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David Lépine
Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil mardi 22 novembre 2005
Depuis les presque 30 ans d’existence du mouvement souverainiste au Québec, force est de constater que la plupart des objectifs visés à l’origine ont été atteints, sauf la souveraineté elle-même. Pensons à la langue d’enseignement des immigrants, la langue de travail, l’accession aux postes de commandes de l’économie par les francophones, le visage français de Montréal, l’ouverture de notre société sur le monde. Certains diront que la lutte n’est pas terminée, mais ces luttes seront toujours inachevées que nous soyons souverains ou pas.
Serait-il temps de revoir l’utilité de la souveraineté ? La récente course au leadership du PQ n’a jeté aucun éclairage sur les grands objectifs de la souveraineté. Au contraire, les candidats se sont disputé les stratégies et tactiques afin de réaliser la souveraineté sans mot dire sur l’utilité de la chose. Les avantages et inconvénients de l’accession à la souveraineté ont été des sujets tabous. Mme Marois a été contrainte très rapidement à requalifier l’après OUI de turbulent à effervescent, fin de la discussion. Pourtant, si le projet souverainiste devait aboutir un jour, il faudra au minimum que les citoyens soient convaincus des objectifs visés par la souveraineté. Les tactiques et échéanciers intéressent les politiciens et les militants beaucoup plus que les citoyens. Les longs débats sur la clarté de la question et la majorité requise passent complètement à côté du pourquoi, ce qui pourtant intéresse le plus les citoyens.
Quels sont les véritables objectifs du pays souverain du Québec ? Les quelques réponses émanant des notables du PQ me laissent un peu sur mon appétit. Selon certains, c’est pour mieux redistribuer la richesse collective, sans mot dire sur la création de cette richesse. Pour d’autres, c’est d’éliminer les dédoublements entre les gouvernements fédéral et provincial, mais cela tombe vite dans une grosse bataille de chiffres sans réponse convaincante. Par exemple il y a dix ans, le Canada cumulait déficit après déficit budgétaire, alors que depuis qu’il existe des surplus on appelle cela un déséquilibre fiscal inacceptable. Malgré le talent comptable de M. François Legault, le citoyen ordinaire comprend assez vite et de façon spontanée que l’Alberta avec sa richesse pétrolière et l’Ontario avec ses 12M de citoyens et un taux de chômage toujours bien en deçà du nôtre, probablement contribuent plus au Canada que le Québec.
Les tenants de la souveraineté nous entretiennent sur le nouveau coffre d’outils que le projet mettrait à leur disposition sans trop spécifier quels travaux au juste ils veulent entreprendre avec ces outils. Au moins René Lévesque était très clair sur le but de la souveraineté, malheureusement pour le PQ, Lévesque a trop bien réussi. Pour de nombreuses personnes, le pays du Québec a toujours été leur rêve, je veux bien, mais ce rêve combien de vos concitoyens le partage-t-il ? Le commun des mortels est capable d’anticiper des coûts importants quand on divise un pays et on en crée un nouveau. Il est aussi capable d’imaginer des problèmes potentiels de frontières étant donné l’existence des nations autochtones. Est-ce que les coûts inhérents et les risquent afférents justifiant le but visé ?
L’adhérence au mouvement est devenue un dogme quasi religieux de la souveraineté à tout prix, quitte à en minimiser ou à en camoufler le vrai prix. Ceux qui ne partagent pas cette vision sont excommuniés, on les traite de traîtres à la nation, de vendus à l’argent et la famille Desmarais. Serait-il impossible de vouloir un Québec meilleur pour nos enfants sans souscrire à la souveraineté ? Le débat divise notre société inutilement et commence à être ennuyant. Pouvons-nous passer à autre chose s.v.p.
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
M. Rondeau,
Je n’ai cité aucun chiffre, donc vous ne pouvez pas m’accuser de prendre des mauvais chiffres. Je constate tout simplement que la situation a beaucoup évoluée depuis trente ans.
J’ai l’âge de me rappeler des ’’maudites grosses anglaises’’ de chez Eaton qui ne pouvait nous répondre en français. Quand j’en parle à mes enfants adultes, ils me demandent : ’’c’est quoi çà Eaton ?’’ ! C’est sur que si vous cherchez, vous allez trouver quelqu’un à Montréal qui ne parle pas le français. Je peux vous affirmez qu’à Toronto et à Vancouver vous n’aurez pas à chercher longtemps pour trouver des gens qui ne peuvent vous servir en anglais. C’est le sort des sociétés qui accueillent beaucoup d’immigrants. Avouez donc que la situation est beaucoup plus favorable pour le français qu’il y a 30 ans.
Quand vous parlez de Montréal, c’est trop facile de regarder les chiffres pour la ville de Montréal uniquement. Vous oubliez le phénomène de la migration de beaucoup de francophones vers les banlieus. En quoi la souveraineté va empêcher un francophone de quitter la rue Beaubien pour Terrebonne ?
Vous croyez qu’en étant indépendant, toute cette problématique serait presque règlée. C’est votre opinion, moi je n’y crois pas du tout.
Depuis plusieurs années le Québec est impliqué dans la sélection et la formation de nos immigrants, éliminer le drapeau canadien ne changera pas grand chose. Le Québec sera toujours en Amérique du Nord et nous aurons toujours à subir les pressions de l’anglais, première langue mondiale de communication internationale et langue maternelle de nos voisins.
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
Parlons-en de la situation linguistique. Je ne sais pas d’où proviennent vos chiffres, mais ils ne sont assurément pas les mêmes que les miens sur la question du français au Québec. Selon Les caractéristiques linguistiques de la population du Québec, document officiel publié par l’Office de la Langue française en 2001, « À l’échelle du Québec, les substitutions du français à la place de l’anglais et celles de l’anglais à la place du français se soldent légèrement au profit de l’anglais ». Cette tendance est surtout marquée dans la région de Montréal « où le recensement de 2001 indique une anglicisation nette de 17 706 personnes de langue maternelle française. » Notons que dans le reste du Québec, où le français est toujours fortement majoritaire, « il y a une francisation nette de 9 895 personnes de langue maternelle anglaise. » Ainsi, la francisation des anglophones est un phénomène beaucoup moins important que l’anglicisation des francophones en chiffres absolus.
Maintenant, en ce qui concerne la langue des immigrants, il m’apparaît insensé de mentionner que ceux-ci choisissent le français comme langue de tous les jours alors que le document de l’Oqlf prouve le contraire. En effet, « en 2001, la majorité des substitutions nettes provenant de la population de langue maternelle autre dans la région de Montréal sont effectuées en faveur de l’anglais (57,2 %, à comparer à 42,8 % en faveur du français). »
Je vous invite à venir passer ne serais-ce que quelques jours dans le quartier Côte des Neiges pour vous rendre compte à quel point ce phénomène est marqué. Lorsqu’il est dur ou même impossible à certains endroits de se faire servir en français, j’ai personnellement du mal à percevoir que Montréal a ce « visage français » dont vous parlez.
Je pense que la souveraineté du Québec est la voie vers l’autodétermination de notre peuple. Nous ne pourrons jamais avoir un droit de regard sur l’immigration en étant minoritaire dans notre propre pays. L’immigration à outrance n’est pas une panacée, les immigrants choisissant spontanément l’anglais au profit du français lorsqu’ils arrivent au Canada et ce, car ils ignorent souvent qu’il y a une province dans ce pays qui est constituée en majeure partie de francophones.
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
Monsieur Lépine,
« Diviser pour mieux régner »
Vous le concluez vous-même, nous sommes divisés. Et vous faites la démonstration que ça fonctionne !
Les anglais, eux, ne sont pas divisés. Ils sont solidaires et ils voteront NON au prochain référendum, ça c’est une certitude !
André Colpron
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
M. Sirois,
Je n’ai pas affirmé que le Québec n’avait pas le droit de former un pays. Ce que je vous demande c’est de démontrer en quoi ce nouveau pays serait un avantage pour notre société. Prétendre qu’un vote par une minorité il y a 130 ans est illégitime est un peu obtus quand en 1980 et encore en 1995 une majorité de Québécois ont choisi la Canada. Vous prétendez que l’option souverainiste est populaire, mais qu’elle option au juste ? La question de 1995 avec le dollar et le passeport canadiens assorti d’une union économique ? Ou le pays indépendant avec sa monnaie, son armée, sa dette ? Je trouve votre projet tout à fait légitime, mais de grâce défendez-le avec des vrais arguments pour le futur et non des généralités banales sur la liberté.
Combien de pays libres parmi les 190 nations souveraines membres de l’O.N.U. n’échangerait pas leur statut de souverain avec celui du Québec fédéré au sein du Canada ? Posez la question c’est d’y répondre. Alors S.V.P. arrêtez de nous faire la morale sur le respect des citoyens.
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
M. Perry,
J’ai affirmé que nous avons atteint la plupart des objectifs visés par le projet de souveraineté, sauf la souveraineté elle-même. J’ai donné plusieurs exemples. Vous répondez que le débat existera tant que la souveraineté ne sera pas atteinte parce que, selon vous, le ROC ne tient pas au Québec à cause du lac Meech. C’est votre opinion, et je la respecte. Mais les espoirs que j’ai exposés sont des réalisations concrètes, ce que je m’attends des souverainistes est d’entendre pourquoi vous pensez que notre société bénéficiera de la souveraineté. Tout ce que vous avez répondu est du flou, genre, et je vous cite :’’ Les autres avenues ont été explorés et sont sans issus. A moins que vous ayez une tendance au sado-masochisme pour vous cogner ainsi le nez sur une porte barrée à double tours’’ Je ne me cogne pas la tête moi, car je ne fais que constater que notre société a bien évolué depuis trente ans, que le français a bien progressé, que les francophones contrôlent l’économie du Québec etc. Vous, les souverainistes, c’est vous qui avez le fardeau de la preuve pour nous faire accepter les risques inhérents à votre projet. Démontrez-nous S.V.P. la nécessité, les avantages etc. et arrêtez de nous traiter de mauvaise foi lorsque vos arguments sont peu convaincants et tout enroulés dans un drapeau.
Le score est déjà 2-0 en faveur du Canada et vous en voulez un troisième référendum. Est-ce que l’on fait un quatre dans sept, comme au hockey ? Le débat s’en vient pas mal stérile à mon avis car les grands enjeux du futur ne changeront pas, que nous soyons souverains ou non. Je pense ici à la démographie, à l’environnement, à la qualité de notre système d’éducation. Si la souveraineté était une si bonne chose pour le Québec, croyez-moi cela ferait longtemps que les Québécois l’aurait endossée massivement. Le peuple québécois est très loin de la tête de liste des peuples opprimés de notre planète et c’est bien connu.
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
Monsieur Lépine,
Cessons de critiquer le chef ou le programme du parti et faisons donc la séparation. Ensuite nous pourrons nous concentrer à élire le meilleur gouvernement.
Ça ne fait pas trente ans que le mouvement souverainiste existe, ça fait 245 ans. On a même pendu quelques-uns qui ont milité pour cette cause il n’y a pas si longtemps en 1839 !
Aujourd’hui les anglais ne sont pas méchants, ils sont juste nombreux, mais leur culture par contre est très envahissante. Alors à nous de décider de prendre notre place car eux ne nous la donnerons pas.
Un peuple qui ne connaît pas son histoire est voué à la répéter.
André Colpron
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> Le ROC a démontré qu’il ne tient pas au Québec.
Monsieur Lépine,
Il faudra malheureusement vous faire à l’idée que le débat sur la souveraineté existera tant et aussi longtemps que cette question ne sera pas réglé une bonne foi pour toute.
J’ai fait partie de ceux et celles qui ont prêté foi à la bonne foi du ROC lorsque René Lévesque avait décidé de s’embarquer dans le beau risque de Brian Murloney.
Suite à l’échec cuisant des accords du Lac Meech, j’en étais arrivé à conclure que de la bonne foi avec les fédéralistes, spécialement ceux qui sont issu du Québec, n’existe tout simplement pas.
Le seule et unique solution qui existe pour que la population du Québec puisse atteindre les espoirs que vous nous exposez, passe de manière inexorable par l’indépendance nationale du Québec. Les autres avenues ont été exploré et son sans issues. A moins que vous ayez une tendance au sado-masochisme pour vous congner aisni le nez sur une porte barrée à double tours, alors peut-être devriez-vous revoir votre position. En tout respect monsieur.
Normand Perry
philosophe
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DECIPIMUR SPECIE RECTI
(Nous sommes trompés par l’apparence du bien).
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> Et si la souveraineté n’était qu’un trompe-l’oeil
Et les citoyens Québécois, alors ? Qui sont tous ces gens, ces soixante pour cent de francophones qui ne sont pas satisfaits du système fédéral et qui, il faut quand même se le rappeller, n’ont pu voter d’une façon démocratique(une minorité de gens avait droit de vote à cette époque)lors de l’entrée du Québec dans la confédération. Il est temps de réaliser que les Québécois ont le droit de se doter d’un pays. Tous les peuples ont droit à la liberté. Liberté de ses choix dans tous les domaines au lieu de chicanes stériles et liberté de se doter d’institutions modernes en remplacement de ces institutions poussiéreuses(monarchie) et de ce système fédéral atteint de sclérose. Se doter d’un pays à notre image ce n’est pas un luxe, mais une responsabilité. L’option souverainiste est plus populaire que le parti Québécois. Alors, un peu de respect pour les citoyens du Québec !
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