fait-il que Québec-Politique publie une réplique d’un auteur anonyme, cela me depasse...). Je me suis laissé méprendre par l’absence de nom d’auteur à qui je répondais en croyant que c’était Serge Rouleau.

    Quoi qu’il en soit, ma réplique demeure entière dans son essence et son esprit, rien ne change d’un ïota et mon combat à l’endroit de la mondialisation néo-libérale est tout aussi farouche.

    Donc qui que ce soit, ce que j’ai dit reste dit, mettez-le dans votre pipe et fumez-le, au risque de me répéter. Et ayez donc le courage de dire qui vous êtes, sans quoi taisez-vous.

    Normand Perry.

  • > La compétition, un outil démagogique pour enrichir les néo-libéraux !
    10 février 2006, par Normand Perry
    216.137.97.***

    Le sarcasme dont vient de faire preuve Serge Rouleau dans sa réplique à mon égard, dénote le mépris que je dénonce chez les tenants du néo-libéralisme, à l’égard de la personne humaine, puisque dans leur esprit, la personne humaine ne compte absuloment pour rien face à leur dieu de l’économie. Voilà ce que j’appel absence de morale, d’équité et de justice !

    Voilà pourquoi le néo-libéralisme est une tumeur à combattre puisqu’elle est devenue mortelle. Le meilleur exemple de mon propos pour l’illustrer est le suivant : je suis de plus en plus convaincu que le système boursier est un vice. Quand une méga-entreprise inscrite à la Bourse décide du jour au lendemain de mettre à pied des milliers de personnes humaines au nom du sacro-saint profit, de la rentabilité et de la compétitivité, dans les heures suivant une telle annonce et comme par magie, la valeur de la l’action boursière de cette méga-entreprise prend subitement et substantiellement de la valeur. Alors que des miliers d’hommes et de femmes se voient du jour au lendemain couper les vivres, de riches actionnaires eux voient leur profits s’en aller en hausse.

    C’est ça le vice du système boursier, c’est ça que la nouvelle gauche internationale combat aujourd’hui, c’est cette subordination de la personne humaine à l’économie sans coeur, sans âme, n’ayant aucun sens moral qui est combattue !

    Mettez ça dans votre pipe et fumez-le.

    Normand Perry.

  • > La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.
    7 février 2006
    67.68.198..***

    M.Perry,

    Brilliante analyse, nous sommes au seuil d’une nouvelle ère socialiste, il ne manque que Castro, Marx, Lénine, Tito, Hoxha et quelques autres notables à votre liste de grands vénérables !

    Vive le Québec solidaire. Ma prédiction : entre 4 et 6% du vote populaire, grand maximum, peut-être même 2 ou 3 candidats qui seront deuxième dans leur comté. On s’énerve pour très peu n’est-ce pas ?

  • > La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.
    4 février 2006, par Guillaume Lamy
    66.130.18..***

    M. Rouleau c’est vous qui manquez de rigueur.

    J’ai dit que ces pays dépensaient plus d’argent public que le Canada. Vous me donnez les chiffres du total Public+privée.

    Mon argument tient toujours, vous dite qu’il faut se baser sur le système de ces pays pour faire économiser de l’argent à l’état. Alors que si on fait comme eux, il faudra dépenser encore plus d’argent public.

    Argent public par tête : Canada 2048$ ; Danemark 2142$ ; Norvège 2845$ ; Suède 2148$

    J’aime bien le principe de l’argent suit le client, cependant, qu’en sera-t-il des régions éloignées et des villes ou il n’y a qu’un hopital... Ce principe est innaplicable dans plusieurs cas...

  • > La compétition, un outil démagogique pour enrichir les néo-libéraux !
    3 février 2006, par Normand Perry
    216.46.25..***

    Voilà une autre amanchure pour faire avaler au peuple du Québec l’idéologie du néolibéralisme et la mondialisation.

    Non, non et non. Vive le Québec Solidaire.

    Le modèle de droite et néolibéral doit être combattu parce qu’il va directement à l’encontre du bien-être de la personne humaine, à l’encontre bien commun, point à la ligne.

    Aujourd’hui le Québec va vivre un moment historique, alors que s’ouvre le congrès de fondation de l’Union des forces progressistes et d’Option citoyenne. Un parti politique de gauche ayant pour seul et unique souci d’apporter au peuple du Québec les véritables solutions aux nombreux problèmes engendrés par les actes des néolibéraux aux pouvoirs tant à Québec qu’à Ottawa.

    C’est le début d’un temps véritablement nouveau au Québec, dans la foulée des temps nouveaux de plusieurs pays d’Amérique latine, sous l’impulsion des Chavez, Morales et Bachelet, pour ne nommer que ceux-là.

    Détournons nos regard et nos oreilles d’un discours mondialiste et néolibéral, qui est la cause de la fermeture d’entreprises d’ici et de la perte de milliers d’emplois au seul profit de gens qui n’ont aucune morale et qui rendent l’être humain totalement subordonné et esclave d’une économie au service d’une classe de plus en plus riche !

    Réveilllons-nous avant que cette mondialisation néolibérale, inique et immorale ait réussi à faire passer le Québec au sein des pays du tier-monde !

  • > La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.
    1er février 2006
    67.71.70.1.***

    M. Lamy,

    Je maintien que "Le secteur public québécois, toute proportion gardée, est le plus important en Amérique du Nord". Vous proclamez que c’est faux et vous me référez à un tableau de Statistique Canada pour supporter votre assertion. Pourtant, selon ce tableau l’emploi dans le secteur public québécois par rapport à l’emploi total est 16% plus élevé qu’en Ontario et 7% plus élevé qu’en C.-B. L’Ontario et la C.-B. sont des provinces plus comparable au Québec que le Nunavut. C’est ce que je voulais dire par "toute proportion gardée".

    Vous dites :

    "Dernièrement, un fait vous contredit. Vous dites que ce système fera économiser de l’argent à l’État. Or, lorsqu’on regarde les faits, on voit clairement que les pays dont vous faites mention, dépensent encore plus d’argent public dans le système de santé que le Canada le fait actuellement."

    Le document de l’OCDE auquel vous me référez donne les chiffres suivants : Canada : 2 931 $US per capita, Denmark : 2 583 $US per capita, Suède : 2 517 $US per capita. Selon ce même document 24 pays sur 29 ont des coûts de santé per capita moindre que le Canada.

    Écoutez vous n’avez pas à être d’accord avec moi, mais un peu de rigueur serait apprécié.

  • > La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.
    31 janvier 2006, par Guillaume Lamy
    66.130.18..***

    Correctif

    S. Rouleau : "Le secteur public québécois, toute proportion gardée, est le plus important en Amérique du Nord"

    FAUX, c’est un mythe (Chiffres ici) Le pourcentage de fonctionnaires par rapport au nombre d’emploi total au Québec est presque identique à la moyenne canadienne. Il est quelque peu supérieur, la raison : un taux de chômage plus élevé au Qc qu’au Canada.

    De plus, vous semblez ignorer que ce sont les services de santé privé qui présentent les plus haut taux d’erreurs médicales. (Étude ici)

    Autrement, Il y a quasi unanimité chez les chercheurs : seulement 20% de l’indice de santé globale d’un population est déterminée par la qualité du système de santé. 80% des facteurs sont sociaux. Notamment les inégalités sociales qui créent la pauvreté. La vraie solution réside dans une amélioration des protections sociales.

    (Chiffres OCDE page 3) Dernièrement, un fait vous contredit. Vous dites que ce système fera économiser de l’argent à l’État. Or, lorsqu’on regarde les faits, on voit clairement que les pays dont vous faites mention, dépensent encore plus d’argent public dans le système de santé que le Canada le fait actuellement.



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