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Normand Perry
ANDRÉ BOISCLAIR EST-IL UN AUTRE JEAN CHAREST ?

dimanche 25 septembre 2005

Le premier débat entre les candidats à la chefferie du Parti québécois, tenu à Sherbrooke le 21 septembre dernier, portait sur le thème des finances publiques et de la solidarité sociale.

Ce fut l’occasion, pour une toute première fois, d’obliger monsieur André Boisclair d’exposer sa vision des choses. Je dis « obliger », car à peu près tous les observateurs et analystes ont noté que ce candidat n’avait nullement ouvert son jeu sur le plan des idées concrètes, depuis le début de cette campagne en juin dernier.

« Obliger » aussi parce que monsieur Boisclair a tendance à fuir toute forme d’assemblée publique depuis, où il sait qu’il va devoir confronter ses adversaires de campagne par rapport à des questions, provenant d’eux, des journalistes ou des participants aux assemblées en question. Il serait curieux de noter le nombre d’évènements où monsieur Boisclair a brillé par son absence tout au long de l’été. Les seules assemblées où il fut remarqué, sont celles où les questions n’étaient pas prévues. Cet automne, la région Montréal Ville-Marie au Parti québécois organise deux événements de ce type, et curieusement, le seul candidat qui sera absent, pour des raisons bien nobles évidemment, est monsieur André Boisclair. En d’autres termes, si on a des questions à poser à monsieur André Boisclair, il est en fuite ! Mais que craint-il donc ce monsieur Boisclair ? Avez-vous remarqué aussi comment il a tendance à ne jamais répondre aux questions qui lui sont adressée, en employant soit une langue de bois ou en changeant carrément de sujet ?

Je vais vous le dire ce que monsieur Boisclair craint le plus : c’est de se faire démasquer pour ce qu’il est vraiment : un néo-libéral pure laine ! Monsieur André Boisclair est de la même école de pensée économique que notre premier ministre actuel Jean Charest. Ils sont tous deux alignés bien à droite de l’échiquier politico-économique.

Monsieur Boisclair se vante tambours et trompette de sortir diplômé tout droit de Harvard. Mais mes chers amis, savez-vous ce qu’est Harvard ? C’est le porte-étendard de la pensée néo-libérale américaine et occidentale.

Lors des dernières élections générales au Québec, le peuple a élu Jean Charest, chose qui fut regrettée presque au lendemain de son assermentation, quand il a mis en œuvre sa destruction des acquis sociaux des cinq dernières décennies. Aujourd’hui dès que nous prononçons le nom de Jean Charest, les gens ont comme une aversion, parce qu’il s’efforce d’enfoncer dans le fond de la gorge du peuple québécois, un programme néo-libéral qui est totalement contraire à nos valeurs fondamentales comme peuple.

Et bien, les membres du Parti québécois doivent être mis en garde : en portant monsieur André Boisclair à la tête de notre formation politique, vous préparez le peuple du Québec à une période de prolongation du calvaire qu’il doit subir présentement, avec le programme néo-libéral de Jean Charest. Monsieur Boisclair promet de s’attaquer au problème de la dette publique au Québec. Chose noble en soit. Le problème c’est qu’il ne nous dévoile pas le comment de son action. Où va-t-il sabrer ? D’autres confrontations avec les employés du secteur public en vue ? Hausse des tarifs dans les services publics, comme Jean Charest s’emploi à le faire ? Ça il ne le dit pas ! Souvenez-vous que Jean Charest promettait d’alléger le rôle de l’État durant sa dernière campagne électorale, sans par contre nous dire comment il allait s’y prendre. Et que regrette le plus la population québécoise depuis le 14 avril 2003 ? D’avoir porté au pouvoir Jean Charest, qui depuis, s’acharne à détruire le filet social du Québec. La répétition de la même erreur avec monsieur André Boisclair doit être évitée, parce que les lendemains de veille risquent d’être tout autant sinon plus cauchemardesque que ce mois d’avril fatidique de 2003.

Attention, il y a un loup dans la bergerie, bien vêtu d’une peau de brebis : André Boisclair.

Les Côteaux 24 septembre 2005.




Réactions

  • > ANDRÉ BOISCLAIR : Une déception
    28 septembre 2005, par André Deschamps
    66.131.249.***

    André Boisclair est-il aussi à droite qu’on veut le laisser entendre ? C’est possible, mais allez savoir ! Je l’ai rarement entendu dire quoi que ce soit qui ait une quelquonque substance.

    Son habitude de se référer constamment au programme du parti sans jamais expliquer comment il compte le mettre en oeuvre m’horripile : ceux qui l’ont écouté à Tout le monde en parle savent ce que je veux dire.

    Je me fous qu’il soit gai et ça ne me dérange pas plus que ça qu’il ait pris de la coke. En fait, j’aurais trouvé plutôt cool de le voir à Québec : une autre façon de souligner à la fois notre différence et notre tolérance.

    Mais je n’irais pas voter pour André Boisclair seulement pour ça, pas plus que je n’irais voter pour Pauline Marois uniquement parce qu’elle est une femme.

    Ceci dit, je ne crois pas que M. Boisclair ait le monopole de la langue de bois. Tous les principaux candidats en font grand usage... mais quand ces pratiques sont récompensées dans les sondages, que faire quand on est politicien ?

    Et les médias ont leur rôle à jouer dans tout ça : si on mettait autant d’énergie à questionner les idées de Boisclair et des autres qu’à les harceler sur leurs frasques de jeunesse, on aurait une campagne à la chefferie plus intéressante et aussi plus proche des vrais enjeux.

    La souveraineté ne peut pas se faire sans un projet de société qui remporte l’adhésion d’une forte majorité de Québécois. Et là je ne parle pas de gagner un référendum avec un leader charismatique. Ce projet de société il faut commencer à le réaliser avant l’indépendance. Celle-ci ne sera qu’un outil de plus pour le réaliser.

  • Mes propos sont le fruit de ma pensée...
    27 septembre 2005, par Claude Desjardins
    24.200.110.***

    Monsieur Perry, la souveraineté devrait être un objectif pur, libre de toutes tendances politiques. Ce qui ne semble pas être le cas avec vous selon ce que je peux comprendre. C’est for malheureux parce que le PQ comme porte-étendard principale du projet souverainiste est, sinon devrait être un reflet des tendances politiques contemporaines au lieu d’être figé dans le temps. En ce qui concerne sa consommation de cocaïne alors qu’il était ministre, les membres jugeront. Et si la tendance se maintient, le tribunal populaire lui pardonnera au grand dam de la rectitude politique de l’élite intellectuelle québécoise.

    Au revoir,

  • > Mes propos sont le fruit de ma pensée...
    27 septembre 2005, par Normand Perry
    216.137.98.***

    Monsieur Desjardins, je dois avouer que j’aime bien ce type d’échanges où les idées sont en pleine confrontation. De la confrontation des idées jaillit la lumière disait souvent mon prof de philo grecque à l’université.

    Cela dit, à votre grand désarrois peut-être, et au désarrois de ceux et celles dans le parti qui fondent sur moi l’espoir que je me présente comme candidat dans mon comté (où je suis président présentement) : sachez bien que mes propos sont le fruit de ma pensée et non l’inverse. Je suis reconnu par mes pairs pour avoir ce réflexe avant de parler ou d’écrire. La plupart du temps, j’avance des propos qui sont le fruit d’une réflexion mûrie.

    Je ne peux me rallier à monsieur Boisclair pour les raisons énumérées précédemment dans le texte qui a lancé ce débat. Je suis entré en politique pour deux raisons fondamentales : faire du Québec un pays souverain et combattre le néo-libéralisme. Il s’agit pour moi d’un seul et même combat.

    Suivre André Boisclair serait renier mon cet engagement fondamental en politique.

    J’aime mieux me mettre à l’écart pour mieux le critiquer quand il sera chef, si les membres du parti décident de lui faire confiance.

    Aussi des raisons d’ordre éthique m’empêchent de suivre André Boisclair. Sa consommation de cocaïne alors qu’il fut ministre est innacceptable au plan moral. Comme l’avait si bien dit Richard Legendre, je suis moi aussi père de famille, et je ne veux en aucune manière que ma descendance soit témoin d’un leader dont il dit qu’il fut consommateur de cocaïne alors qu’il occupait des fonctions ministérielles au gouvernement du Québec. Non mais vous y pensez ? Un législateur qui commet des actes répréhensible par la loi ?

    Par surcroît, cet affaire ne va pas s’arrêter là croyez-le bien. S’il en devient le chef du PQ, monsieur André Boisclair devient une cible trop vulnérable pour les fédéralistes et libéraux du Québec. Ne pensez surtout pas qu’ils vont mettre cet affaire sous le boisseau durant la prochaine campagne électorale. C’est une véritable bombe à retardement qui fera perdre les élections au PQ et nécessaire les espoirs de fonder le pays du Québec s’envolent tout autant.

    J’aime mieux me dissocier d’une telle vision apocalyptique. Comme le disait la semaine dernière Yves Michaud, si la cause souverainiste et du Québec tient à coeur à monsieur André Boisclair, vaut mieux qu’il se retire de la course, pendant que c’est possible de le faire dans un semblant d’honneur.

    Pensez-y bien avant de faire un choix de vote pour monsieur André Boisclair entre les 12 et 14 novembre prochain, c’est la cause même de l’indépendance du Québec qui risque d’en être hypothéqué pour une décennie voir un quart de siècle...

    Normand Perry philosophe

  • Le PQ est un parti de centre-gauche
    27 septembre 2005, par Claude Desjardins
    24.200.110.***
    Monsieur Perry, j’ose croire que vos propos dépassent votre pensée lorsque vous affirmer qu’il n’est pas question de vous rallier à André Boisclair advenant son élection à la tête du PQ. Que monsieur Boisclair soit trop à droite de l’échiquier politique à votre goût, il n’en demeure pas moins un souverainiste convaincu et convaincant. Ceci devrait être suffisant pour se rallier le cas échéant, car nous avons tous le même objectif commun. La souveraineté. En ce qui concerne son leadership, la population ne semble pas avoir désavoué sa gestion de crise peu importe se qu’en disent les"columnistes" . D’ailleurs, depuis quand les fesseurs d’opinions sont un reflet fidèle de ce que pense la population ?
  • > Le PQ est un parti de centre-gauche
    26 septembre 2005, par Normand Perry
    216.46.25..***

    Monsieur Lafontaine, le PQ est une formation politique de centre-gauche dans son essence-même, et les idées de droite de monsieur Boisclair sont diamétrement opposées aux assises idéologiques du parti.

    Ne comptez pas sur moi, ni pour appuyer monsieur Boisclair, ni pour me rallier.

    La gestion de la crise de la semaine dernière (l’affaire Boisclair) démontre assez clairement que son sens du leadership est douteux et frêle, et ça ce n’est pas moi qui le dit, mais la plupart des "columnistes" politiques du Québec.

  • > ANDRÉ BOISCLAIR EST-IL UN AUTRE JEAN CHAREST ?
    26 septembre 2005, par Sébastien Lafontaine
    65.92.16.1.***

    André Boisclair propose un leadership différent des autres candidats de cette présente course à la direction du PQ. Il nous, militants et québécois, incluent dans la démarche politique qui nous amènera à la souveraineté du Québec. Il nous propose de marcher à ces côtés et de construire, avec lui, ce à quoi nous rêvons depuis trop longtemps.

    Qu’il soit de gauche ou de droite (néo-libéral comme vous le dites), il est là, prêt à nous écouter et à travailer ENSEMBLE.

    Ce qu’il nous propose est vrai et c’est pourquoi je suis fier d’appuyer sa candidature.

    En conclusion, je vous suggère d’aller sur le site de la campagne - www.andreboisclair.org. Votre position me semble injustifiée. Tous les discours de M. Boisclair posent sur l’importance du développement durable et d’une économie sociale. C’est la voie la plus raisonnable pour rallier les québécois et québécoises et André Boisclair nous propose le leadership nécessaire pour y arriver.

  • > Boisclair est un chantre du néo-libéralisme
    25 septembre 2005
    216.137.98.***

    Bon, je comprend un peu mieux ce que vous voulez dire, et je suis tout à fait d’accord avec vous, il est certain que monsieur Parizeau n’est pas un chantre du néo-libéralisme.

    En ce qui concerne André Boisclair, moi j’ai montré en quoi on peut le soupçonner, en plus d’avoir passé par Harvard, qu’il est un chantre du néo-libéralisme économique.

    Je vais vous demander monsieur Desjardins et de me faire la preuve du contraire. Si vous réussissez à me convaincre, n’ayez guère de crainte, je vais avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître.

    Au plaisir de vous lire à mon tour.

  • > ANDRÉ BOISCLAIR EST-IL UN AUTRE JEAN CHAREST ?
    25 septembre 2005, par Claude Desjardins
    24.200.110.***

    Monsieur Perry, avec tout le respect. Je suis court mais limpide. Vous devriez lire que l’habit ne fait pas nécessairement le moine lorsqu’il est question d’institution académique. Jacques Parizeau a fréquenté une institution très conservatrice. Cela n’a pas fais de lui un chantre du néo libéralisme.

    Au plaisir de vous lire,

    Claude Desjardins

  • > Réplique à Claude Desjardins
    25 septembre 2005
    216.137.97.***

    Monsieur,

    Que vous ne partagiez pas mon opinion est tout à fait correct. Mais au moins, vous pourriez faire un peu plus d’effort pour étoffer votre position, que de rappeler le souvenir d’un ancien premier ministre du Québec dont le nom n’a même pas été mentionné dans mon article. Pas fort votre affaire...

  • > ANDRÉ BOISCLAIR EST-IL UN AUTRE JEAN CHAREST ?
    25 septembre 2005, par Claude Desjardins
    24.200.110.***

    Monsieur Perry, rapidement, à la lecture de votre texte je remarque que le fait d’étudier à Harvard est un handicap parce que cette institution serait une pépinière du néo-libéralisme. Le London School of Economics, en Angleterre, où Jacques Parizeau a obtenu son doctorat en sciences économiques n’a rien à envier à Harvard sur ce plan.

    Au revoir,

    Claude Desjardins



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