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Normand Perry
PLUSIEURS TOURS DE VOTES AU PQ : QUI ET POURQUOI

samedi 20 août 2005

Par Normand Perry

Il y a quelques semaines déjà, j’ai fait connaître publiquement mon appui sans équivoque à l’endroit du candidat Louis Bernard, dans cette course à la direction de notre parti politique.

L’une des raisons qui ont pesé dans la balance est que Louis Bernard représente, je le pense sincèrement, la sagesse. Sagesse essentielle et incontournable dans les prochaines étapes que s’apprête à vivre notre collectivité québécoise, par rapport à son avenir, c’est-à-dire le fondement démocratique d’un nouvel état souverain et reconnu au plan international. Cette sagesse chez Louis Bernard est attribuable en grande partie à cette feuille de route unique et incroyablement jonchée de succès, d’un homme qui a été au service de l’état québécois à titre de haut fonctionnaire. Louis Bernard a eu la confiance de plusieurs premiers ministres, tant libéraux que péquistes, depuis le gouvernement de Jean Lesage jusqu’à Jacques Parizeau, en passant évidemment par René Lévesque et Robert Bourassa. C’est quand même, avouons-le, une feuille de route incomparable.

Depuis que Louis Bernard a annoncé son intention de se lancer dans cette course à la direction du Parti québécois, il n’a pas cessé de nous surprendre agréablement par ses réflexions thématiques sur sa vision de ce que devrait être la gestion de l’état québécois, une fois devenu souverain et indépendant au plan politique. Une visite sur son site Internet s’impose www.louisbernard.org pour prendre conscience des connaissances profondes de l’individu par rapport aux problématiques qu’il élabore et des solutions qu’il propose. On a l’impression d’avoir affaire à un architecte qui sait comment construire des édifices aux fondements indestructibles. Si nous voulons fonder un pays souverain dans la sérénité, l’ordre et le discernement, alors c’est à Louis Bernard que l’on doit confier le commandement absolu.

Par ailleurs, je veux garder la plus grande lucidité que possible dans cette course à la direction du PQ et c’est pourquoi je me permets d’observer l’évolution des autres candidats et d’ouvrir mes perspectives face aux propositions qu’ils font connaître chacun à leur façon. Puisque la méthodologie de votation aura quatre ou cinq tours, on doit se faire une idée de ceux et celles que l’on choisira après notre premier choix.

Richard Legendre devient aujourd’hui mon second choix. C’est le candidat qui m’a le plus agréablement surpris par sa personnalité et son discours rafraîchissant, tout autant que percutant. Monsieur Legendre fort de certaines réalisations en affaires et dans le monde sportif, a le mérite de sa combativité et d’une détermination à toute épreuve, deux qualités indispensables lorsque l’on veut prétendre à réaliser la fondation d’un nouvel état souverain. Aussi Richard Legendre s’avance sur le terrain conceptuel avec audace et courage, lorsqu’il a évoqué par exemple, de faire de la ville de Québec un pilier de la gestion étatique à titre de Capitale nationale. Il parle du pays du Québec à faire surgir au concert des Nations avec un enthousiasme contagieux. Je crois que monsieur Legendre a dans sa personnalité les qualités d’un leader charismatique, et dans ce sens, il pourrait devenir un chef du PQ qui saura rallier bien des gens à la cause souverainiste, tant à l’interne (diverses tendances) qu’à l’externe du PQ (ADQ, UFP et ou mouvement de la gauche, voir peut-être même des libéraux provinciaux nationalistes).

Des questions vitales surgissent à mon esprit en ce qui regarde le candidat André Boisclair. Lorsque monsieur Boisclair a annoncé son entrée dans cette course, pendant quelques jours je me suis enthousiasmé à l’idée de voir ce jeune prodige (talentueux sur le plan de l’éloquence) de la politique québécoise se lancer dans cette aventure. Mon enthousiasme a rapidement fait place à la prudence, puis au scepticisme. Quoique monsieur Boisclair attire à lui les foules, les jeunes et des gens de diverses couches de la société québécoise, je me rends compte que son discours ne laisse transpirer aucune innovation conceptuelle. N’est-ce pas là l’utilité d’une course à la chefferie : exposer son plan d’avenir et donner ses solutions à des problématiques préoccupantes pour l’ensemble de la société ? En lisant son blogue, je constate que beaucoup de gens s’interrogent sur une certaine absence d’idées chez André Boisclair, par rapport à ce que devrait être la gestion de l’état québécois ; sa façon d’aborder la souveraineté du Québec donne une impression d’une trop grande retenue, et il s’engage du bout des lèvres à la radio ou à la télévision en ce qui regarde l’échéance du prochain référendum. Tout cela est de nature à inquiéter beaucoup de gens, y compris moi-même, d’autant plus que monsieur Boisclair est en avance dans les sondages. A mon avis, la sagesse commande ici beaucoup de discernement !

Madame Pauline Marois semble essayer de sortir des sentiers battus, et je commence à la regarder d’un œil positif. Cela n’a pas été toujours mon cas dans le passé. Mais je dois avouer qu’elle m’étonne par sa grande ouverture d’esprit, chose à laquelle je ne m’étais jamais arrêté auparavant. Voyons ce qu’elle nous réserve comme énergie lors des débats.

Pour les autres, je vais attendre que la cloche du 15 septembre ait sonné pour savoir qui sont ceux qui seront officiellement candidats à la chefferie du Parti québécois ; observer d’un peu plus près ce qu’ils ont à dire et à débattre, et ainsi établir les choix subséquents sur mon bulletin de vote en novembre prochain.

En attendant, bons débats à tous et que le meilleur gagne.

Les Côteaux 20 août 2005

* L’auteur est président péquiste de Soulanges. ** L’opinion exprimée est à titre personnel uniquement.






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