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Andrée D’Amour Quiroz
Conseil des Arts, institution qui doit être révisée

samedi 27 août 2005

Le Conseil des arts du Canada, une institution qui doit être révisée

Le Conseil des Arts du Canada (comme celui du Québec), est un organisme gouvernemental visant à aider les artistes dans l’évolution de leur carrière. Le programme Subventions aux écrivains professionnels, aide financièrement cette catégorie de créateurs à développer des projets littéraires dans les domaines du roman, de la nouvelle, de la poésie, qu’ils soient au début de leur carrière, à mi-carrière ou établis. Dans ce champ, le Conseil des Arts accepte aussi les projets de création littéraire réalisés dans toutes les langues. (L’écrivain doit présenter une traduction professionnelle de son travail d’environ 50 pages, en français ou en anglais, afin de pouvoir le faire examiner). Ce programme viserait somme toute à enrichir l’art de l’écriture universelle. Néanmoins, cette institution, appuyée sur un apparat logistique multimillionnaire, offre des subventions de dix ou vingt mille dollars par année, comme allocation de survie, à un petit groupe d’écrivains seulement. La grande majorité de ceux qui ont demandé une subvention, après avoir travaillé de longs mois dans la présentation de leur projet, reçoit une lettre très attendue en leur annonçant sommairement que leur projet n’a pas été retenu. Sachez que pour qu’un écrivain (ou tout autre artiste dans une autre catégorie) arrive à décrocher une bourse du Conseil des Arts, relève littéralement du miracle, et encore plus si cet écrivain se réalise dans une autre langue que le français ou l’anglais. Carlos Quiroz, écrivain de langue espagnole vivant au Québec depuis plus de 35 ans, par exemple, est le seul auteur hispanophone qui a publié le roman le plus ambitieux en espagnol au Canada. Cette œuvre de longue haleine a été créée en faisant toutes sortes de travaux pour subsister sur un espace de 20 ans. On parle ici de « Los Enanos Verdes » Les nains verts, étude sociale de la jeunesse péruvienne des années 60, relate aussi l’histoire de l’auteur et les raisons de son immigration au Canada. Ce livre, subventionné par le Programme de Multiculturalisme du Département de l’Héritage canadien, et publié par Girol Books, à Ottawa en 1998, s’est très vite épuisé et on ne le retrouve même pas à la Bibliothèque nationale du Québec ou La Grande Bibliothèque. Carlos Quiroz a aussi publié une série de 36 contes pour Radio-Canada International, qui trace et concilie les facteurs humains et géographiques de notre grand pays. Il a aussi écrit APEMAN, un scénario en anglais sur la manipulation des gènes, soutenu par l’Office national du film de Montréal. Or, année après année on refuse à Carlos Quiroz son droit d’écrire, de poursuivre la suite de ce premier roman en lui niant une petite subvention dont il a tant besoin pour continuer. Pourquoi le rejette-on de cette façon et par qui ? Les équipes de consultants qui critiquent ces œuvres littéraires ont sans doute un très bon curriculum, même s’ils ne sont pas nécessairement des écrivains créateurs. Pourquoi alors si peu de gagnants ? Ce panorama nous amène à penser que l’artiste serait soumis à une sorte de loterie, que l’argent manque même pour ceux déjà établis, que le gouvernement ne pourvoit pas assez. Si par exemple il y avait des doutes quant à la qualité d’écriture de Carlos Quiroz, on pourrait comprendre ce rejet, mais ce n’est pas le cas. Il est un écrivain admiré par sa communauté à Montréal et par le monde hispanophone en général. Quel serait alors le sort des autres écrivains de langue étrangère au Québec si lui est repoussé d’une façon aussi singulière ? Existe-t-il vraiment un organisme pour aider ces écrivains, ou seront-ils toujours à la merci de la grande misère de la vie, en essayant d’imprégner noir sur blanc leurs rêves, souvenirs et espoirs ou leur passage sur la terre, au profit de l’humanité ?

Être auteur est peut-être le métier le plus difficile qui existe et le moins apprécié. Il suffirait de dire que s’il n’y avait pas d’écrivains, il n’y aurait pas de radio, de télévision, de cinéma, de journaux, de livres. Il est encore celui qui cherche à donner un sens à l’univers et qui doit souffrir le plus pour arriver à ses fins.

Refus après refus oblige l’artiste non seulement à arrêter son travail, mais à remettre en question sa vie et son talent de créateur. Si au moins le Conseil des Arts expliquerait brièvement la raison de ce refus, il pourrait décider beaucoup mieux de son sort, mais il reste marqué financièrement et dévalorisé dans tout son être.

Cette institution qu’est le Conseil des Arts, du Québec et du Canada, (j’ajouterais ici L’Union des Écrivains qui ne fait pas grand chose pour les écrivains allophones vivant au Québec) est surpeuplée de fonctionnaires largement rémunérés pour choisir quelques chanceux, en plus des montants incroyables mis sur la publicité et médias autour de leur existence, aux dépens de tous ces artistes qui souffrent et travaillent énormément pour arriver à se faire refuser une petite subvention ou pitance.

Il serait temps que ces organismes remettent en question leur raison d’être.

Par cet article je veux revendiquer la reconnaissance de l‘art et de ses créateurs.

Andrée D’Amour

Informations sur l’artiste : www.carlosquiroz.com carlos.quiroz@videotron.ca

TEL : 514-521-0509






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